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24/01/2017

Bruno a encore frappé...

Bruno Guigue est décidément inspiré ces temps-ci, il poste régulièrement sur son compte Facebook ou divers sites alternatifs (Agora Vox, etc...) des articles qui tranchent avec ce qu'on peut entendre en général dans les "mass media".

Toujours très pertinent et bien décapant.

 

bruno guigue,la gauche

Pourquoi votre gauche n'est pas la nôtre

Vous pourrez faire toutes les primaires que vous voudrez, votre gauche ne nous inspirera que du mépris. Charlatans au sourire enjôleur ou matamores au style mussolinien, vous êtes des progressistes de pacotille. Vous voulez un monde plus solidaire, paraît-il, mais vous n'avez cessé d'approuver l'ingérence occidentale dans les affaires des autres. Honte à vous, héritiers de Guy Mollet ! Votre humanisme se métamorphose toujours en arrogance néo-coloniale. La lutte contre la pauvreté, à vos yeux, c'est lorsque les pays riches commandent aux pays pauvres.

Socialistes, ou gauchistes, vous avez jeté Jaurès aux orties depuis belle lurette. La guerre, vous en redemandez ! Pour répandre la « démocratie », vous comptez sur les vertus pédagogiques des B 52. En guise de publicité pour les « droits de l'homme », vous exigez le bombardement de pays qui ne nous ont rien fait. Ignobles jusqu'au bout, vous réclamez l'embargo, cette arme des riches contre les pauvres. Que vaut votre compassion pour les réfugiés, quand vous privez les Syriens de médicaments pour les punir d'avoir soutenu leur gouvernement ?

Faux-derches de première, vous livrez des armes, en Syrie, à ces allumés de la charia que vous prétendez combattre en France. Affreux terroristes au Bataclan, rebelles modérés à Idleb, quel tour de passe-passe, vous êtes experts en transformation chimique ! Vous dites que vous détestez ces criminels, et pourtant vous les aimez chez les autres. Vous y tenez, à votre lune de miel avec les coupeurs de têtes ! Votre égérie n'est-elle pas Elisabeth Badinter, féministe milliardaire qui clame son islamophobie tout en assurant à la tête d'Havas la promotion publicitaire du royaume saoudien ?

Vous êtes très forts pour prononcer des incantations à la gloire de la laïcité, mais vous allez quand même vous aplatir devant le CRIF, cette officine confessionnelle qui sert d'ambassade officieuse à un Etat-voyou. Avec M. Valls, vous roulez des mécaniques face aux musulmans, mais face aux sionistes, vous vous livrez à un concours de lèche-bottes. Le communautarisme vous répugne, paraît-il ? Oui, sauf lorsqu'il est au service d'une puissance étrangère qui spolie les Palestiniens et bombarde la résistance arabe en Syrie avec votre complicité.

Reniements, trahisons, la liste est longue. Vous prétendez défendre les intérêts du peuple, mais vous lui refusez l'exercice de la souveraineté. Au lieu de lui restituer le pouvoir usurpé par les riches, vous lui imposez le carcan d'une Union européenne qui tue la délibération démocratique, sanctuarise le dogme monétariste et asservit les travailleurs à la loi d'airain du capital. Au nom d'un internationalisme dévoyé, vous êtes les fourriers des multinationales qui ont colonisé l'Europe, vous avez bradé la souveraineté, discrédité l'idée nationale, abandonnée par votre faute aux imposteurs de l'extrême-droite.

Vous dites, la main sur le cœur, que vous êtes pour la réduction des inégalités, mais vous vous interdisez de toucher aux structures qui les nourrissent. Vous condamnez verbalement les effets sans chercher le moins du monde à agir sur les causes. Vous voulez mieux répartir les richesses, mais sans préjudice pour ceux qui les détiennent. Vous vous proclamez socialistes, mais vous ménagez le capital, vous cajolez la finance, vous montrez patte blanche à ceux qui possèdent l'argent et l'influence.

Où sont les propositions de gauche, dans vos programmes ? Où est la sortie de l'OTAN et de l'Union européenne ? Où sont la nationalisation des banques, la taxation des activités spéculatives, le plafonnement des revenus, la relocalisation des industries, le développement des services publics, le protectionnisme raisonné, le contrôle des mouvements de capitaux, la refonte de la fiscalité et l'éradication de la fraude, où sont, en un mot, l'abolition des privilèges de l'oligarchie financière et le rétablissement de la souveraineté populaire ?

Notre gauche n'est pas la vôtre. Pour nous, la gauche, c'est Sahra Wagenknecht, qui réclame au Bundestag la sortie de l'OTAN et le dialogue avec la Russie. C'est Tulsi Gabbard, élue hawaïenne du parti démocrate américain, qui exige la fin de la stratégie du chaos au Moyen-Orient. C'est le parti communiste syrien qui combat, au côté des baasistes, les mercenaires wahhabites. C'est le Front populaire tunisien, qui défend le progrès social et l'égalité entre les hommes et les femmes. C'est cette gauche française qui se réveille, dans « La France insoumise », au PRCF ou ailleurs, pour tirer un trait sur des décennies d'imposture socialiste.

Cette gauche, moins connue, c'est aussi celle des communistes indiens du Kérala, qui ont donné à cet Etat de 33 millions d'habitants le meilleur indice de développement humain du sous-continent. C'est celle des communistes cubains qui ont obtenu, dans un pays isolé par le blocus impérialiste, un taux de mortalité infantile inférieur à celui des USA et élu 48% de femmes à l'Assemblée nationale du pouvoir populaire. Ce sont tous ceux, en Bolivie et au Vénézuéla, qui ont fait reculer la pauvreté de masse et redonné leur fierté aux peuples sud-américains.

Cette gauche, la vraie, contrairement à cette contrefaçon qui se donne en spectacle à la télévision, prend au sérieux le droit des nations à disposer d'elles-mêmes. Elle sait que, sans l'indépendance nationale, la souveraineté populaire n'est qu'un leurre. Son patriotisme ne l'éloigne pas de son internationalisme, car elle revendique pour chaque pays le droit de suivre sa voie dans le respect des autres. Elle ose s'attaquer aux structures de la domination capitaliste, elle en prend le risque, au lieu de fuir lâchement devant l'obstacle, faisant allégeance aux puissants et jouant le rôle de supplétifs dont leurs maîtres se débarrasseront à la première occasion.

Bruno Guigue (24/01/2017)

23/01/2017

La marche des femmes pour la guerre ?

 

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"La marche des femmes pour la guerre"

article d' Ariane Walter

"Le monde s'éveille peu à peu à son Histoire. Grâce à internet qui est pour nous ce qu'était l'"Encyclopedia universalis" pour les hommes du 18 ème siècle. Et encore...Qui lisait l'Encyclopedia réservée à une élite ? Alors qu'Internet et sa prodigieuse richesse est entre toutes les mains. 
On nous dit : "il y a de tout sur internet. " Je suppose que ceux qui disent cela sont les tenants de la vérité unique.
"Il y a de tout" me plaît.

