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10/10/2026

Emmanuel Todd et le Vaisseau fantôme

Emmanuel Todd : « La Dislocation », ou l’Occident en vaisseau fantôme



« Et si l’Occident était devenu une sorte de vaisseau fantôme errant dans l’histoire ? » La question ouvre le nouveau livre d’Emmanuel Todd, La Dislocation, paru le 24 septembre chez Gallimard. Après Après l’empire et La Défaite de l’Occident, traduit dans 25 langues, l’historien et démographe poursuit son diagnostic du déclin occidental. La forme est nouvelle : pendant un an, à intervalles réguliers, il s’est entretenu avec la journaliste Diane Lagrange sur l’état du monde, des États-Unis à l’Iran en passant par la France, l’Allemagne, la Russie, la Chine, le Japon et Israël. Le livre livre ainsi une pensée en train de se faire, confrontée chaque semaine à l’actualité. Emmanuel Todd dit d’ailleurs que cette conversation avec une interlocutrice « bienveillante et rigoureuse » l’a contraint à une forme d’« honnêteté absolue ».

Le « stade zéro » de la religion

Le cœur de sa grille de lecture reste religieux. Emmanuel Todd distingue 3 stades. Au stade actif, les gens croient et pratiquent. Au stade « zombie », ils ne croient plus, mais des idéologies civiles (socialisme, communisme, nationalisme) prennent le relais et maintiennent les valeurs collectives héritées de la religion. Au « stade zéro », enfin, ces valeurs ont disparu, et avec elles la capacité d’une société à s’organiser et à agir collectivement. C’est là, selon lui, que se trouve la cause profonde de la dislocation actuelle.

La ferveur qui a entouré la visite de Léon XIV en France ne le fait pas changer d’avis. Le nombre d’ordinations continue de baisser, et les préceptes catholiques sur la naissance, le mariage ou la mort ne sont plus suivis. Il voit dans les grands voyages pontificaux, qui se sont multipliés à mesure que reculait l’emprise de l’Église, un symptôme du stade zéro plutôt qu’un retour du religieux. Dans une religion vivante, rappelle-t-il, ce n’est pas le pape qui part en tournée : ce sont les fidèles qui vont en pèlerinage.

L’historien affine pourtant son modèle. Il constate que les pays de tradition protestante sont atteints d’une russophobie qu’il juge « pathologique », alors que l’Italie ou l’Espagne, de tradition catholique, y échappent largement. Il y voit la trace d’un catholicisme sensible à la beauté du monde, à la différence d’un protestantisme plus dur. Comme le zéro ne peut pas avoir plusieurs degrés, il avance désormais l’idée que le protestantisme serait passé directement à un stade « moins un ».

La gérontocratie et le « grand ralentissement »

2e source de pessimisme : le vieillissement. L’allongement de la vie est un progrès formidable, reconnaît Emmanuel Todd, mais il a produit des sociétés très âgées, où une part croissante des ressources va aux retraites et aux soins des plus vieux, pendant que les jeunes générations sont étranglées. Et ce sont ces générations âgées qui tiennent la démocratie par le vote.

Une découverte l’a surpris : la France serait la gérontocratie la plus marquée d’Europe, alors que sa population est moins âgée que celle de l’Allemagne, de l’Italie ou du Japon. Dans ces pays de tradition autoritaire, la démocratie comporte des correctifs. En France, berceau de la démocratie, l’électorat âgé exerce au contraire un pouvoir sans partage.

Il forge le concept de « nouveaux vieux ». Autrefois, les personnes âgées restaient tournées vers l’avenir à travers leurs enfants et petits-enfants. Il imagine aujourd’hui une génération issue de Mai 68 pour qui seul compte le présent. L’idée lui est venue au Japon, près de Fukushima, devant un vieux paysan resté dans une ville à moitié désertée après la catastrophe nucléaire, qui disait ne plus se soucier des radiations à son âge.

D’où cette formule : la France vit moins un « grand remplacement » qu’un « grand ralentissement ». Tout ralentit avec le vieillissement, y compris, admet-il, l’assimilation des immigrés.

Des classes populaires devenues « exploiteuses »


C’est, dit-il, la partie qui lui a été la plus douloureuse à écrire. Ancien militant communiste, qui avait des amis ouvriers chez Renault à Billancourt, Emmanuel Todd cherche à comprendre pourquoi les milieux populaires votent aujourd’hui à droite dans tout l’Occident. Sa réponse est marxiste. La mondialisation a délocalisé la classe ouvrière en Chine et en Europe de l’Est. Les pays occidentaux, devenus des sociétés de consommateurs plutôt que de producteurs, maintiennent leur niveau de vie grâce au travail mal payé des ouvriers chinois ou des enfants du Bangladesh. En termes économiques, les classes populaires françaises, tout en restant dominées dans la société française, sont donc aussi, en un sens, des exploiteurs. Cette analyse vaut pour les électeurs du RN comme pour ceux de LFI, envers laquelle il dit pourtant se sentir le plus proche.

