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09/04/2017

Le génie technologique des Song.

La dynastie des Song (960–1279) a amené les avancées techniques les plus significatives de l'histoire de la Chine...

Ces avancées ont été pour la plupart le résultat d'une volonté politique amenant la formation de talentueux fonctionnaires recrutés par des examens impériaux.

Polymathie et génie mécanique

(La polymathie est la connaissance approfondie d'un grand nombre de sujets différents, en particulier dans le domaine des arts et des sciences)

Le début de l'âge d'or de la science et de la technique sous la période Song est illustré par la rivalité de deux hommes:

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Su Song (1020-1101) s'était spécialisé dans l’astronomie, la cartographie, l’horlogerie, la pharmacologie, la minéralogie, la zoologie, la botanique. Il était aussi ingénieur civil et mécanique, architecte, poète, antiquaire, et ambassadeur de la dynastie Song.

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Su est surtout connu pour sa tour horloge astronomique, couronnée d'une sphère armillaire actionnée mécaniquement, qui fut érigée dans la capitale Kaifeng en 1088. Le mécanisme d'échappement utilisé pour actionner l'horloge de Su ne sera utilisé en Europe que deux siècles plus tard. La tour horloge de Su utilise aussi la première transmission par chaîne connue dans le monde, comme son traité d'horlogerie l'indique en 1092.

Toutefois Su Song a aussi écrit un fameux traité pharmaceutique en 1070, le Bencao Tujing, qui aborde la botanique, la zoologie, la métallurgie et la minéralogie. Cet ouvrage inclut des applications médicinales, dont l'usage d'éphédrine comme médicament. Il est également l'auteur d'un important atlas céleste composé de cinq cartes du ciel et d'un vaste écrit illustré sur la cartographie qui a aidé à résoudre les tensions frontalières entre les Song et leurs voisins Khitans de la dynastie Liao.

 

 

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Shen Kuo (1031-1095) Homme d'esprit universel, il fut notamment géologue, astronome, mathématicien, cartographe, inventeur, météorologue, agronome, ethnographe, zoologiste, botaniste, ingénieur en hydraulique, pharmacologue, encyclopédiste, poète, musicien, diplomate, général, chancelier académique, ministre des finances et inspecteur des services de l'État.Il fut également responsable du Bureau de l'Astronomie à la cour des Song, ainsi qu'adjoint du ministre de l'Hospitalité impériale.

Shen est connu pour sa découverte du vrai nord et de la déclinaison magnétique du pôle Nord en calculant des mesures plus précises des méridiens. Il corrige également le calcul de la position de l'étoile Polaire qui s'est déplacée au cours des siècles. Cela permet aux marins de naviguer sur les mers de façon plus efficace grâce à la boussole, également conçue par Shen. Ce dernier est également réputé pour sa description des découvertes de Bi Sheng, l'inventeur des caractères d'imprimerie mobiles. Shen s'intéresse aussi à la géologie, en formulant la théorie de géomorphologie et des changements climatiques à travers le temps, après avoir observé d'étranges phénomènes naturels. En utilisant les connaissances de l'époque sur les éclipses solaires et lunaires, il prétend que le Soleil et la Lune sont sphériques et non plats, tout en développant le raisonnement des précédents astronomes chinois. Avec son collègue Wei Pu du bureau d'Astronomie, Shen utilise des hypothèses cosmologiques en décrivant les variations des mouvements des planètes. Une des principales réussites de Shen, avec l'aide de Wei Pu, est la correction du calcul de l'orbite de la Lune, en observant son parcours trois fois par nuit pendant cinq ans. Malheureusement, Shen a de nombreux ennemis politiques à la cour qui sont déterminés à saborder son travail. La cour accepte complètement ses nouveaux calculs sur les orbites lunaire et solaire, mais n'adopte que partiellement sa théorie sur les mouvements des planètes.

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Une des cinq cartes du ciel publiées dans le livre sur l'horlogerie et l'astronomie de Su Song en 1092, mettant en avant la position correcte de l'étoile Polaire, découverte par Shen Kuo.

Les intellectuels comme Shen Kuo touchent à divers sujets comme les mathématiques, la géographie, la géologie, l'économie, le génie civil, la médecine, la critique d'art, l'archéologie, la stratégie militaire et la diplomatie entre autres. Au cours d'une courte mission d'inspection des frontières, Shen Kuo dessine une carte en relief en bois et colle, afin de montrer les montagnes, routes, rivières et passages aux autres fonctionnaires. Il reproduit chaque situation possible sur un plateau de jeu, et la possibilité d'une campagne plus longue pour tester les limites en approvisionnement de ses hommes.

Shen Kuo est aussi connu pour l'amélioration de la conception de clepsydres, de sphères armillaires, du gnomon et de lunettes astronomiques. Ceci lui a permis d'améliorer ses observations de l'étoile Polaire et d'autres corps célestes. Il a également mené des expériences sur les chambres noires quelques dizaines d'années après la première expérimentation de Alhazen (965–1039)

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Boussole chinoise

L'enthousiasme de ces deux hommes à engager des fonctionnaires hautement qualifiés dans les différentes sciences a eu un bénéfice à la fois sur l'administration, l'organisation militaire, l'économie et le peuple.

 

Odomètre et chariot pointant le sud

Il existe de nombreuses personnalités importantes de l'époque Song, autres que Shen Kuo et Su Song, qui ont grandement contribué aux innovations technologiques de cette période. Bien que le système mécanique de mesure des distances par un chariot appelé odomètre est connu en Chine depuis la dynastie Han, le Song Shi, compilé en 1345, fournit une description plus détaillée que les anciennes sources chinoises. Le Song Shi indique que :

« L'odomètre. [Le chariot de mesure des distances] est peint en rouge, avec des images de fleurs et d'oiseaux sur les quatre côtés et est construit en deux étages, joliment ornés de sculptures. À chaque li parcouru, la figure en bois d'un homme de l'étape inférieur frappe un tambour. Tous les 10 li, la figure de l'étage supérieur frappe une cloche. Les extrémités du chariot sont des têtes de phœnix et le tout est tiré par quatre chevaux. Son escorte était autrefois composée de 18 hommes, mais depuis la quatrième année de la période de règne Yongxi (987) l'empereur Taizong l'a augmenté à 10. La cinquième année de la période de règne Tian-Sheng (1027), le Chambellan en chef Lu Daolong a présenté des spécifications pour la construction d'odomètres comme suit : (...) »

Ce qui suit est une longue dissertation écrite par le Chambellan en chef Lu Daolong sur la taille des roues et des engins. Toutefois, le paragraphe de conclusion donne une description finale sur l'usage ultime de ce matériel :

« Lorsque la roue horizontale centrale a effectué une révolution, le chariot aura parcouru un li et la figure en bois de l'étage inférieur frappera le tambour. Lorsque la roue horizontale supérieure a fait une révolution, le chariot aura parcouru dix li et la figure de l'étage supérieur frappera la cloche. Les rouages utilisés, grands et petits, mesurent 200 mm au total, avec un total de 285 dents. Ainsi, le mouvement est transmis par des chaînes, les « dents de chien », mutuellement les unes avec les autres, de sorte que par chaque révolution tout revient à son point de départ. »

De plus, le système d'odomètre de la période Song est couplé avec un système de chariot pointant le sud, qui est inventé la première fois par le mécanicien Ma Jun (200-265). Ce chariot est un véhicule à roues qui contient des rouages différentiels, utilisés de nos jours dans les automobiles modernes pour appliquer un même couple à des roues tournant à des vitesses différentes. Le rouage différentiel est utilisé ici pour maintenir une figurine pointant une direction dans une position fixe vers le sud. Ce système utilise donc des mécanismes complexes plutôt qu'une boussole magnétique. Yan Su (燕肃; c. 961–1040), le directeur divisionnaire du ministère du Travail, recrée un chariot pointant le sud en 1027. Les spécificités employées dans sa conception sont conservées dans le Song Shi. Yan est un polymathe comme Shen Kuo et Su Song, qui a contribué à l'amélioration de conception de clepsydres, écrit des fonctions harmoniques, des théories sur les marées, etc.. Le Song Shi établit que l'ingénieur Wu Deren combine le chariot pointant le sud et l'odomètre en 1107 :

« La première année de la période du règne Da-Guan (1107), le chambellan Wu Deren a présenté les spécifications d'un chariot pointant le sud et d'un odomètre. Les deux véhicules ont été fabriqués, et le premier utilisé pour la première fois cette année lors de la grande cérémonie du sacrifice ancestral. »

Le texte décrit ensuite en détail la conception du mécanisme interne des deux systèmes combinés en un seul.

