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02/10/2017

Effondrement spirituel?

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FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - A l'occasion de la parution de son dernier livre, Miroir du nihilisme, Houellebecq éducateur, Michel Onfray a accordé un entretien fleuve au FigaroVox. Il y décrypte la philosophie de l'auteur de Soumission.

 


Michel Onfray philosophe et essayiste. En septembre, il publie deux livres consacrés à des auteurs qu'il admire: Vivre une vie philosophique: Thoreau le sauvage et Miroir du nihilisme. Houellebecq éducateur.



FIGAROVOX.- Vous publiez aux éditions Galilée, Miroir du nihilisme, un essai consacré à Soumission de Michel Houellebecq. Vous êtes longtemps passé à côté de l'œuvre de ce dernier. Pourquoi son dernier roman vous a-t-il fait changé de point de vue?

Michel ONFRAY.- J'avais aimé la performance littéraire d'Extensiondu domaine de la lutte qui était vif et bref, rapide et percutant. Les autres romans m'avaient paru techniquement moins rapides. J'aime les stylistes et les textes qui vont vite. Voilà pour la forme.

J'avais commis l'erreur de croire que le diagnosticien du nihilisme consentait au nihilisme, s'en réjouissait même, voire, s'y complaisait… C'était une erreur.

Pour le fond, j'avais commis l'erreur de croire que le diagnosticien du nihilisme consentait au nihilisme, s'en réjouissait même, voire, s'y complaisait… C'était une erreur. C'est confondre le cancérologue qui diagnostique la pathologie avec le cancer, la pathologie qu'il a diagnostiquée. J'étais, selon l'image bien connue, l'imbécile qui regarde le doigt quand le sage lui montre la lune!

Soumission m'a plu parce qu'il renoue avec la vitesse d'Extension. Il m'a éloigné du doigt et ramené à la lune quand j'ai constaté chez Michel Houellebecq la grande souffrance qui était la sienne à se savoir, se voir, se constater, s'expérimenter corporellement et spirituellement tel un sismographe de notre époque en cours d'effondrement.

En termes hégéliens, il est le grand homme choisi par l'Histoire pour qu'il en fasse la narration. Il est au cœur nucléaire du processus de Ruse de la raison. Le savoir, ce qui est son cas, car il est d'une redoutable lucidité, c'est affronter les plus grands tourments.

En quoi Houellebecq est-il le romancier du nihilisme?

En tant que sismographe, il enregistre toutes les secousses en rapport avec la tectonique des plaques civilisationnelles: il a diagnostiqué l'effondrement spirituels des générations produites par des parents soixante-huitards, l'écœurement d'une sexualité indexée sur la seule performance, la marchandisation des corps et des âmes, des carrières et des pensées, la contamination de l'art contemporain par le snobisme et le marché, la tyrannie de l'argent en régime libéral, la fin de la France depuis l'abandon de sa souveraineté lors du Traité de Maastricht.

Mais aussi la veulerie du tourisme sexuel en Asie, le caractère inéluctable de l'engagement de nos civilisations occidentales vers le projet transhumaniste, l'effondrement de la religion judéo-chrétienne et des valeurs qui l'accompagnaient, et, avec Soumission, le processus de collaboration des élites avec les idéologies liberticides - ici un islam francisé.

Depuis 1994, Michel Houellebecq dépèce minutieusement le Veau d'or - c'est en cela qu'il est le grand romancier du nihilisme occidental.

Houellebecq s'inscrit volontiers dans la filiation d'Auguste Comte qui était positiviste…

Mais aussi de Schopenhauer - ou de Huysmans. Il n'est pas homme à s'enfermer dans des cases, à aimer l'un, donc pas l'autre, à choisir celui-ci, donc à écarter celui-là… Il est un homme authentiquement libre.

Ce qu'il aime chez Auguste Comte, c'est sa réflexion sur la place de la religion dans la société, sur la possibilité d'une liaison d'un certain type de sacré avec le social. Qui dira qu'il ne s'agit pas d'une question essentielle si l'on veut aujourd'hui penser la question politique?

Le positivisme n'est pas la philosophe un peu bêtasse de Monsieur Homais, mais la pensée mal connue d'un homme qui estimait que la religion sociologique des Hommes pouvait remplacer la religion théologique de Dieu.

La question de la religion est un leitmotiv dans la pensée de Michel Houellebecq: que faire dans un monde vidé de toute transcendance? Lui qui décrit dans le détail le désespoir qu'il y a à vivre dans un monde de pure immanence (ce qui n'est pas mon cas: je crois que la sagesse tragique permet de vivre dans la seule immanence sans désespoir…) , il est normal qu'Auguste Comte lui parle.

Votre livre est sous-titré Houellebecq éducateur. Comment peut-on être à la fois nihiliste et éducateur?

En enseignant la nature tragique du monde, autrement dit, en évitant deux choses: la lecture optimiste du monde et… la lecture pessimiste! L'optimiste voit le meilleur partout et ne veut pas entendre parler du pire ; le pessimiste voit le pire partout et ne veut pas entendre parler du meilleur.

Le tragique quant à lui sait qu'il y a du pire et du meilleur partout… Michel Houellebecq nous enseigne où est le pire, ce qui n'a pas besoin d'être démontré, mais aussi le meilleur.

Le tragique quant à lui sait qu'il y a du pire et du meilleur partout… Michel Houellebecq nous enseigne où est le pire, ce qui n'a pas besoin d'être démontré, mais aussi le meilleur - qui provient chez lui, paradoxalement, de Schopenhauer pour qui il existe des solutions à ce monde sombre dans la pitié et la contemplation esthétique.

N'oublions pas que Schopenhauer a aussi écrit un Art d'être heureux… On connaît sa vision du monde animal, elle est d'une grande compassion. Il y a dans sa conversation en tête à tête la même présence attentive à l'autre. On n'ignore pas non plus qu'il trouve dans l'art un sens à sa vie: il a produit des romans, des essais, des poèmes, des films, des photographies, des performances d'art contemporain…

En tant qu'il dit le monde tel qu'il est, sans faux-semblants, et qu'il vit une vie poétique sans l'imposer ou la conseiller à qui que ce soit, il invite chacun à construire sa propre existence dans un temps de détresse.

Beaucoup ont vu dans ‘Soumission' une critique de l'islam radical. Vous y voyez plutôt un grand roman de la collaboration. Qui sont les «collabos» d'aujourd'hui?

Les «collabos» sont ceux qui estiment que l'Islam est une religion de paix, de tolérance et d'amour et ne veulent pas entendre parler d'un Islam de guerre, d'intolérance et de haine.

Ceux qui estiment que l'Islam est une religion de paix, de tolérance et d'amour et ne veulent pas entendre parler d'un Islam de guerre, d'intolérance et de haine.

Certes, il existe un islam pratiqué par des gens qui voient en cette religion une coutume familiale ou un signe d'appartenance dans laquelle dominent effectivement la tolérance, la paix et l'amour.

Mais il y a aussi, dans le Coran et dans l'histoire de l'islam, terrorismes inclus, une autre voie qui est celle de la misogynie, de la phallocratie, de l'homophobie, de l'antisémitisme, du bellicisme, de la guerre qui constituent des valeurs à exporter par le djihad guerrier.

Le collaborateur ne veut voir que le premier islam en estimant que le second n'a rien à voir avec l'islam. Le Coran est un livre dont les sourates justifient aussi bien le premier que le second islam.

Concrètement, ces collaborateurs sont les islamo-gauchistes qu'on trouve ici ou là au NPA, dans la France

Ce sont les islamo-gauchistes qu'on trouve ici ou là au NPA, dans la France Insoumise, dans l'aile gauche du PS, au PCF, ou à EELV. Il y en a également dans l'aile gauche des Républicains.

Insoumise, dans l'aile gauche du PS, au PCF, ou à EELV. Il y en a également dans l'aile gauche des Républicains - chez les juppéistes par exemple.

C'est aussi une critique acerbe du monde universitaire. Un monde avec lequel vous avez toujours pris vos distances …

Michel Houellebecq se contente de décrire cette institution qui fonctionne à la cooptation, au piston, donc au phénomène de cour ; avec retard, elle suit les modes qu'elle ne crée jamais ; elle se prétend du côté de la science alors qu'elle est le lieu de l'idéologie ; elle est un lieu de rituels d'écriture scrupuleux et de reproduction institutionnelle - comme l'a bien vu Bourdieu ; elle dit être un lieu de recherche mais on y cherche ceux qui y trouveraient -précisons que je parle des seuls secteurs littéraires, sociologiques, philosophiques…

C'est pour ma part un monde contre lequel je n'ai rien puisque j'ai refusé de l'intégrer après ma soutenance alors que ma directrice de thèse me proposait d'y faire carrière et que j'ai préféré rester professeur de philosophie dans un lycée technique.

Mais, en effet, l'Université est une institution et, en tant que telle, elle est un lieu où la liberté, l'autonomie et l'indépendance soufflent peu! Ni Montaigne ni La Boétie, ni Descartes ni Voltaire, ni Nietzche ni Proudhon, ni Alain ni Camus n'ont eu besoin de l'université pour penser - et leurs pensées furent vraiment libres…

Presque aussi intéressant que le livre lui-même a été son accueil au moment même où la réalité rejoignait la fiction avec les attentats de janvier 2015. Comment analysez-vous son rejet par une partie des médias?

J'ai repris le dossier de presse de l'accueil de ce livre pour essayer de voir comment on avait lynché l'homme sans avoir lu l'œuvre pour ne pas avoir à la lire et à la commenter - parce qu'elle mettait le doigt dans la plaie…

Il est intéressant de constater combien les instruments et les personnes de la pensée dominante dans les médias de l'islamo-gauchisme ont sali Michel Houellebecq afin de discréditer l'œuvre.

Il est intéressant de constater combien les instruments et les personnes de la pensée dominante dans les médias de l'islamo-gauchisme ont sali l'homme Michel Houellebecq en lançant une polémique comme ils savent le faire pour souiller l'homme afin de discréditer l'œuvre.

Il est également intéressant de mettre en perspective ceux qui ont écrit ou parlé en faveur de Mehdi Meklat (blogueur islamophile, antisémite, phallocrate, misogyne, antisémite, belliciste ) dans Libération , Le Monde , Les Inrockuptibles ou France-Inter et de rappeler ce que les mêmes ont écrit contre Houellebecq.

Ce travail a été riche d'enseignements pour moi sur le fonctionnement du dispositif collaborationniste français… Je vous renvoie au détail de l'analyse (noms, lieux, citations, analyse de tweets, etc) dans mon livre…

C'est aussi un livre sur la perte de sens dans notre civilisation occidentale. Le christianisme et l'idéologie totalitaires ont laissé la place à la religion du marché et à l'islam conquérant. En tant qu'athée et matérialiste, que cela vous inspire-t-il? Pourquoi la raison a-t-elle échoué à être le ciment d'une nouvelle civilisation?

L'Histoire témoigne qu'il n'y eut pas de civilisation construite sur l'athéisme et le matérialisme qui , l'un et l'autre, sont des signes, voire des symptômes, de la décomposition d'une civilisation.

Une civilisation n'est possible qu'avec une spiritualité qui la soutient et qui, elle-même, découle d'une religion. Depuis que le monde est monde, c'est ainsi. L'Histoire témoigne.