Autour de nous, deux groupes se forment. 
Ceux qui consultent internet et ceux qui ne le consultent pas. Nous le voyons quand nous parlons avec des amis qui en sont à préférer mordicus l'Amérique à la Russie, quelles que soient les circonstances. Il y a d'un côté ceux qui apprécient Poutine et Trump et ceux qui les haïssent.
Ceux qui les haïssent appartient à une bourgeoisie issue d'enfants sages, d'élèves attentifs, de gamins qui ont tout de suite été à l'aise dans les codes de la société et de la famille. La révolte, l'insolence n'ont jamais été leur domaine. A présent, ils vivent bien. Aller contre les vérités reçues leur est difficile. C'est pour eux un peu vulgaire. C'est sortir du groupe. Et on leur a appris que quand on était un bon élément du groupe, on était récompensé.
Leur connaissance de l'Histoire est donc fragmentaire, liée à ce qu'ils ont appris.
Ils ignorent que ce sont les multinationales US qui ont mis le pied à l'étrier à Hitler. ils ignorent que la construction d'Israël commence bien avant l'histoire de la Shoah. ils ignorent que le projet de L'UE est un plan nazi et anglo-américain. Ils ignorent que Ben Laden était une créature de Bzrezinski et que les US sont un impérialisme noir qui vit grâce au commerce des armes et de la drogue.
Comment pourrait-ils comprendre que Trump, qui n'est pas sans défauts et même sans défauts gravissimes, (je pense , par exemple aux gaz de schistes dont il veut poursuivre l'exploitation), est un cadeau de l'Histoire que le peuple américain vient de faire au monde ? Que Trump est, après Poutine, la première résistance qui s'élève au plus haut niveau, contre les seigneurs de la guerre qui tuent notre monde en accordant à la Finance et aux multinationales, en particulier celles qui vendent des armes, les privilèges les plus absolus ?
Que sommes-nous, nous, face à tout cela ?
J'ai toujours eu le sentiment que notre liberté, transitoire certes, ne pouvait venir que d'un affrontement entre puissants au plus haut niveau.
Que c'est la guerre entre géants, que nous observons, comme les dieux autrefois dans l'Iliade , du ciel de nos petits claviers, qui pourrait desserrer l'étreinte de nos malheurs. 
Sommes-nous totalement impuissants ? 
Non, car c'est notre conscience, notre parole, notre entrée dans l'Histoire par la porte d'internet qui pousse ces puissances à servir nos valeurs.
Et nos valeurs sont celles de l'Humain, de la sauvegarde de notre pauvre petite planète, de l'équilibre, du respect, de l'éducation ; Tout ceci s'élevant sur un champ de ruines, notre monde étant encore livré à des prédateurs malsains que leur ubris détruit et nous avec, hélas. 

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Mais venons-en à l'actualité. 
Je ne peux vous dire combien de fois, les mois précédents, m'éveillant le matin, mon premier geste était de consulter l'actualité, redoutant cet "inside job", cette folie des fous de guerre qui allait lancer le monde dans une troisième guerre mondiale.
Voilà pourquoi l'élection de Trump dont les premiers mots ont été de parler de reconstruction et non de destruction, de respect des autres pays, de non-interventionnisme m'ont fait croire à un conte de fées. Il faut être ignorant pour ne pas voir que tous les djihadistes du moyen-orient ne pouvaient faire la guerre que grâce aux vendeurs d'armes de l'Empire du chaos. et voilà que cet empire venait de se prendre un gros pain dans la gueule : un gros pain qui s'appelle Donald Trump , voix de l'Amérique.
Mais le rouquin ne respecte pas les femmes. Et les femmes sont dans la rue. Avec à leur tête Madonna qui proposait des pipes à tous ceux qui allaient voter Clinton...
Ces femmes sans doute, ne connaissent pas le nom de Soros. Elles ne savent pas que derrière leur marche, le pire de l'humanité, l'Empire du chaos se frotte les mains. Elles ne savent pas qu'elles défilent pour le monde de la guerre alors que l'Histoire vient de leur offrir un monde de la paix qui n'est certes pas parfait , qui doit être construit, mais qui du moins ne se pavane plus en danseur mondain dont l'élégance cache des ordres qui ont tué des milliers d'hommes de femmes et d'enfants. Le carnage du moyen-Orient , voilà ce qu'elles défendent. Et elles jouent à mettre des hijabs !! Les contrastes de la vie ne les frappent pas ! Elles ne savent pas que défile avec elles l'ombre de Madeline Allbright qui trouvait que la mort de 500 000 enfants Irakiens, ce n'était pas cher payé pour une victoire. 

Qui n'a pas eu lieu.
Car ce n'est pas la victoire que cherchent ces forces du mal.
Elles cherchent la guerre permanente, le chaos permanent. Car rien ne rapporte autant que la vente d'armes, la destruction d'hommes transformés en migrants que l'on peut employer trois sous dans des usines. N'est-ce pas M. Macron ? 

Voilà pourquoi et pour qui vous avez défilé, les filles.
Il faut se reprendre, là, les bonnets roses..."

 

source: Agora vox  média citoyen où l'on trouve des articles de toutes tendances

18/01/2017

Bruno Guigue Transition

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«L’année écoulée s’inscrit dans une phase de transition, entre deux états du monde»

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Ex-haut fonctionnaire, Bruno Guigue est un analyste politique français, enseignant en relations internationales à l’Université de La Réunion et chroniqueur en politique internationale.

Sputnik : L'année 2016 est terminée. Pour beaucoup, elle a été associée aux tensions montantes entre la Russie et les États-Unis, et plus globalement entre la Russie et l'Occident politique. Quelles sont les principales analyses que vous feriez de l'année passée?
 
Bruno Guigue :  L'année écoulée s'inscrit dans une phase de transition, extrêmement critique, entre deux états du monde. La roue tourne, et le neuf chasse l'ancien. Les USA sont encore la première puissance économique mondiale, mais la Chine est en passe de les détrôner. La situation sociale aux États-Unis est désastreuse. La violence y est omniprésente. Les USA sont un pays riche, mais ses habitants sont pauvres. 15 % des Américains dépendent de l'aide alimentaire, et le taux d'endettement des ménages est vertigineux.
L'élection de Donald Trump, en réalité, est le symptôme d'un profond malaise. À l'intérieur comme à l'extérieur de leurs frontières, les États-Unis ressemblent à un colosse aux pieds d'argile. En encerclant la Russie, en la diabolisant, les dirigeants américains renouent avec les pratiques de la guerre froide, mais cette agitation belliciste est un aveu de faiblesse. Si Washington provoque Moscou en mobilisant son armada, c'est pour tenter de conjurer, de manière pathétique, un déclin irréversible. Les USA sont une superpuissance chancelante qui joue au matamore parce qu'elle sait que ses jours sont comptés.
 
Sputnik : Cette opposition russo-étasunienne s'est traduite par une différence d'approche évidente en Syrie, qui restait largement à la Une de l'actualité. Quelles leçons en tirez-vous?
 
Bruno Guigue: Sur le théâtre syrien, il y a une énorme différence entre Moscou et Washington. Les Russes font ce qu'ils disent et ils disent ce qu'ils font. Les Américains ne font pas ce qu'ils disent et ils ne disent pas ce qu'ils font. La Russie intervient en Syrie à la demande expresse d'un État souverain qui est son allié historique dans la région. Elle combat la pègre mercenaire qui tente d'abattre cet État sur mandat des puissances occidentales et des pétromonarchies du Golfe. Avec 5 000 soldats et 70 avions, elle a aidé le gouvernement syrien à libérer la deuxième ville du pays et à restaurer sa souveraineté, peu à peu, sur une part croissante du territoire national.
De leur côté, les USA prétendent livrer bataille aux organisations terroristes, mais en réalité ils les utilisent contre Damas. Ils accréditent une distinction entre des rebelles « extrémistes » et « modérés » qui n'existe que sur le papier, et ils en fournissent eux-mêmes la preuve en les soutenant sans distinction! Chaque fois que Daech attaque les forces gouvernementales syriennes, par exemple, les avions de la coalition restent cloués au sol. Contrairement à l'intervention russe, l'intervention américaine est illégale en droit international et elle favorise les terroristes en prétendant les combattre.
 
