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05/01/2017

Jean-claude Michéa

Jean-Claude Michéa (né en 1950) est un professeur de philosophie (aujourd'hui à la retraite) et philosophe français, auteur de plusieurs essais consacrés notamment à la pensée et à l'œuvre de George Orwell.

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Jean-Claude Michéa est connu pour ses positions très engagées contre les courants dominants de la gauche qui, selon lui, ont perdu tout esprit de lutte anticapitaliste pour laisser place à la « religion du progrès ».

Prônant des valeurs morales proches du socialisme de George Orwell, Jean-Claude Michéa fustige l'intelligentsia de gauche qui s'est selon lui éloignée du monde prolétarien et populaire.La gauche étant devenue identique à la droite, cherche à dissimuler cette proximité en mettant en avant les questions « sociétales »

 

 

 

02/01/2017

Contrepoison 3

"La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter. "  Aldous Huxley

"La propagande est un tapis roulant qui vous emporte ou vous oblige, pour garder l'équilibre, à courir en sens inverse."  Gilbert Cesbron

"La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures." Noam Chomsky

                                                                        

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                                                                                 ***

 

>>> "L’armée syrienne n'a pas tiré sur les combattants qui quittaient Alep lors des évacuations, elle leur a même distribué de la nourriture, selon Carla Ortiz, réalisatrice bolivienne de documentaires, contrairement aux messages des grands médias." source

             

«Beaucoup de gens m’ont demandé de fournir des preuves montrant qu’on ne tirait pas sur les gens dans la rue, ni sur les enfants, lors de l'évacuation, comme certains médias l’ont rapporté. Alors, voici ce que j’ai vu de mes propres yeux : les civils ont été évacués à pied de la partie Est de la ville et ensuite transportés vers des refuges dans des bus. Excusez-moi, mais il n’y a absolument pas eu de fusillades de masse pendant l’évacuation»,  a écrit Ortiz sur Facebook, en commentaire de la vidéo.      

Ortiz a ensuite continué à contester certaines autres histoires relatées par les grands médias, en mettant en doute l’authenticité des soi-disant «rapports des témoins» provenant des quartiers d’Alep qui étaient occupés par les rebelles à l’époque, rapidement propagés par les médias occidentaux. Elle a précisé qu’il n’y avait pas de connexion internet dans la partie est de la ville, qui aurait pu permettre à ces témoins de partager leurs images aux médias.   

                                                              

                                                                               ***

 

>>> Même le Nouvel obs a changé de ton et se pose des questions...  (en restant de parti pris malgré tout)

SYRIE. A Alep, la guerre est aussi celle de l'information

Les images de la guerre en Syrie proviennent en partie d'activistes des deux camps, dessinant deux visions géopolitiques diamétralement opposées. Comment faire le tri ?

extraits:

..."Que croire ? Deux visions du monde s’opposent. L’une (l’occident pour aller vite) ne s’est jamais départie de l’illusion que la tentative de révolution démocratique syrienne serait le dernier étage de la fusée du printemps arabe ; l’autre (plutôt pro-russe) n’a jamais vu la révolte de 2011 comme autre chose qu’un putsch salafiste, soutenu en sous-main par les puissances de l’argent pour faire vaciller un leader légitime, garant de la stabilité régionale."

..."Les mêmes personnes sont citées en boucle par les médias internationaux puisqu’elles sont les seules à s’exprimer en anglais et à avoir accès à un système d’internet par satellite dans des quartiers privés d’eau, d’électricité et de carburant. Citons les activistes Lina Shamy et Abdulkhafi Alhamdo, ou la petite Bana, fillette de 7 ans devenue le symbole de la vie sous les bombardements à Alep-Est. La médiatisation de Bana Alabed a immédiatement posé question, pointe “le Monde” : comme toutes les mises en scène d’enfants en temps de guerre, certains crient à la propagande."

voir l'article

                                                                                            

                                                                                                 ***

 

>>> Le Saker Francophone: Qui combat vraiment en Syrie: la liste noire de la honte de l’Occident

Liste des mercenaires, qui sont financés par l’Occident et ses alliés.  source

 

                                                                                                ***

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Alep est réunifiée. Les masques tombent.

Article (analyse et résumé assez complet de la guerre en Syrie pour les absents) par Pierre sur Agoravox  ici

 extraits:

"Dès les premières victimes civiles, les chefs d’États occidentaux, la France en tête, exigèrent le départ du président Assad avant toute négociation comme si la Syrie était une de leurs colonies.

On peut dire à présent que ce fut la plus grande et la plus longue manipulation des esprits de tous les temps et une tache indélébile qui marquera à jamais la crédibilité des journalistes et des experts de plateaux de télévision."

...

"Le quatrième pouvoir remis en question.

L'expression « quatrième pouvoir » avait été attribuée à la presse et aux médias car ils exerçaient un contre-pouvoir face aux trois pouvoirs incarnant l’État.

Les médias mainstream actuels n'incarnent plus un contre-pouvoir car ils font partie du système dont ils dépendent financièrement.

  • La publicité est une part importante du financement des médias. Cela a deux conséquences. 

    • 1. Il ne peut y avoir de sujets nuisant aux intérêts des annonceurs.

    • 2. Comme les recette publicitaires sont calculées en fonction des ventes ou de l'audimat, les médias ont davantage intérêt à sortir des sujets accrocheurs qui font vendre plutôt que des analyses de fond plus critiques. N’oublions pas que le lecteur ou l'auditeur moyen aime à être rassuré dans ses convictions et que la vérité lui importe peu, elle le dérange même.

  • Une autre part non négligeable des aides vient de l’État. Il est difficile de mordre la main qui vous nourrit.

  • Les grands médias appartiennent à des milliardaires. Qui peut penser que les journalistes sont libres d’écrire des articles contraires aux intérêts de leur patron ?

Il faut ajouter que les journalistes, les chroniqueurs et les hommes politiques vivent dans un microcosme coupé de la réalité dans lequel ils se persuadent en boucle.

Leur présentation de la guerre en Syrie aura été particulièrement déformée. C'est uniquement un point de vue partisan qui est présenté.

Ce sont les médias alternatifs en ligne qui sont maintenant devenus le véritable contre-pouvoir. C'est pour cela qu'ils subissent une campagne de diffamation pour chercher à les discréditer. On voudrait les traiter de complotistes alors que bien au contraire, ce sont eux qui dénoncent les complots.

Le système a même publié les noms de plus de 200 sites sensés nous désinformer . Je ne peux que les remercier de nous fournir cette précieuse liste de sites où nous ne manquerons pas de trouver des analyses et des informations alternatives.

Il faut cependant remarquer que cette liste inclut des sites fantaisistes ou des lanceurs de PSYOP que tout lecteur attentif décèlera aisément. Cette méthode d'amalgamer du sérieux et du farfelu pour discréditer les informations honnêtes est bien connue et elle est d'une malveillance crasse."

 

                                                                              ***

 

 Ajouts du 28/12:

Par Robert FISK 

alep

Robert Fisk né le 12 juillet 1946 à Maidstone, est un journaliste britannique, grand reporter et correspondant au Proche-Orient depuis plus de trente ans à Beyrouth pour le journal  The Independent.
Il a écrit de nombreux livres sur cette région dont : La grande guerre pour la civilisation : L’Occident à la conquête du Moyen-Orient.