Monuments pivotants

 
Monument pivotant dans le Yingzao Fashi.

En plus des clepsydres, sphères armillaires hydrauliques, odomètres et chariots pointant le sud, il existe d'autres systèmes mécaniques impressionnants qui ont été développés durant la dynastie Song. Bien que les références littéraires sur les bâtiments pivotants mécaniques dans les temples bouddhistes remontent à 823 durant la dynastie Tang, leur usage se répand durant la période Song. De plus, le plus ancien bâtiment pivotant encore existant de nos jours date de la dynastie Song. Il a été découvert dans le monastère de Longxing à Zhengding, dans la province du Hebei. En outre, les neuf bâtiments pivotants les plus connus datent de cette époque et l'un d'eux est décrit dans le Yingzao Fashi (« Traité sur les méthodes d'architecture ») de Li Jie, écrit en 1103. Le temple Kaifu près de Changsha abrite un bâtiment pivotant qui est actionné par cinq rouages. Celui du temple Nanchan à Suzhou possède un système de frein. Les sinologues n'ont pas réussi à percer tous les mystères de son fonctionnement puisque de tels systèmes sont apparus pour la première fois en Europe sous Léonard de Vinci. Plus tard, le voyageur musulman Shah Rukh (fils du seigneur de guerre turco-mongol Timur) visite la Chine de la dynastie Ming en 1420 et décrit un bâtiment pivotant dans la ville de Ganzhou, province du Gansu. Il le nomme « kiosque » :

« Dans un autre temple, il y a un kiosque octogonal, qui possède quinze étages. Chaque étage contient des appartements décorés de laque, avec des vestibules et des vérandas... Il est entièrement fabriqué de bois poli et doré de telle façon qu'il semble être fait d'or brut. Il y a une cave en dessous. Un manche en acier fixé au centre du kiosque le traverse de haut en bas et la base de l'édifice est un plateau d'acier, tandis que l'extrémité supérieure sert de support au toit du pavillon. Ainsi, une personne dans la cave peut grâce à un effort futile faire pivoter ce grand kiosque. Tous les charpentiers, forgerons et peintres du monde apprendraient quelque chose pour leur métier en venant ici ! »

Machine à tisser

 
Détail de La Roue à tisser, par Wang Juzheng, période des Song du Nord (960–1127).
 
Pêcheur sur un lac hivernal, peint en 1195 par Ma Yuan, la plus ancienne représentation connue d'un moulinet.

Dans le domaine de la manufacture textile, Joseph Needham (1900-1995) prétend que les Chinois ont inventé la roue à tisser au XIIe siècle, et écrit que le mécanisme de commande par courroie est connu depuis le XIe siècle. Le livre de Qin Guan, Can Shu (« Livre de sériciculture »), datant de 1090, décrit une machine à enrouler la soie par oscillation. La soie est liée et enroulée à la bobine principale grâce à un mouvement de pédale. Dans ce système, le bras principal est actionné par un entraînement par courroie. Cette machine est illustrée dans le livre Geng Zhi Tu en 1237. Une illustration plus élaborée est également fournie dans un livre datant du XVIIe siècle. Le livre de Qin Guan en 1090 décrit :

« La poulie (en gardant la patte excentrée) est pourvue d'une rainure pour la réception de la courroie, une bande sans fin qui répond au mouvement de la machine qui met en rotation continue la poulie. »

Toutefois, Robert Temple écrit en 1986 que le mécanisme de courroie est mentionné pour la première fois par Yang Xiong (53-18 av.JC) dans son « Dictionnaire des expressions locales » en l'an -15. Il écrit : « Elle a été développée pour des machines en rapport avec la fabrication de soie (...) qui embobinent les fibres de soie pour les voyages du tisserand ». Temple affirme qu'une machine avec entraînement à courroie et une petite poulie est décrite dans un livre écrit entre 230 et 232. Une corde sans fin a peut-être été utilisée dans les mécanismes à roues à aubes de Du Shi qui actionnent les soufflets des hauts fourneaux au Ier siècle.

Caractères d'imprimerie mobiles

Article principal : Caractère (typographie).

La technique d'imprimerie par caractères mobiles est inventée par Bi Sheng (毕升; 990–1051) au XIe siècle. Son travail est décrit par Shen Kuo dans son livre Mengxi Bitan. Les caractères mobiles, avec les caractères en bois, contribuent directement à la production de masse d'ouvrages imprimés. De ce fait, les parents peuvent inciter plus facilement leurs fils à apprendre à lire et à écrire afin d'être capables de se présenter aux examens impériaux et de faire partie de la bureaucratie éduquée. Les caractères mobiles sont améliorés sous la dynastie Joseon en Corée, où les caractères en terre cuite de Bi Sheng sont remplacés par des caractères en métal dès 1234. Les caractères de Bi Sheng sont également améliorés par Wang Zhen (1290-1333) qui invente les caractères mobiles en bois en 1298, puis par Hua Sui (1439-1512) qui les fabrique en bronze en 1490. Bien que les caractères mobiles et en bois constituent les techniques principales d'imprimerie pendant des siècles, la presse typographique européenne sera finalement adoptée par les pays d'Asie du Sud-Est.

 
Le Bencao sur la médecine traditionnelle chinoise, imprimé par des caractères en bois en 1249.

La production en masse de papier destiné à l'écriture est déjà bien établie en Chine. Le processus de fabrication du papier est perfectionné et standardisé durant la dynastie Tang, par l'eunuque Cai Lun (50-121), en 105. Le papier est d'ailleurs largement répandu pour l'écriture dès le IIIe siècle. Par ailleurs, le papier a bien d'autres usages à cette époque. La dynastie Song est le premier gouvernement au monde à émettre des billets de banque en papier. Le papier toilette est utilisé en Chine depuis le VIe siècle, ainsi que des sacs en papier pour préserver les arômes des thés dès le VIIe siècle. Le papier est aussi utilisé par les fonctionnaires qui ont rendu de grands services et qui sont récompensés par la cour via des cadeaux imprimés sur papier. Sous la dynastie Song, toute l'industrie, publique comme privée, se développe pour répondre aux besoins d'une population croissante qui a dépassé les 100 millions d'individus. Par exemple, pour assurer l'impression des billets de banque en papier, la cour a créé plusieurs forges de monnaie et des usines dans les villes de Huizong, Chengdu, Hangzhou et Anqi. La force de travail dans ce domaine est relativement importante, puisqu'en 1175, il est rapporté que l'usine de Hangzhou à elle seule emploie plus de mille ouvriers chaque jour.

Poudre à canon

Article détaillé : Poudre à canon.
 
Plus ancienne représentation connue d'une arme à feu (un lance-flammes) et d'une grenade (en haut à droite), sur les murs de grottes à Dunhuang, 950.

Les avancées techniques ont facilité la défense de la dynastie Song face à ces ennemis venus du nord. Le lance-flammes trouve ses origines dans la Grèce byzantine, qui utilisait le feu grégeois(un liquide pétrochimique complexe et hautement inflammable) dans un système avec siphon durant le VIIe siècle. La plus ancienne référence au feu grégeois en Chine remonte à 917, par Wu Renchen dans le Shiguo Chunqiu. En 919, une pompe à projection fonctionnant avec un siphon est utilisée pour répandre « l'huile féroce du feu » qui ne peut pas être éteinte par de l'eau, comme le rapporte Lin Yu dans son Wuyue Beishi. Ceci constitue par conséquent la première référence crédible chinoise d'usage de lance-flamme employant une solution chimique de feu grégeois. Lin Yu mentionne également que « l'huile féroce du feu » est finalement dérivé d'un des contacts maritimes de la Chine dans les mers du Sud, en Arabie. Au cours de la bataille de Langshan Jiang (Rivière de la Montagne de Loup) en 932, la flotte navale du roi Wenmu du royaume de Wuyue défait une armée du Hainan de l'état de Wu. Le succès de Wenmu est facilité par l'usage d'« huile de feu » (huo you) pour brûler la flotte adverse, ce qui constitue le premier usage chinois de poudre à canon dans une bataille. Les Chinois utilisent des soufflets à doubles pistons pour pomper le pétrole jusque dans un cylindre (avec un mouvement de va-et-vient), avec à son extrémité une allumette à consommation lente qui enflamme un flot continu de feu. Ce système est décrit et illustré dans le manuscrit militaire Wujing Zongyao datant de 1044. Au cours de la chute de l’État des Tang du Sud en 976, les nouvelles forces navales des Song les ont affrontés sur le fleuve Yangzi Jiang en 975. Les forces Tang tentent d'utiliser des lance-flammes contre les navires Song, mais se retrouvent accidentellement consumés par leur propre feu lorsque de violents vents soufflent dans leur direction.