 Sputnik : La récente coordination des approches entre la Russie et l'Iran, principaux soutiens du gouvernement syrien, avec la Turquie — qui a longtemps gardé une approche ouvertement anti-Assad — le tout en vue de contribuer ensemble à la résolution du conflit syrien, a montré qu'il était possible d'atteindre des résultats prometteurs, sans pour autant y inclure les représentants US et plus généralement les élites occidentales. Partagez-vous cet avis? Est-ce, selon vous, un signe que cette région du Proche et du Moyen-Orient devrait élargir ce genre d'initiative à l'instar de celle entre la Russie, l'Iran et la Turquie?
 
Bruno Guigue: La coopération diplomatique entre la Russie, l'Iran et la Turquie en vue de mettre fin au conflit syrien est une gifle monumentale pour Washington et ses satellites. Les États-Unis sont éjectés comme des malpropres d'une scène syrienne où ils ont additionné les « false flags » et les coups tordus. Pour la première fois, une négociation sur un conflit majeur est engagée sans Washington, qui doit se résoudre à faire tapisserie pendant que Moscou mène la danse. L'avenir dira si les négociations inter-syriennes sous ce triple parrainage aboutiront à une solution négociée. Mais en attendant, les Occidentaux sont condamnés à approuver en public un processus qui les destitue de leur prééminence sur la scène internationale.

 Les pourparlers qui auront lieu à Astana, capitale du Kazakhstan, symbolisent le basculement du monde vers de nouveaux pôles de puissance. Toutes proportions gardées, c'est un événement comparable à la conférence de Bandoeng, qui marqua en 1955 l'émergence d'un « tiers-monde » assoiffé d'indépendance et résolument non-aligné. Les puissances occidentales ayant démontré leur capacité de nuisance au Moyen-Orient, toute initiative consistant à se passer de leurs services est un exemple à suivre si l'on veut tuer dans l'œuf l'ingérence néo-coloniale et permettre aux puissances régionales de régler elles-mêmes leurs propres affaires.

Sputnik: Une nouvelle administration, celle du président élu Donald Trump, prendra officiellement sous très peu le pouvoir aux États-Unis. Certains partagent un optimisme important au vu de certaines déclarations de M. Trump qui laissaient supposer une éventuelle normalisation des relations avec la Russie. D'un autre côté, sa rhétorique anti-chinoise, anti-iranienne et notamment anti-cubaine, des pays ayant des relations fortes avec la Russie, laissent supposer la poursuite de la confrontation. D'autant plus qu'au vu des déclarations récentes de certains représentants de son équipe, les risques d'une poursuite des tensions avec la Russie restent également d'actualité. Quel est votre avis sur la question? 

Bruno Guigue: Personne ne sachant lire dans le marc de café, il est impossible de dire ce que sera la politique étrangère de Donald Trump. La composition de son équipe envoie des signaux contradictoires. Le conseiller à la sécurité nationale est Michael Flynn, chef du renseignement militaire limogé par Barack Obama pour avoir critiqué la politique du président en Syrie. Le secrétaire d'État est Rex Tillerson, l'un des dirigeants du groupe pétrolier ExxonMobil qui s'opposa aux sanctions contre Moscou en 2014. Au secrétariat à la Défense, c'est le général James Mattis, ancien commandant des forces US au Moyen-Orient et partisan notoire de la fermeté à l'égard de l'Iran. Difficile de s'y repérer, mais M. Trump se déclare prêt au dialogue avec Moscou et affirme que les USA n'interviendront plus pour « changer le régime politique » chez les autres. C'est un désaveu explicite des politiques néo-conservatrices! En même temps, il adhère aux thèses israéliennes sur Jérusalem et envisage d'y déplacer l'ambassade US en violation du droit international. Il veut remettre en question l'accord péniblement négocié par son prédécesseur sur le nucléaire iranien. Enfin, il bombe le torse face à la République populaire de Chine.

Sputnik: Que pensez-vous, précisément, de ces déclarations peu diplomatiques à l'égard de la Chine? 
 
Bruno Guigue : Ces déclarations, en fait, rejoignent la critique constante du libre-échangisme économique formulée par Donald Trump durant sa campagne. Elles annoncent un bras de fer de Washington avec les puissances montantes dont la croissance constitue une menace pour l'hégémonie US. La mondialisation des échanges appauvrit l'économie américaine, elle la vide de sa substance en accélérant la désindustrialisation. Invention occidentale, cette globalisation exigée par l'oligarchie se retourne contre les pays qui en ont fait l'alpha et l'oméga de la vie internationale. En 2010, la part des USA dans le PIB mondial était de 25%. Elle sera de 16% en 2025. En 2050, elle sera de 9% contre 33% pour la Chine et 8% pour l'Inde. Pour le nouveau président, le véritable défi sera de freiner, dans une tentative désespérée, le déclin annoncé de l'Empire américain. Et il sait bien que couvrir les océans de porte-avions déployant fièrement la bannière étoilée n'y changera rien.
 
Sputnik: On observe une montée importante des sentiments anti-atlantistes dans les pays européens. Entrevoyez-vous des changements importants en 2017 à ce niveau? Notamment en ce qui concerne le niveau de dépendance de certains pays européens vis-à-vis des USA?
 
Bruno Guigue : En fait, l'allégeance des pays européens à Washington n'a jamais été aussi caricaturale. Champions incontestés de la catégorie, la France et le Royaume-Uni font constamment de la surenchère. Comme si la gesticulation de l'appareil militaire atlantique aux frontières de la Russie ne suffisait pas, ces deux pays multiplient les accusations contre Moscou et prolongent des sanctions absurdes. Il est affligeant de voir le gouvernement français, par exemple, sacrifier ses propres agriculteurs sur l'autel de l'atlantisme en interdisant les exportations vers la Russie. Cette soumission volontaire des gouvernements européens est une honte, et elle finira par provoquer une exaspération légitime. La souveraineté a été bafouée par l'européisme et l'atlantisme, mais heureusement elle est de retour. L'aspiration à l'indépendance nationale — sans laquelle la souveraineté populaire est un leurre — est une constante historique. Chassez-la par la porte, elle reviendra par la fenêtre!

source:

13/01/2017

« Mensonge, fausse bannière et vidéos », une politique américaine

Un article de Bruno Guigue

Vietnam, Irak, Syrie, trois exemples parmi tant d'autres ! La liste des pays qui ont subi l'ingérence fomentée grâce à la manipulation de l'opinion est interminable (Cuba, Cambodge, Soudan, Nicaragua, Somalie, Serbie, Libye, Yémen, Chili, Venezuela, Honduras, la liste est non exhaustive ..). A chaque fois, cette manipulation repose sur un mensonge inaugural, énorme de préférence, qui fabrique le casus belli requis par l'ingérence en tétanisant l'opinion internationale. Spécialité US, cette production de la guerre par l'invention pure et simple de son motif est la marque de fabrique de la maison-mère.

Pour justifier l'ingérence dans les affaires des autres, Washington manifeste à la fois un véritable génie de l'affabulation et un manque évident d'imagination. Les dirigeants US n'oublient jamais d'inventer une histoire à dormir debout, mais elle a toujours un air de déjà-vu. Le plus étonnant n'est pas que Washington fasse preuve d'une telle répétition dans son répertoire, c'est plutôt qu'on semble le découvrir à chaque fois. En attendant, les faits parlent d'eux-mêmes. L'analyse des conflits du demi-siècle écoulé révèle le même modus operandi, elle fait apparaître les mêmes grosses ficelles.