Il y a plus d’une vérité à raconter dans la terrible histoire d’Alep (The Independent)

Les politiciens, les « experts » et les journalistes occidentaux vont devoir reprendre à zéro leur copie au cours des prochains jours, maintenant que l’armée de Bashar al-Assad a repris le contrôle de l’est d’Alep.

Nous allons savoir si les 250 000 civils « prisonniers » dans la ville étaient effectivement aussi nombreux. Nous allons en apprendre beaucoup sur le fait ils n’avaient pas la possibilité de partir quand le gouvernement syrien et l’armée de l’air russe ont lancé leur bombardement féroce de la partie orientale de la ville.

Et nous allons en apprendre encore davantage sur les « rebelles » que nous – les Occidentaux, les États-Unis, la Grande-Bretagne et nos coéquipiers du Golfe – avons soutenu.

Il y avait après tout parmi eux, al-Qaïda (alias Jabhat al-Sham), le « peuple » – comme les appelait George W. Bush – qui ont commis les crimes contre l’humanité à New York, à Washington et en Pennsylvanie le 11 septembre 2001. Rappelez-vous la guerre contre le terrorisme ? Rappelez-vous le « mal à l’état pur » qu’était al-Qaïda. Rappelez-vous tous les avertissements de nos services de sécurité bien-aimés au Royaume-Uni sur la façon dont al-Qaïda pouvait semer la terreur à Londres ?

Mais quand les rebelles, y compris al-Qaïda, se battaient dans l’est d’Alep, il n’en était plus question – car un conte d’héroïsme, de démocratie et de souffrance avait été mis au point pour nous, un récit avec des bons contre des méchants, du même acabit que celui explosif et malhonnête sur les « armes de destruction massive » en Irak.

À l’époque de Saddam Hussein, lorsque quelques-uns d’entre nous soutenions que l’invasion illégale de l’Irak mènerait à des catastrophes et à des souffrances incalculables, et que Tony Blair et George Bush nous poussaient dans la voie de la perdition, il nous incombait de constamment rappeler notre répugnance à l’égard de Saddam et de son régime. On nous rappelait inévitablement que Saddam était l’un des trois piliers de l’Axe du Mal.

Alors voici le mantra habituel que nous devons répéter ad nauseam pour éviter les habituels courrier haineux et les habituelles injures qui seront aujourd’hui versés sur quiconque se détournera de la version dominante et profondément biaisée de la tragédie syrienne.

Oui, Bashar al-Assad a brutalement détruit de vastes étendues de ses villes dans sa lutte contre ceux qui veulent renverser son régime. Oui, ce régime a une multitude de péchés accrochés à son nom : la torture, les exécutions, les prisons secrètes, le meurtre de civils et – si nous incluons les miliciens syriens sous le contrôle effectif du régime – une version effrayante de nettoyage ethnique.

Oui, nous devrions craindre pour la vie des médecins courageux de l’est d’Alep et des gens qu’ils ont soignés. Quiconque a vu les images du jeune homme sorti de la ligne des réfugiés fuyant Alep la semaine dernière, par les hommes du renseignement du régime devrait craindre pour tous ceux qui n’ont pas été autorisés à traverser les lignes du gouvernement. Et rappelez-vous comment l’ONU a dit avoir appris que 82 civils ont été « massacrés » dans leurs maisons dans les dernières 24 heures.

Mais il est temps de dire l’autre vérité : que nombre des « rebelles » que nous, les Occidentaux, avons soutenus – et que notre absurde premier ministre Theresa May a indirectement bénis lorsqu’elle a fait acte d’allégeance devant les acheteurs d’hélicoptères [saoudiens] la semaine dernière – sont les plus cruels et les plus impitoyables des combattants au Moyen-Orient. Et tandis que nous avons été abreuvés des horreurs d’Isis pendant le siège de Mossoul (un événement trop semblable à Alep, bien que vous ne le penseriez pas en lisant notre version de l’histoire), nous avons volontairement ignoré le comportement des rebelles d’Alep.

Il y a seulement quelques semaines, j’ai interviewé l’une des premières familles musulmanes à fuir l’est d’Alep à l’occasion d’un cessez-le-feu. Le père venait d’être informé que son frère devait en représailles être exécuté par les rebelles parce qu’il avait traversé la ligne de front avec sa femme et son fils. Il a condamné les rebelles pour avoir fermé les écoles et avoir placé des armes à proximité des hôpitaux. Et il n’était pas un maréchal pro-régime… Il avait même eu de l’admiration pour Isis pour leur bonne conduite dans les premiers jours du siège.

Environ à la même époque, les soldats syriens exprimaient en privé leur conviction que les Américains permettraient à Isis de quitter Mossoul pour attaquer à nouveau le régime en Syrie. Un général américain avait réellement exprimé sa crainte que les miliciens chiites irakiens puissent empêcher Isis de fuir à travers la frontière irakienne vers la Syrie.

Eh bien, c’est arrivé. En trois colonnes de camions-suicides et de milliers de partisans armés, Isis vient de se frayer un chemin à travers le désert depuis Mossoul en Irak et Raqqa et Deir ez-Zour dans l’est de la Syrie, pour reprendre la belle ville de Palmyre.

Il est très instructif d’examiner nos rapports sur ces deux événements parallèles. Presque tous les manchettes parlent aujourd’hui de la « chute » d’Alep face à l’armée syrienne – alors qu’en toute autre circonstance, nous aurions certainement dit que l’armée avait « repris » la ville aux « rebelles » – tandis qu’Isis aurait « recapturé » Palmyre quand (étant donné leur propre comportement meurtrier) nous aurions certainement annoncé que la ville romaine était « tombée » une fois de plus sous leur domination grotesque.

Les mots importent. Ce sont les mêmes hommes que ceux qui, après leur première occupation de la ville l’année dernière, ont décapité le savant de 82 ans qui a essayé de protéger les trésors romains, puis ont ensuite placé ses lunettes sur sa tête décapitée.

De leur propre aveu, les Russes ont effectué 64 bombardements contre les attaquants d’Isis à l’extérieur de Palmyre. Mais étant donné les énormes colonnes de poussière soulevées par les convois d’Isis, pourquoi l’armée de l’air américaine n’a-t-elle pas participé au bombardement de leur plus grand ennemi ? Mais non : pour une raison ou une autre, les satellites américains et les drones et les services de renseignements ne les ont pas repérés – pas plus que lorsque Isis a conduit des convois identiques de camions-suicides pour capturer Palmyre en mai 2015.

Il ne fait aucun doute que Palmyre représente un revers pour à la fois pour l’armée syrienne et les Russes – revers plus symbolique que militaire. Des officiers syriens m’ont dit à Palmyre plus tôt cette année qu’Isis ne serait jamais autorisé à revenir. Il y avait une base militaire russe dans la ville. Un avion russe nous survolait. Un orchestre russe venait de jouer dans les ruines romaines pour célébrer la libération de la ville.

Alors, que s’est-il passé ? Le plus probable est que l’armée syrienne n’a tout simplement pas le nombre de soldats nécessaire pour défendre Palmyre tout en reprenant l’est d’Alep.