Elle témoigne également qu'il n'y eut pas de civilisation construite sur l'athéisme et le matérialisme qui , l'un et l'autre, sont des signes, voire des symptômes, de la décomposition d'une civilisation - je le sais au premier chef puisque je suis athée et matérialiste… On ne lie pas les hommes sans le secours du sacré.

J'en profite pour m'opposer à cette scie musicale chantée par un certain nombre de philosophes pour lesquels la religion serait ce qui relierait les hommes entre eux - sur le principe du religare, relier… C'est une vision étroite de… matérialiste, voire… d'athée!

Car, si la religion relie bien, elle ne relie pas les hommes entre eux, sur le terrain de l'immanence, mais avec le sacré, sur le terrain de la transcendance. Elle n'est pas un lien des hommes entre eux, mais des hommes avec ce qui les dépasse. Or nous sommes dans une civilisation qui a congédié toute transcendance.

Vous publiez également, Thoreau le sauvage, un livre sur Henry-David Thoreau. Qui était ce «penseur de

champs»?

C'est un homme qui montre qu'il existe une philosophie américaine loin de la philosophie européenne - et qui, ostensiblement, lui tourne le dos… L'Europe philosophique aime les Idées éthérées et les Concepts purs, elle chérit plus que tout le beau raisonnement même s'il est faux, elle aime les cathédrales utopiques même si elles sont inhabitables.

Thoreau se moque des concepts et des idées, des beaux raisonnements et des cathédrales utopiques: il veut que la philosophie soit l'art de parvenir à une sagesse qui est connaissance de la nature et invitation à y trouver sa place.

Thoreau est un marcheur, un herboriste, un géologue, un nageur, un chasseur, un pécheur, un jardinier qui mène une vie philosophique. Il n'imagine pas une seule seconde une idée découplée de ce qu'elle doit produire: une action concrète, un comportement, une pratique. C'est un penseur existentiel comme je les aime…

Sa philosophie ne peut-elle être une alternative au nihilisme que vous décrivez?

C'est une solution, oui. Pas forcément la seule.

Il faudrait ajouter que ce sympathique naturaliste invitant à se plier aux lois du cosmos pour y trouver une place qui génère la sérénité fut également le militant engagé contre l'esclavagisme et qu'on lui doit un fameux De la désobéissance civile qui, certes, a inspiré Tolstoï, Gandhi, Martin Luther King, et qui connaît un succès formidable dans l'Amérique trumpienne, mais qui a également dit qu'il fallait prendre les armes pour faire triompher les idées auxquelles on croit - comme l'abolition de l'esclavage.

C'est donc un penseur plus complexe que ce qu'en disent les habituelles cartes postales sur son compte…

Vous vous décrivez comme un tragique qui observe le bateau couler. Pourtant vous consacrez une énergie prodigieuse à transmettre à travers vos nombreuses publications, votre télé ou encore l'Université populaire de Caen. Cela ne témoigne-t-il pas finalement d'une certaine foi en l'avenir malgré tout?

Certes, nous allons mourir, notre civilisation aussi, mais, en attendant, « vivons droit » comme disait Marc-Aurèle.Il n'y a aucune raison pour s'avachir !

Vous avez raison de pointer cette apparente contradiction!

Mais, de la même manière qu'une civilisation obéit à son tropisme, j'obéis au mien qui me conduit à faire ce que je ne peux pas ne pas faire: autrement dit: rendre ce que j'ai restitué quand mon vieux maître Lucien Jerphagnon me faisait découvrir à dix-sept ans que la philosophie antique, Lucrèce en particulier, peut sauver celui qui cherche un sens à sa vie sans avoir besoin du sacré, de la transcendance, du divin ou de Dieu.

Nietzsche fait du terme médical d'idiosyncrasie une idée philosophique majeure: elle lui permet de dire que chacun obéit à un tempérament contre lequel il ne peut pas lutter et que la grande liberté c'est d'accepter, voire de vouloir et d'aimer, ce qu'on ne peut éviter. Nietzsche propose une version moderne du stoïcisme - j'y souscris.

Certes, nous allons mourir, notre civilisation aussi, mais, en attendant, «vivons droit» comme disait Marc-Aurèle… Donc vous ne trouverez pas chez moi une foi en l'avenir mais un pari dans le présent: il n'y a aucune raison pour s'avachir!

Comme Houellebecq êtes-vous «un éducateur»?

Je fais ma part…

21/06/2017

Alors?

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25/05/2017

Klèrôtèrion


Le tirage au sort démocratique par CNRS

12/05/2017

Alep réunifiée mais exsangue...

Pour assurer le suivi de la situation d'Alep qui fut dans le faisceau des phares un temps puis abandonnée des projecteurs.

Un article du Télégramme

À l'issue de sa réunification le 22 décembre 2016, la ville d'Alep, qui,...

Bastions de l'opposition au régime de Bachar al-Assad, dès 2012, les quartiers est de la ville d'Alep sont revenus dans le giron du régime syrien, le 22 décembre 2016. Mais les stigmates de la guerre civile sont partout présents. L'ancienne capitale économique du pays mettra du temps avant de se relever.

Une ville défigurée

Depuis le 22 décembre dernier, Alep est réunifiée. Les groupes armés qui tenaient la partie orientale ont été exfiltrés, sous la supervision des Russes. La ville, qui, avant-guerre, représentait 40 % de l'économie syrienne, s'est réveillée défigurée après cinq ans de combats. Le centre historique, bâti autour des souks, de la citadelle et de la mosquée des Omeyades, a beaucoup souffert. « C'est comme si un tremblement de terre s'était abattu sur notre patrimoine », constate, désabusée, Hélène Kilo, ingénieure civile au département des antiquités.

Le bilan est terrible : 30 % du centre historique sont rasés ou quasiment détruits, 30 % sont endommagés et 40 % sont à peu près sortis intacts des combats.

Dans les rues, les portraits de Bachar al-Assad sont partout. Le raïs syrien apparaît en costume cravate, en treillis militaire ou en compagnie de Vladimir Poutine. Des slogans de propagande proclament que « Bachar, c'est la forteresse de la résistance ! »

 

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02:42 Publié dans Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alep |  Facebook

09/04/2017

Le génie technologique des Song.

La dynastie des Song (960–1279) a amené les avancées techniques les plus significatives de l'histoire de la Chine...

Ces avancées ont été pour la plupart le résultat d'une volonté politique amenant la formation de talentueux fonctionnaires recrutés par des examens impériaux.

Polymathie et génie mécanique

(La polymathie est la connaissance approfondie d'un grand nombre de sujets différents, en particulier dans le domaine des arts et des sciences)

Le début de l'âge d'or de la science et de la technique sous la période Song est illustré par la rivalité de deux hommes:

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Su Song (1020-1101) s'était spécialisé dans l’astronomie, la cartographie, l’horlogerie, la pharmacologie, la minéralogie, la zoologie, la botanique. Il était aussi ingénieur civil et mécanique, architecte, poète, antiquaire, et ambassadeur de la dynastie Song.

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Su est surtout connu pour sa tour horloge astronomique, couronnée d'une sphère armillaire actionnée mécaniquement, qui fut érigée dans la capitale Kaifeng en 1088. Le mécanisme d'échappement utilisé pour actionner l'horloge de Su ne sera utilisé en Europe que deux siècles plus tard. La tour horloge de Su utilise aussi la première transmission par chaîne connue dans le monde, comme son traité d'horlogerie l'indique en 1092.

Toutefois Su Song a aussi écrit un fameux traité pharmaceutique en 1070, le Bencao Tujing, qui aborde la botanique, la zoologie, la métallurgie et la minéralogie. Cet ouvrage inclut des applications médicinales, dont l'usage d'éphédrine comme médicament. Il est également l'auteur d'un important atlas céleste composé de cinq cartes du ciel et d'un vaste écrit illustré sur la cartographie qui a aidé à résoudre les tensions frontalières entre les Song et leurs voisins Khitans de la dynastie Liao.

 

 

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Shen Kuo (1031-1095) Homme d'esprit universel, il fut notamment géologue, astronome, mathématicien, cartographe, inventeur, météorologue, agronome, ethnographe, zoologiste, botaniste, ingénieur en hydraulique, pharmacologue, encyclopédiste, poète, musicien, diplomate, général, chancelier académique, ministre des finances et inspecteur des services de l'État.Il fut également responsable du Bureau de l'Astronomie à la cour des Song, ainsi qu'adjoint du ministre de l'Hospitalité impériale.

Shen est connu pour sa découverte du vrai nord et de la déclinaison magnétique du pôle Nord en calculant des mesures plus précises des méridiens. Il corrige également le calcul de la position de l'étoile Polaire qui s'est déplacée au cours des siècles. Cela permet aux marins de naviguer sur les mers de façon plus efficace grâce à la boussole, également conçue par Shen. Ce dernier est également réputé pour sa description des découvertes de Bi Sheng, l'inventeur des caractères d'imprimerie mobiles. Shen s'intéresse aussi à la géologie, en formulant la théorie de géomorphologie et des changements climatiques à travers le temps, après avoir observé d'étranges phénomènes naturels. En utilisant les connaissances de l'époque sur les éclipses solaires et lunaires, il prétend que le Soleil et la Lune sont sphériques et non plats, tout en développant le raisonnement des précédents astronomes chinois. Avec son collègue Wei Pu du bureau d'Astronomie, Shen utilise des hypothèses cosmologiques en décrivant les variations des mouvements des planètes. Une des principales réussites de Shen, avec l'aide de Wei Pu, est la correction du calcul de l'orbite de la Lune, en observant son parcours trois fois par nuit pendant cinq ans. Malheureusement, Shen a de nombreux ennemis politiques à la cour qui sont déterminés à saborder son travail. La cour accepte complètement ses nouveaux calculs sur les orbites lunaire et solaire, mais n'adopte que partiellement sa théorie sur les mouvements des planètes.

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Une des cinq cartes du ciel publiées dans le livre sur l'horlogerie et l'astronomie de Su Song en 1092, mettant en avant la position correcte de l'étoile Polaire, découverte par Shen Kuo.

Les intellectuels comme Shen Kuo touchent à divers sujets comme les mathématiques, la géographie, la géologie, l'économie, le génie civil, la médecine, la critique d'art, l'archéologie, la stratégie militaire et la diplomatie entre autres. Au cours d'une courte mission d'inspection des frontières, Shen Kuo dessine une carte en relief en bois et colle, afin de montrer les montagnes, routes, rivières et passages aux autres fonctionnaires. Il reproduit chaque situation possible sur un plateau de jeu, et la possibilité d'une campagne plus longue pour tester les limites en approvisionnement de ses hommes.

Shen Kuo est aussi connu pour l'amélioration de la conception de clepsydres, de sphères armillaires, du gnomon et de lunettes astronomiques. Ceci lui a permis d'améliorer ses observations de l'étoile Polaire et d'autres corps célestes. Il a également mené des expériences sur les chambres noires quelques dizaines d'années après la première expérimentation de Alhazen (965–1039)

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Boussole chinoise

L'enthousiasme de ces deux hommes à engager des fonctionnaires hautement qualifiés dans les différentes sciences a eu un bénéfice à la fois sur l'administration, l'organisation militaire, l'économie et le peuple.