Premier cas d'école, la guerre du Vietnam. En août 1964, le fameux incident du Golfe du Tonkin fait subitement basculer l'opinion américaine dans le camp belliciste. Des vedettes lance-torpilles nord-vietnamiennes, accuse Washington, ont attaqué le destroyer de la Navy « Maddox » au milieu des eaux internationales le 2 août. Dans un contexte de tensions entre Washington et Hanoï, la Maison-Blanche soutient que cette provocation communiste ne peut rester sans réponse. Mis sous pression, le Congrès des Etats-Unis autorise le président Johnson, le 7 août, à riposter militairement. Dans les mois qui suivent, des centaines de milliers de soldats volent au secours du régime sud-vietnamien et les bombardiers US pilonnent les positions nord-vietnamiennes.

A l'époque, la presse occidentale reprend mot pour mot la version officielle, accréditant la thèse d'une agression des forces communistes nord-vietnamiennes qui seraient donc responsables de l'escalade militaire. Pourtant, cette narration de l'incident est totalement fictive. Elle a été fabriquée de A à Z. En réalité, aucune attaque n'a eu lieu. Le « Maddox » était dans les eaux territoriales nord-vietnamiennes et non dans les eaux internationales. Il a bien tiré 350 obus, mais dans le vide, contre un ennemi parfaitement imaginaire, pour faire croire à une attaque. Mais peu importe. Il fallait démontrer l'agressivité criminelle du camp adverse, lui faire porter la responsabilité d'une guerre totale. Elle fera trois millions de morts, et les USA la perdront.

Deuxième cas d'école, la guerre contre l'Irak. Les attaques terroristes du 11 septembre 2001 fournissent à l'administration Bush un prétexte idéal pour lancer une vaste offensive au Moyen-Orient. Elle passe d'abord par la destruction du régime taliban en Afghanistan (pourtant installé avec la bénédiction de Washington), puis par l'attaque contre l'Irak de Saddam Hussein (mars 2003). Privée de toute légitimité internationale, cette agression militaire contre un Etat qui ne menace personne se prévaut, officiellement, d'un double « casus belli ». Bagdad détiendrait des armes de destruction massive représentant un danger mortel pour la sécurité collective, et le régime baasiste fournirait une aide logistique à l'organisation terroriste Al-Qaida.

Comme pour l'incident du Golfe du Tonkin, cette double accusation est une monstrueuse affabulation. On eut beau faire semblant de les chercher, on n'a trouvé aucune arme de destruction massive en Irak, ni aucune connivence entre le régime irakien et l'organisation terroriste fondée par Ben Laden. En revanche, l'implication des services secrets américains et saoudiens dans les attentats du 9/11 est un secret de polichinelle. La version officielle permet donc d'occulter cette responsabilité (qui reste obscure dans ses détails) en se livrant à une inversion accusatoire. Pour justifier la liquidation d'un Etat qui s'oppose à ses ambitions, Washington l'accuse de ses propres turpitudes. Habituée à avaler des couleuvres, la presse occidentale reproduira servilement l'argumentaire contre Bagdad.

Troisième cas d'école, la Syrie. A partir du printemps 2011, une contestation minoritaire et encouragée de l'extérieur, sur le modèle préfabriqué des « révolutions arabes », réclame la destitution du président syrien. Des provocations et des attentats créent un climat de guerre civile, aggravé par l'aide massive que fournissent à la rébellion armée les puissances occidentales et les pétromonarchies du Golfe. Refroidi par les fiascos afghan et irakien, Washington préfère intervenir contre Damas en utilisant des « proxys », des organisations de mercenaires. Mais une partie de l'establishment, acharnée, veut provoquer la chute de Bachar Al-Assad en persuadant Barack Obama d'infliger des frappes aériennes aux forces syriennes.

Pour justifier cette intervention, il faut évidemment un prétexte. On va vite le trouver ! Par l'horreur qu'il inspire, l'usage de l'arme chimique contre des populations civiles constitue le motif idéal. Le 21 août 2013, des images d'enfants gazés dans la banlieue de Damas font le tour du monde. Faute de preuves, les enquêteurs de l'ONU ne désignent aucun coupable. Une étude menée par le prestigieux MIT révélera que cette attaque ne pouvait provenir que des zones rebelles. Mais c'est trop tard. La machine à mensonges tourne à plein régime. Accréditée par Washington, avalisée par ses alliés, la version officielle est reprise par la presse et les ONG subventionnées. Elle devient « la vérité » sur le conflit syrien, le prétexte de l'ingérence étrangère et le faux-nez du néo-colonialisme.

Vietnam, Irak, Syrie, trois exemples parmi tant d'autres ! La liste des pays qui ont subi l'ingérence fomentée grâce à la manipulation de l'opinion est interminable (Cuba, Cambodge, Soudan, Nicaragua, Somalie, Serbie, Libye, Yémen, Chili, Venezuela, Honduras, la liste est non exhaustive ..). A chaque fois, cette manipulation repose sur un mensonge inaugural, énorme de préférence, qui fabrique le casus belli requis par l'ingérence en tétanisant l'opinion internationale. Spécialité US, cette production de la guerre par l'invention pure et simple de son motif est la marque de fabrique de la maison-mère. Lyndon Johnson invente des vedettes-lance-torpilles, Colin Powell brandit sa fiole de jus de pomme à l'ONU, Barack Obama désigne le coupable d'une attaque chimique organisée par ses protégés. Tout est bon pour édifier le bon peuple.

La formule-clé de cette politique, c'est « mensonge, fausse bannière et vidéos ». Le mensonge est l'élément générateur de la guerre impérialiste, sa matière première, son carburant. La fausse bannière (« false flag ») est son mode opératoire préféré, car il autorise l'inversion accusatoire, l'imputation de ses propres crimes à l'adversaire qu'on veut abattre. Les vidéos, enfin, sont l'instrument de communication qui donne corps à la fable fondatrice. Avec la force persuasive de l'image, avec ses effets de réel, elles permettent de substituer une post-vérité construite à la simple véracité des faits. Ce n'est pas un hasard si le Pentagone a dépensé 500 millions de dollars pour fabriquer de fausses vidéos djihadistes, et si les Casques Blancs, en Syrie, montaient leurs vidéos dans des décors de cinéma.

11/01/2017

Alep libérée (les habitants)

Je reposte ici un article du Saker francophone ( site alternatif d'information à connaître absolument) présentant la traduction du témoignage de Jan Olberg , photographe allemand présent à Alep, sur son blog.

Son blog

"Pour la plupart des médias, des commentateurs et des politiciens occidentaux, cela ne faisait aucun doute : Alep est tombée (de nouveau) aux mains du « régime », du « dictateur ». Ils se sont concentrés sur les civils et les rebelles modérés, comme ils les appellent, tués dans les dernières heures de la bataille autour d’Alep orientale, qui était occupée depuis mi-2012.

J’étais là – autant à l’est qu’à l’ouest d’Alep – quand c’est arrivé. J’étais dans le quartier Hanano d’Alep, sa vieille ville et dans la ville industrielle de Shaykh Najjar.

Je marchais dans les rues et je pouvais parler à n’importe qui et photographier ce que je voulais, personne ne me guidant vers des personnes particulières.

Ces images sont réelles, elles sont authentiques.

Voila ce que j’ai vu et entendu."