Ils devront reprendre Palmyre rapidement. Mais pour Bashar al-Assad, la fin du siège d’Alep signifie qu’Isis, al-Nusra, al-Qaïda et tous les autres groupes salafistes et leurs alliés ne peuvent plus revendiquer une base ou créer une capitale dans la longue lignée des grandes villes qui forment la colonne vertébrale de la Syrie : Damas, Homs, Hama et Alep.

Revenons à Alep. Le récit familier et lassant de la politique et du journalisme a besoin d’être rafraîchi. La preuve est claire depuis quelques jours. Après des mois de condamnation des iniquités du régime syrien tout en occultant l’identité et la brutalité de ses adversaires à Alep, les organisations de défense des droits de l’homme – reniflant la défaite des rebelles – ont commencé il y a quelques jours à diffuser leurs critiques à l’égard de ces mêmes défenseurs.

Prenez le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. La semaine dernière, après les craintes tout à fait compréhensibles pour la population civile de l’est d’Alep et ses médecins et infirmiers, comme pour les civils soumis aux représailles du gouvernement et les « centaines d’hommes » qui ont disparu après avoir traversé la ligne de front, l’ONU a soudainement exprimé d’autres préoccupations.

« Au cours des deux dernières semaines, le Front Fatah al-Sham [en d’autres termes, al-Qaïda] et le Bataillon Abu Amara auraient enlevé et tué un nombre inconnu de civils qui avaient demandé aux groupes armés de quitter leurs quartiers afin d’épargner la vie des civils … « , a-t-il déclaré.

« Nous avons également reçu des informations selon lesquelles entre le 30 novembre et le 1er décembre, des groupes armés d’opposition ont tiré sur des civils qui tentaient de partir ». De plus, des « attaques aveugles » ont été menées sur des zones gouvernementales et densément peuplées à l’ouest d’Alep.

Je soupçonne que nous entendrons plus de choses dans les prochains jours. Le mois prochain, nous lirons également un nouveau livre effrayant, Merchants of Men, par la journaliste italienne Loretta Napoleoni, sur le financement de la guerre en Syrie. Elle a documenté les enlèvements-pour-argent par le gouvernement et les forces rebelles en Syrie, mais a également des mots durs pour notre propre profession de journalisme.

Les journalistes qui ont été enlevés par des gardes armés dans l’est de la Syrie, écrit-elle, « sont tombés victimes d’une sorte de syndrome d’Hemingway : les correspondants de guerre qui soutiennent l’insurrection font confiance aux rebelles et mettent leur vie entre leurs mains parce qu’ils sont de mèche avec eux. » Mais « l 'insurrection n’est qu’une variante du djihadisme criminel, un phénomène moderne qui n’a qu’un Dieu : l’argent. »

Est-ce trop dur pour ma profession ? Sommes-nous vraiment « de mèche » avec les rebelles ?

Certes, nos maîtres politiques sont – et pour la même raison que les rebelles enlèvent leurs victimes – inféodés à l’argent. D’où la disgrâce de Brexit May et sa bouffonnerie de ministres qui se sont prosternés la semaine dernière devant les autocrates sunnites qui financent les jihadistes en Syrie, dans l’espoir de gagner des milliards de livres dans les ventes d’armes post-Brexit au Golfe.

Dans quelques heures, le Parlement britannique doit débattre du sort des médecins, des infirmières, des enfants blessés et des civils d’Alep et d’autres régions en Syrie. Le comportement grotesque du gouvernement britannique a fait en sorte que ni les Syriens ni les Russes ne prêteront la moindre attention à nos lamentations pitoyables. Cela aussi doit être dit.

Robert Fisk

Original : http://www.independent.co.uk/voices/aleppo-falls-to-syria...

Source : Robert Fisk, 15-12-2016

                                                                          ***

 Cette gauche qui sert de supplétif à l’OTAN
par Bruno Guigue
mercredi 28 décembre 2016

A de rares exceptions près (Jean-Luc Mélenchon, le PRCF), le moins qu'on puisse dire est que la gauche française pratique le déni de réalité sur la Syrie. Depuis 2011, c'est impressionnant. Elle a tout avalé. Avec gourmandise. Un véritable festin de couleuvres ! Elle s'est d'abord fiée à des sources douteuses (OSDH) dont elle a répété en boucle les chiffres invérifiables et les affirmations gratuites. Bonne fille, elle a accrédité la narration ridicule du boucher-de-Damas-qui-massacre-son-peuple. Elle a gobé cul sec le false-flag de l'attaque chimique comme si elle ingurgitait une vulgaire fiole onusienne de M. Powell. Elle est tombée, enfin, dans le panneau d'une propagande humanitaire à deux vitesses qui fait le tri, sans vergogne, entre les bonnes et les mauvaises victimes.

Cet aveuglement stupéfiant, la gauche française le doit d'abord à son indécrottable posture morale. Une grille de lecture manichéenne a anesthésié son esprit critique, elle l'a coupée du monde réel. Voulant absolument identifier des bons (rebelles) et des méchants (Assad), elle s'interdit de comprendre un processus qui se déroule ailleurs que dans le ciel des idées. Quand on désigne les protagonistes d'une situation historique en utilisant des catégories comme le bien et le mal, on donne congé à toute rationalité. « Ni rire, ni pleurer, mais comprendre », disait justement Spinoza. On peut certes avoir des préférences, mais lorsque ces préférences inhibent la pensée critique, ce ne sont plus des préférences, ce sont des inhibitions mentales.

La deuxième raison de cet aveuglement tient à un déficit abyssal d'analyse politique. La gauche française n'a pas voulu voir que le rapport de forces, en Syrie, n'était pas celui qu'elle espérait. Elle a reconstruit le récit des événements à sa guise pour donner corps à son fantasme d'une révolution arabe universelle qui balaierait le « régime de Damas » comme elle avait balayé les autres, en méconnaissant ce qui faisait précisément la singularité de la situation syrienne. Ceux qui se vantent de connaître leurs classiques auraient dû appliquer la formule par laquelle Lénine définissait le marxisme : « l'analyse concrète d'une situation concrète ». Au lieu de se plier à cet exercice d'humilité devant le réel, l'extrême-gauche, notamment, a cru voir ce qu'elle avait envie de voir.

Abusée par sa propre rhétorique, elle misait sur une vague révolutionnaire emportant tout sur son passage, comme en Tunisie et en Egypte. Mauvaise pioche ! Privée de toute base sociale consistante dans le pays, la glorieuse « révolution syrienne » n'était pas au rendez-vous. Véritable farce sanglante, une contre-révolution menée par des desperados accourus de 110 pays a pris sa place. La nature ayant horreur du vide, cette invasion du berceau de la civilisation par des hordes de mercenaires décérébrés a tenu lieu, dans l'imaginaire gauchiste, de révolution prolétarienne. Le NPA ne s'est pas aperçu de l'énormité de cette confusion. Il n'a pas vu que les rassemblements populaires les plus imposants, en 2011, étaient en faveur de Bachar Al-Assad. Il a écarté d'un revers de la main la position du parti communiste syrien qui, tout en critiquant le gouvernement, se range à ses côtés pour défendre la nation syrienne contre ses agresseurs.