Les États-Unis, puissance nihiliste


Les États-Unis sont au centre du livre. Emmanuel Todd y voit 2 dimensions simultanées. D’un côté, une puissance en déclin mais encore rationnelle, qui cherche à limiter la casse : la volonté initiale de Donald Trump de sortir de la guerre en Ukraine, ses manœuvres au Venezuela, à Cuba ou au Groenland, et même la brutalité envers les alliés européens relèveraient de la diversion. De l’autre, une « pulsion nihiliste », un besoin de guerre sans rationalité, né de l’effondrement des valeurs protestantes. Il cite l’attaque contre l’Iran et l’enlèvement de Nicolás Maduro, une opération réussie qui, selon lui, a permis aux Américains d’oublier leurs propres faiblesses.

Il établit un parallèle avec l’Allemagne d’avant le nazisme, le pays le plus avancé d’Europe, aux universités inégalées. Selon lui, la Shoah a été rendue possible notamment parce que personne n’imaginait jusqu’où pourrait aller le régime. Le vrai danger serait aujourd’hui le même : un manque d’imagination face à une Amérique imprévisible. Il va jusqu’à comparer Donald Trump à Hitler, avec l’aide d’une intelligence artificielle, un rapprochement que Diane Lagrange juge excessif dans le livre même. Proche du monde anglo-américain, formé à Cambridge et fils d’une mère réfugiée à Hollywood, il se présente comme « le dernier des libéraux » et « le dernier des Occidentaux » : « Je ne suis pas le dernier des Mohicans. Je suis le dernier des Occidentaux. »

L’Allemagne, la Russie et le risque de guerre

L’historien s’inquiète surtout du basculement de l’Allemagne. Sous Friedrich Merz, elle aurait rejoint le camp du « nihilisme franc » en cherchant à relancer une industrie privée du gaz russe par la militarisation de son économie. Si elle produisait des drones par centaines de milliers pour l’Ukraine, le risque serait que les Russes « perdent leur calme ».

Car, à rebours du discours dominant, Emmanuel Todd décrit une Russie « rationnelle, défensive et froide », qui ne veut ni ne peut envahir l’Europe. Selon lui, elle chercherait à aller jusqu’à Odessa, peut-être jusqu’au Dniepr, et à réduire l’Ukraine à un État croupion, mais pas au-delà. En cas d’envoi de troupes européennes en Ukraine, il n’exclut pas une guerre très courte, menée à coups de missiles hypersoniques contre les industries militaires d’Europe de l’Ouest. Il précise qu’il s’agit d’un scénario qu’il imagine pour mieux l’éviter, et non d’une prédiction. Il estime la guerre en Ukraine gagnée par la Russie et avance une hypothèse grave : les dirigeants européens redouteraient la paix, qui les obligerait à rendre des comptes. Il récuse toute étiquette pro-Poutine : il se dit « français et rien d’autre ».

Élites, journalistes et universitaires

Le livre n’épargne pas les élites, ces énarques et diplômés pour qui la vie a toujours été simple, ces « milliers de François Hollande » qui pourraient demain affronter des situations terribles. Fils du grand reporter Olivier Todd, mort récemment, il se montre sévère envers les journalistes, dont il dénonce le déclin intellectuel et moral : son père, rappelle-t-il, lisait des livres avant de partir en reportage. Il regrette aussi le silence des universitaires, sociologues et historiens, qui devraient éclairer le débat public.


Les angles morts : l’intelligence artificielle

Emmanuel Todd reconnaît ce qu’il n’a pas vu. L’intelligence artificielle, qu’il utilise lui-même pour ses recherches sur la naissance de la civilisation à Sumer, n’est pas au cœur du livre. Il en voit les bienfaits, comme la traduction automatique, mais parie que ses effets destructeurs seront plus forts dans les sociétés déjà atomisées comme les États-Unis que dans les régimes autoritaires, plus capables d’en maîtriser les effets.