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Suite de la traduction de cet article

 

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***

Alors même qu'Alep a été libérée, et que bon nombre de journalistes français ont mis de l'eau dans leur vin, ou pris conscience de leur aveuglement, beaucoup (de politiques, journalistes, artistes) continuent de rester dans un déni étrange ...

***

Mais  JF Kahn dans un article (Syrie, une victime de plus : la crédibilité médiatique)

de Marianne du 3 Janvier reconnait ces mensonges (même s'il essaie de les justifier)

"Concernant la Syrie, une vision, purement idéologique, s’est substituée à la prise en compte objective d’une situation qui échappait totalement au confort intellectuel d’un tel schématisme binaire.
Aussi respectable et même juste soit-elle, une cause justifie-t-elle que, pour la défendre, on abolisse le réel à partir du moment où il devient dérangeant, jusqu’à se construire un monde complètement imaginaire ?

Le cas syrien est certes moins limite. Il n’en était pas moins louable, a priori, de se déclarer solidaire d’une rébellion qui entendait lutter contre une implacable dictature. Est-ce à dire qu’il convenait de plier totalement, comme on l’a fait, le réel à une vision manichéenne que rien de dérangeant ne devait brouiller ? L’approche journalistique devait-elle à ce point se transformer en approche ultra militante ?

La façon dont certains grands médias ont rendu compte de cette épouvantable tragédie correspondait de moins en moins à la vérité complexe de ce drame.

Pour des raisons sans doute respectables, on s’est de plus en plus raconté des histoires, auto-intoxiqué. Une vision, purement idéologique, s’est substituée à la prise en compte objective d’une situation qui échappait totalement au confort intellectuel d’un tel schématisme binaire."

etc...

  l'article en entier

Ajout ultérieur:

Lettre ouverte de Pierre Le Corf ... 

extrait:

".../Quel que soient les pays où ils ont été utilisés, les vidéos et contenus créés par les djihadistes et partisans, parfois montés de toute pièce, ont été diffusés en prime time par nos médias, instrumentalisant la mort et la souffrance des gens vivant au milieu des combats, l’amour et la compassion de ceux qui regardaient ces images. Comme les terroristes, nous avons vendu tellement de peur que personne ne s’est rendu compte que ces contenus avaient tous une visée et étaient créés en conséquence, sans jamais donner une voix aux civils concernés, sinon à des partisans ou combattants (je précise que les civils pouvaient difficilement s’offrir du pain, alors une caméra et surtout un réseau internet 3G c’était le bout du monde, coutant l’équivalent de 5 kilos de viande). À défaut d’avoir le nombre de combattants pour détruire le gouvernement, nous avons complété notre impact sur le conflit en jouant sur les sentiments pour influencer l’opinion publique et son consentement tacite dans ce conflit./..."

01:37 Publié dans Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alep |  Facebook

05/01/2017

Jean-claude Michéa

Jean-Claude Michéa (né en 1950) est un professeur de philosophie (aujourd'hui à la retraite) et philosophe français, auteur de plusieurs essais consacrés notamment à la pensée et à l'œuvre de George Orwell.

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Jean-Claude Michéa est connu pour ses positions très engagées contre les courants dominants de la gauche qui, selon lui, ont perdu tout esprit de lutte anticapitaliste pour laisser place à la « religion du progrès ».

Prônant des valeurs morales proches du socialisme de George Orwell, Jean-Claude Michéa fustige l'intelligentsia de gauche qui s'est selon lui éloignée du monde prolétarien et populaire.La gauche étant devenue identique à la droite, cherche à dissimuler cette proximité en mettant en avant les questions « sociétales »

 

 

 

02/01/2017

Contrepoison 3

"La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter. "  Aldous Huxley

"La propagande est un tapis roulant qui vous emporte ou vous oblige, pour garder l'équilibre, à courir en sens inverse."  Gilbert Cesbron

"La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures." Noam Chomsky

                                                                        

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                                                                                 ***

 

>>> "L’armée syrienne n'a pas tiré sur les combattants qui quittaient Alep lors des évacuations, elle leur a même distribué de la nourriture, selon Carla Ortiz, réalisatrice bolivienne de documentaires, contrairement aux messages des grands médias." source

             

«Beaucoup de gens m’ont demandé de fournir des preuves montrant qu’on ne tirait pas sur les gens dans la rue, ni sur les enfants, lors de l'évacuation, comme certains médias l’ont rapporté. Alors, voici ce que j’ai vu de mes propres yeux : les civils ont été évacués à pied de la partie Est de la ville et ensuite transportés vers des refuges dans des bus. Excusez-moi, mais il n’y a absolument pas eu de fusillades de masse pendant l’évacuation»,  a écrit Ortiz sur Facebook, en commentaire de la vidéo.      

Ortiz a ensuite continué à contester certaines autres histoires relatées par les grands médias, en mettant en doute l’authenticité des soi-disant «rapports des témoins» provenant des quartiers d’Alep qui étaient occupés par les rebelles à l’époque, rapidement propagés par les médias occidentaux. Elle a précisé qu’il n’y avait pas de connexion internet dans la partie est de la ville, qui aurait pu permettre à ces témoins de partager leurs images aux médias.   

                                                              

                                                                               ***

 

>>> Même le Nouvel obs a changé de ton et se pose des questions...  (en restant de parti pris malgré tout)

SYRIE. A Alep, la guerre est aussi celle de l'information

Les images de la guerre en Syrie proviennent en partie d'activistes des deux camps, dessinant deux visions géopolitiques diamétralement opposées. Comment faire le tri ?

extraits:

..."Que croire ? Deux visions du monde s’opposent. L’une (l’occident pour aller vite) ne s’est jamais départie de l’illusion que la tentative de révolution démocratique syrienne serait le dernier étage de la fusée du printemps arabe ; l’autre (plutôt pro-russe) n’a jamais vu la révolte de 2011 comme autre chose qu’un putsch salafiste, soutenu en sous-main par les puissances de l’argent pour faire vaciller un leader légitime, garant de la stabilité régionale."

..."Les mêmes personnes sont citées en boucle par les médias internationaux puisqu’elles sont les seules à s’exprimer en anglais et à avoir accès à un système d’internet par satellite dans des quartiers privés d’eau, d’électricité et de carburant. Citons les activistes Lina Shamy et Abdulkhafi Alhamdo, ou la petite Bana, fillette de 7 ans devenue le symbole de la vie sous les bombardements à Alep-Est. La médiatisation de Bana Alabed a immédiatement posé question, pointe “le Monde” : comme toutes les mises en scène d’enfants en temps de guerre, certains crient à la propagande."

voir l'article

                                                                                            

                                                                                                 ***

 

>>> Le Saker Francophone: Qui combat vraiment en Syrie: la liste noire de la honte de l’Occident

Liste des mercenaires, qui sont financés par l’Occident et ses alliés.  source

 

                                                                                                ***

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Alep est réunifiée. Les masques tombent.

Article (analyse et résumé assez complet de la guerre en Syrie pour les absents) par Pierre sur Agoravox  ici

 extraits:

"Dès les premières victimes civiles, les chefs d’États occidentaux, la France en tête, exigèrent le départ du président Assad avant toute négociation comme si la Syrie était une de leurs colonies.

On peut dire à présent que ce fut la plus grande et la plus longue manipulation des esprits de tous les temps et une tache indélébile qui marquera à jamais la crédibilité des journalistes et des experts de plateaux de télévision."

...

"Le quatrième pouvoir remis en question.