Poussant le déni de réalité jusqu'aux frontières de l'absurde, le NPA, au lendemain de la libération d'Alep, se déclare encore solidaire de la « révolution syrienne ». Mais le secrétaire général du parti communiste syrien, Ammar Bagdash, lui avait répondu par anticipation en septembre 2013 : « En Syrie, à la différence de l’Irak et de la Libye, il y a toujours eu une forte alliance nationale. Les communistes travaillent avec le gouvernement depuis 1966, sans interruption. La Syrie n’aurait pas pu résister en comptant seulement sur l’armée. Elle a résisté parce qu’elle a pu compter sur une base populaire. En outre, elle a pu compter sur l’alliance avec l’Iran, la Chine, la Russie. Et si la Syrie reste debout, des trônes vont tomber parce qu’il deviendra clair qu’il existe d’autres voies ».

Désolé pour M. Julien Salingue et ses petits camarades, mais un communiste syrien qui contribue à la défense de son pays vaudra toujours mieux qu'un gauchiste français qui fantasme sur la révolution en buvant des demis au Quartier Latin. Incapable de comprendre ce qui se passait sur place, l'extrême-gauche française est victime du théâtre d'ombres qu'elle a elle-même dressé. Faute d'entendre ce que lui disaient les marxistes du cru, elle a joué à la révolution par procuration sans voir que cette révolution n'existait que dans ses rêves. Mais il est difficile d'admettre en 2016 qu'on s'est complètement fourvoyé depuis 2011.

Une fois de plus, écoutons Ammar Bagdash : « Ils ont commencé par des manifestations populaires dans les régions rurales de Daraa et d’Idleb. Mais dans les villes, il y eut immédiatement de grandes manifestations populaires de soutien à Assad. Par ailleurs, au début, la police ne tirait pas, ce sont certains éléments parmi les manifestants qui ont commencé les actions violentes. Dans les sept premiers mois, il y eut plus de morts du côté de la police et de l’armée que dans l’autre camp. Quand la méthode des manifestations ne marchait plus, ils sont passés au terrorisme avec des assassinats ciblés de personnes en vue (dirigeants, hauts fonctionnaires, journalistes), attentats et sabotages d’infrastructures civiles. Le gouvernement a réagi en adoptant certaines réformes comme celle sur le multi-partisme et sur la liberté de la presse, réformes que nous avons soutenues. Mais les forces réactionnaires ont rejeté ces réformes. »

Cette insurrection armée conduite par des groupes extrémistes, les communistes syriens l'ont parfaitement analysée, mais la gauche française l'a ignorée. Elle a fait comme si elle n'existait pas, comme si elle était une invention de la propagande baassiste. Comment l'admettre, en effet ? Que les gentils révolutionnaires soient passés à l'action violente dès le printemps 2011 contredisait la narration dominante ! Il fallait, pour les besoins de la cause, préserver le mythe d'une opposition démocratique et non-violente. Le récit des événements fut purgé, en conséquence, de ce qui pouvait en altérer la pureté imaginaire. La violence des allumés du wahhabisme fut masquée par un déluge de propagande. Preuve factuelle d'un terrorisme qui était le vrai visage de cette révolution-bidon, ce déchaînement de haine fut effacé des écrans-radar.

De même, cette « gauche » bien-pensante a hypocritement détourné le regard lorsque les feux de la guerre civile furent attisés par une avalanche de dollars en provenance des pétromonarchies. Pire encore, elle a fermé les yeux sur la perversité de puissances occidentales qui ont misé sur l'aggravation du conflit en encourageant la militarisation de l'opposition, tandis qu'une presse aux ordres prophétisait avec délices la chute imminente du « régime syrien ». Sans vergogne, cette gauche qui se dit progressiste s'est laissé enrôler par les gouvernements d'un Occident à l'impérialisme rapace. Elle a calqué sa lecture partiale du conflit sur l'agenda otanien du « changement de régime » exigé par les néo-cons depuis 2005. Comme l'a écrit Hillary Clinton, Washington voulait renverser Assad pour aider Israël dans son affrontement avec l'Iran ! Mais cette circonstance ne semble pas troubler les pro-Palestiniens du NPA.

L'histoire ne fait pas de cadeaux. Elle retiendra que la gauche française a servi de supplétif à l'OTAN dans cette entreprise avortée de destruction d'un Etat souverain sous le prétexte fallacieux des droits de l'homme. Cette imposture de gauche, bien sûr, n'exonère pas la droite française de ses propres responsabilités, tout aussi écrasantes et criminelles sous Nicolas Sarkozy, dans l'aveuglement volontaire au drame syrien. Mais le moins qu'on puisse dire est qu'il y a une imposture de gauche, sur la Syrie, qui aura fait des dégâts considérables. Courage, M. Mélenchon, vous avez du pain sur la planche !

source

                                                                        ***

Agoravox La guerre est déclarée entre RT et les fact-checkers français !

23/12/2016

Contrepoison 2

C'est devenu tellement indigeste le baratin sur Alep et la Syrie ou le "2 poids 2 mesures" , que pas mal de voix s'élèvent désormais ici ou là pour dénoncer la propagande et la falsification de la réalité...

(ou l'indignation sélective).

Même sur LCI.

Éric Denécé, né en 1963 à Paris, est un universitaire français spécialiste du renseignement.

 

Le point de vue concordant  de Peter Ford, ancien ambassadeur britannique en Syrie (2003/2006).

 

Et, ici, début de prise de conscience tardif de la part d'une journaliste (La Croix) admettant son suivisme béat de la ligne diplomatique officielle et du Monde. (Comment se fait-il que nous on le savait depuis déja longtemps? Ils se contentent de lire le Monde?)

Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

Faut rester zen.

 

                                                                        ***

 

21/12/2016

Michel Clouscard: le capitalisme de la séduction

Le Capitalisme de la séduction est un ouvrage de philosophie de Michel Clouscard, publié en Octobre 1981 chez Messidor-Éditions sociales.

                                                                             ***

Michel Clouscard, né en 1928 à Montpinier et mort le 21 février 2009 à Gaillac, est un sociologue et philosophe français.

Proche du Parti communiste français, il est notamment connu pour sa critique du libéralisme libertaire en tant que stade actuel du capitalisme.

Ce concept de  "Libéral-libertaire"  apparait vers 1972 et notamment  dans son livre "Néofascisme et idéologie du désir".

Libéral et libertaire ne représentent dans cette optique que les deux aspects, recto-verso, d'un même courant, axé sur le désir individuel.

Il a critiqué le mouvement étudiant de mai 1968 en l'analysant comme une contre-révolution libérale se cachant derrière  une poussée (de déconstruction) libertaire.

Une déconstruction de la société d'alors rendue nécessaire pour permettre le passage d'un "système" capitaliste industriel vers un ultralibéralisme débridé à la conquéte de nouveaux marchés dans une société de loisir consumériste et permissive.

L'essor d'un tel monde libéral (celui où nous vivons désormais) du libre échange et de la mondialisation ne pouvant se faire qu'au prix de progrès sociétaux, et de libertés individuelles bien spécifiques. (Plus sexuelles et ludiques que politiques.)

Le sociétal remplaçant  et cachant la carence d'une vraie évolution sociale.

La permissivité servant de monnaie d'échange pour déguiser l'oppression économique des classes moyennes et ouvrières en une nouvelle société du "jouir sans entrave".