 
Un lance-flammes chinois, tiré du manuscrit Wujing Zongyao datant de 1044.

Bien que les effets dévastateurs de la poudre à canon sont décrits au cours de la dynastie Tang par un alchimiste taoïste, les premières formules écrites connues de poudre à canon remontent à 1044 dans le Wujing Zongyao, qui décrit des bombes explosives lancées par des catapultes. Les premiers développements de tonneaux de fusils et de canons datent de la Chine des Song. La première représentation dans les arts chinois du lance-flammes (une combinaison entre un lance-flammes et un fusil) se trouve sur une peinture murale bouddhiste de Dunhuang, datée d'environ 950. Ces lance-flammes sont très répandus au début du XIIe siècle, composés de tubes en bambou projetant des particules de sable, des granulés, des tessons pointus en métal et poterie ou des flèches. Par la suite, le bambou périssable est remplacé par des tubes en acier. à partir de là, le nom de cette nouvelle arme change de « lance de feu » (huo qiang) à « tube de feu » ((huo tong). Cet ancêtre du fusil est complété par l'ancêtre du canon, que les Chinois référencent depuis le XIIIe siècle comme « cracheur multiple de balles » (bai zu lian zhu pao). Il est constitué d'un tube de bronze ou d'acier qui est rempli d'une centaine de balles de plomb.

La première représentation connue d'un fusil est une sculpture située dans une grotte du Sichuan, datant de 1128, qui met en scène un personnage qui tient une bombarde, une mèche d'allumage et un boulet de canon. Toutefois, le plus ancien pistolet jamais découvert provient de fouilles menées dans la province du Heilongjiang et daté de l'an 1288. Les Chinois ont également découvert le potentiel explosif des boulets de canons creusés et remplis de poudre à canon. Plus tard, Jiao Yu écrit un manuscrit, le Huolongjing, au milieu du XIVe siècle, dans lequel il décrit le canon en acier de la précédente dynastie Song, connu sous le nom de « coup de tonnerre qui vole dans les nuages » (fei yun pi-li pao). Le manuscrit indique que :

« Les obus sont faits de fonte, aussi grands qu'un bol et qui ont la forme d'une balle. À l'intérieur, on trouve une demi-livre de poudre à canon « magique ». On les envoie voler jusque dans le camp ennemi pour exploser ; et lorsqu'ils arrivent un son comparable au tonnerre est entendu, et des flashs de lumière sont observés. Si dix de ces obus sont tirés avec succès dans le camp ennemi, l'endroit en entier sera enflammé... »

 
Illustration de la dynastie Ming montrant un trébuchet, comme décrit dans le Wujing Zongyao datant de 1044.

Comme noté précédemment, le changement de terminologie de ces nouvelles armes durant la période Song est progressif. Les canons du début de la dynastie Song sont d'abord appelés de la même manière que les trébuchets chinois. Un fonctionnaire de la dynastie Ming, Mao Yuanyi explique cet usage de terminologie et les vraies origines du canon dans son ouvrage Wubei Zhi, écrit en 1621 :

« Les gens de la dynastie Song utilisaient le trébuchet tournant, le trébuchet unipolaire et le trébuchet du tigre accroupi. Ils sont tous appelés « trébuchets de feu » car ils sont utilisés pour projeter des armes de feu comme des boules de feu et des piques de feu. Ils étaient des ancêtres du canon. »

Le Huolongjing datant du XIVe siècle est également un des premiers textes chinois à décrire consciencieusement l'usage de mines explosives, qui ont été utilisées à la fin de la dynastie Song contre les Mongols en 1277, avant d'être réutilisées plus tard par la dynastie Yuan. L'apparition des mines explosives est créditée à Luo Qianxia lors de la campagne de défense contre les envahisseurs mongols menés par Kublai Khan. Des textes chinois postérieurs révèlent que les mines chinoises sont actionnées en déchirant une corde ou par le mouvement de pièges, qui libère un poids en silex dont l'extrémité provoque des étincelles qui enflamment les explosifs des mines. Par ailleurs, la dynastie Song utilise sur les champs de bataille les premières fusées propulsées par poudre à canon au début du XIIIe siècle, sous sa forme archaïque de « flèches de feu ». Au cours de la chute en 1126 de la capitale des Song du Nord, Kaifeng, Xia Shaozeng écrit que 20 000 flèches de feu sont récoltées par les Jurchens après leur conquête. Un texte plus ancien, le Wujing Zongyao (« Collection des techniques militaires les plus importantes »), écrit en 1044 par les fonctionnaires Song Zeng Kongliang et Yang Weide, décrit l'usage de balistes qui tirent des courtes flèches enflammées et qui contiennent des paquets de poudre à canon à proximité de leur tête. Plus récemment, le Wu Li Xiao Shi, écrit en 1630 (seconde édition en 1664) par Fan Yizhi, affirme que les flèches enflammées sont présentées à l'empereur Song Taizu (r. 960-976) dès 960.

Génie civil

 
Écluse moderne en France.

Dans la Chine ancienne, le sluice, les écluses et les pertuis sont connus depuis au moins le Ier siècle av. J.-C.. Les écluses à sas sont cependant inventées durant la dynastie Song, en 984 par le commissaire assistant des transports du Hainan, l'ingénieur Qiao Weiyo. À cette époque, les Chinois rencontrent des problèmes de trafic des péniches dans le secteur de Shanyang Yundao sur le grand canal. En effet, les navires s'échouent souvent en passant les doubles cales sèches et des bandits locaux les prennent souvent pour cible. Le texte historique Song Shi, compilé en 1345, indique :

« Qiao Weiyo a également construit cinq cales sèches entre Anbei et Huaishi. Chacune d'elles possède dix voies pour permettre aux navires de monter et descendre. Les cargaisons impériales d'impôts en grain étaient lourdes et ont souvent été endommagées ou détruites, avec la perte du grain et un détournement de biens par une cabale de travailleurs en accords avec des bandits locaux. Qiao Weiyo a donc pour la première fois ordonné la construction de deux portes sur le troisième barrage le long de la rivière occidentale (près de Huaiyin). La distance entre les deux portes était de plus de 50 pas et tout l'espace était recouvert d'un grand toit servant d'abri. Les portes sont des « portes tombantes » ; (quand elles sont closes) l'eau s'accumulait jusqu'à ce que le niveau requis soit atteint. Il a également construit un pont horizontal pour protéger leurs fondations. Après cela, le précédent problème fut complètement éradiqué et le passage des bateaux fut assuré sans dérangement majeur. »

 
Diagramme d'une écluse à sas inventée au Xe siècle et décrite par Shen Kuo.