 

Odomètre et chariot pointant le sud

Il existe de nombreuses personnalités importantes de l'époque Song, autres que Shen Kuo et Su Song, qui ont grandement contribué aux innovations technologiques de cette période. Bien que le système mécanique de mesure des distances par un chariot appelé odomètre est connu en Chine depuis la dynastie Han, le Song Shi, compilé en 1345, fournit une description plus détaillée que les anciennes sources chinoises. Le Song Shi indique que :

« L'odomètre. [Le chariot de mesure des distances] est peint en rouge, avec des images de fleurs et d'oiseaux sur les quatre côtés et est construit en deux étages, joliment ornés de sculptures. À chaque li parcouru, la figure en bois d'un homme de l'étape inférieur frappe un tambour. Tous les 10 li, la figure de l'étage supérieur frappe une cloche. Les extrémités du chariot sont des têtes de phœnix et le tout est tiré par quatre chevaux. Son escorte était autrefois composée de 18 hommes, mais depuis la quatrième année de la période de règne Yongxi (987) l'empereur Taizong l'a augmenté à 10. La cinquième année de la période de règne Tian-Sheng (1027), le Chambellan en chef Lu Daolong a présenté des spécifications pour la construction d'odomètres comme suit : (...) »

Ce qui suit est une longue dissertation écrite par le Chambellan en chef Lu Daolong sur la taille des roues et des engins. Toutefois, le paragraphe de conclusion donne une description finale sur l'usage ultime de ce matériel :

« Lorsque la roue horizontale centrale a effectué une révolution, le chariot aura parcouru un li et la figure en bois de l'étage inférieur frappera le tambour. Lorsque la roue horizontale supérieure a fait une révolution, le chariot aura parcouru dix li et la figure de l'étage supérieur frappera la cloche. Les rouages utilisés, grands et petits, mesurent 200 mm au total, avec un total de 285 dents. Ainsi, le mouvement est transmis par des chaînes, les « dents de chien », mutuellement les unes avec les autres, de sorte que par chaque révolution tout revient à son point de départ. »

De plus, le système d'odomètre de la période Song est couplé avec un système de chariot pointant le sud, qui est inventé la première fois par le mécanicien Ma Jun (200-265). Ce chariot est un véhicule à roues qui contient des rouages différentiels, utilisés de nos jours dans les automobiles modernes pour appliquer un même couple à des roues tournant à des vitesses différentes. Le rouage différentiel est utilisé ici pour maintenir une figurine pointant une direction dans une position fixe vers le sud. Ce système utilise donc des mécanismes complexes plutôt qu'une boussole magnétique. Yan Su (燕肃; c. 961–1040), le directeur divisionnaire du ministère du Travail, recrée un chariot pointant le sud en 1027. Les spécificités employées dans sa conception sont conservées dans le Song Shi. Yan est un polymathe comme Shen Kuo et Su Song, qui a contribué à l'amélioration de conception de clepsydres, écrit des fonctions harmoniques, des théories sur les marées, etc.. Le Song Shi établit que l'ingénieur Wu Deren combine le chariot pointant le sud et l'odomètre en 1107 :

« La première année de la période du règne Da-Guan (1107), le chambellan Wu Deren a présenté les spécifications d'un chariot pointant le sud et d'un odomètre. Les deux véhicules ont été fabriqués, et le premier utilisé pour la première fois cette année lors de la grande cérémonie du sacrifice ancestral. »

Le texte décrit ensuite en détail la conception du mécanisme interne des deux systèmes combinés en un seul.

Monuments pivotants

 
Monument pivotant dans le Yingzao Fashi.

En plus des clepsydres, sphères armillaires hydrauliques, odomètres et chariots pointant le sud, il existe d'autres systèmes mécaniques impressionnants qui ont été développés durant la dynastie Song. Bien que les références littéraires sur les bâtiments pivotants mécaniques dans les temples bouddhistes remontent à 823 durant la dynastie Tang, leur usage se répand durant la période Song. De plus, le plus ancien bâtiment pivotant encore existant de nos jours date de la dynastie Song. Il a été découvert dans le monastère de Longxing à Zhengding, dans la province du Hebei. En outre, les neuf bâtiments pivotants les plus connus datent de cette époque et l'un d'eux est décrit dans le Yingzao Fashi (« Traité sur les méthodes d'architecture ») de Li Jie, écrit en 1103. Le temple Kaifu près de Changsha abrite un bâtiment pivotant qui est actionné par cinq rouages. Celui du temple Nanchan à Suzhou possède un système de frein. Les sinologues n'ont pas réussi à percer tous les mystères de son fonctionnement puisque de tels systèmes sont apparus pour la première fois en Europe sous Léonard de Vinci. Plus tard, le voyageur musulman Shah Rukh (fils du seigneur de guerre turco-mongol Timur) visite la Chine de la dynastie Ming en 1420 et décrit un bâtiment pivotant dans la ville de Ganzhou, province du Gansu. Il le nomme « kiosque » :

« Dans un autre temple, il y a un kiosque octogonal, qui possède quinze étages. Chaque étage contient des appartements décorés de laque, avec des vestibules et des vérandas... Il est entièrement fabriqué de bois poli et doré de telle façon qu'il semble être fait d'or brut. Il y a une cave en dessous. Un manche en acier fixé au centre du kiosque le traverse de haut en bas et la base de l'édifice est un plateau d'acier, tandis que l'extrémité supérieure sert de support au toit du pavillon. Ainsi, une personne dans la cave peut grâce à un effort futile faire pivoter ce grand kiosque. Tous les charpentiers, forgerons et peintres du monde apprendraient quelque chose pour leur métier en venant ici ! »

Machine à tisser

 
Détail de La Roue à tisser, par Wang Juzheng, période des Song du Nord (960–1127).
 
Pêcheur sur un lac hivernal, peint en 1195 par Ma Yuan, la plus ancienne représentation connue d'un moulinet.

Dans le domaine de la manufacture textile, Joseph Needham (1900-1995) prétend que les Chinois ont inventé la roue à tisser au XIIe siècle, et écrit que le mécanisme de commande par courroie est connu depuis le XIe siècle. Le livre de Qin Guan, Can Shu (« Livre de sériciculture »), datant de 1090, décrit une machine à enrouler la soie par oscillation. La soie est liée et enroulée à la bobine principale grâce à un mouvement de pédale. Dans ce système, le bras principal est actionné par un entraînement par courroie. Cette machine est illustrée dans le livre Geng Zhi Tu en 1237. Une illustration plus élaborée est également fournie dans un livre datant du XVIIe siècle. Le livre de Qin Guan en 1090 décrit :

« La poulie (en gardant la patte excentrée) est pourvue d'une rainure pour la réception de la courroie, une bande sans fin qui répond au mouvement de la machine qui met en rotation continue la poulie. »

Toutefois, Robert Temple écrit en 1986 que le mécanisme de courroie est mentionné pour la première fois par Yang Xiong (53-18 av.JC) dans son « Dictionnaire des expressions locales » en l'an -15. Il écrit : « Elle a été développée pour des machines en rapport avec la fabrication de soie (...) qui embobinent les fibres de soie pour les voyages du tisserand ». Temple affirme qu'une machine avec entraînement à courroie et une petite poulie est décrite dans un livre écrit entre 230 et 232. Une corde sans fin a peut-être été utilisée dans les mécanismes à roues à aubes de Du Shi qui actionnent les soufflets des hauts fourneaux au Ier siècle.

Caractères d'imprimerie mobiles

Article principal : Caractère (typographie).

La technique d'imprimerie par caractères mobiles est inventée par Bi Sheng (毕升; 990–1051) au XIe siècle. Son travail est décrit par Shen Kuo dans son livre Mengxi Bitan. Les caractères mobiles, avec les caractères en bois, contribuent directement à la production de masse d'ouvrages imprimés. De ce fait, les parents peuvent inciter plus facilement leurs fils à apprendre à lire et à écrire afin d'être capables de se présenter aux examens impériaux et de faire partie de la bureaucratie éduquée. Les caractères mobiles sont améliorés sous la dynastie Joseon en Corée, où les caractères en terre cuite de Bi Sheng sont remplacés par des caractères en métal dès 1234. Les caractères de Bi Sheng sont également améliorés par Wang Zhen (1290-1333) qui invente les caractères mobiles en bois en 1298, puis par Hua Sui (1439-1512) qui les fabrique en bronze en 1490. Bien que les caractères mobiles et en bois constituent les techniques principales d'imprimerie pendant des siècles, la presse typographique européenne sera finalement adoptée par les pays d'Asie du Sud-Est.

 
Le Bencao sur la médecine traditionnelle chinoise, imprimé par des caractères en bois en 1249.

La production en masse de papier destiné à l'écriture est déjà bien établie en Chine. Le processus de fabrication du papier est perfectionné et standardisé durant la dynastie Tang, par l'eunuque Cai Lun (50-121), en 105. Le papier est d'ailleurs largement répandu pour l'écriture dès le IIIe siècle. Par ailleurs, le papier a bien d'autres usages à cette époque. La dynastie Song est le premier gouvernement au monde à émettre des billets de banque en papier. Le papier toilette est utilisé en Chine depuis le VIe siècle, ainsi que des sacs en papier pour préserver les arômes des thés dès le VIIe siècle. Le papier est aussi utilisé par les fonctionnaires qui ont rendu de grands services et qui sont récompensés par la cour via des cadeaux imprimés sur papier. Sous la dynastie Song, toute l'industrie, publique comme privée, se développe pour répondre aux besoins d'une population croissante qui a dépassé les 100 millions d'individus. Par exemple, pour assurer l'impression des billets de banque en papier, la cour a créé plusieurs forges de monnaie et des usines dans les villes de Huizong, Chengdu, Hangzhou et Anqi. La force de travail dans ce domaine est relativement importante, puisqu'en 1175, il est rapporté que l'usine de Hangzhou à elle seule emploie plus de mille ouvriers chaque jour.

Poudre à canon

Article détaillé : Poudre à canon.
 
Plus ancienne représentation connue d'une arme à feu (un lance-flammes) et d'une grenade (en haut à droite), sur les murs de grottes à Dunhuang, 950.

Les avancées techniques ont facilité la défense de la dynastie Song face à ces ennemis venus du nord. Le lance-flammes trouve ses origines dans la Grèce byzantine, qui utilisait le feu grégeois(un liquide pétrochimique complexe et hautement inflammable) dans un système avec siphon durant le VIIe siècle. La plus ancienne référence au feu grégeois en Chine remonte à 917, par Wu Renchen dans le Shiguo Chunqiu. En 919, une pompe à projection fonctionnant avec un siphon est utilisée pour répandre « l'huile féroce du feu » qui ne peut pas être éteinte par de l'eau, comme le rapporte Lin Yu dans son Wuyue Beishi. Ceci constitue par conséquent la première référence crédible chinoise d'usage de lance-flamme employant une solution chimique de feu grégeois. Lin Yu mentionne également que « l'huile féroce du feu » est finalement dérivé d'un des contacts maritimes de la Chine dans les mers du Sud, en Arabie. Au cours de la bataille de Langshan Jiang (Rivière de la Montagne de Loup) en 932, la flotte navale du roi Wenmu du royaume de Wuyue défait une armée du Hainan de l'état de Wu. Le succès de Wenmu est facilité par l'usage d'« huile de feu » (huo you) pour brûler la flotte adverse, ce qui constitue le premier usage chinois de poudre à canon dans une bataille. Les Chinois utilisent des soufflets à doubles pistons pour pomper le pétrole jusque dans un cylindre (avec un mouvement de va-et-vient), avec à son extrémité une allumette à consommation lente qui enflamme un flot continu de feu. Ce système est décrit et illustré dans le manuscrit militaire Wujing Zongyao datant de 1044. Au cours de la chute de l’État des Tang du Sud en 976, les nouvelles forces navales des Song les ont affrontés sur le fleuve Yangzi Jiang en 975. Les forces Tang tentent d'utiliser des lance-flammes contre les navires Song, mais se retrouvent accidentellement consumés par leur propre feu lorsque de violents vents soufflent dans leur direction.