Un « souverainisme inclusif »


Le livre se termine sur une note moins sombre. Sur l’assimilation, Emmanuel Todd admet, face à une Diane Lagrange plus pessimiste, avoir surestimé les capacités d’intégration de la société française. Il défend un « souverainisme inclusif » : un retour à la nation qui intégrerait d’emblée, comme des Français à part entière, les enfants et petits-enfants d’immigrés musulmans. Il se sait presque seul sur cette ligne. Mais il ne perçoit pas, dans les relations entre les gens, la haine religieuse ou ethnique décrite à la télévision, et il veut croire que les Français auront le bon réflexe face à une véritable crise. Il emprunte à Marx et Engels un « optimisme catastrophiste » : l’histoire est faite d’effondrements et de redémarrages. Le génie de la France, conclut-il, serait peut-être de devoir toucher le fond pour mieux se relever.

La Dislocation. Conversations avec Diane Lagrange,
Emmanuel Todd, Gallimard, collection « Hors série Connaissance », paru le 24 septembre 2026.

17/09/2025

Dictature



Avant les dictatures ressemblaient à ça:

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Aujourd'hui elles ressemblent plutôt à ça:

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Pourquoi nous acceptons la censure bien qu’elle nous rende stupides

Article de Thierry Meyssan


La logique interne de toute administration et de contrôler ce qu’elle administre. Cela implique que toute administration envisage de censurer son opposition. En République, au contraire, les responsables politiques doivent maîtriser leurs administrations et veiller à ce qu’elles respectent les principes voulus et approuvés par la population. Cependant, aujourd’hui, les États européens — et particulièrement la France — abandonnent les valeurs qu’ils ont forgées et n’hésitent plus à censurer à tour de bras.
Réseau Voltaire | Paris (France) | 16 septembre 2025
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L’Arcom, administration française pour la censure de l’audiovisuel

Dans le monde entier, on célèbre Voltaire comme l’homme qui a le mieux défendu la liberté d’expression et nous l’a fait concevoir comme une condition préalable à l’établissement de toute démocratie. C’était aussi bien la manière de penser de la Tsarine Catherine II de Russie, chez qui il a longtemps vécu, que celle de JD Vance, le vice-président des États-Unis, pour qui cette « valeur européenne des plus fondamentales », « partagée avec les États-Unis d’Amérique », est aujourd’hui, « en retraite » [1].

Au XX° siècle, seuls les fascistes et les nazis se sont opposés frontalement à la liberté d’expression. Selon eux, l’unité du peuple valait mieux que le débat public, source de division. Nous avons vu les crimes de masse qu’ils ont commis, non par conviction, mais comme conséquence prévisible de leurs idéologies.

Traditionnellement, aux États-Unis, on ne tolère aucune limite à la liberté d’expression, tandis qu’en France, on distingue les opinions des injures et des diffamations.

Ici, une parenthèse est nécessaire : pour nous assurer que l’interdiction des injures et diffamations ne serait jamais utilisée pour restreindre la liberté d’expression, nos aînés avaient imaginé que tous les procès en la matière se dérouleraient devant des jurys populaires. Or, ce n’est plus le cas depuis la Seconde Guerre mondiale. Dans les faits, le recours à des juges professionnels rend leurs décisions susceptibles d’être orientées par l’État.

En outre, au cours des dernières années, nous avons insensiblement réinstauré un pouvoir de contrainte de l’État et de la société sur la parole libre. Petit à petit, nous avons interdit des discours qui choquent des portions de la population. Avant la Révolution française, nous interdisions le crime de lèse-majesté et le sacrilège, aujourd’hui nous interdisons l’antisionisme et l’islamophobie. Or, l’antisionisme n’est pas une incitation contre un groupe religieux ou ethnique, mais une opinion politique partagée, entre autres, par des personnalités juives israéliennes et l’islamophobie n’est souvent qu’une critique tout aussi raisonnée de la pensée musulmane que celle que nous pratiquons de la pensée chrétienne.

Ce que l’on cherche à interdire n’est donc pas un message particulier, mais plutôt tout message qui remet en question des vérités que nous croyons établies. Nous pouvons prendre le problème dans l’autre sens : la question n’est pas ce que nous voulons interdire, mais les erreurs que nous tentons de protéger : la croyance selon laquelle nous ne devons pas nous écarter des préjugés communs.