Cette pratique se répand largement et est décrite par le polymathe Shen Kuo dans son Mengxi Bitan en 1088. Il y détaille la construction d'une écluse à Zhenzhou (probablement Kuozhou le long du Yangzi Jiang) qui emploie chaque année 500 personnes et a permis d'économiser plus de 1 250 000 ligatures par an. Selon les anciennes méthodes de transport naval, la cargaison des navires était limitée à 21 tonnes var vaisseau. Avec l'introduction des écluses à sas, cette capacité est élevée à 28 tonnes par navire. Shen écrit qu'à cette époque (1080) les bateaux gouvernementaux peuvent transporter jusqu'à 49,5 tonnes, alors que les bateaux privés ont une capacité de 113 tonnes. Il note également que l'utilisation de sluices dans les canaux d'irrigation est la meilleure innovation faite dans le domaine de la fertilisation des sols avec des limons. Toutefois, les besoins agricoles et logistiques entrent en conflit, comme le montre le Dongpo Zhilin de 1060, écrit par Su Shi (1037-1101) :

« Il y a plusieurs années, le gouvernement a construit des sluices pour fertiliser les sols avec du limon, alors que beaucoup de personnes étaient en désaccord avec ce plan. En dépit de toutes les oppositions, il a été mené à bien et a connu un petit succès. Lorsque les flots du Fan Shan sont abondants, les portes restent fermées et cela cause des dommages (en inondant) les champs, tombeaux et maisons. Lorsque le débit diminue à la fin de l'automne, les sluices sont ouverts et les champs sont alors irrigués avec de l'eau chargée de limon, mais le dépôt n'est pas assez épais pour les paysans. Finalement, le gouvernement se fatigue et arrête le projet. À ce propos, je me souviens avoir lu le Jiayipan [du poète] Bai Juyi dans lequel il dit avoir obtenu un poste de Commissaire du trafic. Comme la rivière Bian était trop peu profonde pour permettre le passage des bateaux, il suggéra que les sluices le long de la rivière et du canal devraient rester fermés. Mais le Gouverneur militaire pointa le fait que la rivière était bordée de chaque côté par des champs produisant du grain pour ses troupes et que si l'irrigation était interdite, la fermeture des sluices diminuerait la production de grain. De cela, j'ai appris que durant la dynastie Tang, il y avait des champs gouvernementaux et des sluices bordant la rivière des deux côtés et que l'irrigation continuait en permanence, même lorsque le niveau d'eau était élevé. Si cela a pu être fait avec succès dans les temps anciens, pourquoi cela ne peut-il pas être fait maintenant ? Je devrais enquêter un peu plus sur ce sujet auprès des experts. »

Même si le concept de cale sèche est connu depuis l’Égypte du IIIe siècle av. J.-C. (par les Phéniciens, mais inutilisé jusqu'en 1495 par Henry VII d'Angleterre), le scientifique et homme d’État Shen Kuo écrit qu'il est utilisé pour réparer les bateaux au cours du XIe siècle :

« Au début de la dynastie (965), les deux provinces Zhe (actuellement province du Zhejiang et sud du Jiangsu) ont présenté (au trône) deux bateaux dragons de plus de 60 m chacun. Les aménagements principaux incluent plusieurs ponts avec des cabines luxueuses et des salons, contenant des trônes et des canapés tout prêts pour les voyages impériaux. Après plusieurs années, leurs coques ont pourri et ont eu besoin de réparations, mais le travail était impossible tant qu'ils étaient à flot. Donc, durant la période de règne Xi-Ning (1068 à 1077), un fonctionnaire du palais, Huang Huaixin, a suggéré une solution. Un important bassin fut creusé à l'extrémité nord du lac Jinming, capable de recueillir les bateaux dragons, et des poutres ont été installées en diagonale dans leur fond, maintenus par une fondation de piliers. Ensuite (une brèche a été faite) pour remplir rapidement le bassin d'eau, après quoi les bateaux ont été remorqués au-dessus des poutres. (La brèche désormais fermée), l'eau a été pompée par des roues et ainsi les bateaux sont restés en l'air. Une fois les réparations terminées, l'eau est à nouveau rentrée, afin de remettre à flot les bateaux une nouvelle fois. Finalement, les poutres et piliers ont été démontés et le bassin recouvert d'un toit, afin de le transformer en hangar dans lequel les navires peuvent se protéger des éléments naturels et éviter les dommages causés par une exposition excessive. »

Génie naval

Contexte

 
Détails de navires fluviaux mis à quai à Kaifeng, extrait de « Le Jour de Qingming au bord de la rivière » par Zhang Zeduan (1085–1145).

Les Chinois de la dynastie Song sont des marins habiles qui voyagent vers des escales lointaines jusqu'en Égypte. Ils sont bien équipés pour leurs voyages à l'étranger, dans des grands navires de mer conduits par des gouvernails de poupe et guidés par des boussoles magnétiques. Bien avant que Shen Kuo et Zhu Yu ne décrivent la boussole à aiguille magnétique, le traité militaire Wujing Zongyao écrit en 1044 décrit une boussole à thermorémanence. Celle-ci est une simple aiguille en acier ou en fer qui est chauffée et refroidie avant d'être placée dans un bol d'eau, produisant ainsi un effet d'aimantation faible. Toutefois son usage se cantonne à la navigation terrestre et non maritime.

Littérature

 
Autre détail de la fresque « Le Jour de Qingming au bord de la rivière ».

Il existe dans la littérature chinoise de nombreuses descriptions des activités portuaires, du commerce maritime, du commerce extérieur et des navires de commerces eux-mêmes. En 1117, l'auteur Zhu Yu écrit non seulement sur la boussole magnétique, mais également sur une ligne de cent pieds avec un crochet sur le pont du navire, utilisée pour collecter des échantillons de vase au fond de la mer afin que l'équipage puisse en déduire la position du navire en fonction de l'odeur et de l'apparence de la vase. De plus, Zhu Yu décrit des compartiments à cloisons étanches dans la coque des navires afin de se prémunir d'un échouage en cas de dommage de la coque la voile aurique, les voiles tendues sur un mat et la méthode pour battre le vent. Confirmant les écrits de Zhu Yu sur les bateaux à coques compartimentées, un navire datant de 1277 de près de 24 m de long et 9 m de large est découvert en 1973 sous l'eau près de la côte méridionale de la Chine. Cette épave compte 12 compartiments dans sa coque. La culture maritime durant la période de la dynastie Song est accrue par ces nouvelles technologies, qui permettent un plus grand trafic sur les rivières et canaux. Celui-ci est animé par les navires gouvernementaux transportant les impôts en grain, les navires et barges de tributs, les navires marchands privés, une multitude de pêcheurs dans de petits bateaux de pêche et les confortables et luxurieux yachts privés des plus riches.

En plus de Zhu yu, il existe d'autres auteurs chinois importants sur la marine. En 1178, l'officier des douanes de Guangzhou, Zhou Qufei, qui a écrit sur le commerce d'esclaves africains par les Arabes jusqu'à Madagascar, décrit la taille, la solidité en mer et la vie à bord des navires de mer chinois :

 
Peinture sur soie de la dynastie Song représentant deux jonques accompagnées par un plus petit bateau. Le bateau en arrière plan est équipé d'un grand gouvernail monté sur sa poupe.
 
Jonque de la dynastie Song, XIIIe siècle. Les navires chinois de cette période sont équipés de coque à compartiments de cloisons étanches.

« Les bateaux qui naviguent sur la mer du sud et au sud de celle-ci sont comme des maisons. Lorsque les voiles sont déployées elles ressemblent à de grands nuages dans le ciel. Leurs gouvernails mesurent plusieurs dizaines de pieds de long. Un simple navire transporte plusieurs centaines d'hommes et peut contenir une année de réserves de grains. Des cochons sont nourris et du vin est produit à bord. Il n'existe aucune raison de revenir sur la terre ferme une fois que les personnes sont lancées en mer. Au petit matin, lorsque le gong résonne sur le bateau, les animaux peuvent boire à satiété et le personnel et les passagers oublient tous les dangers. (...) Le capitaine peut dire « Pour aller vers tel ou tel pays, avec un vent favorable, en autant de jours, nous devrions voir telle ou telle montagne, (alors) le navire doit s'orienter dans telle ou telle direction ». Mais soudainement le vent peut tomber et ne pas être suffisamment fort pour arriver à destination à temps. Dans ce cas, le cap doit être modifié. D'un autre côté, le bateau peut aller au delà des repères prévus et ainsi se perdre. Une tempête peut surgir, le navire peut être soufflé çà et là, il peut rencontrer des hauts-fonds ou s'écraser sur des rochers cachés(...). Un grand navire avec la cargaison lourde n'a rien à craindre de la haute mer, mais plutôt des eaux peu profondes. »

Le voyageur berbère Ibn Battûta (1304–1377) décrit avec plus de détails la marine chinoise que Zhou Qufei. Il note que dans et près des mers de Chine, seules les jonques chinoises sont utilisées pour naviguer sur les eaux. Il remarque que les plus grands bateaux chinois s'enorgueillissent de douze mâts, alors que les plus petits en compte trois. Sur les navires chinois et leurs équipages, Ibn Battûta écrit :