 
Un lance-flammes chinois, tiré du manuscrit Wujing Zongyao datant de 1044.

Bien que les effets dévastateurs de la poudre à canon sont décrits au cours de la dynastie Tang par un alchimiste taoïste, les premières formules écrites connues de poudre à canon remontent à 1044 dans le Wujing Zongyao, qui décrit des bombes explosives lancées par des catapultes. Les premiers développements de tonneaux de fusils et de canons datent de la Chine des Song. La première représentation dans les arts chinois du lance-flammes (une combinaison entre un lance-flammes et un fusil) se trouve sur une peinture murale bouddhiste de Dunhuang, datée d'environ 950. Ces lance-flammes sont très répandus au début du XIIe siècle, composés de tubes en bambou projetant des particules de sable, des granulés, des tessons pointus en métal et poterie ou des flèches. Par la suite, le bambou périssable est remplacé par des tubes en acier. à partir de là, le nom de cette nouvelle arme change de « lance de feu » (huo qiang) à « tube de feu » ((huo tong). Cet ancêtre du fusil est complété par l'ancêtre du canon, que les Chinois référencent depuis le XIIIe siècle comme « cracheur multiple de balles » (bai zu lian zhu pao). Il est constitué d'un tube de bronze ou d'acier qui est rempli d'une centaine de balles de plomb.

La première représentation connue d'un fusil est une sculpture située dans une grotte du Sichuan, datant de 1128, qui met en scène un personnage qui tient une bombarde, une mèche d'allumage et un boulet de canon. Toutefois, le plus ancien pistolet jamais découvert provient de fouilles menées dans la province du Heilongjiang et daté de l'an 1288. Les Chinois ont également découvert le potentiel explosif des boulets de canons creusés et remplis de poudre à canon. Plus tard, Jiao Yu écrit un manuscrit, le Huolongjing, au milieu du XIVe siècle, dans lequel il décrit le canon en acier de la précédente dynastie Song, connu sous le nom de « coup de tonnerre qui vole dans les nuages » (fei yun pi-li pao). Le manuscrit indique que :

« Les obus sont faits de fonte, aussi grands qu'un bol et qui ont la forme d'une balle. À l'intérieur, on trouve une demi-livre de poudre à canon « magique ». On les envoie voler jusque dans le camp ennemi pour exploser ; et lorsqu'ils arrivent un son comparable au tonnerre est entendu, et des flashs de lumière sont observés. Si dix de ces obus sont tirés avec succès dans le camp ennemi, l'endroit en entier sera enflammé... »

 
Illustration de la dynastie Ming montrant un trébuchet, comme décrit dans le Wujing Zongyao datant de 1044.

Comme noté précédemment, le changement de terminologie de ces nouvelles armes durant la période Song est progressif. Les canons du début de la dynastie Song sont d'abord appelés de la même manière que les trébuchets chinois. Un fonctionnaire de la dynastie Ming, Mao Yuanyi explique cet usage de terminologie et les vraies origines du canon dans son ouvrage Wubei Zhi, écrit en 1621 :

« Les gens de la dynastie Song utilisaient le trébuchet tournant, le trébuchet unipolaire et le trébuchet du tigre accroupi. Ils sont tous appelés « trébuchets de feu » car ils sont utilisés pour projeter des armes de feu comme des boules de feu et des piques de feu. Ils étaient des ancêtres du canon. »

Le Huolongjing datant du XIVe siècle est également un des premiers textes chinois à décrire consciencieusement l'usage de mines explosives, qui ont été utilisées à la fin de la dynastie Song contre les Mongols en 1277, avant d'être réutilisées plus tard par la dynastie Yuan. L'apparition des mines explosives est créditée à Luo Qianxia lors de la campagne de défense contre les envahisseurs mongols menés par Kublai Khan. Des textes chinois postérieurs révèlent que les mines chinoises sont actionnées en déchirant une corde ou par le mouvement de pièges, qui libère un poids en silex dont l'extrémité provoque des étincelles qui enflamment les explosifs des mines. Par ailleurs, la dynastie Song utilise sur les champs de bataille les premières fusées propulsées par poudre à canon au début du XIIIe siècle, sous sa forme archaïque de « flèches de feu ». Au cours de la chute en 1126 de la capitale des Song du Nord, Kaifeng, Xia Shaozeng écrit que 20 000 flèches de feu sont récoltées par les Jurchens après leur conquête. Un texte plus ancien, le Wujing Zongyao (« Collection des techniques militaires les plus importantes »), écrit en 1044 par les fonctionnaires Song Zeng Kongliang et Yang Weide, décrit l'usage de balistes qui tirent des courtes flèches enflammées et qui contiennent des paquets de poudre à canon à proximité de leur tête. Plus récemment, le Wu Li Xiao Shi, écrit en 1630 (seconde édition en 1664) par Fan Yizhi, affirme que les flèches enflammées sont présentées à l'empereur Song Taizu (r. 960-976) dès 960.

Génie civil

 
Écluse moderne en France.

Dans la Chine ancienne, le sluice, les écluses et les pertuis sont connus depuis au moins le Ier siècle av. J.-C.. Les écluses à sas sont cependant inventées durant la dynastie Song, en 984 par le commissaire assistant des transports du Hainan, l'ingénieur Qiao Weiyo. À cette époque, les Chinois rencontrent des problèmes de trafic des péniches dans le secteur de Shanyang Yundao sur le grand canal. En effet, les navires s'échouent souvent en passant les doubles cales sèches et des bandits locaux les prennent souvent pour cible. Le texte historique Song Shi, compilé en 1345, indique :

« Qiao Weiyo a également construit cinq cales sèches entre Anbei et Huaishi. Chacune d'elles possède dix voies pour permettre aux navires de monter et descendre. Les cargaisons impériales d'impôts en grain étaient lourdes et ont souvent été endommagées ou détruites, avec la perte du grain et un détournement de biens par une cabale de travailleurs en accords avec des bandits locaux. Qiao Weiyo a donc pour la première fois ordonné la construction de deux portes sur le troisième barrage le long de la rivière occidentale (près de Huaiyin). La distance entre les deux portes était de plus de 50 pas et tout l'espace était recouvert d'un grand toit servant d'abri. Les portes sont des « portes tombantes » ; (quand elles sont closes) l'eau s'accumulait jusqu'à ce que le niveau requis soit atteint. Il a également construit un pont horizontal pour protéger leurs fondations. Après cela, le précédent problème fut complètement éradiqué et le passage des bateaux fut assuré sans dérangement majeur. »

 
Diagramme d'une écluse à sas inventée au Xe siècle et décrite par Shen Kuo.

Cette pratique se répand largement et est décrite par le polymathe Shen Kuo dans son Mengxi Bitan en 1088. Il y détaille la construction d'une écluse à Zhenzhou (probablement Kuozhou le long du Yangzi Jiang) qui emploie chaque année 500 personnes et a permis d'économiser plus de 1 250 000 ligatures par an. Selon les anciennes méthodes de transport naval, la cargaison des navires était limitée à 21 tonnes var vaisseau. Avec l'introduction des écluses à sas, cette capacité est élevée à 28 tonnes par navire. Shen écrit qu'à cette époque (1080) les bateaux gouvernementaux peuvent transporter jusqu'à 49,5 tonnes, alors que les bateaux privés ont une capacité de 113 tonnes. Il note également que l'utilisation de sluices dans les canaux d'irrigation est la meilleure innovation faite dans le domaine de la fertilisation des sols avec des limons. Toutefois, les besoins agricoles et logistiques entrent en conflit, comme le montre le Dongpo Zhilin de 1060, écrit par Su Shi (1037-1101) :

« Il y a plusieurs années, le gouvernement a construit des sluices pour fertiliser les sols avec du limon, alors que beaucoup de personnes étaient en désaccord avec ce plan. En dépit de toutes les oppositions, il a été mené à bien et a connu un petit succès. Lorsque les flots du Fan Shan sont abondants, les portes restent fermées et cela cause des dommages (en inondant) les champs, tombeaux et maisons. Lorsque le débit diminue à la fin de l'automne, les sluices sont ouverts et les champs sont alors irrigués avec de l'eau chargée de limon, mais le dépôt n'est pas assez épais pour les paysans. Finalement, le gouvernement se fatigue et arrête le projet. À ce propos, je me souviens avoir lu le Jiayipan [du poète] Bai Juyi dans lequel il dit avoir obtenu un poste de Commissaire du trafic. Comme la rivière Bian était trop peu profonde pour permettre le passage des bateaux, il suggéra que les sluices le long de la rivière et du canal devraient rester fermés. Mais le Gouverneur militaire pointa le fait que la rivière était bordée de chaque côté par des champs produisant du grain pour ses troupes et que si l'irrigation était interdite, la fermeture des sluices diminuerait la production de grain. De cela, j'ai appris que durant la dynastie Tang, il y avait des champs gouvernementaux et des sluices bordant la rivière des deux côtés et que l'irrigation continuait en permanence, même lorsque le niveau d'eau était élevé. Si cela a pu être fait avec succès dans les temps anciens, pourquoi cela ne peut-il pas être fait maintenant ? Je devrais enquêter un peu plus sur ce sujet auprès des experts. »

Même si le concept de cale sèche est connu depuis l’Égypte du IIIe siècle av. J.-C. (par les Phéniciens, mais inutilisé jusqu'en 1495 par Henry VII d'Angleterre), le scientifique et homme d’État Shen Kuo écrit qu'il est utilisé pour réparer les bateaux au cours du XIe siècle :

« Au début de la dynastie (965), les deux provinces Zhe (actuellement province du Zhejiang et sud du Jiangsu) ont présenté (au trône) deux bateaux dragons de plus de 60 m chacun. Les aménagements principaux incluent plusieurs ponts avec des cabines luxueuses et des salons, contenant des trônes et des canapés tout prêts pour les voyages impériaux. Après plusieurs années, leurs coques ont pourri et ont eu besoin de réparations, mais le travail était impossible tant qu'ils étaient à flot. Donc, durant la période de règne Xi-Ning (1068 à 1077), un fonctionnaire du palais, Huang Huaixin, a suggéré une solution. Un important bassin fut creusé à l'extrémité nord du lac Jinming, capable de recueillir les bateaux dragons, et des poutres ont été installées en diagonale dans leur fond, maintenus par une fondation de piliers. Ensuite (une brèche a été faite) pour remplir rapidement le bassin d'eau, après quoi les bateaux ont été remorqués au-dessus des poutres. (La brèche désormais fermée), l'eau a été pompée par des roues et ainsi les bateaux sont restés en l'air. Une fois les réparations terminées, l'eau est à nouveau rentrée, afin de remettre à flot les bateaux une nouvelle fois. Finalement, les poutres et piliers ont été démontés et le bassin recouvert d'un toit, afin de le transformer en hangar dans lequel les navires peuvent se protéger des éléments naturels et éviter les dommages causés par une exposition excessive. »

Génie naval

Contexte

 
Détails de navires fluviaux mis à quai à Kaifeng, extrait de « Le Jour de Qingming au bord de la rivière » par Zhang Zeduan (1085–1145).