Ces deux notions  libéral-libertaire  et social-sociétal apparaissent de plus en plus souvent utiles pour décrypter l'actualité, et essayer de comprendre ce qui se cache derrière ce que certains essaient de nous faire prendre pour La réalité, économique et sociale.

 

Dans "Apostrophe" du 26 Mars 1982, face à un publicitaire assez ridicule. (Ina)

 

Contrepoison

Je continue de poster ici quelques articles pour aller contre l'insupportable climat de propagande de la période actuelle.

L'avantage c'est qu'on voit mieux qui est qui, des masques tombent et des voix plus libres et lucides se font entendre.

 

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Richard Labévière, né à Thonon-les-Bains le 4 mai 1958 (58 ans), est un journaliste et écrivain français qui a été rédacteur en chef à la Télévision suisse romande (TSR) et à Radio France internationale (RFI).

ALEP : SOS PROPAGANDE !     source

En matière de propagande, la libération d’Alep par l’armée nationale syrienne et ses alliés russes, iraniens et libanais, nous fait atteindre des sommets himalayens !

Il y a d’abord eu – mardi dernier (13 décembre 2016) au Conseil de sécurité des Nations unies à New York – un moment grandiose lorsque s’adressant aux représentants de Syrie et de Russie, l’ambassadeur des Etats-Unis – Samantha Power – a osé déclarer le plus sérieusement du monde : « la Syrie, la Russie et l’Iran : trois Etats membres des Nations unies contribuent à mettre la corde au cou des civils. Cela devrait vous faire honte ! Au lieu de ça, cela vous donne visiblement encore plus d’audace : vous préparez votre prochaine attaque. Etes-vous vraiment incapables de remords ? N’y-a-t-il absolument rien qui puisse vous faire honte ? Est-ce qu’il n’y a aucun acte de barbarie contre des civils, aucune exécution d’enfant qui vous atteigne, qui vous glace ne serait-ce qu’un peu ? Est-ce que vous allez mentir sur tout, tout justifier ? »

Effectivement, il fallait oser ! Dans la rubrique spéciale « l’hôpital qui se moque de la charité », cela faisait longtemps qu’on n’avait pas fait aussi fort ! Le grand écrivain libanais Saïd Takeddine fait dire à l’une de ses héroïnes quelque peu désabusée qu’« il n’y a pas plus éloquent qu’une prostituée pour parler de la vertu… » En l’occurrence, c’est même faire injure à cette corporation que de l’associer, même indirectement, aux propos de Madame Power qui n’a pas dû bien saisir toute la portée de ce qu’elle était en train de dire.  

Le million de victimes irakiennes du printemps 2003 fait-il honte à Madame Power (quel nom de famille évocateur, du reste…) ? Les dégâts collatéraux des tirs – quotidiens mais clandestins – des drones américains sur quinze points de la planète font-il honte à Madame Power ? La destruction d’une partie de l’Arctique par les Majors américaines fait-elle honte à Madame Power ? Les dizaines, sinon les centaines de milliers de victimes du Plan Condor (dont les corps d’une majorité d’entre elles n’ont jamais été retrouvés) font-elles honte à Madame Power ?

Durant le coup d’Etat militaire du 11 septembre 1973 au Chili, un ami d’enfance de l’auteur de ces lignes, blessé mais encore vivant, a été emmuré derrière un paravent de briques et de ciment élevé par des maçons assassins encadrés par des fonctionnaires de l’ambassade américaine à Santiago… Rien d’honteux, en effet, dans ces multiples chantiers de terrassements de la liberté et des droits humains, mais une seule efficacité au nom du combat contre les dictatures communistes bien-sûr !

On pourrait poursuivre encore longtemps l’évocation des millions de disparus de ces terribles cortèges et déportations organisés par les administrations américaines successives – républicaines ou démocrates – depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, la découverte des camps nazis et les procès de Nuremberg ! Alors, sur le plan de « la honte » Madame Power ferait mieux de se la coincer !

Parallèlement et simultanément, dans le style de Jean-Marie Colombani -« nous sommes tous Américains ! » -, les pages « Débats » du Monde ouvrent leurs colonnes du 15 décembre dernier, à deux personnages hauts en couleurs, sous le titre « SOS Alep ». Le premier est le fiston d’André Glucksmann (l’ex-mao devenu « nouveau philosophe », avant de finir sa vie au fond de la classe de l’école néo-conservatrice américaine), devenu conseiller de différentes officines liées à l’OTAN, en Ukraine, en Géorgie et partout où il s’agit de réveiller l’antisoviétisme primaire reconverti dans la haine de la Russie de Vladimir Poutine. A la ville comme à l’écran habillé par Maman, ce jeune homme est le compagnon de la speakerine Léa Salamé, ce monument de la pensée médiatique qui affirmait dernièrement sans rire à son ami Bernard-Henri Lévy que René Descartes avait été excommunié de l’Eglise à cause de son Discours de la méthode… Une réouverture urgente des Lagarde et Michard s’impose !

Chacun fait, bien évidemment, ce qu’il veut de sa vie privée, mais il est des apparentements du microcosme parisien qui en disent long sur l’idéologie médiatique dominante qui sévit dans notre vieux pays républicain. Depuis quelques décennies, celui-ci génère organiquement de petites coteries monarchiques héréditaires, celles des filles et fils de : Bernard-Henri Lévy déjà cité, Jean-Paul Enthoven, Richard Bohringer, Serge Gainsbourg, Gérard Depardieu, Guy Bedos, etc., etc., etc. Les Héritiers et La Reproduction de Jean-Claude Passeron et Pierre Bourdieu n’ont pas encore dit toutes leurs ruses… Plus que jamais, ces mécanismes de cooptation tribale, sinon mafieuse témoignent d’une exception française pas très glorieuse mais caractéristique du monde merveilleux de nos élites nationales et post-modernes.

L’autre signataire de ce SOS, tout aussi désopilant que « la honte » de Madame Power, est candidat à… l’élection présidentielle française ! Et bien que n’ayant jamais mis les pieds en Syrie et que, visiblement ne connaissant rien, mais alors strictement rien, des complexités de la région dont il prétend parler, ce quasi-inconnu profite honteusement – c’est ici le cas de la dire ! – de la tragédie syrienne pour faire acte de campagne. Il n’est pas très étonnant qu’un rescapé de cette piètre nébuleuse écologique française se retrouve ainsi embarqué dans une campagne de communication au service de l’OTAN.

Sans déconstruire toutes les fadaises des deux compères, on y retrouve bien toutes les grosses ficelles de la propagande transatlantique : « l’éradication de la population de TOUTE une ville » (les quartiers Est d’Alep regroupaient moins d’un tiers de la population de la deuxième ville de Syrie) ; « Alep crève comme Srebrenica et Grozny » ; « le maître du Kremlin assume », etc. Plus cocasse encore lorsqu’on lit qu’« Alep avait fait sa révolution… » Quelle révolution ? Celle de l’imposition de la Charia, des tribunaux islamiques et de la lapidation des femmes rebelles ? Permettons-nous de renvoyer ici à l’article très complet du Monde diplomatique de ce mois de décembre : « Qui sont les rebelles syriens ? » On comprendra mieux les choses… Mais est-bien le but recherché ?