« Les voiles de ces vaisseaux sont fabriqués de bandes de bambou, tissées pour former un matage. Les marins ne les descendent jamais (mais) changent simplement leur direction en fonction de la direction du vent. Lorsque les bateaux jettent l'ancre, les voiles sont encore au vent. Chacun de ces bateaux emploie 1 000 hommes, 600 marins et 400 militaires, dont des archers et des arbalétriers équipés de boucliers et des hommes qui jettent des pots de naphta. Chaque grand vaisseau est suivi par d'autres, un nisfi, un thoulthi et un roubi. Ces vaisseaux sont fabriqués nulle part ailleurs que dans la ville de Zayton (Quanzhou) en Chine ou à Sin-Kilan (Guangzhou). »

Ibn Battûta décrit ensuite les moyens mis en œuvre pour leur construction et apporte une description précise des cloisons des compartiments dans la coque des bateaux :

« Voici la manière dont ils sont construits. deux murs (parallèles) de bois très épais sont montés et dans l'espace entre les deux sont placées des planches très épaisses (les compartiments) sécurisées longitudinalement et transversalement pas de grands clous, chacun mesurant trois aunes de long. Une fois ces murs construits, le pont inférieur est intégré et le navire est lancé avant la fin des travaux supérieurs. Les pièces de bois et ces parties de la coque près de la ligne de flottaison permettent à l'équipage de se laver et d'accomplir leurs nécessités naturelles. Sur les côtés de ces pièces de bois on trouve des rames. Elles sont aussi grandes que les mâts et son activées par 10 ou 15 homme (par rame), qui rament debout. »

Bien qu'Ibn Battûta mentionne la taille des équipages marins, il décrit encore la taille des bateaux, mais aussi les luxueuses cabines des marchands à bord :

« Les vaisseaux possèdent quatre ponts, dans lesquels sont répartis les cabines et salons des marchands. Certains possèdent des placards et d'autres commodités. Ils possèdent des portes qui peuvent être verrouillées par leurs occupants. (Les marchands) emmènent avec eux leurs femmes et concubines. Il arrive souvent qu'un homme reste seul dans sa cabine, sans que les autres membres de l'équipage ne s'en rendent compte avant l'arrivée dans un port. Les marins sont aussi accompagnés de leurs enfants dans ces cabines et (dans certaines parties du navire) ils cultivent des herbes, légumes et gingembre dans des bacs en bois. Le commandant d'un tel vaisseau est un grand émir. Quand il met pied à terre, les archers et les éthiopien (c'est-à-dire les esclaves noirs) marchent devant lui, portant des javelots et des épées, battant des tambours et jouant de la trompette. Lorsqu'il entre dans la maison d'hôte dans laquelle il réside, ils installent des lances de chaque côté de la porte et y montent la garde le temps de sa visite. »

Navires à roues à aubes

 
Navire à roues à aubes, 1726.

Durant la dynastie Song une importante attention est donnée à la construction de vaisseaux automoteurs efficients, connus sous le nom d'embarcations à roues à aubes. Toutefois ces dernières sont connues en Chine depuis environ le Ve siècle, et certainement durant la dynastie Tang avec la conception de bateaux de guerre à roues à aubes par Li Gao. En 1134, le commissaire aux transports du Zhejiang, Wu Ge, construit des navires de guerres à roues à aubes équipés de neuf à trente roues. Toutefois, il existe des bateaux à roues à aubes durant la période Song tellement longs qu'ils hébergent 12 roues de chaque côté du vaisseau. En 1135, le célèbre général Yue Fei (1103-1142) tend une embuscade à des rebelles menés par Yang Yao en enchevêtrant les roues à aubes des navires en remplissant le lac par du bois flottant et des bûches pourries. Ceci leur permis donc d'aborder les navires et de remporter une victoire stratégique. En 1161, les bombes et les navires à roues à aubes sont utilisés efficacement par les Chinois Song durant la bataille de Tangdao et la bataille de Caishi contre les Jurchen de la dynastie Jin, qui ont lancé une invasion infructueuse sur le territoire des Song du Sud le long du Yangzi Jiang. En 1183, le commandant naval de Nankin, Chen Tang, est récompensé pour la construction de quatre-vingt-dix navires à roues à aubes et autre vaisseaux de guerre. En 1176, l'empereur Song Xiaozong (r. 162-1189) émet un décret impérial au fonctionnaire de Nankin, Guo Gang (qui désire transformer les embarcations à roues à aubes endommagées en jonques et galères) pour ne pas limiter le nombre de navires à roues à aubes dans les chantiers navals de la marine, car il a une grande estime de ce navire d'attaque rapide qui a permis aux Chinois de remporter la bataille de Caishi. Cependant, les navires à roues à aube ont d'autres usages que celui purement militaire. Le commissaire de la marine marchande de Quanzhou, le musulman Pu Shougeng note que les navires à roues à aubes sont également utilisés par les Chinois comme remorqueurs.

Métallurgie

 
Illustration des soufflets d'un haut fourneau actionnés par des roues à eau, extrait du Nong Shu, par Wang Zhen, 1313, dynastie Yuan.

L'art de la métallurgie durant la dynastie Song repose sur les efforts des précédentes dynasties chinoises, qui ont développé de nouvelles méthodes. Les Chinois de la dynastie Han (202 av JC - 220) savent comment créer de l'acier en fondant du carbone de fer forgé et de la fonte, dès le Ier siècle av. J.-C.. Toutefois, la dynastie Song connaît deux nouvelles innovations majeures dans la fabrication d'acier, au cours du XIe siècle. La méthode berganesque produit de l'acier inférieur, non homogène. La seconde innovation est l'ancêtre du procédé Bessemer qui utilise la décarbonisation partielle via des forges répétées sous un vent froid.

Par habitant, la production d'acier est multiplée par sept entre 806 et 1078. Ainsi, la Chine produit en 1078 127 000 000 kg d'acier lourd par an. L'historien Donald B. Wagner souligne que cette estimation est basée sur les recettes des taxes gouvernementales sur l'acier chez les différents producteurs de l'empire. Le processus de fonte utilise d'imposants soufflets actionnés par de grandes roues à eau. Un important montant de charbon est donc destiné dans le processus de production, ce qui conduit à une importante déforestation du nord de la Chine. Cependant, à la fin du XIe siècle, les Chinois découvrent la bitumeuse à coke qui peut remplacer le rôle du charbon, épargnant ainsi des acres de terrains forestiers du nord de la Chine. Cette importante augmentation de production de fer et d'acier en Chine est le résultat des besoins de l'expansion militaire, des demandes du commerce intérieur pour les produits métalliques comme les ustensiles de cuisine et une large variété des outils agricoles, et des canaux qui relient les importants centres de production avec les marchés des villes les plus animées. Les différents usages des produits manufacturés en acier sur la période Song inclut les armes en acier, les outils, les pièces de monnaie, les éléments architecturaux, les cloches de musique, les statues artistiques et les composants pour les machines telles que les marteaux à bascules hydrauliques, qui sont utilisés depuis le Ier siècle av. J.-C. et utilisés plus largement durant la dynastie Song. Selon l'historien Robert Hartwell, l'énorme production d'acier chinois au cours du XIIe siècle est équivalente à celle observée en Angleterre au début de la révolution industrielle durant le XVIIIe siècle. Toutefois, les Chinois Song n'exploitent pas l'énergie potentiel du charbon pour produire de la puissance mécanique, contrairement à la révolution industrielle qui est survenue en Occident. Dans certaines préfectures, l'industrie du fer chinoise est plus concentrée. Par exemple, le poète Su Shi recense en 1078 36 fonderies qui emploient chacune plusieurs centaines de personnes dans la préfecture industrielle de Liguo (sous sa gouvernance lorsqu'il administre Xuzhou).

Énergie éolienne

 
Moulins à vent verticaux dans la région de La Manche, en Espagne, qui diffèrent de la conception des moulins à vents horizontaux chinois.