À titre d’exemple : les civilisations ne peuvent se développer qu’avec un accès à des énergies. C’est la raison pour laquelle, on pratiquait l’esclavage dans l’Antiquité. Aujourd’hui, on utilise de considérables réserves de gaz et de pétrole. L’administration Bush-Cheney était persuadée que nous arrivions à la fin de cette ère et qu’il fallait donc investir dans des sources d’énergie alternatives. Nous-mêmes sommes persuadés que le gaz et le pétrole, s’ils ne viennent pas à manquer dans les années à venir, polluent l’atmosphère que nous respirons et provoquent le réchauffement du climat, comme nos ancêtres les Gaulois croyaient que le ciel allait leur tomber sur la tête. Or, cette conception des choses n’a jamais fait l’objet d’un débat scientifique. Elle est abandonnée aussi bien par la Russie, que par la Chine et par les États-Unis. L’Académie des Sciences de Russie soutient une autre théorie pour expliquer les changements du climat, mais nous ne l’avons jamais discutée. Nous nous référons à une assemblée de délégués des Nations unies, le GIEC, composée exclusivement de fonctionnaires des États-membres. Certains sont effectivement des scientifiques, mais tous siègent en tant que fonctionnaires représentant leurs gouvernements. Nos médias étant bloqués sur le sujet, nous ne nous réveillerons que lorsque la Russie, la Chine et les États-Unis se seront organisés ensemble et que nous nous serons appauvris.

Autre exemple : durant quatre-vingt ans, nous avons plus ou moins vécu sous protection anglo-saxonne. Nous soutenons donc l’organisation du monde selon les « règles » fixées par le G7, c’est-à-dire librement acceptées par nous. Nous en avons oublié les principes du droit international que la France et la Russie ont créés juste avant la Première Guerre mondiale (la conférence de La Haye de 1899). Il s’agissait au départ de s’engager à ne pas se comporter comme des barbares et à ne pas massacrer de civils durant nos guerres. On avait alors imaginé des « lois de la guerres ». Cela, nul ne le conteste, sauf les États-Unis et Israël qui ont généralisé la torture et se livrent, pour le second, à un génocide. Lors d’une seconde conférence, on avait souligné que, pour vivre en paix avec ses voisins, chaque État devait respecter ses propres engagements. Et, avec les Nations unies, nous avons proclamé le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, c’est-à-dire la décolonisation. Or, aujourd’hui, nos enfants ignorent même qu’un Français, Léon Bourgeois (1851-1925), fut le principal auteur du droit international. Il fut président du conseil, président de l’Assemblée nationale, président du Sénat et Prix Nobel de la Paix. Il fut l’homme central de la Troisième République (1870-1940), mais il a disparu de nos livres d’histoire.

Un autre aspect de la liberté d’expression est qu’il ne viendrait à l’idée de personne que l’État édite un périodique pour nous donner sa vision de l’actualité. Pourtant, au XVII° siècle, Théophraste Renaudot avait fondé un hebdomadaire, La Gazette, qui prospéra avec le soutien du cardinal de Richelieu. C’est, qu’à cette époque, si l’imprimerie permettait d’éditer des journaux, il n’y avait pas encore de moyens de les diffuser partout. L’État a donc investi pour rendre la presse accessible à tous et partout. Mais aujourd’hui personne ne rechigne à l’existence d’un service public de la radio et de la télévision. Certes, au départ, durant l’entre-deux-guerres, il était impossible à des fonds privés de créer des radios et des télévision, l’État a donc investi dans ces nouveautés, le temps que leur coût baisse et que des chaînes privées puissent être créées.

Un scandale vient d’éclater en France avec la diffusion d’une vidéo, enregistrée dans un grand café parisien, où l’on voit deux célèbres chroniqueurs du « service public » expliquer à des responsables d’un parti politique d’opposition comment ils vont faire échouer la candidature d’un ministre à la mairie de Paris en manipulant leurs auditeurs et téléspectateurs. En principe, le « service public » audiovisuel devrait être au service de tous et non pas un instrument de propagande partisane.

Pourtant, nous avons en France, une « Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique » (Arcom) chargée (1) de choisir les directeurs du service public, (2) les chaînes de télévision privées autorisées et (3) d’interdire celles qui ne respectent pas la « déontologie ».

En premier lieu, s’il doit y avoir un « service public » de l’audiovisuel, il appartient au gouvernement d’en désigner la direction et non pas de se cacher derrière une « autorité » administrative. Allant le plus loin possible dans la confusion des pouvoirs, l’État a disposé deux magistrats au sein des neuf membres de l’Arcom. Il s’agit de donner une apparence de justice à des décisions qui ne respectent pas les principes de la défense. Et, alors qu’aujourd’hui il n’y a aucune raison à ce que l’État se mêle de l’audiovisuel, l’État a étendu la compétence de l’Arcom à internet. Il est donc possible qu’une autorité administrative interdise des vidéos sur le Net en l’absence de toute condamnation par la justice pour crime ou délit.