L'expression « quatrième pouvoir » avait été attribuée à la presse et aux médias car ils exerçaient un contre-pouvoir face aux trois pouvoirs incarnant l’État.

Les médias mainstream actuels n'incarnent plus un contre-pouvoir car ils font partie du système dont ils dépendent financièrement.

  • La publicité est une part importante du financement des médias. Cela a deux conséquences. 

    • 1. Il ne peut y avoir de sujets nuisant aux intérêts des annonceurs.

    • 2. Comme les recette publicitaires sont calculées en fonction des ventes ou de l'audimat, les médias ont davantage intérêt à sortir des sujets accrocheurs qui font vendre plutôt que des analyses de fond plus critiques. N’oublions pas que le lecteur ou l'auditeur moyen aime à être rassuré dans ses convictions et que la vérité lui importe peu, elle le dérange même.

  • Une autre part non négligeable des aides vient de l’État. Il est difficile de mordre la main qui vous nourrit.

  • Les grands médias appartiennent à des milliardaires. Qui peut penser que les journalistes sont libres d’écrire des articles contraires aux intérêts de leur patron ?

Il faut ajouter que les journalistes, les chroniqueurs et les hommes politiques vivent dans un microcosme coupé de la réalité dans lequel ils se persuadent en boucle.

Leur présentation de la guerre en Syrie aura été particulièrement déformée. C'est uniquement un point de vue partisan qui est présenté.

Ce sont les médias alternatifs en ligne qui sont maintenant devenus le véritable contre-pouvoir. C'est pour cela qu'ils subissent une campagne de diffamation pour chercher à les discréditer. On voudrait les traiter de complotistes alors que bien au contraire, ce sont eux qui dénoncent les complots.

Le système a même publié les noms de plus de 200 sites sensés nous désinformer . Je ne peux que les remercier de nous fournir cette précieuse liste de sites où nous ne manquerons pas de trouver des analyses et des informations alternatives.

Il faut cependant remarquer que cette liste inclut des sites fantaisistes ou des lanceurs de PSYOP que tout lecteur attentif décèlera aisément. Cette méthode d'amalgamer du sérieux et du farfelu pour discréditer les informations honnêtes est bien connue et elle est d'une malveillance crasse."

 

                                                                              ***

 

 Ajouts du 28/12:

Par Robert FISK 

alep

Robert Fisk né le 12 juillet 1946 à Maidstone, est un journaliste britannique, grand reporter et correspondant au Proche-Orient depuis plus de trente ans à Beyrouth pour le journal  The Independent.
Il a écrit de nombreux livres sur cette région dont : La grande guerre pour la civilisation : L’Occident à la conquête du Moyen-Orient.

Il y a plus d’une vérité à raconter dans la terrible histoire d’Alep (The Independent)

Les politiciens, les « experts » et les journalistes occidentaux vont devoir reprendre à zéro leur copie au cours des prochains jours, maintenant que l’armée de Bashar al-Assad a repris le contrôle de l’est d’Alep.

Nous allons savoir si les 250 000 civils « prisonniers » dans la ville étaient effectivement aussi nombreux. Nous allons en apprendre beaucoup sur le fait ils n’avaient pas la possibilité de partir quand le gouvernement syrien et l’armée de l’air russe ont lancé leur bombardement féroce de la partie orientale de la ville.

Et nous allons en apprendre encore davantage sur les « rebelles » que nous – les Occidentaux, les États-Unis, la Grande-Bretagne et nos coéquipiers du Golfe – avons soutenu.

Il y avait après tout parmi eux, al-Qaïda (alias Jabhat al-Sham), le « peuple » – comme les appelait George W. Bush – qui ont commis les crimes contre l’humanité à New York, à Washington et en Pennsylvanie le 11 septembre 2001. Rappelez-vous la guerre contre le terrorisme ? Rappelez-vous le « mal à l’état pur » qu’était al-Qaïda. Rappelez-vous tous les avertissements de nos services de sécurité bien-aimés au Royaume-Uni sur la façon dont al-Qaïda pouvait semer la terreur à Londres ?

Mais quand les rebelles, y compris al-Qaïda, se battaient dans l’est d’Alep, il n’en était plus question – car un conte d’héroïsme, de démocratie et de souffrance avait été mis au point pour nous, un récit avec des bons contre des méchants, du même acabit que celui explosif et malhonnête sur les « armes de destruction massive » en Irak.

À l’époque de Saddam Hussein, lorsque quelques-uns d’entre nous soutenions que l’invasion illégale de l’Irak mènerait à des catastrophes et à des souffrances incalculables, et que Tony Blair et George Bush nous poussaient dans la voie de la perdition, il nous incombait de constamment rappeler notre répugnance à l’égard de Saddam et de son régime. On nous rappelait inévitablement que Saddam était l’un des trois piliers de l’Axe du Mal.

Alors voici le mantra habituel que nous devons répéter ad nauseam pour éviter les habituels courrier haineux et les habituelles injures qui seront aujourd’hui versés sur quiconque se détournera de la version dominante et profondément biaisée de la tragédie syrienne.

Oui, Bashar al-Assad a brutalement détruit de vastes étendues de ses villes dans sa lutte contre ceux qui veulent renverser son régime. Oui, ce régime a une multitude de péchés accrochés à son nom : la torture, les exécutions, les prisons secrètes, le meurtre de civils et – si nous incluons les miliciens syriens sous le contrôle effectif du régime – une version effrayante de nettoyage ethnique.

Oui, nous devrions craindre pour la vie des médecins courageux de l’est d’Alep et des gens qu’ils ont soignés. Quiconque a vu les images du jeune homme sorti de la ligne des réfugiés fuyant Alep la semaine dernière, par les hommes du renseignement du régime devrait craindre pour tous ceux qui n’ont pas été autorisés à traverser les lignes du gouvernement. Et rappelez-vous comment l’ONU a dit avoir appris que 82 civils ont été « massacrés » dans leurs maisons dans les dernières 24 heures.

Mais il est temps de dire l’autre vérité : que nombre des « rebelles » que nous, les Occidentaux, avons soutenus – et que notre absurde premier ministre Theresa May a indirectement bénis lorsqu’elle a fait acte d’allégeance devant les acheteurs d’hélicoptères [saoudiens] la semaine dernière – sont les plus cruels et les plus impitoyables des combattants au Moyen-Orient. Et tandis que nous avons été abreuvés des horreurs d’Isis pendant le siège de Mossoul (un événement trop semblable à Alep, bien que vous ne le penseriez pas en lisant notre version de l’histoire), nous avons volontairement ignoré le comportement des rebelles d’Alep.

Il y a seulement quelques semaines, j’ai interviewé l’une des premières familles musulmanes à fuir l’est d’Alep à l’occasion d’un cessez-le-feu. Le père venait d’être informé que son frère devait en représailles être exécuté par les rebelles parce qu’il avait traversé la ligne de front avec sa femme et son fils. Il a condamné les rebelles pour avoir fermé les écoles et avoir placé des armes à proximité des hôpitaux. Et il n’était pas un maréchal pro-régime… Il avait même eu de l’admiration pour Isis pour leur bonne conduite dans les premiers jours du siège.

Environ à la même époque, les soldats syriens exprimaient en privé leur conviction que les Américains permettraient à Isis de quitter Mossoul pour attaquer à nouveau le régime en Syrie. Un général américain avait réellement exprimé sa crainte que les miliciens chiites irakiens puissent empêcher Isis de fuir à travers la frontière irakienne vers la Syrie.