L'effet de l'énergie éolienne est apprécié en Chine bien avant l'introduction des moulins à vent durant la période Song. Par le passé, les Chinois utilisaient des soufflets pneumatiques pour les fours et les fourneaux. Ils existent peut être depuis la dynastie Shang (-1600 à -1050), avec la technologie compliquée du moulage de bronze. Ils étaient certainement utilisés avec les hauts fourneaux en Chine à partir du VIe siècle av. J.-C., destinés à compenser l'usage répandu d'outils de fermes et d'armes dès le Ve siècle av. J.-C.. En 31, le préfet et ingénieur de la dynastie Han Du Shi utilise des roues à eau horizontales et un mécanisme complexe de rouages pour activer les importants soufflets des hauts fourneaux lors de la fusion de la fonte. Les soufflets continuent également à être utilisés en métallurgie, mais d'autres sources d'énergie éolienne sont découvertes et exploitées. L'artisan de la dynastie Han Ding Huan est le pionnier dans l'invention de la suspension cardan et du ventilateur, qui est utilisé comme système d'air conditionné. Ils comportent sept roues de 3 m de diamètre chacune et mues manuellement, mais les palais de la dynastie Tang (618-907) utilisent des ventilateurs à énergie hydraulique pour l'air conditionné. Durant la dynastie Song, Needham déclare que « les effets réfrigérants des courants d'air artificiels sont de plus en plus appréciés ». Il existe également une machine complexe de vannage par un éventail rotatif, décrite dans le Livre d'agriculture de Wang Zhen, le Nong shu (农书 / 農書) en 1313 (même si la première description d'une telle machine remonte à la dynastie Han). Après ces innovations, le moulin à vent est finalement introduit en Chine au début du XIIIe siècle au cours de la dynastie Jin au nord de la Chine.

L'érudit perse Ali Ibn Sahl Rabban al-Tabari écrit en 850 que l'ancien calife Umar ibn al-Khattab a été assassiné en 644 par le technicien Abu Lu'lu'a, qui réclamait la construction de moulins actionnés par la force éolienne. Les moulins à vent des frères Banu Musa (850 à 870) sont plus fiables que ces derniers. Les frères sont les auteurs de plusieurs moulins à Sistan (Iran). Les Chinois du nord, sous le règne des Jurchens de la dynastie Jin prennent connaissance des moulins à vent du monde islamique dès le début du XIIIe siècle. Ceci est relaté dans le Shuzhai lao xue congtan (《庶斋老学丛谈》, shù zhāi lǎo xué cóngtán, « recueil d'étude de la vieillesse par de nombreux jeunes »), écrit par Sheng Ruzi (盛如梓). On y lit :

« Dans le recueil de travaux privés de « l'Érudit placide à la retraite » (Zhan Ran Ju Shi), il y a dix poèmes de Hechong Fu. Un de ceux-ci décrit une scène de ce lieu [...] et dit que « le blé stocké est moulu par le vent impétueux et le riz est pilonné au frais par des pilons suspendus. Les Occidentaux (c'est-à-dire les Turcs) utilisent là bas des moulins à vent (feng mo) comme les gens du Sud (c'est-à-dire de la dynastie des Song du Sud) utilisent les moulins à eau (shui mo). Et lorsqu'ils pilonnent, ils tiennent les pilons verticalement ». »

Ensuite, Sheng Ruozi cite une sélection écrite de moulins à vent de « l'Érudit placide à la retraite », qui est en fait Yelü Chucai (1190–1244), un important homme politique des dynasties Jin et Yuan. Ce passage fait référence au voyage de Yelü au Turkestan (l'actuel Xinjiang) en 1219 et Hechong Fu est en fait Samarkand (actuel Ouzbékistan). Par la suite, les Chinois appliquent le gréement de voile d'avant en arrière des jonques traditionnelles chinoises aux moulins à vent horizontaux. Ces moulins à vent sont utilisés avec les pompes du système d'irrigation. Des moulins à vent de ce type sont encore utilisés de nos jours à Tianjin et le long du Yangzi Jiang. Le premier Européen à voir les moulins à vent chinois est Jan Nieuhoff, qui les rencontre dans le Jiansu alors qu'il voyage le long du grand Canal en 1656, pour se rendre à l'ambassade néerlandaise à Pékin. Les premières descriptions de moulins à vent en Europe remontent à 1191, par Dan Herbert. Il s'agit des moulins de l'abbaye de Bury St Edmunds, à l'est de l'Angleterre.

Après les moulins à vent, on trouve d'autres applications de l'énergie éolienne en Chine, dans d'autres dispositions et même des véhicules. Il existe un chariot à voile qui apparaît durant la dynastie Ming au XVIe siècle (même s'il a pu exister auparavant). Les voyageurs européens en Chine du début du XVIe siècle sont surpris de trouver des brouettes à passagers ou cargo non seulement tirés par des mules ou des cheveux, mais aussi surmontés par des mâts et des voiles qui les propulsent à la force du vent.

Archéologie

Article connexe : Liste des inventions chinoises.

Au début de la dynastie Song, l'étude de l'archéologie développe l'intérêt pour les antiquités de la noblesse et leur désir de raviver l'usage de la vaisselle ancienne dans les rites et cérémonies. La croyance que les vaisselles anciennes ont été fabriquées par des sages et non pas des personnes ordinaires est critiquée par Shen Kuo, qui propose une approche interdisciplinaire de l'archéologie, en incorporant ses trouvailles archéologiques dans ses études sur la métallurgie, optique, astronomie, géométrie et les mesures anciennes de musique. Son contemporain Ouyang Xiu (1007-1072) compile un catalogue analytique de frottements anciens sur des pierres et cuivre, que Patricia Ebrey estime être l'origine de l'épigraphie et archéologie. En accord avec les croyances de Leopold von Ranke (1795-1886), certains nobles, comme Zhao Mingcheng (1081-1129), soutiennent la primauté des découvertes archéologiques contemporaines sur les anciens travaux écrits après coup, qu'ils considèrent comme peu fiables au regard des anciennes preuves. Hong Mai (1123-1202) utilise l'ancienne vaisselle de la dynastie Han pour démystifier ce qu'il considère comme des descriptions fallacieuses faites dans le catalogue archéologique Bogutu, compilé durant la seconde partie du règne de l'empereur Song Huizong (1100-1125).

Géologie et climatologie

En plus de ses recherches en météorologie, astronomie et archéologie mentionnées précédemment, Shen Kuo émet aussi des hypothèses en géologie et climatologie dans son Mengxi Bitan en 1088, en particulier ses affirmations sur la géomorphologie et les changements climatiques. Shen pense le terrain est remodelé au cours du temps à cause de l'érosion perpétuelle, de soulèvements et de dépôts de limon. Il cite son observation des strates horizontales fossilisées incrustées dans la falaise de Taihang comme une preuve que le terrain est un ancien fond marin qui a été déplacé de plusieurs centaines de kilomètres à l'Est au cours du temps. Shen écrit également que des bambous pétrifiés ont été trouvés dans le sol d'une région aride du Nord où les bambous ne poussent pas d'ordinaire. Le climat évolue donc au cours du temps.

source wikipedia

Sauts,plongeons,chutes...

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07/04/2017

En Syrie, agression impérialiste à visage découvert ?

En Syrie, agression impérialiste à visage découvert
Des missiles Tomawhak, hier, ont frappé l’aéroport militaire syrien de Sharyat à une trentaine de kilomètres au sud-est de Homs. L'événement fait la Une des gazettes, mais cette agression militaire américaine contre la Syrie souveraine n'est pas la première. Le 17 septembre 2016, l'aviation US avait tué 80 soldats de l’armée arabe syrienne à Deir Ezzor. Loin d’être fortuite, cette attaque avait eu lieu au moment précis où l’armée nationale, loin de ses bases, affrontait une vigoureuse offensive de Daech. Bis repetita ! Avec ce bombardement, la Maison-Blanche, pour la deuxième fois, vole au secours de ses “proxys” lobotomisés qui font la guerre pour son compte contre la Syrie souveraine. En frappant par les airs l’appareil militaire syrien, Donald Trump sait bien qu'il ne modifie pas le rapport de forces. Ce qu'il veut, c'est humilier Damas. Il veut montrer qu'il peut atteindre le sol syrien, où il veut et quand il veut, faisant ainsi la démonstration que cet Etat est vulnérable. L'armée syrienne et l'allié russe ont été pris par surprise. Il n'est pas sûr que ce soit le cas la prochaine fois.
 
Quasi providentiel, le massacre chimique de Khan Cheikhoun fournit à Trump un prétexte en or. Il lui permet de reprendre pied dans un conflit où Washington n'a essuyé que des revers depuis des mois. Obéissants, les médias dominants orchestrent la compassion sur commande destinée à justifier l'agression, et le tour est joué. Pour cette opération de propagande, Trump peut compter, comme d'habitude, sur l'impressionnante servilité des médias français, le torchon sioniste qui ose s'appeler “Libération” obtenant sans difficulté la palme de la manipulation émotionnelle.
 