En second lieu, si par le passé, le nombre de canaux permettant de diffuser des radios et des télévisions était restreint et que, donc, l’État devait décider qui y avait accès et qui en était privé, ce n’est plus le cas. Il n’y a donc aucune raison pour décider qui a le droit d’émettre ou pas.

En troisième lieu, aucune autorité administrative ne devrait s’arroger un pouvoir de justice et décider d’interdire un média. Dans une démocratie, une telle interdiction est du seul ressort des tribunaux et ne peut intervenir qu’en cas de crime. Ce n’est évidemment pas le cas de Russia Today, de C8 ou de NRJ12.

Dernière remarque : les contraintes de la presse sont telles que l’État a été conduit à concéder aux journalistes des conditions fiscales particulières pour trouver un équilibre économique à leur activité. Ainsi, la presse écrite est-elle imposée à 2,1 % et non pas à 20 %. Une « Commission paritaire des publications et des agences de presse » (CPPAP) a donc été créée qui veille à ce que ce privilège fiscal ne soit appliqué qu’à de vrais organes de presse. Or, dans la pratique, celle-ci utilise son pouvoir pour priver certains organes de presse d’opposition de la possibilité d’un équilibre financier.

Ainsi, la CPPAP refuse de reconnaître la lettre d’information hebdomadaire Voltaire, actualité internationale comme une publication de presse. Cette Commission a considéré, au seul nom de son rédacteur en chef (en l’occurrence, l’auteur de cet article), que cette publication n’était pas du journalisme. Selon les procès-verbaux de ses réunions, elle n’a pas même regardé une seconde son contenu.

La dégradation de la liberté d’expression en France est telle qu’elle devient un sujet de réflexion pour nos voisins [2]. Comme toujours, le retour de la censure s’opère autour de l’interdiction de choses choquantes pour la majorité. Au XVII° siècle, l’État interdisait la pornographie, au XXI°, il assure non plus l’interdire, mais interdire son accès aux enfants.


24/06/2025

C"est simple

Gideon Levy, courageux journaliste et écrivain israélien membre de la direction du journal Haaretz et opposant anticolonialiste, dénonce la propagande raciste israélienne et l’inversion des rôles, puisque l’occupant israélien passe son temps à se présenter comme "la" seule victime.


Moins de 20% de la population serait sur cette ligne.

Gideon Levy est né le 2 juin 1953 à Tel-Aviv, est un journaliste et écrivain israélien, membre de la direction du quotidien Haaretz.

06/02/2025

Flash-back

J'ai retrouvé hier cette ancienne note astro perso écrite en fin d'été 2021.
3ans et demi plus tard, tout cela est confirmé (c'est lent malgré tout) mais aussi s'est transformé et a pris d'autres formes.
En 2025, Mars s'opposera à Pluton, Uranus entrera en Gémeaux mais surtout Saturne et Neptune entreront en Bélier pour s'y conjoindre, conclure un cycle et y entamer un nouveau (cycle lié à la Russie).

***

Les planètes lentes n'ont pas beaucoup bougé dans le ciel, (Saturne Jupiter et l'invisible Pluton étant en rétrogradation apparente), les énergies et vibrations correspondantes mijotaient en Capricorne, inspirant sur Terre les uns et les autres.

On assiste, en 2020/21, à la fin, voire au pourrissement ou à la désintégration d'une longue période matérialiste, au moins dans certains de ses aspects ayant trait au capitalisme, au monde scientifique, à la santé (Darwin ou Pasteur sont dépassés). C'est une sorte de schisme qui voit la naissance d'un mouvement de révolte contre les abus d'une vision purement matérielle et transhumaniste où l'Homme est vu un consommateur, son cerveau comme un ordinateur et son corps comme une machine, où la Nature est exploitée sans vergogne.
Place à l'Esprit, que ce soit de l'homme ou de la nature, voilà ce qui prend forme en cette période.


-Les uns, au pouvoir formatés par le système en place ont soudain laissé une bande de technocrates alarmistes et déconnectés décider pour eux et imposer leur vision pathologique de la vie...
Des médecins et chercheurs s'intéressant aux maladies et non à la santé, des nervis au service d'une industrie (fabricant des malades dépendants pour leur vendre des médicaments et ne cherchant évidemment pas à les guérir).
On a découvert à cette occasion que bon nombre d'instances sanitaires, les médias et le gouvernement étaient infiltrés par des médecins, politiques ou chercheurs corrompus au service de cette industrie pharmaceutique toxique.