Eh bien, c’est arrivé. En trois colonnes de camions-suicides et de milliers de partisans armés, Isis vient de se frayer un chemin à travers le désert depuis Mossoul en Irak et Raqqa et Deir ez-Zour dans l’est de la Syrie, pour reprendre la belle ville de Palmyre.

Il est très instructif d’examiner nos rapports sur ces deux événements parallèles. Presque tous les manchettes parlent aujourd’hui de la « chute » d’Alep face à l’armée syrienne – alors qu’en toute autre circonstance, nous aurions certainement dit que l’armée avait « repris » la ville aux « rebelles » – tandis qu’Isis aurait « recapturé » Palmyre quand (étant donné leur propre comportement meurtrier) nous aurions certainement annoncé que la ville romaine était « tombée » une fois de plus sous leur domination grotesque.

Les mots importent. Ce sont les mêmes hommes que ceux qui, après leur première occupation de la ville l’année dernière, ont décapité le savant de 82 ans qui a essayé de protéger les trésors romains, puis ont ensuite placé ses lunettes sur sa tête décapitée.

De leur propre aveu, les Russes ont effectué 64 bombardements contre les attaquants d’Isis à l’extérieur de Palmyre. Mais étant donné les énormes colonnes de poussière soulevées par les convois d’Isis, pourquoi l’armée de l’air américaine n’a-t-elle pas participé au bombardement de leur plus grand ennemi ? Mais non : pour une raison ou une autre, les satellites américains et les drones et les services de renseignements ne les ont pas repérés – pas plus que lorsque Isis a conduit des convois identiques de camions-suicides pour capturer Palmyre en mai 2015.

Il ne fait aucun doute que Palmyre représente un revers pour à la fois pour l’armée syrienne et les Russes – revers plus symbolique que militaire. Des officiers syriens m’ont dit à Palmyre plus tôt cette année qu’Isis ne serait jamais autorisé à revenir. Il y avait une base militaire russe dans la ville. Un avion russe nous survolait. Un orchestre russe venait de jouer dans les ruines romaines pour célébrer la libération de la ville.

Alors, que s’est-il passé ? Le plus probable est que l’armée syrienne n’a tout simplement pas le nombre de soldats nécessaire pour défendre Palmyre tout en reprenant l’est d’Alep.

Ils devront reprendre Palmyre rapidement. Mais pour Bashar al-Assad, la fin du siège d’Alep signifie qu’Isis, al-Nusra, al-Qaïda et tous les autres groupes salafistes et leurs alliés ne peuvent plus revendiquer une base ou créer une capitale dans la longue lignée des grandes villes qui forment la colonne vertébrale de la Syrie : Damas, Homs, Hama et Alep.

Revenons à Alep. Le récit familier et lassant de la politique et du journalisme a besoin d’être rafraîchi. La preuve est claire depuis quelques jours. Après des mois de condamnation des iniquités du régime syrien tout en occultant l’identité et la brutalité de ses adversaires à Alep, les organisations de défense des droits de l’homme – reniflant la défaite des rebelles – ont commencé il y a quelques jours à diffuser leurs critiques à l’égard de ces mêmes défenseurs.

Prenez le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. La semaine dernière, après les craintes tout à fait compréhensibles pour la population civile de l’est d’Alep et ses médecins et infirmiers, comme pour les civils soumis aux représailles du gouvernement et les « centaines d’hommes » qui ont disparu après avoir traversé la ligne de front, l’ONU a soudainement exprimé d’autres préoccupations.

« Au cours des deux dernières semaines, le Front Fatah al-Sham [en d’autres termes, al-Qaïda] et le Bataillon Abu Amara auraient enlevé et tué un nombre inconnu de civils qui avaient demandé aux groupes armés de quitter leurs quartiers afin d’épargner la vie des civils … « , a-t-il déclaré.

« Nous avons également reçu des informations selon lesquelles entre le 30 novembre et le 1er décembre, des groupes armés d’opposition ont tiré sur des civils qui tentaient de partir ». De plus, des « attaques aveugles » ont été menées sur des zones gouvernementales et densément peuplées à l’ouest d’Alep.

Je soupçonne que nous entendrons plus de choses dans les prochains jours. Le mois prochain, nous lirons également un nouveau livre effrayant, Merchants of Men, par la journaliste italienne Loretta Napoleoni, sur le financement de la guerre en Syrie. Elle a documenté les enlèvements-pour-argent par le gouvernement et les forces rebelles en Syrie, mais a également des mots durs pour notre propre profession de journalisme.

Les journalistes qui ont été enlevés par des gardes armés dans l’est de la Syrie, écrit-elle, « sont tombés victimes d’une sorte de syndrome d’Hemingway : les correspondants de guerre qui soutiennent l’insurrection font confiance aux rebelles et mettent leur vie entre leurs mains parce qu’ils sont de mèche avec eux. » Mais « l 'insurrection n’est qu’une variante du djihadisme criminel, un phénomène moderne qui n’a qu’un Dieu : l’argent. »

Est-ce trop dur pour ma profession ? Sommes-nous vraiment « de mèche » avec les rebelles ?

Certes, nos maîtres politiques sont – et pour la même raison que les rebelles enlèvent leurs victimes – inféodés à l’argent. D’où la disgrâce de Brexit May et sa bouffonnerie de ministres qui se sont prosternés la semaine dernière devant les autocrates sunnites qui financent les jihadistes en Syrie, dans l’espoir de gagner des milliards de livres dans les ventes d’armes post-Brexit au Golfe.

Dans quelques heures, le Parlement britannique doit débattre du sort des médecins, des infirmières, des enfants blessés et des civils d’Alep et d’autres régions en Syrie. Le comportement grotesque du gouvernement britannique a fait en sorte que ni les Syriens ni les Russes ne prêteront la moindre attention à nos lamentations pitoyables. Cela aussi doit être dit.

Robert Fisk

Original : http://www.independent.co.uk/voices/aleppo-falls-to-syria...

Source : Robert Fisk, 15-12-2016

                                                                          ***

 Cette gauche qui sert de supplétif à l’OTAN
par Bruno Guigue
mercredi 28 décembre 2016

A de rares exceptions près (Jean-Luc Mélenchon, le PRCF), le moins qu'on puisse dire est que la gauche française pratique le déni de réalité sur la Syrie. Depuis 2011, c'est impressionnant. Elle a tout avalé. Avec gourmandise. Un véritable festin de couleuvres ! Elle s'est d'abord fiée à des sources douteuses (OSDH) dont elle a répété en boucle les chiffres invérifiables et les affirmations gratuites. Bonne fille, elle a accrédité la narration ridicule du boucher-de-Damas-qui-massacre-son-peuple. Elle a gobé cul sec le false-flag de l'attaque chimique comme si elle ingurgitait une vulgaire fiole onusienne de M. Powell. Elle est tombée, enfin, dans le panneau d'une propagande humanitaire à deux vitesses qui fait le tri, sans vergogne, entre les bonnes et les mauvaises victimes.

Cet aveuglement stupéfiant, la gauche française le doit d'abord à son indécrottable posture morale. Une grille de lecture manichéenne a anesthésié son esprit critique, elle l'a coupée du monde réel. Voulant absolument identifier des bons (rebelles) et des méchants (Assad), elle s'interdit de comprendre un processus qui se déroule ailleurs que dans le ciel des idées. Quand on désigne les protagonistes d'une situation historique en utilisant des catégories comme le bien et le mal, on donne congé à toute rationalité. « Ni rire, ni pleurer, mais comprendre », disait justement Spinoza. On peut certes avoir des préférences, mais lorsque ces préférences inhibent la pensée critique, ce ne sont plus des préférences, ce sont des inhibitions mentales.