Ce faisant, les faux-culs de la presse parisienne oublient un petit détail. Aucune preuve, aucune, n'a été fournie de la culpabilité de Damas. Selon les autorités syriennes et russes, l'aviation syrienne a bombardé un dépôt de munitions appartenant aux factions islamistes qui contenait des armes chimiques. Cette explication est d'autant plus vraisemblable qu'on a déjà eu la preuve de l'utilisation d'armes chimiques par Al-Nosra et que l'arsenal chimique syrien, lui, a été démantelé sous contrôle onusien en 2014.
 
On se demande bien pourquoi, d'ailleurs, le gouvernement syrien aurait eu envie, subitement, de gazer sa propre population. Non seulement cette accusation est infondée, faute de preuves, mais elle insulte le bon sens. Il y a évidemment des victimes innocentes dans cette guerre. Mais si le gouvernement syrien se moquait du sort des civils, il y a longtemps que Raqqa ou Idleb aurait été rasée. Imputer à Bachar Al-Assad la responsabilité d’un tel massacre n’a aucun sens. C’est grotesque. Il est vrai que plus c'est gros, plus ça passe. Colin Powell avait exhibé une fiole de jus de pomme, l'ambassadrice américaine à l'ONU exhibe des photos, et l'histoire se répète. Tant qu'il y aura des gogos pour y croire, la supercherie continuera de plus belle.
 
Jamais à court d'imagination, certains “experts” ont quand même inventé une variante. Ce n'est pas Bachar Al-Assad, mais “l'aile dure du régime syrien” qui aurait ordonné cette tuerie. Pourquoi ? Pour faire échouer les négociations sur la fin du conflit, imposer une solution militaire et montrer aux Russes qui est le patron. On comprend que la fonction de journaliste au “Figaro” impose certaines concessions à l’employeur, mais bon, on n'est pas obligé de suivre Georges Malbrunot, qui soutient cette thèse, lorsqu'il doit justifier sa fiche de paie.
 
Cette explication abracadabrante, en fait, n'est que la resucée de ce que disaient certains commentateurs à propos de l'attaque chimique du 21 août 2013 faussement imputée à Damas. Des généraux syriens, disait-on, auraient commis ce massacre de leur propre initiative. Tout en épargnant M. Assad, cette version des faits présente l'avantage propagandiste d'incriminer le “régime syrien”, ce qui permet de remplir le contrat journalistique. Elle permet aussi de se donner l'air plus intelligent que la moyenne, ce qui n'est pas difficile étant donné le niveau de bêtise atteint par la meute télévisuelle. Mais elle n'est pas plus fondée, ni plus vraisemblable que la précédente.
Un rapport circonstancié du “Massachussets Institute of Technology” avait montré que l'attaque chimique du 21 août 2013 ne pouvait venir que de la zone rebelle. Le journaliste indépendant Seymour Hersch avait affirmé la même chose au terme d'une enquête minutieuse. Il faudra sans doute attendre le résultat d'investigations comparables pour connaître les détails du drame de Khan Cheikhoun où des innocents, une fois de plus, ont fait les frais d'une guerre voulue par Washington et ses larbins. En attendant, les menteurs professionnels tenteront l'impossible pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes.
 
Le bombardement du 17 septembre 2016 fut le dernier cadeau de Barack Obama aux coupeurs de têtes. Le bombardement du 6 avril 2017 est le premier que leur offre Donald Trump. En agressant Damas, le président américain montre que rien n'a changé à Washington. Les déclarations du candidat républicain laissaient espérer un changement. Les actes du président élu dissipent définitivement cette illusion. Cette agression impérialiste à visage découvert marque donc la fin d'une séquence politique. Comme les autres, Trump est le pantin du lobby militaro-industriel. Les USA, c'est la guerre. Ils en vivent, ils aiment ça, et ça ne changera jamais tant qu'ils ne se seront pas pris une bonne dérouillée.

Phénomène de parhélie

        File:Halo - Falköping - Sweden 2003.jpg

 

Un parhélie est une partie du phénomène de halo solaire, auquel il est associé, mais qui est souvent très partiellement ou pas du tout visible.

 

                   

La durée de son apparition varie de quelques secondes à plusieurs dizaines de minutes. Le phénomène consiste essentiellement en l'apparition de deux images lumineuses, aux couleurs du spectre solaire, éloignées de l'astre d'une distance angulaire comprise entre 22° (petit halo) et 46° (grand halo).

D'où leurs surnoms de « soleils doubles » ou de « faux soleils »

Ces phénomènes météorologiques sont créés par des cristaux de glace dans l'atmosphère durant la saison froide.

 

               File:Halo and sun dog - NOAA.jpg

 

 

 

      

 

 

 

                 File:December sundog - NOAA.jpg

 

 

Un parhélie combiné avec un halo est vu sur le lac Mälaren dans le centre de Stockholm, en Suède, le 30 Novembre 2010. 

              

 

 

Au Dakota du Nord:

     

13:10 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : halo, solaire |  Facebook

26/03/2017

L'extraction de la Pierre de folie

 

La Lithotomie, également appelé La Cure de la folie ou plus rarement L'Extraction (ou Excision) de la pierre de folie, est un tableau du peintre néerlandais Jérôme Bosch.

Huile sur panneau de 48 × 35 cm, elle date de 1494 environ ou un peu plus tard.

Ce tableau est actuellement exposé au musée du Prado à Madrid.

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La pierre dans le cerveau ou l'araignée au plafond...

Bosch a-t-il voulu illustrer ce dicton à la lettre ?

Il traite ici de la folie.

Mais lequel est le plus fou ?

-Le patient crédule,

-le mire (médecin) et son entonnoir

(cela peut évoquer une coiffe pointue de sorcier, mais c'est surtout le premier rapport connu de l'entonnoir avec la folie, repris depuis par la vox populi, notamment en BD),

-la femme coiffée d'un livre,

-le moine et son boniment ?

 

Plus d'infos

25/03/2017

L'homme singe...

Jyoti Raju est un grimpeur Indien spécialisé dans le solo libre , il est né dans l'État de Tamil Nadu .

Ses prouesses spectaculaires lui ont gagné le titre d' "homme-singe" en grimpant les tours et les murs en pierre du célèbre Fort Chitradurga, à Karnataka , sans l'aide de cordes avec une technique personnelle qu'il a apprise des singes.

Il ne grimpe pas pour le sport, mais pour divertir les visiteurs du fort.

 

14/03/2017

Art chamanique

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Pablo Cesar Amaringo (1938 - 16 novembre 2009) est un artiste péruvien , renommé pour ses représentations complexes et colorées de ses visions sous ayahuasca . Pablo a travaillé comme végétaliste , chaman dans la tradition de guérison métisse , pendant quelques années. Jusqu'à sa mort, il a peint, aidé à diriger l'école de peinture Usko-Ayar, et a supervisé des retraites d'ayahuasca.

source

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Encantu Rumi by Pablo Amaringo - Howard G Charing & Peter Cloudsley

Entretient avec Pablo Amaringo source

Le 25 août 2000 lors d’un voyage en Amazonie Péruvienne à l’occasion d’un mémoire portant sur l’ayahuasca et le Pérou contemporain (sous la direction de Pierre Yves Jacopin – Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine, Paris III), je rencontrais Pablo Amaringo dans la petite école de peinture qu’il avait ouverte pour les enfants pauvres de Pucallpa.
Ayahuasquero à la retraite, Pablo Amaringo est sans conteste le plus célèbre des peintres de « l’art chamanique ». En 2000, cela faisait 25 ans qu’il ne prenait plus d’ayahuasca mais continuait à en peindre les visions. Ses œuvres à l’huile ou au pastel, très vives avec des couleurs à peine diluées, regorgent de formes étranges, d’esprits et de serpents multicolores. A la date de l’interview, quelques-unes unes de ses toiles étaient exposées dans la sale « guérir » de la 5eme biennale de Lyon « Partage d’exotismes ». Un livre co-realisé avec son « ami » et ethnologue Eduardo Luna présente quelques unes de ses œuvres : Ayahuasca visions.
 