Au fil des semaines malgré leurs erreurs les gouvernements , comité pseudoscientifique et autres instances (OMS CDC) ont persisté dans leurs mensonges, leurs décisions absurdes jusqu'à passer les bornes du rationnel et du scientifique pour imposer ce qui relève désormais du dogme, de l'escroquerie ou de la superstition (le confinement, l'HXC présentée comme toxique, les masques antibactériens inutiles puis obligatoires, même en plein air)

-Les autres choqués par ces décisions abusives ont pris conscience qu'il ne s'agissait pas d'une crise sanitaire ni d'une épidémie mais d'une ingénierie sociale qui en prenait prétexte.
Ils ont accumulés les preuves scientifiques démontrant les mensonges, les décisions criminelles (interdiction faite aux médecins de prescrire des produits pourtant efficace) et les abus manifestes. Ils ont dénoncé cette imposture qui apparait de plus en plus comme une véritable dérive totalitaire (avec l'obligation du masque en extérieur et dans les écoles, il n'y a plus de doute, c'est une mesure politique (d'ordre punitif et faite pour habituer à la soumission) qui n'a aucune justification sanitaire ou scientifique.
Même des journalistes mainstream commencent à dénoncer cette dérive hystérique du pouvoir, ça sent la panique, il n'y a plus que le gouvernement, les maires , les préfets et tous les idiots utiles soutenant cette version paranoïaque hygiéniste de la réalité.
Des gens qui ne comprennent rien à la santé et qui prennent en otage tous ceux qui s'y attachent dans leur quotidien par leur comportement et leur choix.


Mi Septembre puis fin Septembre et début Octobre elles repartent doucement en sens direct, tandis que Mars rétrograde à son tour en Bélier.

30/01/2025

Un massacre oublié en France, 1967: 8 morts? ou 85 mortts?

Émeutes de mai 1967 en Guadeloupe

Les émeutes de mai 1967 en Guadeloupe sont des affrontements qui se produisent entre gendarmes et manifestants dans l'île lors de grèves consécutives à une agression raciste. Les trois journées de répression les plus importantes à Pointe-à-Pitre le 26, 27 et 28 mai, entraînent la mort de 8 personnes1, bien que ce nombre ait été parfois revu à la hausse.

Le 20 mars 1967, Vladimir Snarsky, propriétaire d’un grand magasin de chaussures à Basse-Terre, lâche son berger allemand pour chasser Raphaël Balzinc, vieux cordonnier noir et handicapé qui installait son étal en face du commerce. Le propriétaire blanc, par ailleurs militant au parti gaulliste UNR, demande ironiquement à son molosse « Dis bonjour au nègre ! ». Cet incident raciste est à l'origine d'émeutes et de grèves à Basse-Terre et Pointe-à-Pitre les jours suivants, si bien que le préfet de l'île, Pierre Bolotte, fait déployer deux escadrons de gendarmerie.

Le 24 mai 1967, les ouvriers du bâtiment de Guadeloupe se mettent en grève pour obtenir une augmentation de salaire de 2,5% et la parité en matière de droits sociaux.

Le 26 mai vers midi, une foule est rassemblée devant la Chambre de commerce de Pointe-à-Pitre et attend pendant que se déroulent des négociations entre organisations syndicales et représentants du patronat. Vers 12h45, ils apprennent d'un représentant syndical que les négociations sont rompues et un bruit court : le représentant du patronat, Georges Brizzard, aurait dit : « Quand les nègres auront faim, ils reprendront le travail ! ».

Les affrontements commencent à coup de grenades lacrymogènes des gendarmes contre conques de Lambi, jets de pierres et bouteilles en verre des manifestants. Déjà dans la matinée du 26 mai, des gendarmes mobiles auraient tiré lors de manifestations violentes de grévistes, faisant plusieurs blessés6. Lorsqu'un gendarme essoufflé, enlève son casque afin de s'essuyer le front et reçoit un coup violent sur la tête, les gendarmes ouvrent le feu provoquant notamment la mort de Jacques Nestor, militant du Groupe d'organisation nationale de la Guadeloupe (GONG). Selon les autorités, « les gendarmes mobiles (non, les CRS), après que quelques coups de feu aient été tirés sur eux, devaient riposter pour se dégager7 ». Un certain nombre d'autres Guadeloupéens seront tués durant les 3 jours d'émeutes et/ou de répression qui s'ensuivent.

Les autorités françaises ont cru initialement que l'insurrection avait été fomentée par le GONG mais il est apparu après enquête que les émeutes étaient spontanées.