Les Chinois de la dynastie Song sont des marins habiles qui voyagent vers des escales lointaines jusqu'en Égypte. Ils sont bien équipés pour leurs voyages à l'étranger, dans des grands navires de mer conduits par des gouvernails de poupe et guidés par des boussoles magnétiques. Bien avant que Shen Kuo et Zhu Yu ne décrivent la boussole à aiguille magnétique, le traité militaire Wujing Zongyao écrit en 1044 décrit une boussole à thermorémanence. Celle-ci est une simple aiguille en acier ou en fer qui est chauffée et refroidie avant d'être placée dans un bol d'eau, produisant ainsi un effet d'aimantation faible. Toutefois son usage se cantonne à la navigation terrestre et non maritime.

Littérature

 
Autre détail de la fresque « Le Jour de Qingming au bord de la rivière ».

Il existe dans la littérature chinoise de nombreuses descriptions des activités portuaires, du commerce maritime, du commerce extérieur et des navires de commerces eux-mêmes. En 1117, l'auteur Zhu Yu écrit non seulement sur la boussole magnétique, mais également sur une ligne de cent pieds avec un crochet sur le pont du navire, utilisée pour collecter des échantillons de vase au fond de la mer afin que l'équipage puisse en déduire la position du navire en fonction de l'odeur et de l'apparence de la vase. De plus, Zhu Yu décrit des compartiments à cloisons étanches dans la coque des navires afin de se prémunir d'un échouage en cas de dommage de la coque la voile aurique, les voiles tendues sur un mat et la méthode pour battre le vent. Confirmant les écrits de Zhu Yu sur les bateaux à coques compartimentées, un navire datant de 1277 de près de 24 m de long et 9 m de large est découvert en 1973 sous l'eau près de la côte méridionale de la Chine. Cette épave compte 12 compartiments dans sa coque. La culture maritime durant la période de la dynastie Song est accrue par ces nouvelles technologies, qui permettent un plus grand trafic sur les rivières et canaux. Celui-ci est animé par les navires gouvernementaux transportant les impôts en grain, les navires et barges de tributs, les navires marchands privés, une multitude de pêcheurs dans de petits bateaux de pêche et les confortables et luxurieux yachts privés des plus riches.

En plus de Zhu yu, il existe d'autres auteurs chinois importants sur la marine. En 1178, l'officier des douanes de Guangzhou, Zhou Qufei, qui a écrit sur le commerce d'esclaves africains par les Arabes jusqu'à Madagascar, décrit la taille, la solidité en mer et la vie à bord des navires de mer chinois :

 
Peinture sur soie de la dynastie Song représentant deux jonques accompagnées par un plus petit bateau. Le bateau en arrière plan est équipé d'un grand gouvernail monté sur sa poupe.
 
Jonque de la dynastie Song, XIIIe siècle. Les navires chinois de cette période sont équipés de coque à compartiments de cloisons étanches.

« Les bateaux qui naviguent sur la mer du sud et au sud de celle-ci sont comme des maisons. Lorsque les voiles sont déployées elles ressemblent à de grands nuages dans le ciel. Leurs gouvernails mesurent plusieurs dizaines de pieds de long. Un simple navire transporte plusieurs centaines d'hommes et peut contenir une année de réserves de grains. Des cochons sont nourris et du vin est produit à bord. Il n'existe aucune raison de revenir sur la terre ferme une fois que les personnes sont lancées en mer. Au petit matin, lorsque le gong résonne sur le bateau, les animaux peuvent boire à satiété et le personnel et les passagers oublient tous les dangers. (...) Le capitaine peut dire « Pour aller vers tel ou tel pays, avec un vent favorable, en autant de jours, nous devrions voir telle ou telle montagne, (alors) le navire doit s'orienter dans telle ou telle direction ». Mais soudainement le vent peut tomber et ne pas être suffisamment fort pour arriver à destination à temps. Dans ce cas, le cap doit être modifié. D'un autre côté, le bateau peut aller au delà des repères prévus et ainsi se perdre. Une tempête peut surgir, le navire peut être soufflé çà et là, il peut rencontrer des hauts-fonds ou s'écraser sur des rochers cachés(...). Un grand navire avec la cargaison lourde n'a rien à craindre de la haute mer, mais plutôt des eaux peu profondes. »

Le voyageur berbère Ibn Battûta (1304–1377) décrit avec plus de détails la marine chinoise que Zhou Qufei. Il note que dans et près des mers de Chine, seules les jonques chinoises sont utilisées pour naviguer sur les eaux. Il remarque que les plus grands bateaux chinois s'enorgueillissent de douze mâts, alors que les plus petits en compte trois. Sur les navires chinois et leurs équipages, Ibn Battûta écrit :

« Les voiles de ces vaisseaux sont fabriqués de bandes de bambou, tissées pour former un matage. Les marins ne les descendent jamais (mais) changent simplement leur direction en fonction de la direction du vent. Lorsque les bateaux jettent l'ancre, les voiles sont encore au vent. Chacun de ces bateaux emploie 1 000 hommes, 600 marins et 400 militaires, dont des archers et des arbalétriers équipés de boucliers et des hommes qui jettent des pots de naphta. Chaque grand vaisseau est suivi par d'autres, un nisfi, un thoulthi et un roubi. Ces vaisseaux sont fabriqués nulle part ailleurs que dans la ville de Zayton (Quanzhou) en Chine ou à Sin-Kilan (Guangzhou). »

Ibn Battûta décrit ensuite les moyens mis en œuvre pour leur construction et apporte une description précise des cloisons des compartiments dans la coque des bateaux :

« Voici la manière dont ils sont construits. deux murs (parallèles) de bois très épais sont montés et dans l'espace entre les deux sont placées des planches très épaisses (les compartiments) sécurisées longitudinalement et transversalement pas de grands clous, chacun mesurant trois aunes de long. Une fois ces murs construits, le pont inférieur est intégré et le navire est lancé avant la fin des travaux supérieurs. Les pièces de bois et ces parties de la coque près de la ligne de flottaison permettent à l'équipage de se laver et d'accomplir leurs nécessités naturelles. Sur les côtés de ces pièces de bois on trouve des rames. Elles sont aussi grandes que les mâts et son activées par 10 ou 15 homme (par rame), qui rament debout. »

Bien qu'Ibn Battûta mentionne la taille des équipages marins, il décrit encore la taille des bateaux, mais aussi les luxueuses cabines des marchands à bord :

« Les vaisseaux possèdent quatre ponts, dans lesquels sont répartis les cabines et salons des marchands. Certains possèdent des placards et d'autres commodités. Ils possèdent des portes qui peuvent être verrouillées par leurs occupants. (Les marchands) emmènent avec eux leurs femmes et concubines. Il arrive souvent qu'un homme reste seul dans sa cabine, sans que les autres membres de l'équipage ne s'en rendent compte avant l'arrivée dans un port. Les marins sont aussi accompagnés de leurs enfants dans ces cabines et (dans certaines parties du navire) ils cultivent des herbes, légumes et gingembre dans des bacs en bois. Le commandant d'un tel vaisseau est un grand émir. Quand il met pied à terre, les archers et les éthiopien (c'est-à-dire les esclaves noirs) marchent devant lui, portant des javelots et des épées, battant des tambours et jouant de la trompette. Lorsqu'il entre dans la maison d'hôte dans laquelle il réside, ils installent des lances de chaque côté de la porte et y montent la garde le temps de sa visite. »

Navires à roues à aubes

 
Navire à roues à aubes, 1726.

Durant la dynastie Song une importante attention est donnée à la construction de vaisseaux automoteurs efficients, connus sous le nom d'embarcations à roues à aubes. Toutefois ces dernières sont connues en Chine depuis environ le Ve siècle, et certainement durant la dynastie Tang avec la conception de bateaux de guerre à roues à aubes par Li Gao. En 1134, le commissaire aux transports du Zhejiang, Wu Ge, construit des navires de guerres à roues à aubes équipés de neuf à trente roues. Toutefois, il existe des bateaux à roues à aubes durant la période Song tellement longs qu'ils hébergent 12 roues de chaque côté du vaisseau. En 1135, le célèbre général Yue Fei (1103-1142) tend une embuscade à des rebelles menés par Yang Yao en enchevêtrant les roues à aubes des navires en remplissant le lac par du bois flottant et des bûches pourries. Ceci leur permis donc d'aborder les navires et de remporter une victoire stratégique. En 1161, les bombes et les navires à roues à aubes sont utilisés efficacement par les Chinois Song durant la bataille de Tangdao et la bataille de Caishi contre les Jurchen de la dynastie Jin, qui ont lancé une invasion infructueuse sur le territoire des Song du Sud le long du Yangzi Jiang. En 1183, le commandant naval de Nankin, Chen Tang, est récompensé pour la construction de quatre-vingt-dix navires à roues à aubes et autre vaisseaux de guerre. En 1176, l'empereur Song Xiaozong (r. 162-1189) émet un décret impérial au fonctionnaire de Nankin, Guo Gang (qui désire transformer les embarcations à roues à aubes endommagées en jonques et galères) pour ne pas limiter le nombre de navires à roues à aubes dans les chantiers navals de la marine, car il a une grande estime de ce navire d'attaque rapide qui a permis aux Chinois de remporter la bataille de Caishi. Cependant, les navires à roues à aube ont d'autres usages que celui purement militaire. Le commissaire de la marine marchande de Quanzhou, le musulman Pu Shougeng note que les navires à roues à aubes sont également utilisés par les Chinois comme remorqueurs.

Métallurgie

 
Illustration des soufflets d'un haut fourneau actionnés par des roues à eau, extrait du Nong Shu, par Wang Zhen, 1313, dynastie Yuan.

L'art de la métallurgie durant la dynastie Song repose sur les efforts des précédentes dynasties chinoises, qui ont développé de nouvelles méthodes. Les Chinois de la dynastie Han (202 av JC - 220) savent comment créer de l'acier en fondant du carbone de fer forgé et de la fonte, dès le Ier siècle av. J.-C.. Toutefois, la dynastie Song connaît deux nouvelles innovations majeures dans la fabrication d'acier, au cours du XIe siècle. La méthode berganesque produit de l'acier inférieur, non homogène. La seconde innovation est l'ancêtre du procédé Bessemer qui utilise la décarbonisation partielle via des forges répétées sous un vent froid.

Par habitant, la production d'acier est multiplée par sept entre 806 et 1078. Ainsi, la Chine produit en 1078 127 000 000 kg d'acier lourd par an. L'historien Donald B. Wagner souligne que cette estimation est basée sur les recettes des taxes gouvernementales sur l'acier chez les différents producteurs de l'empire. Le processus de fonte utilise d'imposants soufflets actionnés par de grandes roues à eau. Un important montant de charbon est donc destiné dans le processus de production, ce qui conduit à une importante déforestation du nord de la Chine. Cependant, à la fin du XIe siècle, les Chinois découvrent la bitumeuse à coke qui peut remplacer le rôle du charbon, épargnant ainsi des acres de terrains forestiers du nord de la Chine. Cette importante augmentation de production de fer et d'acier en Chine est le résultat des besoins de l'expansion militaire, des demandes du commerce intérieur pour les produits métalliques comme les ustensiles de cuisine et une large variété des outils agricoles, et des canaux qui relient les importants centres de production avec les marchés des villes les plus animées. Les différents usages des produits manufacturés en acier sur la période Song inclut les armes en acier, les outils, les pièces de monnaie, les éléments architecturaux, les cloches de musique, les statues artistiques et les composants pour les machines telles que les marteaux à bascules hydrauliques, qui sont utilisés depuis le Ier siècle av. J.-C. et utilisés plus largement durant la dynastie Song. Selon l'historien Robert Hartwell, l'énorme production d'acier chinois au cours du XIIe siècle est équivalente à celle observée en Angleterre au début de la révolution industrielle durant le XVIIIe siècle. Toutefois, les Chinois Song n'exploitent pas l'énergie potentiel du charbon pour produire de la puissance mécanique, contrairement à la révolution industrielle qui est survenue en Occident. Dans certaines préfectures, l'industrie du fer chinoise est plus concentrée. Par exemple, le poète Su Shi recense en 1078 36 fonderies qui emploient chacune plusieurs centaines de personnes dans la préfecture industrielle de Liguo (sous sa gouvernance lorsqu'il administre Xuzhou).