Cet édifiant SOS électoral demande surtout aux électeurs français de juger et de voter, bien-sûr, en réclamant un renforcement des sanctions contre la Russie. Nous y voilà ! Sans un mot sur les guerres « humanitaires » globales de l’Occident – Afghanistan, Irak, Libye, Yémen, Palestine, etc. -, ni la moindre évocation des aveuglements intéressés des diplomaties américaines et françaises notamment, le nouvel ennemi planétaire est clairement désigné : la Russie de Vladimir Poutine. Là encore, les limites de notre papier nous obligent à faire un autre renvoi, en l’occurrence au livre définitif de notre ami Guy Mettan – Russie-Occident, une guerre de mille ans. La russophobie de Charlemagne à la crise ukrainienne – Pourquoi nous aimons tant détester la Russie – paru aux éditions des Syrtes en mai 2015. Le livre en est à sa cinquième réédition.

Enfin, le meilleur est toujours à venir en guise de cerise subliminale : « l’indépendance de l’information ». Avec les deux signataires en question, soyez rassurez braves gens et dormez tranquille : l’OTAN et ce qui reste du parti écologiste de Vincent Placé – qui doit réformer l’Etat avant mai prochain – veillent au grain… Parfait tempo avec une autre campagne planétaire qui cherche à nous convaincre que la Russie de Poutine a fait élire Donald Trump, nos deux compères laissent entendre que les mêmes démons sont certainement responsables du Brexit, de la gamelle de Juppé et de la présence actée du Front national au second tour de la prochaine élection présidentielle française.

La CIA, le FBI et Barack Obama confirment que des plateformes « russes » ont bel et bien pesé sur le scrutin présidentiel américain. A voir… Une chose est confirmée : l’existence de plateformes « Toute la vérité », racontant tout et n’importe quoi d’absolument invérifiable mais empochant au passage un maximum de publicité avant de disparaître dans la nature numérique, celles-ci renvoyant à des hackers basés en Roumanie et en Ukraine… Mais que fait l’OTAN ? Les prédications de George Orwell sont dépassées comme le mur du son, un dépassement annonçant, dans un proche avenir, la criminalisation des journalistes européens – notamment français – qui continueront à collaborer avec des médias comme Radio Sputnik ou Russia Today. On y vient gentiment : vous verrez que nous connaîtrons alors les joyeusetés d’un nouveau maccarthysme qui a déjà commencé à étendre ses tentacules moralisatrices du genre SOS, version OTAN-écologie électorale en déshérence.

Toujours sous la rubrique « propagande-Alep », les enquêteurs de la chaine de télévision libanaise Al-Mayadeen (très sérieux et compétent ceux-là) ont passé les images des blogs, Face-trucs et autre Sweets-Home de la « rébellion » – affirmant rendre compte du martyr d’Alep – au scanner. Ils y ont découvert des images des rues d’Islamabad après l’assassinat de Benazir Bhutto (27 décembre 2007), des scènes d’été à Deir ez-Zor tournées dans des quartiers aux mains de Dae’ch et de vieilles séquences de la place Tahrir du Caire en pleine ébullition égyptienne du printemps 2011…

Enrôlées dans ce drôle de salmigondis bobo-universalo-pantoufles, ces pauvres victimes d’Alep-Est n’en demandaient certainement pas tant. Toujours est-il qu’on se souvient aujourd’hui avec effroi du martyr du village de Maaloula – le terme est ici pleinement approprié – tombé aux mains des islamistes de l’Armée syrienne libre (ASL) et du front Jabhat al-Nosra, le 7 septembre 2013, comme d’autres localités de cette région montagneuse du nord-est de Damas. Les informations et témoignages parvenus au patriarcat maronite de Bkerké (Liban) faisaient alors état de femmes violées des heures durant avant qu’on leur coupe les seins, les mains et les pieds…

Le patriarche Béchara Raï s’empressait de transmettre ces pièces terrifiantes aux services de Laurent Fabius qui n’en n’ont rien fait, considérant que les Chrétiens de Syrie – dans leur majorité – soutenaient le dictateur sanguinaire Bachar al-Assad, d’autant qu’une partie des violeurs « modérés » étaient armés par la France éternelle. A l’époque, la presse parisienne n’avait que faire de ces informations concernant des Chrétiens suspectés de soutenir le « régime de Damas ». Nicolas Truong, le petit censeur des pages « Débats » du Monde préférait s’en tenir aux affirmations mainstream de l’historien auto-proclamé Jean-Pierre Filiu et des « experts » de l’expertise, genre Frédéric Encel, Bruno Tertrais et Agnès Levallois pour lesquels le client est toujours roi.

Enfin, dernière coupure d’électricité au pays des Lumières : le maire de Paris Anne Hidalgo a décidé – le 14 décembre dernier – d’interrompre les illuminations de la Tour Eiffel en guise de solidarité avec Alep. Quelle détermination ! Elle aurait mieux fait de rouvrir les voies sur berge… mais bon, le besoin s’exprime comme il peut disait Jacques Lacan ! Ses Ecrits font toujours autorités pour comprendre les méandres du délire, comme les enseignements lumineux de L’Idéologie allemande de Marx qu’on ferait bien d’enseigner dans les école de journalisme.

On n’en prend pas le chemin au moment où le ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem interdit aux profs d’histoire d’évoquer devant les têtes blondes et crépues, les noms de Clovis, de Charlemagne, de Jeanne d’Arc et de… Rousseau (sic) ; ceux de géographie devant proscrire la « géographie physique » et autres « cartographies techniques » au profit d’un enseignement « thématique » et « problématique ». En installant des claviers d’ordinateurs dès les classes enfantines, on est ainsi assuré de produire des générations de crétins qui auront tout loisirs d’inscrire sur les fesses des « réseaux sociaux » ce qu’ils aiment et ce qu’ils n’aiment pas… SOS : « Je ressens donc je suis ! »

Ce pauvre Descartes excommunié, une fois de plus ! Avec ou sans l’aval des Oratoriens ? Nous demanderons à Léa Salamé ! Une chose est sûre : c’est non seulement une certaine idée de la France qui fout le camp, mais aussi une conception certaine du savoir et de l’intelligence qui, sans aucun doute, est en grand péril. Bonnes fêtes de Noël quand même…

Richard Labévière
19 décembre 2016

 

Ajout postérieur:

Par Peter Hitchens pour THE MAIL ON SUNDAY

Publié le 18 décembre 2016

Je suis l’opposé d’un drogué de guerre. Je hais le bruit des feux d’artifice parce qu’ils me rappellent une terrible nuit de janvier 1991 en Lituanie, où j’étais couché dans une neige boueuse pour sauver ma peau des balles soviétiques.

J’étais aussi paralysé par la peur en décembre 1992 dans Mogadiscio sans loi, gouvernée par des gangs, en attendant l’arrivée des marines américains.

A Bucarest en décembre 1989, je rampais sous le lit lorsqu’un tir de balles traçantes sifflèrent devant ma fenêtre d’hôtel, et – parce que mon appel longtemps retardé arriva à ce moment précis – je dictais mon compte rendu des événements à ma femme. Rien d’héroïque en ce qui me concerne, merci.

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Ces derniers jours nous avons été bombardés de compte rendus divers et variés des événements à Alep, écrits ou transmis par des gens depuis Beyrouth ou même depuis Londres, écrit Peter Hitchens.