Quand et comment avez-vous connu l’ayahuasca ? J’ai commencé à travailler avec l’ayahuasca depuis l’année 1969, je ne croyais pas dans ces trucs, sinon que, après avoir en avoir pris la première fois avec une dame, je me rendit compte rapidement que l’ayahuasca pouvait nous enseigner, que c’était une plante maître (planta maestra) qui détient de nombreux esprits à l’interieur d’elle-même, je me rendit compte que c’était comme l’œil de l’univers, l’œil du monde. Cette dame ne m’a pas enseigné, ce sont les esprits de la plante qui m’ont choisit et c’est pour cela que cette dame s’est un peu fâchée contre moi m’accusant de lui avoir enlevé ses pouvoirs. Mais ces pouvoirs ont choisit ma personne.
Comment ces « pouvoirs » vous ont choisi vous ? Il faut savoir que les pouvoirs d’un chamane peuvent êtres enlevés par un autre chamane quand celui-ci est plus puissant que le premier. Mais à cette époque moi je ne connaissais rien, je ne savais rien de ces choses, donc ce sont les pouvoirs qui ont choisit ma personne et j’ai alors continué avec eux.
Que contient l’ayahuasca ? L’ayahuasca est un mélange d’ayahuasca (la liane en double hélice – Banisteriopsis caapi NDT ) et de chacruna (petit buisson généralement identifié sous Psychotria viridis NDT ). L’ayahuasca est le conducteur, si vous prenez un dessin par exemple l’ayahuasca en serait le trait, et la chacruna la couleur, la vivacité, la vie. Pour que ce soit complet, pour avoir toutes les visions, avoir les plus belles couleurs, il faut avoir les deux, l’ayahuasca et la chacruna.
Connaissez-vous différentes espèces de chacruna ? Oui, il y différentes espèces de chacruna. Par exemple, la Huambisa chacruna (généralement identifié sous Diplopterys cabrerana NDT) est une chacruna très forte. De ce type là, il y en a près d’Iquitos mais pas ici. Il y a aussi la chacruna qu’on appelle ‘tigre chacruna’ (non identifiée NDT) , la ‘chacruna sencilla’ et aussi une espèce de petite taille. Pour faire l’ayahuasca ce qu’il y a de mieux c’est d’utiliser la chacruna naturelle, normale, celle qui tient de petites cases (boîtes, cajitas) de petits yeux en arrière de la feuille par en dessous, mais il y à l’autre, ‘la tigre chacruna’, qui est très forte et qui est réservée à ceux qui savent diriger, contrôler (manejar) l’ayahuasca. Pour la huambisa chacruna c’est la même chose. Mais si quelqu’un ne contrôle pas bien il faut faire très attention parce que beaucoup de choses peuvent arriver.
Qu’est-ce qu’une mère d’une plante ? Quels sont les esprits, les mères, des plantes ? Les esprits sont par exemple, les mères (las madres). Chaque plante, chaque arbre, à sa mère; mais cependant, tous ne viennent pas pour enseigner, mais ils viennent quand le chamane les invite à la session (c’est à dire à la « maeracion »; la maeracion est l’ivresse causée par la prise d’ayahuasca. Elle anticipe et accompagne les visions NDT). La mère d’une plante est quelque chose qui se positionne dans la plante. Ces mères peuvent se rendre petits ou grands. A l’intérieur de la plante. Ils sont comme l’âme cachée de la plante, c’est un esprit, comme une cellule, quelque chose de vivant et d’abondant. L’ayahuasca amène toutes ces sciences. La science de se rendre invisible, celle du logement par exemple (« alojamiento », savoir où se loge les esprits NDT ). L’ayahuasca contient beaucoup de sciences. Mais viennent aussi de bonnes choses comme de mauvaises. Entre autres viennent de mauvaises choses comme les esprits de l’hechiceria (hechiceria = pouvoir de jeter les sorts NDT).
C’est à dire ? L’ayahuasca attire le bien comme le mal. Le fait de la prendre vous donne du pouvoir. On peut alors choisir. On a le choix de devenir curandero ou hecicero, ou brujo. L’usage de l’ayahuasca se divise en trois disciplines : -El curanderismo (ou art de la guérison NDT) sert à guérir à curer les personnes atteintes de maladies ou hechizadas ( hechizadas = sur lesquelles on a déjà jeté un mauvais sort NDT ) -La brujeria (ou sorcellerie) qui sert à déranger perturber les gens par des potions de plantes élaborées depuis les indications données par l’ayahuasca. La brujeria ne tue pas. -La Hechiceria (activité de jeter des sorts) lui est homicide servant à tuer les gens. L’héchicero est un tueur. Il faut connaître la plante.
Comment se fait l’enseignement ? C’est la plante elle-même qui t’enseigne directement. L’ayahuasca t’enseigne, te montre quelles sont les plantes à utiliser pour guérir tel ou tel mal et de quelle manière. L’ayahuasca enseigne comment alors guérir mais elle a aussi une action curative propre par le biais de chansons, d’icaros ( icaro = le chant opéré par le chamane pour diriger, contrôler le déroulement de la session NDT). On utilise simplement de l’eau et l’icaro. Mais si l’ayahuasca a une action curative seule, pour guérir il faut le recours des autres plantes que l’ayahuasca te montre…Quand on prend régulièrement de l’ayahuasca et qu’on commence à voir, on apprend à devenir « docteur » on apprend les propriétés des plantes, les remèdes appropriés à telle ou telle maladie qui se présente.
Comment doit-on se préparer pour les sessions ? Lors d’une session, le chamane a une façon de se préparer. D’abord la diète, un régime particulier puis une série de choses importantes que le chamane ne doit pas faire. Par exemple il doit se garder de serrer la main. Le patient peut la donner car il va être soumis à une action de curation (curado), le chamane non. Il ne doit pas le faire car certaines ondes peuvent passer et certaines personnes sont négatives. Le chamane doit se garder de ces ondes négatives avant de faire une action curative. Ces choses sont une série de constitutifs pour bien manier l’ayauasca. C’est un rite de purification. Il faut s’y résigner pour obtenir les effets que l’on cherche, pour que réussisse l’action de cure. Il faut faire tout en accord avec ce que demandent les esprits de l’ayahuasca. Donc, quand les personnes se réunissent elles ne doivent pas avoir mangé depuis une demie journée pour ne pas vomir. Le vomit est parfois utile nettoyer le corps. L’ayahuasca provoque aussi des diarrhées le lendemain, pour laver, purifier le corps. L’ayahuasca est une porte qui nous connecte sur les esprits, sur le règne spirituel.
Pouvez-vous encore me parler des esprits ? Il y a des milliers et des milliers d’esprits. Des millions, c’est plein d’esprits. En réalité la vision du serpent est le symbole de la sagesse, du savoir (« la sabiduria »). Parce que, quand les êtres spirituels ont étés formés ils sont comme des serpents. Et nous-mêmes, quand nous nous formons dans l’ovule de la mère, nous sommes comme des serpents. De plus l’ayahuasca est comme un serpent, c’est une liane. Lors des sessions il peut se passer beaucoup de choses jusqu’à danser, selon ce que veulent les esprits. Lorsque l’on est habitué à manier l’ayahuasca on peut même écrire en même temps que les visions.(…) Les gardiens de l’ayahuasca sont des humanoïdes à tête de tigres. D’autres esprits sont des personnages asexués mais avec des têtes féminines ou masculines et avec des lances circulaires qui se déplient quand on les lancent.
Avez-vous commencé à peindre avec l’ayahuasca ou étiez-vous déjà peintre ? J’étais peintre déjà avant de découvrir l’ayahuasca. J’ai commencé à peindre depuis l’année 1958. Je peignais des paysages et des portraits. Mais quand j’ai commencé à prendre de l’ayahuasca les couleurs m’ont enseigné beaucoup de choses. Les choses qui nous tirent, qui nous capturent. J’ai développé la couleur grâce à l’ayahuasca.
Comment résumeriez-vous l’ayahuasca ? L’ayahuasca est l’oeil cosmologique de la vie. Avec l’ayahuasca on voit tout et partout, dans la terre, sous la mer, à l’intérieur de la matière. Ce sont les esprits qui animent la matière, qui la cassent, on peut alors voir, s’en aller de son corps. Les esprits font le mouvement des astres et gouvernent nos humeurs. (…)
Cet article a été publié dans anthropo, entretients.

08/03/2017

Decodex,fact-checking ? What?

"Si vous voulez connaître la vision dominante, il suffit d'ouvrir la télé."

Le but de la propagande est de faire apparaitre cette vision dominante (et asservissante) comme neutre, comme LA (seule) réalité.

 

 

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