Énergie éolienne

 
Moulins à vent verticaux dans la région de La Manche, en Espagne, qui diffèrent de la conception des moulins à vents horizontaux chinois.

L'effet de l'énergie éolienne est apprécié en Chine bien avant l'introduction des moulins à vent durant la période Song. Par le passé, les Chinois utilisaient des soufflets pneumatiques pour les fours et les fourneaux. Ils existent peut être depuis la dynastie Shang (-1600 à -1050), avec la technologie compliquée du moulage de bronze. Ils étaient certainement utilisés avec les hauts fourneaux en Chine à partir du VIe siècle av. J.-C., destinés à compenser l'usage répandu d'outils de fermes et d'armes dès le Ve siècle av. J.-C.. En 31, le préfet et ingénieur de la dynastie Han Du Shi utilise des roues à eau horizontales et un mécanisme complexe de rouages pour activer les importants soufflets des hauts fourneaux lors de la fusion de la fonte. Les soufflets continuent également à être utilisés en métallurgie, mais d'autres sources d'énergie éolienne sont découvertes et exploitées. L'artisan de la dynastie Han Ding Huan est le pionnier dans l'invention de la suspension cardan et du ventilateur, qui est utilisé comme système d'air conditionné. Ils comportent sept roues de 3 m de diamètre chacune et mues manuellement, mais les palais de la dynastie Tang (618-907) utilisent des ventilateurs à énergie hydraulique pour l'air conditionné. Durant la dynastie Song, Needham déclare que « les effets réfrigérants des courants d'air artificiels sont de plus en plus appréciés ». Il existe également une machine complexe de vannage par un éventail rotatif, décrite dans le Livre d'agriculture de Wang Zhen, le Nong shu (农书 / 農書) en 1313 (même si la première description d'une telle machine remonte à la dynastie Han). Après ces innovations, le moulin à vent est finalement introduit en Chine au début du XIIIe siècle au cours de la dynastie Jin au nord de la Chine.

L'érudit perse Ali Ibn Sahl Rabban al-Tabari écrit en 850 que l'ancien calife Umar ibn al-Khattab a été assassiné en 644 par le technicien Abu Lu'lu'a, qui réclamait la construction de moulins actionnés par la force éolienne. Les moulins à vent des frères Banu Musa (850 à 870) sont plus fiables que ces derniers. Les frères sont les auteurs de plusieurs moulins à Sistan (Iran). Les Chinois du nord, sous le règne des Jurchens de la dynastie Jin prennent connaissance des moulins à vent du monde islamique dès le début du XIIIe siècle. Ceci est relaté dans le Shuzhai lao xue congtan (《庶斋老学丛谈》, shù zhāi lǎo xué cóngtán, « recueil d'étude de la vieillesse par de nombreux jeunes »), écrit par Sheng Ruzi (盛如梓). On y lit :

« Dans le recueil de travaux privés de « l'Érudit placide à la retraite » (Zhan Ran Ju Shi), il y a dix poèmes de Hechong Fu. Un de ceux-ci décrit une scène de ce lieu [...] et dit que « le blé stocké est moulu par le vent impétueux et le riz est pilonné au frais par des pilons suspendus. Les Occidentaux (c'est-à-dire les Turcs) utilisent là bas des moulins à vent (feng mo) comme les gens du Sud (c'est-à-dire de la dynastie des Song du Sud) utilisent les moulins à eau (shui mo). Et lorsqu'ils pilonnent, ils tiennent les pilons verticalement ». »

Ensuite, Sheng Ruozi cite une sélection écrite de moulins à vent de « l'Érudit placide à la retraite », qui est en fait Yelü Chucai (1190–1244), un important homme politique des dynasties Jin et Yuan. Ce passage fait référence au voyage de Yelü au Turkestan (l'actuel Xinjiang) en 1219 et Hechong Fu est en fait Samarkand (actuel Ouzbékistan). Par la suite, les Chinois appliquent le gréement de voile d'avant en arrière des jonques traditionnelles chinoises aux moulins à vent horizontaux. Ces moulins à vent sont utilisés avec les pompes du système d'irrigation. Des moulins à vent de ce type sont encore utilisés de nos jours à Tianjin et le long du Yangzi Jiang. Le premier Européen à voir les moulins à vent chinois est Jan Nieuhoff, qui les rencontre dans le Jiansu alors qu'il voyage le long du grand Canal en 1656, pour se rendre à l'ambassade néerlandaise à Pékin. Les premières descriptions de moulins à vent en Europe remontent à 1191, par Dan Herbert. Il s'agit des moulins de l'abbaye de Bury St Edmunds, à l'est de l'Angleterre.

Après les moulins à vent, on trouve d'autres applications de l'énergie éolienne en Chine, dans d'autres dispositions et même des véhicules. Il existe un chariot à voile qui apparaît durant la dynastie Ming au XVIe siècle (même s'il a pu exister auparavant). Les voyageurs européens en Chine du début du XVIe siècle sont surpris de trouver des brouettes à passagers ou cargo non seulement tirés par des mules ou des cheveux, mais aussi surmontés par des mâts et des voiles qui les propulsent à la force du vent.

Archéologie

Article connexe : Liste des inventions chinoises.

Au début de la dynastie Song, l'étude de l'archéologie développe l'intérêt pour les antiquités de la noblesse et leur désir de raviver l'usage de la vaisselle ancienne dans les rites et cérémonies. La croyance que les vaisselles anciennes ont été fabriquées par des sages et non pas des personnes ordinaires est critiquée par Shen Kuo, qui propose une approche interdisciplinaire de l'archéologie, en incorporant ses trouvailles archéologiques dans ses études sur la métallurgie, optique, astronomie, géométrie et les mesures anciennes de musique. Son contemporain Ouyang Xiu (1007-1072) compile un catalogue analytique de frottements anciens sur des pierres et cuivre, que Patricia Ebrey estime être l'origine de l'épigraphie et archéologie. En accord avec les croyances de Leopold von Ranke (1795-1886), certains nobles, comme Zhao Mingcheng (1081-1129), soutiennent la primauté des découvertes archéologiques contemporaines sur les anciens travaux écrits après coup, qu'ils considèrent comme peu fiables au regard des anciennes preuves. Hong Mai (1123-1202) utilise l'ancienne vaisselle de la dynastie Han pour démystifier ce qu'il considère comme des descriptions fallacieuses faites dans le catalogue archéologique Bogutu, compilé durant la seconde partie du règne de l'empereur Song Huizong (1100-1125).

Géologie et climatologie

En plus de ses recherches en météorologie, astronomie et archéologie mentionnées précédemment, Shen Kuo émet aussi des hypothèses en géologie et climatologie dans son Mengxi Bitan en 1088, en particulier ses affirmations sur la géomorphologie et les changements climatiques. Shen pense le terrain est remodelé au cours du temps à cause de l'érosion perpétuelle, de soulèvements et de dépôts de limon. Il cite son observation des strates horizontales fossilisées incrustées dans la falaise de Taihang comme une preuve que le terrain est un ancien fond marin qui a été déplacé de plusieurs centaines de kilomètres à l'Est au cours du temps. Shen écrit également que des bambous pétrifiés ont été trouvés dans le sol d'une région aride du Nord où les bambous ne poussent pas d'ordinaire. Le climat évolue donc au cours du temps.

source wikipedia

02/03/2017

Calendrier révolutionnaire...

Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, fut créé pendant la Révolution française, et fut utilisé de 1792 à 1806, ainsi que brièvement durant la Commune de Paris.

Chaque jour de l'année avait un nom propre, les noms des saints du calendrier grégorien ayant été remplacés par des noms de fruits, de légumes, d'animaux, d'instruments, etc
 
NB:La correspondance des dates plus bas, est donnée à titre indicatif. En effet, elles varient légèrement d'une année à l'autre.

 

Mois du printemps

Productions nationales et instruments ruraux associés aux mois du printemps (Germinal, Floréal, Prairial) :

Germinal commence le 21 ou 22 mars.jpg
Germinal
(21 mars – 19 avril)
1 21 mars Primevère
2 22 mars Platane
3 23 mars Asperge
4 24 mars Tulipe
5 25 mars Poule
6 26 mars Bette
7 27 mars Bouleau
8 28 mars Jonquille
9 29 mars Aulne
10 30 mars Greffoir
11 31 mars Pervenche
12 1er avril Charme
13 2 avril Morille
14 3 avril Hêtre
15 4 avril Abeille
16 5 avril Laitue
17 6 avril Mélèze
18 7 avril Ciguë
19 8 avril Radis
20 9 avril Ruche
21 10 avril Gainier
22 11 avril Romaine
23 12 avril Marronnier
24 13 avril Roquette
25 14 avril Pigeon
26 15 avril Lilas (commun)
27 16 avril Anémone
28 17 avril Pensée
29 18 avril Myrtile
30 19 avril Couvoir
Floréal commence le 21 avril.jpg
Floréal
(20 avril – 19 mai)
1 20 avril Rose
2 21 avril Chêne
3 22 avril Fougère
4 23 avril Aubépine
5 24 avril Rossignol
6 25 avril Ancolie
7 26 avril Muguet
8 27 avril Champignon
9 28 avril Hyacinthe
10 29 avril Râteau
11 30 avril Rhubarbe
12 1er mai Sainfoin
13 2 mai Bâton-d'or
14 3 mai Chamérisier
15 4 mai Ver à soie
16 5 mai Consoude
17 6 mai Pimprenelle
18 7 mai Corbeille d'or
19 8 mai Arroche
20 9 mai Sarcloir
21 10 mai Statice
22 11 mai Fritillaire
23 12 mai Bourrache
24 13 mai Valériane
25 14 mai Carpe
26 15 mai Fusain
27 16 mai Civette
28 17 mai Buglosse
29 18 mai Sénevé
30 19 mai Houlette
Prairial commence le 21 mai.jpg
Prairial
(20 mai – 18 juin)
1 20 mai Luzerne
2 21 mai Hémérocalle
3 22 mai Trèfle
4 23 mai Angélique
5 24 mai Canard
6 25 mai Mélisse
7 26 mai Fromental
8 27 mai Lis martagon
9 28 mai Serpolet
10 29 mai Faux
11 30 mai Fraise
12 31 mai Bétoine
13 1er juin Pois
14 2 juin Acacia
15 3 juin Caille
16 4 juin Œillet
17 5 juin Sureau
18 6 juin Pavot
19 7 juin Tilleul
20 8 juin Fourche
21 9 juin Barbeau
22 10 juin Camomille
23 11 juin Chèvrefeuille
24 12 juin Caille-lait
25 13 juin Tanche
26 14 juin Jasmin
27 15 juin Verveine
28 16 juin Thym
29 17 juin Pivoine
30 18 juin Chariot