Je suis allé dans tous ces terribles endroits par accident. Je n’ai jamais souhaité être là. Je fais très attention de ne pas être à nouveau surpris dans de telles situations.

Mais j’en ai appris des choses, principalement que le vieux cliché que la “première victime de la guerre, c’est la vérité” est absolument vrai. Ça devrait être affiché en lettres de feu dans chaque compte rendu télévisuel du conflit comme dans chaque article de journal, pour toujours.

Presque rien ne peut être vérifié. On devient totalement dépendant des gens avec qui on est en relation, et on adopte leur point de vue.

Si l’on trouve un téléphone opérationnel, on se sent autorisé à hurler n’importe quelle information dans le combiné, aussi dépouillée et médiocre que possible. Et votre rédaction se sentira autorisée à la publier à la Une (si vous êtes chanceux).

Et c’est lorsqu’on en est rendu vraiment là que ça devient une sorte d’excuse pour tordre le cou aux règles.

Ces derniers jours, nous avons été bombardés de comptes-rendus de toutes sortes des événements à Alep, écrits ou transmis par des gens depuis Beyrouth (située à 290 km dans un autre pays) ou même depuis Londres (située à 3400 km et dans un autre monde). Il y a eu, nous a-t-on dit, des massacres de femmes et d’enfants, des gens ont été brulés vivants.

Les sources de ces informations sont des soi-disant “activistes”. Qui sont-ils ? Pour ce que j’en sais il n’y avait pas un seul reporter d’aucune agence de presse des pays occidentaux à Alep Est la semaine dernière. Pas un.

Pour la bonne raison qu’ils auraient été kidnappés et probablement assassinés. La zone étaient administrée sans pitié par des sympathisants d’Oussama ben Laden lourdement armés, qui bombardaient l’ouest de la ville avec une artillerie puissante (tuant fréquemment des civils et touchant des hôpitaux, puisque vous le demandez). C’est pourquoi on ne voit jamais de photo d’hommes armés à Alep Est, seulement des photos bien composées de beaux et jeunes hommes désarmés sortant des enfants blessés des gravats, avec juste le bon éclairage.

Les femmes sont également invisibles, séparées et enveloppées de noir, tout comme dans les zones tenues par Daesh, comme on les voit quand ils les laissent sortir.

Pour des raisons que je trouve de plus en plus difficiles à comprendre ou excuser, la plupart des médias anglais font pudiquement référence à eux en tant que “rebelles” (David Cameron les appelaient “des modérés”). Mais s’ils étaient n’importe où ailleurs dans le monde, même à Birmingham ou Belmarsh, ils les appelleraient extrémistes, djihadistes, terroristes et fanatiques. L’un d’entre eux, Abu Sakkar, arracha le cœur d’un ennemi tombé et y mordit à pleines dents, pendant que ses compagnons l’encourageaient. D’ailleurs, c’est un fait contrôlé et vérifié, de visu.

Sakkar l’a confirmé ultérieurement à la BBC, quand les journalistes occidentaux étaient encore en contact avec ces gens, et il y a un film de cela si on veut le voir. Il y a aussi un film d’un groupe de “rebelles” syriens, Nour al-din al Zenki, décapitant un enfant de 12 ans appelé Abdullah Issa. Ils se marraient beaucoup. C’est pour le compte de ces “modérés” que le premier ministre a organisé un débat unilatéral la semaine dernière, et pour leur compte que tant de gens se sont laissés entrainer à l’émotion des soi-disant massacres et des crimes supposés des troupes syriennes et russes, pour lesquelles je n’ai toujours pas vu une seule preuve indépendante et vérifiable.

Lorsque je voyageais beaucoup dans le monde communiste, je haïssais particulièrement le fait que quasiment toutes les annonces officielles fussent des mensonges délibérés, narguant le peuple asservi dans son impuissance à les mettre en doute.

Je passais des heures à manipuler le réglage des ondes et changer l’antenne pour capter BBC World sur mon poste à ondes courtes, la vérité dite par des gentlemen, parce que ça fait du bien à l’âme d’entendre ça. Ces temps-ci les mensonges d’État ont atteint mon propre pays, et la BBC, et je dis la vérité aussi fort que je peux, simplement parce que je n’entends personne d’autre la dire. Si ces mensonges ne sont pas mis en doute, ils deviendront le fondement de quelque chose de très grave encore à venir.

Source : Mail Online, le 18/12/2016

18/12/2016

Caroline Galactéros

 

Polémologue (science de la guerre), spécialiste de géopolitique et d'intelligence stratégique,

elle décrit sans détours mais avec précision les nouvelles lignes de faille qui dessinent le monde d'aujourd'hui.

Colonel de réserve.

 

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Son blog: Bouger les lignes

 

 

«À Alep, sortons enfin des vues manichéennes»

Entretien avec Alexis Feertchak 16 Décembre 2016

FIGAROVOX. - L'armée syrienne a repris aux rebelles la ville d'Alep, ancienne capitale économique du pays. Comment percevez-vous le traitement médiatique de cette bataille décisive dans le conflit syrien?

Caroline GALACTEROS. - Si vous me pardonnez cette franchise, je le trouve globalement déplorable et surtout dangereux. Par ignorance, goût du sensationnalisme et de la polarisation manichéenne des situations, confiance excessive dans les réseaux sociaux, ou par inclination à relayer la doxa véhiculée par le pouvoir et ses alliés, la plupart des médias se sont engouffrés depuis des mois dans la brèche de la facilité et ont relayé bien des informations parcellaires voire fausses (cf. l'affaire des «Casques Blancs» ou «l'opération OSDH» - source unique elle aussi anglaise, clairement contestable et pourtant devenue la référence depuis cinq ans ). Ils ont en conséquence nourri une interprétation déformée des enjeux et des faits. Bref, l'immense majorité des médias occidentaux s'est fait la caisse de résonnance naïve ou parfois sciemment complice d'une vaste entreprise de désinformation sur la nature des «rebelles», les objectifs réels de la guerre, l'idée même d'une guerre civile ou encore la dimension confessionnelle du conflit de fait secondaire mais montée en épingle, etc...

voir la suite de l'entretien

12/12/2016

Bruno Guigue

Bruno Guigue est né en 1962 à Toulouse.

Désormais chercheur en philosophie politique et analyste politique français.

(Ancien haut fonctionnaire, sous-préfet de Saintes, licencié par sa ministre pour avoir critiqué Israél).

 

alep,propagande

Article posté sur son facebook :

 

EN SYRIE, LA FÊTE EST FINIE POUR LES CHARLATANS

Avec la prochaine libération d'Alep, le rêve des charlatans de la révolution syrienne vire au cauchemar, il prend des allures d'enfer dantesque. Après des années de proclamations ronflantes sur la "victoire imminente" des insurgés, cette aventure qui n'avait de révolution que le nom tourne au désastre. Elle s'effondre de toutes parts, disparaissant sous ses propres décombres. Après les rodomontades, voici la débandade ! Hagards, hirsutes, les desperados du takfir, exhumant de leur trou leurs carcasses fatiguées, finiront par se rendre les uns après les autres. Alep devait être la "capitale de la révolution syrienne". Erreur. Elle est le cimetière d'une contre-révolution sponsorisée par Riyad. Abandonnant le terrain face à l'armée nationale, les mercenaires wahhabites, désormais, ont le choix entre la mort ou la reddition.