La deuxième raison de cet aveuglement tient à un déficit abyssal d'analyse politique. La gauche française n'a pas voulu voir que le rapport de forces, en Syrie, n'était pas celui qu'elle espérait. Elle a reconstruit le récit des événements à sa guise pour donner corps à son fantasme d'une révolution arabe universelle qui balaierait le « régime de Damas » comme elle avait balayé les autres, en méconnaissant ce qui faisait précisément la singularité de la situation syrienne. Ceux qui se vantent de connaître leurs classiques auraient dû appliquer la formule par laquelle Lénine définissait le marxisme : « l'analyse concrète d'une situation concrète ». Au lieu de se plier à cet exercice d'humilité devant le réel, l'extrême-gauche, notamment, a cru voir ce qu'elle avait envie de voir.

Abusée par sa propre rhétorique, elle misait sur une vague révolutionnaire emportant tout sur son passage, comme en Tunisie et en Egypte. Mauvaise pioche ! Privée de toute base sociale consistante dans le pays, la glorieuse « révolution syrienne » n'était pas au rendez-vous. Véritable farce sanglante, une contre-révolution menée par des desperados accourus de 110 pays a pris sa place. La nature ayant horreur du vide, cette invasion du berceau de la civilisation par des hordes de mercenaires décérébrés a tenu lieu, dans l'imaginaire gauchiste, de révolution prolétarienne. Le NPA ne s'est pas aperçu de l'énormité de cette confusion. Il n'a pas vu que les rassemblements populaires les plus imposants, en 2011, étaient en faveur de Bachar Al-Assad. Il a écarté d'un revers de la main la position du parti communiste syrien qui, tout en critiquant le gouvernement, se range à ses côtés pour défendre la nation syrienne contre ses agresseurs.

Poussant le déni de réalité jusqu'aux frontières de l'absurde, le NPA, au lendemain de la libération d'Alep, se déclare encore solidaire de la « révolution syrienne ». Mais le secrétaire général du parti communiste syrien, Ammar Bagdash, lui avait répondu par anticipation en septembre 2013 : « En Syrie, à la différence de l’Irak et de la Libye, il y a toujours eu une forte alliance nationale. Les communistes travaillent avec le gouvernement depuis 1966, sans interruption. La Syrie n’aurait pas pu résister en comptant seulement sur l’armée. Elle a résisté parce qu’elle a pu compter sur une base populaire. En outre, elle a pu compter sur l’alliance avec l’Iran, la Chine, la Russie. Et si la Syrie reste debout, des trônes vont tomber parce qu’il deviendra clair qu’il existe d’autres voies ».

Désolé pour M. Julien Salingue et ses petits camarades, mais un communiste syrien qui contribue à la défense de son pays vaudra toujours mieux qu'un gauchiste français qui fantasme sur la révolution en buvant des demis au Quartier Latin. Incapable de comprendre ce qui se passait sur place, l'extrême-gauche française est victime du théâtre d'ombres qu'elle a elle-même dressé. Faute d'entendre ce que lui disaient les marxistes du cru, elle a joué à la révolution par procuration sans voir que cette révolution n'existait que dans ses rêves. Mais il est difficile d'admettre en 2016 qu'on s'est complètement fourvoyé depuis 2011.

Une fois de plus, écoutons Ammar Bagdash : « Ils ont commencé par des manifestations populaires dans les régions rurales de Daraa et d’Idleb. Mais dans les villes, il y eut immédiatement de grandes manifestations populaires de soutien à Assad. Par ailleurs, au début, la police ne tirait pas, ce sont certains éléments parmi les manifestants qui ont commencé les actions violentes. Dans les sept premiers mois, il y eut plus de morts du côté de la police et de l’armée que dans l’autre camp. Quand la méthode des manifestations ne marchait plus, ils sont passés au terrorisme avec des assassinats ciblés de personnes en vue (dirigeants, hauts fonctionnaires, journalistes), attentats et sabotages d’infrastructures civiles. Le gouvernement a réagi en adoptant certaines réformes comme celle sur le multi-partisme et sur la liberté de la presse, réformes que nous avons soutenues. Mais les forces réactionnaires ont rejeté ces réformes. »

Cette insurrection armée conduite par des groupes extrémistes, les communistes syriens l'ont parfaitement analysée, mais la gauche française l'a ignorée. Elle a fait comme si elle n'existait pas, comme si elle était une invention de la propagande baassiste. Comment l'admettre, en effet ? Que les gentils révolutionnaires soient passés à l'action violente dès le printemps 2011 contredisait la narration dominante ! Il fallait, pour les besoins de la cause, préserver le mythe d'une opposition démocratique et non-violente. Le récit des événements fut purgé, en conséquence, de ce qui pouvait en altérer la pureté imaginaire. La violence des allumés du wahhabisme fut masquée par un déluge de propagande. Preuve factuelle d'un terrorisme qui était le vrai visage de cette révolution-bidon, ce déchaînement de haine fut effacé des écrans-radar.

De même, cette « gauche » bien-pensante a hypocritement détourné le regard lorsque les feux de la guerre civile furent attisés par une avalanche de dollars en provenance des pétromonarchies. Pire encore, elle a fermé les yeux sur la perversité de puissances occidentales qui ont misé sur l'aggravation du conflit en encourageant la militarisation de l'opposition, tandis qu'une presse aux ordres prophétisait avec délices la chute imminente du « régime syrien ». Sans vergogne, cette gauche qui se dit progressiste s'est laissé enrôler par les gouvernements d'un Occident à l'impérialisme rapace. Elle a calqué sa lecture partiale du conflit sur l'agenda otanien du « changement de régime » exigé par les néo-cons depuis 2005. Comme l'a écrit Hillary Clinton, Washington voulait renverser Assad pour aider Israël dans son affrontement avec l'Iran ! Mais cette circonstance ne semble pas troubler les pro-Palestiniens du NPA.

L'histoire ne fait pas de cadeaux. Elle retiendra que la gauche française a servi de supplétif à l'OTAN dans cette entreprise avortée de destruction d'un Etat souverain sous le prétexte fallacieux des droits de l'homme. Cette imposture de gauche, bien sûr, n'exonère pas la droite française de ses propres responsabilités, tout aussi écrasantes et criminelles sous Nicolas Sarkozy, dans l'aveuglement volontaire au drame syrien. Mais le moins qu'on puisse dire est qu'il y a une imposture de gauche, sur la Syrie, qui aura fait des dégâts considérables. Courage, M. Mélenchon, vous avez du pain sur la planche !

source

                                                                        ***

Agoravox La guerre est déclarée entre RT et les fact-checkers français !

23/12/2016

Contrepoison 2

C'est devenu tellement indigeste le baratin sur Alep et la Syrie ou le "2 poids 2 mesures" , que pas mal de voix s'élèvent désormais ici ou là pour dénoncer la propagande et la falsification de la réalité...

(ou l'indignation sélective).

Même sur LCI.

Éric Denécé, né en 1963 à Paris, est un universitaire français spécialiste du renseignement.

 

Le point de vue concordant  de Peter Ford, ancien ambassadeur britannique en Syrie (2003/2006).

 

Et, ici, début de prise de conscience tardif de la part d'une journaliste (La Croix) admettant son suivisme béat de la ligne diplomatique officielle et du Monde. (Comment se fait-il que nous on le savait depuis déja longtemps? Ils se contentent de lire le Monde?)

Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

Faut rester zen.

 

                                                                        ***