12/05/2024

Le totalitarisme sociétal



Le totalitarisme sociétal est un projet oligarchique (financé par des milliardaires) de déconstruction des structures sociales existantes. Mais quand le fossé entre le récit et la réalité est trop grand, l'imposture éclate par ses excès les plus flagrants qui provoquent des contradictions internes.








Comment vous êtes-vous retrouvées nez à nez avec l’idéologie transgenre durant votre parcours de féministes et quelles ont été les motivations qui vous ont poussées à écrire cet ouvrage en collaboration ?

Dora Moutot : Marguerite et moi-même évoluions dans les milieux féministes sans nous connaitre mutuellement. Pour ma part, après avoir quitté le monde du journalisme, j’ai créé un compte Instagram à succès promouvant une sexualité épanouie des femmes hétérosexuelles, que j’avais appelé @tasjoui. En 2019, des militants queers et transgenristes sont venus me reprocher de ne pas être suffisamment « inclusive » et m’ont enjoint de parler de « pénis de femme ».

Ne connaissant pas véritablement l’idéologie transgenre, j’ai initialement trouvé cette demande farfelue, mais drôle. J’ai refusé, revendiquant un fait simple : il existe deux sexes et être une femme, c’est biologique. À partir de là, mon monde s’est écroulé. Accusée d’être transphobe, j’ai subi un harcèlement lunaire de la part des fous furieux du transgenrisme, qui ont exigé des marques pour lesquelles je produisais du contenu à travers ce compte Instagram de résilier leur contrats partenaires avec moi. Je les ai perdus un à un. C’est par le biais de ces tribulations que j’ai rencontré l’idéologie transgenre.

Marguerite Stern : (...) Dora et moi-même étions les seules féministes bénéficiant d’une certaine exposition dans les médias et sur les réseaux sociaux à avoir osé prendre la parole contre l’idéologie transgenre. Harcelées, menacées, insultées quotidiennement, nous avons fini par nous rencontrer puis nous rapprocher l’une de l’autre, car nous subissions toutes les deux le même traitement.

(...) Et depuis sa publication, Transmania est effectivement la cible de violentes attaques. Notre campagne d’affichage a été censurée par l’afficheur privé JC Decaux, SOS homophobie a porté plainte contre nous et nous avons reçu des menaces de mort à plusieurs reprises.

Vous dénoncez une « esthétique de la violence » faisant partie intégrante du mouvement transgenre et allez même jusqu’à dénoncer des « pratiques fascistes ». Quelles sont les causes de cette violence ?

Marguerite Stern : La violence fait partie intégrante du mouvement transgenriste. Structurellement. On le voit par exemple aux mantras que ses activistes répètent inlassablement : « Kill the TERF » (acronyme de Trans-Exclusionary Radical Feminist : féministe radicale qui exclut les personnes trans), « Une TERF, une balle », « Sauve un trans, tue une TERF »... Cette esthétique de la violence s’observe également au travers de l’apologie de la défense armée. (...)

Aborder les causes à l’origine de cette violence nous conduit à un sujet tabou : la forte occurrence de comorbidités psychiatriques au sein de la population trans (troubles du spectre autistique, troubles de la personnalité borderline, dépression, anxiété...), qui se greffe à des logiques d’embrigadement sectaires.

Enfants et jeunes adultes sont amenés à croire que leurs parents sont transphobes s’ils s’opposent à leur transition. S’isolant de leurs familles, ils rejoignent ensuite une communauté trans formant une sorte de bulle repliée sur elle-même et tournant en boucle toute la journée sur la haine d’un ennemi commun : les TERFs. La désignation d’un ennemi commun est un phénomène bien connu en psychologie, qui permet de créer une psychose collective. Par exemple, Dora et moi-même sommes accusées d’être responsables du « génocide trans » et d’avoir du sang sur les mains. Or, que fait-on lorsqu’on se croit en danger de mort ? On riposte.


[...]


Comment les idéologues transgenres sont-ils parvenus à imposer leur vision du monde dans toutes les strates de la société, que ce soit à l’école, dans les médias, ou encore dans les institutions ?

Dora Moutot : Le phénomène transgenre a connu une accélération notable à partir des années 2010 suite à des investissements financiers colossaux par des groupes de pression en soutien aux revendications de cette minorité. Aux États-Unis, en 2021, un rapport de LGBT Funders nous apprend que 36 millions de dollars ont été investis pour faire avancer ce programme idéologique par le biais d’une nébuleuse d’ONG pro-trans.