En sonnant le glas d'une insurrection télé-guidée de l'étranger, la débâcle d'Alep dissipe une énorme supercherie. Il aura fallu six années de malheur pour que cette tragédie provoquée et entretenue par une avalanche de pétrodollars sur fond de crise régionale apparaisse sous son vrai jour. Ce n'était pas une révolution, mais une opération ratée de "regime change" voulue par Washington et ses alliés. De l'aveu d'Hillary Clinton elle-même, cette opération fut menée en utilisant des organisations terroristes dont la maison-mère (Al-Qaida) était déjà une coproduction saoudo-américaine dans les années 80. Al-Nosra, Daech et consorts, à leur tour, furent mis au service d'une stratégie du chaos qui visait à pulvériser les Etats de la région au profit d'entités ethno-confessionnelles dont la fragmentation garantirait la docilité.

Il en résulta une farce sanglante, désormais ensevelie sous les gravats de cette ville martyrisée par une guerre impitoyable que provoqua l'appétit de domination impérialiste allié au fanatisme sponsorisé de desperados crétinisés jusqu'au dernier centimètre cube de leur cerveau. Le pire n'est jamais sûr, dit-on, mais on eut droit à tout ce qu'il était possible de faire, y compris l'inimaginable ! Des dirigeants occidentaux qui prétendent combattre les terroristes tout en leur procurant des armes au nom des droits de l'homme. Des puissances étrangères qui infligent un embargo sur les médicaments à des populations civiles coupables de ne pas combattre leur gouvernement. Des familles royales sanguinaires et débauchées qui donnent des leçons de démocratie tout en sponsorisant la terreur. Des intellectuels français qui exigent comme un impératif moral le bombardement d'un pays qui ne nous a rien fait. C'est un triste privilège, mais il faut reconnaître que le drame syrien a généré un impressionnant florilège de saloperies.

Qu'on se souvienne seulement avec quels accents enflammés les chantres hexagonaux de cette révolution-bidon nous serinaient depuis six ans qu'une glorieuse insurrection allait mettre à bas l'odieuse tyrannie ! Jour après jour, ils noyaient hypocritement d'un écran de fumée humanitaire la haine que leur inspirait cet Etat syrien dont le seul tort était de rester debout face à la coalition prédatrice des puissances occidentales et des pétromonarchies corrompues. Sans vergogne, ils couvraient de leur clameur mensongère, en les attribuant aux soldats syriens défendant leur patrie menacée, les atrocités commises par des bandes criminelles dont l'ambition monomaniaque était d'imposer la charia wahhabite et de liquider les minorités confessionnelles.

On les a vus, on les a entendus pendant de longues années, ces charlatans. Les Jean-Pierre Filiu, François Burgat, Jean-Paul Chagnollaud, Pascal Boniface, Dominique Vidal, Nicolas Hénin, Ziad Majed, Romain Caillet, Bruno Tertrais et consorts intoxiquèrent l'opinion de leurs mensonges en respectant scrupuleusement le cahier des charges atlantiste. Experts en affabulation, ces mythomanes multi-cartes ont craché sur la Syrie, son peuple, son armée et son gouvernement. Ils n'ont cessé de les calomnier, relayés par des journalistes dont l'inculture n'avait d'égale que leur partialité. Niant l'évidence d'un mercenariat international financé par les pétromonarchies, ces pseudo-progressistes se sont rangés, servilement, du côté d'un obscurantisme wahhabite mis au service de l'impérialisme occidental. Prenant des grands airs, ils donnaient des leçons d'humanisme tout en tressant des couronnes aux milices mafieuses et sectaires qui détruisaient la Syrie. Faisant le tri entre les bonnes et les mauvaises victimes, ils brandissaient les droits de l'homme côté cour et soutenaient les tortionnaires takfiris côté jardin.

Pour incriminer le gouvernement syrien et ses alliés, ils voulaient enrôler au service de leur cause frelatée le sort des civils assiégés à Alep, mais en omettant de dire que 80% de ces civils se trouvaient dans les quartiers protégés par le gouvernement, et que les autres, retenus prisonniers par les djihadistes, étaient utilisés par ces glorieux "révolutionnaires" comme boucliers humains. Ils voulaient nous faire croire que l'aviation russe bombardait les hôpitaux d'Alep, mais sans préciser que la majorité des hôpitaux étaient à Alep-Ouest et subissaient le feu incessant et meurtrier des mortiers rebelles. Orchestrant une indignation sélective fondée sur le déni de réalité permanent, ils ont accrédité cette monumentale escroquerie des "Casques Blancs", brillamment démasquée par une courageuse journaliste, Vanessa Beeley, qui administra à ces fumistes une leçon définitive d'honnêteté intellectuelle et de probité professionnelle.

La reconquête de la deuxième ville de Syrie par l'armée nationale ne rend pas seulement l'espoir au peuple syrien, qui aperçoit désormais le bout du tunnel après tant de souffrances. Cette victoire d'une armée majoritairement composée de conscrits de confession sunnite (comme l'a récemment rappelé le géographe et excellent analyste Fabrice Balanche) ne dissipe pas seulement le mythe d'une guerre confessionnelle forgé de toutes pièces par les pousse-au-crime du wahhabisme. Cette reconquête balaye aussi d'un grand courant d'air frais, en ce victorieux mois de décembre, les miasmes putrides largués dans l'atmosphère par six années de propagande à grande échelle.

Orchestrée par les larbins de l'impérialisme US et les collabos de l'obscurantisme wahhabite (ce sont souvent les mêmes), cette propagande a diabolisé le gouvernement syrien en lui attribuant la responsabilité des crimes commis par ses adversaires. Elle a aussi diabolisé la Russie, dont l'intervention militaire en Syrie, contrairement à celle des pays de l'OTAN, respecte le droit international et frappe sans lésiner les terroristes de tous poils. Il faut vivre en France, ce pays de masochistes, pour voir la haine de la Russie se déchaîner, avec une rare violence, chaque fois qu'elle fait reculer les terroristes. A chaque défaite infligée sur le terrain aux commanditaires du massacre du Bataclan, nos charlatans hexagonaux, du gouvernement aux médias, se répandent en clameurs indignées !

Le drame syrien est un révélateur chimique. Jamais depuis Vichy notre intelligentsia ne s'était autant vautrée dans la fange, jamais elle n'avait mis un tel point de déshonneur à célébrer l'esprit collabo. Mais voilà, la roue tourne. Que reste-t-il aujourd'hui du dogme interventionniste cher aux néocons, au moment où Donald Trump le dénonce, où Vladimir Poutine mène le bal au Moyen-Orient et où l'Etat syrien expédie les mercenaires de Riyad dans les poubelles de l'histoire ? Doublement orphelins, les charlatans du droit-de-l'hommisme (à géométrie variable) risquent de perdre leur héros yankee, fatigué de mener des guerres stupides, et leur piétaille moyen-orientale, taillée en pièces par cette armée syrienne qu'ils méprisaient. Pour les charlatans, décidément, la fête est finie.

Bruno Guigue (07/12/2016)

29/11/2016

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