Mois d'été

Productions nationales et instruments ruraux associés aux mois d’été (Messidor, Thermidor, Fructidor) :

Messidor commence le 21 ou 22 juin.jpg
Messidor
(19 juin – 18 juillet)
1 19 juin Seigle
2 20 juin Avoine
3 21 juin Oignon
4 22 juin Véronique
5 23 juin Mulet
6 24 juin Romarin
7 25 juin Concombre
8 26 juin Échalote
9 27 juin Absinthe
10 28 juin Faucille
11 29 juin Coriandre
12 30 juin Artichaut
13 1er juillet Girofle
14 2 juillet Lavande
15 3 juillet Chamois
16 4 juillet Tabac
17 5 juillet Groseille
18 6 juillet Gesse
19 7 juillet Cerise
20 8 juillet Parc
21 9 juillet Menthe
22 10 juillet Cumin
23 11 juillet Haricot
24 12 juillet Orcanète
25 13 juillet Pintade
26 14 juillet Sauge
27 15 juillet Ail
28 16 juillet Vesce
29 17 juillet Blé
30 18 juillet Chalemie
Thermidor commence le 20 ou 21 juillet.jpg
Thermidor
(19 juillet – 17 août)
1 19 juillet Épeautre
2 20 juillet Bouillon-blanc
3 21 juillet Melon
4 22 juillet Ivraie
5 23 juillet Bélier
6 24 juillet Prêle
7 25 juillet Armoise
8 26 juillet Carthame
9 27 juillet Mûre
10 28 juillet Arrosoir
11 29 juillet Panic
12 30 juillet Salicorne
13 31 juillet Abricot
14 1er août Basilic
15 2 août Brebis
16 3 août Guimauve
17 4 août Lin
18 5 août Amande
19 6 août Gentiane
20 7 août Écluse
21 8 août Carline
22 9 août Câprier
23 10 août Lentille
24 11 août Aunée
25 12 août Loutre
26 13 août Myrte
27 14 août Colza
28 15 août Lupin
29 16 août Coton
30 17 août Moulin
Fructidor commence le 21 ou 22 août.jpg
Fructidor
(18 août – 16 septembre)
1 18 août Prune
2 19 août Millet
3 20 août Lycoperdon
4 21 août Escourgeon
5 22 août Saumon
6 23 août Tubéreuse
7 24 août Sucrion
8 25 août Apocyn
9 26 août Réglisse
10 27 août Échelle
11 28 août Pastèque
12 29 août Fenouil
13 30 août Épine vinette
14 31 août Noix
15 1er sep Truite
16 2 sep Citron
17 3 sep Cardère
18 4 sep Nerprun
19 5 sep Tagette
20 6 sep Hotte
21 7 sep Églantier
22 8 sep Noisette
23 9 sep Houblon
24 10 sep Sorgho
25 11 sep Écrevisse
26 12 sep Bigarade
27 13 sep Verge d'or
28 14 sep Maïs
29 15 sep Marron
30 16 sep Panier

 

Mois d'automne

Productions nationales et instruments ruraux associés aux mois d’automne (Vendémiaire, Brumaire, Frimaire) :

Vendémiaire commence le 22 septembre.jpg
Vendémiaire
(22 septembre – 21 octobre)
1 22 sep Raisin
2 23 sep Safran
3 24 sep Châtaigne
4 25 sep Colchique
5 26 sep Cheval
6 27 sep Balsamine
7 28 sep Carotte
8 29 sep Amarante
9 30 sep Panais
10 1er oct Cuve
11 2 oct Pomme de terre
12 3 oct Immortelle
13 4 oct Potiron
14 5 oct Réséda
15 6 oct Âne
16 7 oct Belle de nuit
17 8 oct Citrouille
18 9 oct Sarrasin
19 10 oct Tournesol
20 11 oct Pressoir
21 12 oct Chanvre
22 13 oct Pêche
23 14 oct Navet
24 15 oct Amaryllis
25 16 oct Bœuf
26 17 oct Aubergine
27 18 oct Piment
28 19 oct Tomate
29 20 oct Orge
30 21 oct Tonneau
Brumaire commence le 23 octobre.jpg
Brumaire
(22 octobre – 20 novembre)
1 22 oct Pomme
2 23 oct Céleri
3 24 oct Poire
4 25 oct Betterave
5 26 oct Oie
6 27 oct Héliotrope
7 28 oct Figue
8 29 oct Scorsonère
9 30 oct Alisier
10 31 oct Charrue
11 1er nov Salsifis
12 2 nov Mâcre
13 3 nov Topinambour
14 4 nov Endive
15 5 nov Dindon
16 6 nov Chervis
17 7 nov Cresson
18 8 nov Dentelaire
19 9 nov Grenade
20 10 nov Herse
21 11 nov Bacchante
22 12 nov Azerole
23 13 nov Garance
24 14 nov Orange
25 15 nov Faisan
26 16 nov Pistache
27 17 nov Macjonc
28 18 nov Coing
29 19 nov Cormier
30 20 nov Rouleau
Frimaire commence le 22 novembre.jpg
Frimaire
(21 novembre – 20 décembre)
1 21 nov Raiponce
2 22 nov Turneps
3 23 nov Chicorée
4 24 nov Nèfle
5 25 nov Cochon
6 26 nov Mâche
7 27 nov Chou-fleur
8 28 nov Miel
9 29 nov Genièvre
10 30 nov Pioche
11 1er déc Cire
12 2 déc Raifort
13 3 déc Cèdre
14 4 déc Sapin
15 5 déc Chevreuil
16 6 déc Ajonc
17 7 déc Cyprès
18 8 déc Lierre
19 9 déc Sabine
20 10 déc Hoyau
21 11 déc Érable sucré
22 12 déc Bruyère
23 13 déc Roseau
24 14 déc Oseille
25 15 déc Grillon
26 16 déc Pignon
27 17 déc Liège
28 18 déc Truffe
29 19 déc Olive
30 20 déc Pelle

Mois d'hiver

Productions nationales et instruments ruraux associés aux mois d’hiver (Nivôse, Pluviôse, Ventôse) :

Nivôse commence le 22 décembre.jpg
Nivôse
(21 décember – 19 janvier)
1 21 déc Tourbe
2 22 déc Houille
3 23 déc Bitume
4 24 déc Soufre
5 25 déc Chien
6 26 déc Lave
7 27 déc Terre végétale
8 28 déc Fumier
9 29 déc Salpêtre
10 30 déc Fléau
11 31 déc Granit
12 1er jan Argile
13 2 jan Ardoise
14 3 jan Grès
15 4 jan Lapin
16 5 jan Silex
17 6 jan Marne
18 7 jan Pierre à chaux
19 8 jan Marbre
20 9 jan Van
21 10 jan Pierre à plâtre
22 11 jan Sel
23 12 jan Fer
24 13 jan Cuivre
25 14 jan Chat
26 15 jan Étain
27 16 jan Plomb
28 17 jan Zinc
29 18 jan Mercure
30 19 jan Crible
Pluviôse commence le 21 ou 22 janvier.jpg
Pluviôse
(20 janvier – 18 février)
1 20 jan Lauréole
2 21 jan Mousse
3 22 jan Fragon
4 23 jan Perce-neige
5 24 jan Taureau
6 25 jan Laurier tin
7 26 jan Amadouvier
8 27 jan Mézéréon
9 28 jan Peuplier
10 29 jan Cognée
11 30 jan Ellébore
12 31 jan Brocoli
13 1er fév Laurier
14 2 fév Avelinier
15 3 fév Vache
16 4 fév Buis
17 5 fév Lichen
18 6 fév If
19 7 fév Pulmonaire
20 8 fév Serpette
21 9 fév Thlaspi
22 10 fév Thimele
23 11 fév Chiendent
24 12 fév Trainasse
25 13 fév Lièvre
26 14 fév Guède
27 15 fév Noisetier
28 16 fév Cyclamen
29 17 fév Chélidoine
30 18 fév Traîneau
Ventôse commence le 20 ou 21 février.jpg
Ventôse
(19 février – 20 mars)
1 19 fév Tussilage
2 20 fév Cornouiller
3 21 fév Violier
4 22 fév Troène
5 23 fév Bouc
6 24 fév Asaret
7 25 fév Alaterne
8 26 fév Violette
9 27 fév Marceau
10 28 fév Bêche
11 1er mars Narcisse
12 2 mars Orme
13 3 mars Fumeterre
14 4 mars Vélar
15 5 mars Chèvre
16 6 mars Épinard
17 7 mars Doronic
18 8 mars Mouron
19 9 mars Cerfeuil
20 10 mars Cordeau
21 11 mars Mandragore
22 12 mars Persil
23 13 mars Cochléaria
24 14 mars Pâquerette
25 15 mars Thon
26 16 mars Pissenlit
27 17 mars Sylvie
28 18 mars Capillaire
29 19 mars Frêne
30 20 mars Plantoir

 

 

source: wikipédia

18/01/2017

Bruno Guigue Transition

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«L’année écoulée s’inscrit dans une phase de transition, entre deux états du monde»

En savoir plus
 
Ex-haut fonctionnaire, Bruno Guigue est un analyste politique français, enseignant en relations internationales à l’Université de La Réunion et chroniqueur en politique internationale.

Sputnik : L'année 2016 est terminée. Pour beaucoup, elle a été associée aux tensions montantes entre la Russie et les États-Unis, et plus globalement entre la Russie et l'Occident politique. Quelles sont les principales analyses que vous feriez de l'année passée?
 
Bruno Guigue :  L'année écoulée s'inscrit dans une phase de transition, extrêmement critique, entre deux états du monde. La roue tourne, et le neuf chasse l'ancien. Les USA sont encore la première puissance économique mondiale, mais la Chine est en passe de les détrôner. La situation sociale aux États-Unis est désastreuse. La violence y est omniprésente. Les USA sont un pays riche, mais ses habitants sont pauvres. 15 % des Américains dépendent de l'aide alimentaire, et le taux d'endettement des ménages est vertigineux.
L'élection de Donald Trump, en réalité, est le symptôme d'un profond malaise. À l'intérieur comme à l'extérieur de leurs frontières, les États-Unis ressemblent à un colosse aux pieds d'argile. En encerclant la Russie, en la diabolisant, les dirigeants américains renouent avec les pratiques de la guerre froide, mais cette agitation belliciste est un aveu de faiblesse. Si Washington provoque Moscou en mobilisant son armada, c'est pour tenter de conjurer, de manière pathétique, un déclin irréversible. Les USA sont une superpuissance chancelante qui joue au matamore parce qu'elle sait que ses jours sont comptés.
 
Sputnik : Cette opposition russo-étasunienne s'est traduite par une différence d'approche évidente en Syrie, qui restait largement à la Une de l'actualité. Quelles leçons en tirez-vous?
 
Bruno Guigue: Sur le théâtre syrien, il y a une énorme différence entre Moscou et Washington. Les Russes font ce qu'ils disent et ils disent ce qu'ils font. Les Américains ne font pas ce qu'ils disent et ils ne disent pas ce qu'ils font. La Russie intervient en Syrie à la demande expresse d'un État souverain qui est son allié historique dans la région. Elle combat la pègre mercenaire qui tente d'abattre cet État sur mandat des puissances occidentales et des pétromonarchies du Golfe. Avec 5 000 soldats et 70 avions, elle a aidé le gouvernement syrien à libérer la deuxième ville du pays et à restaurer sa souveraineté, peu à peu, sur une part croissante du territoire national.
De leur côté, les USA prétendent livrer bataille aux organisations terroristes, mais en réalité ils les utilisent contre Damas. Ils accréditent une distinction entre des rebelles « extrémistes » et « modérés » qui n'existe que sur le papier, et ils en fournissent eux-mêmes la preuve en les soutenant sans distinction! Chaque fois que Daech attaque les forces gouvernementales syriennes, par exemple, les avions de la coalition restent cloués au sol. Contrairement à l'intervention russe, l'intervention américaine est illégale en droit international et elle favorise les terroristes en prétendant les combattre.
 