Notre travail s’est appuyé sur les recherches menées par la journaliste d’investigation Jennifer Bilek, première femme à s’être penchée sur les investissements massifs de certains milliardaires militant pour les « droits trans ». Parmi eux, on compte Jon Stryker, petit-fils de l’inventeur du lit d’hôpital. Héritier d’une entreprise américaine spécialisée dans la fabrication de matériel médical, qui, en 2022, a généré un chiffre d’affaires de plus de 18 milliards de dollars, il verse chaque année environ 30 millions de dollars à la fondation Arcus, dont il est le créateur, en vue d’œuvrer à la normalisation du transgenrisme.

Autre grand financier de la cause transgenre : Jennifer Pritzker, anciennement « James », héritier des hôtels Hyatt. Pour sa part, il oriente ses fonds vers les hôpitaux et universités. Deux millions de dollars ont par exemple été investis par ses soins pour créer la première chaire d’études sur le trangenrisme à l’université Victoria, en Colombie-Britannique. Parmi les autres « bienfaiteurs » de la cause transgenre figurent également George Soros, l’ex-femme de Jeff Bezos, Peter Buffett, fils de Warren Buffett, ou encore Roy P. et Sheri Disney, héritiers de Walt Disney.

Pour institutionnaliser le transgenrisme, ces individus fortunés créent en premier lieu des fondations, elles reversent ensuite des fonds à diverses ONG agissant au quotidien dans divers domaines tels que la politique, le juridique, le médiatique, etc. Par exemple, l’association américaine qui s’occupe du lobbying auprès des médias se nomme GLAAD (Gay & Lesbian Alliance Against Defamation). Financée en 2020 à hauteur de 17 millions de dollars, elle a mis au point, en association avec Associated Press, l’équivalent de l’Agence-France presse (AFP), un guide et un lexique visant à faire en sorte que les journalistes emploient la novlangue transgenre.

Sur le plan politique, l’entrée au gouvernement de Rachel Levine au poste de secrétaire adjoint à la Santé des États-Unis a été rendue possible grâce au travail de lobbying du LGBTQ+ Victory Institute, un institut qui a reçu 10 millions de dollars de l’Arcus Foundation pour former et faire élire des politiciens LGBT. Malgré les scandales sanitaires retentissants qui ont éclaté au sein la clinique du genre Tavistock en Grande-Bretagne ou de l’hôpital Karolinska en Suède, cet homme transféminin fait publiquement la promotion de la transition des enfants et des bloqueurs de puberté, soutenant par exemple en 2022 que « les soins d’affirmation du genre sont essentiels pour la jeunesse trans et peuvent sauver des vies ».

Les ONG transgenristes comptent également parmi leurs investisseurs des laboratoires pharmaceutiques, comme Gilead, désireux de booster les ventes de son médicament préventif contre le sida, le Truvada, auprès de la population transgenre. D’après Global Philanthropy, les hommes trans sont 49 fois plus susceptibles de contracter le VIH que les autres adultes... Il y a aussi le laboratoire AbbVie, fabriquant du Lupron, un bloqueur de puberté. AbbVie verse des dons, notamment au Trevor Project, qui soutient les jeunes LGBT, et au GenderCoolProject, association promouvant le transgenrisme chez les enfants.

Il faut savoir que certains des laboratoires produisant ces hormones de synthèse utilisées pour la transition, comme Endo Pharmaceuticals, sont les mêmes qui ont été condamnées en justice pour marketing trompeur lors de la crise des opioïdes, responsable du décès de plus de 500 000 personnes...

Le lobbying transgenriste a aussi produit ses effets au niveau du monde de l’entreprise. En France, dans certaines d’entre elles, il faut par exemple accepter de prononcer le pronom « iel ». Aux États-Unis, de plus en plus de sociétés font la promotion de leurs assurances remboursant les transitions sexuelles. Pourquoi ? Car leur niveau d’inclusivité est noté à travers le « système d’indice d’égalité des entreprises » (CEI), créé par la Human Rights Campaign (HRC), une association financée, entre autres, par la fondation Soros et le géant pharmaceutique Gilead.

Ce CEI entre dans le cadre du mouvement ESG (Environnemental, Social et de Gouvernance d’entreprise), que les fonds d’investissement comme BlackRock et Vanguard suivent de près pour savoir s’ils décident ou non d’accorder des investissements... Résultat, alors qu’en 2000, seulement 3 % des entreprises du classement Fortune 500 intégraient l’identité de genre dans leurs politiques de non-discrimination, elles étaient 83 % en 2024. On peut dire que la HRC a bien bossé.

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12/04/2024

Capitalisme du désir