 Sputnik : La récente coordination des approches entre la Russie et l'Iran, principaux soutiens du gouvernement syrien, avec la Turquie — qui a longtemps gardé une approche ouvertement anti-Assad — le tout en vue de contribuer ensemble à la résolution du conflit syrien, a montré qu'il était possible d'atteindre des résultats prometteurs, sans pour autant y inclure les représentants US et plus généralement les élites occidentales. Partagez-vous cet avis? Est-ce, selon vous, un signe que cette région du Proche et du Moyen-Orient devrait élargir ce genre d'initiative à l'instar de celle entre la Russie, l'Iran et la Turquie?
 
Bruno Guigue: La coopération diplomatique entre la Russie, l'Iran et la Turquie en vue de mettre fin au conflit syrien est une gifle monumentale pour Washington et ses satellites. Les États-Unis sont éjectés comme des malpropres d'une scène syrienne où ils ont additionné les « false flags » et les coups tordus. Pour la première fois, une négociation sur un conflit majeur est engagée sans Washington, qui doit se résoudre à faire tapisserie pendant que Moscou mène la danse. L'avenir dira si les négociations inter-syriennes sous ce triple parrainage aboutiront à une solution négociée. Mais en attendant, les Occidentaux sont condamnés à approuver en public un processus qui les destitue de leur prééminence sur la scène internationale.

 Les pourparlers qui auront lieu à Astana, capitale du Kazakhstan, symbolisent le basculement du monde vers de nouveaux pôles de puissance. Toutes proportions gardées, c'est un événement comparable à la conférence de Bandoeng, qui marqua en 1955 l'émergence d'un « tiers-monde » assoiffé d'indépendance et résolument non-aligné. Les puissances occidentales ayant démontré leur capacité de nuisance au Moyen-Orient, toute initiative consistant à se passer de leurs services est un exemple à suivre si l'on veut tuer dans l'œuf l'ingérence néo-coloniale et permettre aux puissances régionales de régler elles-mêmes leurs propres affaires.

Sputnik: Une nouvelle administration, celle du président élu Donald Trump, prendra officiellement sous très peu le pouvoir aux États-Unis. Certains partagent un optimisme important au vu de certaines déclarations de M. Trump qui laissaient supposer une éventuelle normalisation des relations avec la Russie. D'un autre côté, sa rhétorique anti-chinoise, anti-iranienne et notamment anti-cubaine, des pays ayant des relations fortes avec la Russie, laissent supposer la poursuite de la confrontation. D'autant plus qu'au vu des déclarations récentes de certains représentants de son équipe, les risques d'une poursuite des tensions avec la Russie restent également d'actualité. Quel est votre avis sur la question? 

Bruno Guigue: Personne ne sachant lire dans le marc de café, il est impossible de dire ce que sera la politique étrangère de Donald Trump. La composition de son équipe envoie des signaux contradictoires. Le conseiller à la sécurité nationale est Michael Flynn, chef du renseignement militaire limogé par Barack Obama pour avoir critiqué la politique du président en Syrie. Le secrétaire d'État est Rex Tillerson, l'un des dirigeants du groupe pétrolier ExxonMobil qui s'opposa aux sanctions contre Moscou en 2014. Au secrétariat à la Défense, c'est le général James Mattis, ancien commandant des forces US au Moyen-Orient et partisan notoire de la fermeté à l'égard de l'Iran. Difficile de s'y repérer, mais M. Trump se déclare prêt au dialogue avec Moscou et affirme que les USA n'interviendront plus pour « changer le régime politique » chez les autres. C'est un désaveu explicite des politiques néo-conservatrices! En même temps, il adhère aux thèses israéliennes sur Jérusalem et envisage d'y déplacer l'ambassade US en violation du droit international. Il veut remettre en question l'accord péniblement négocié par son prédécesseur sur le nucléaire iranien. Enfin, il bombe le torse face à la République populaire de Chine.

Sputnik: Que pensez-vous, précisément, de ces déclarations peu diplomatiques à l'égard de la Chine? 
 
Bruno Guigue : Ces déclarations, en fait, rejoignent la critique constante du libre-échangisme économique formulée par Donald Trump durant sa campagne. Elles annoncent un bras de fer de Washington avec les puissances montantes dont la croissance constitue une menace pour l'hégémonie US. La mondialisation des échanges appauvrit l'économie américaine, elle la vide de sa substance en accélérant la désindustrialisation. Invention occidentale, cette globalisation exigée par l'oligarchie se retourne contre les pays qui en ont fait l'alpha et l'oméga de la vie internationale. En 2010, la part des USA dans le PIB mondial était de 25%. Elle sera de 16% en 2025. En 2050, elle sera de 9% contre 33% pour la Chine et 8% pour l'Inde. Pour le nouveau président, le véritable défi sera de freiner, dans une tentative désespérée, le déclin annoncé de l'Empire américain. Et il sait bien que couvrir les océans de porte-avions déployant fièrement la bannière étoilée n'y changera rien.
 
Sputnik: On observe une montée importante des sentiments anti-atlantistes dans les pays européens. Entrevoyez-vous des changements importants en 2017 à ce niveau? Notamment en ce qui concerne le niveau de dépendance de certains pays européens vis-à-vis des USA?
 
Bruno Guigue : En fait, l'allégeance des pays européens à Washington n'a jamais été aussi caricaturale. Champions incontestés de la catégorie, la France et le Royaume-Uni font constamment de la surenchère. Comme si la gesticulation de l'appareil militaire atlantique aux frontières de la Russie ne suffisait pas, ces deux pays multiplient les accusations contre Moscou et prolongent des sanctions absurdes. Il est affligeant de voir le gouvernement français, par exemple, sacrifier ses propres agriculteurs sur l'autel de l'atlantisme en interdisant les exportations vers la Russie. Cette soumission volontaire des gouvernements européens est une honte, et elle finira par provoquer une exaspération légitime. La souveraineté a été bafouée par l'européisme et l'atlantisme, mais heureusement elle est de retour. L'aspiration à l'indépendance nationale — sans laquelle la souveraineté populaire est un leurre — est une constante historique. Chassez-la par la porte, elle reviendra par la fenêtre!

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16/01/2017

Essaim de drones et bat bombs

L'armée américaine s'exerce à larguer des essaims de drones depuis des chasseurs.

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Les drones prennent une place de plus en plus importante au sein des forces armées. Rapides et bon marché, ces machines permettent en effet d'effectuer des missions de reconnaissance sur le terrain, de localiser les forces ennemies, ou de coordonner plus efficacement les mouvements des troupes sur les théâtres d'opération.

 

Mais ces machines ont l'inconvénient d'être facilement repérables par l'ennemi de par le vrombissement de leurs moteurs, et peuvent donc être facilement neutralisées . La parade consiste à n'employer non pas un seul, mais tout un essaim de centaines de machines volantes pour accomplir de telles missions de reconnaissance à haut risque. C'est ce à quoi travaille l'armée américaine, relate le département de la défense du pays, dans un communiqué.

 

Y est raconté un test qui s'est déroulé en octobre 2016 en Californie. Trois avions de chasse de type F/A-18 Super Hornets ont largué plus d'une centaine (103 précisément) mini drones de type Perdrix. De petits engins (290 grammes) pourvus de deux ailes et d'une unique hélice motrice, capables de voler une vingtaine de minutes.

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Ces machines ne sont pas conduites par un leader. L'intelligence est distribuée sur l'ensemble de l'essaim, les machines se contentant de gérer des informations de position et de distance avec les autres membres de l'essaim. Ainsi, le groupe demeure opérationnel quelque soit le nombre de drones qui le composent. Un opérateur se contente alors de désigner la zone à survoler et les machines adaptent automatiquement leur plan de vol pour s'y rendre sans se percuter. Comme on peut le voir dans la vidéo de démonstration ci-dessous, les drones peuvent également adopter une formation leur permettant de tourner au dessus d'un point. 

 

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Cette idée d'essaim largué par avion était déja à la base des Bat bombs (bombes à chauves-souris) qui fut une arme expérimentale de la Seconde Guerre mondiale basée sur des essaims de chauves souris.

Les bombes étaient constituées d'un réservoir contenant de nombreux compartiments. Chacun d'eux contenait une chauve-souris de genre tadaride (Molosse du Brésil) équipée d'une petite bombe incendiaire reliée à un système de déclenchement à retardement.

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Conçu à l'origine par un dentiste de Pennsylvanie nommé S. Adams.
En vacances en 1941 dans le sud-ouest, dans les célèbres grottes de Carlsbad, Adams avait été particulièrement impressionné par les chauves-souris.

Un mois après Pearl Harbor, il envoya son projet à la maison blanche, «Pensez à des milliers d'incendies éclatant simultanément sur ​​un cercle de quarante miles de diamètre pour chaque bombe lâchée».

(Mr Adams fît la connaissance de Mme Roosevelt lors d'un voyage en avion. Le projet sera approuvé par le président  après de nombreuses recherches.)

M. Adams avait observé que les infrastructures Japonaises sont particulièrement sensibles aux engins incendiaires, la plupart des bâtiments étant faits de papier, bambou et autres matériaux hautement inflammables.

Le plan était de larguer les "bombes chauves-souris" sur les villes japonaises.

L'inventeur du Napalm, Louis Fiester fut mis à contribution et créa une charge explosive pouvant être porté par les chauves souris.

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Largué à l'aube depuis un bombardier, le conteneur devait déployer un parachute à mi-chute, puis s'ouvrir pour libérer les chauves-souris.
Les chauves-souris se propageraient partout dans un rayon de 40 miles et à la l'aube, elles iraient se cacher dans les toitures des bâtiments de la ville. C'est à ce moment que les bombes exploseraient.

Chaque “bombe” casier devait contenir 26 plateaux, pourvu chacun de 40 compartiments à chauve-souris. Une mission de ce type aurait mobilisé 10 bombardiers B-24, larguant 100 casiers chacun, déployant 1.040.000 chauves-souris sur la zone cible.

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 Un incident se produisit à la base aérienne de Carlsbad (Nouveau Mexique), où des chauves-souris armées furent relâchées par accident et déclenchèrent un incendie (en allant se réfugier sous un réservoir de carburant).

Suite à l'incident le projet fût transmit en Août 1943 par l’Air Force à la Navy, qui renommera le projet "X-Ray" et donnera le projet aux Marines en Décembre 1943.

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1 : Mr Adams
2 : Largage d'une "bombe casier" (sous son parachute)
3 : Incident de Carlsbad


Après plusieurs expériences et les ajustements opérationnels, le test définitif a été effectuée sur le " Japanese Village "une maquette d'une ville japonaise construite par le Service de guerre chimique à Dugway Proving Grounds, site d'essai dans l'Utah .
Les rapports étaient optimistes, mais au bout de 30 essais et 2 millions de dollars dépensés, le projet a été annulé, au profit de la bombe atomique.

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