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12/12/2018

Répression policière

11/12/2018

Le mouvement génial des justes.

Philippe Guillemant a publié sur son site ce petit texte  symboliquement éclairant sur les gilets jaunes (dont le titre est une anagramme):

 

Le mouvement des gilets jaunes

est un mouvement génial des justes.

 

 

Le gilet jaune assure la sécurité dans une situation à risque où deux parties sont en présence, l’une disposant d’un véhicule ayant tendance à rouler trop vite par négligence de l’autre partie : le piéton. Il symbolise ainsi la protection rendue nécessaire par la confrontation entre deux mondes ou modes de vie, lent et rapide, influent et négligeable, riche et pauvre, ceci me paraissant important pour comprendre la portée du mouvement.

Sur les autoroutes, le gilet jaune assure la sécurité de l'ouvrier qui risque sa vie pour sécuriser celle d'autrui. Il assure également la sécurité des deux parties confrontées lorsqu’une panne pourrait être à l'origine d'un accident. Or la nécessité de se protéger tout en protégeant en même temps autrui relève d’une action responsable mais qui doit surtout être juste, car un équilibre bien dosé est nécessaire entre deux extrêmes: ne pas bien se faire voir met tout le monde en danger et inversement, trop se faire voir peut engendrer un blocage ou un ralentissement excessif qui cause un accident : la façon dont le gilet jaune se positionne sur la route en régulant éventuellement le trafic nécessite un réglage juste.

Le gilet jaune implique donc un sens de la bonne mesure pour sécuriser les deux parties en confrontation: le riche bolide et le pauvre piéton. La sécurité est encore augmentée lorsque le premier peut s’habituer à la présence du second : c’est le cas lorsqu’il y a tout le temps des travaux sur l’autoroute. J'en déduis que la portée symbolique de ce mouvement est conditionnée à une action à la fois mesurée et prolongée.

Passons donc maintenant du terrain restreint de l'autoroute à celui de tout notre système économique et social, que le mouvement des gilets jaunes menace à juste titre de bloquer. Le gilet jaune ne veut pas renverser le système, il veut seulement obliger le système à ralentir sa course à l'argent roi pour assurer la sécurité de tout le monde. Le système a besoin de fonctionner sans être bloqué ou ralenti par des travaux-manifestations, lesquels sont pourtant nécessaires pour contraindre le système à ralentir.

Cette exigence signifie que l'on ne peut pas laisser les pauvres, ouvriers ou personnes en panne, travailler pour les riches, ceux qui circulent plus et plus vite, sans contraindre ces derniers à ralentir c'est à dire gagner moins d'argent, pour que les pauvres puissent eux-mêmes vivre en sécurité c'est à dire remplir leur frigo.

Le mouvement des gilets jaunes est ainsi symboliquement un mouvement de décroissance et de redistribution des richesses, compatible avec la nécessité de dépolluer la planète mais incompatible avec l'ultralibéralisme fou (bolide ou titanic) qui nous a été imposé par les USA pour fonder l'Europe elle-même. Il fait ainsi renaître les espoirs de se libérer d'une Europe malade du fléau qui nous vient de l'ouest, pour retrouver une souveraineté seule capable de restaurer la liberté, l'égalité et la fraternité que la France est en train de perdre à vitesse grand V.

En pratique, ce mouvement est génial car dans son principe il donne la possibilité à chaque citoyen de bloquer le système en toute légalité toute proportion gardée, en se postant simplement avec un gilet sur un passage piéton. Il donne la possibilité à des groupes de quelques personnes de bloquer la circulation aux ronds-points, de façon dosée de manière à ne pas nuire et finir par trouver la bonne mesure. Cela est très puissant, d'autant plus que cela redonne un sens à la vie d'une multitude de plus ou moins pauvres de toutes origines qui participent à ce mouvement, lequel est par dessus le marché un mouvement de solidarité où l'on partage des biens et des informations.

La seule ombre que je vois au tableau du mouvement des gilets jaunes est qu'il pourrait être récupéré par les meneurs du système, c'est-à-dire par les pouvoirs qui influencent les pions qui nous gouvernent, pour provoquer l'effondrement financier catastrophique qu'ils savent devoir advenir dans les années qui viennent. Au niveau de ces pseudo-élites (bancaires en particulier) qui ont le pouvoir de manœuvrer la politique européenne, on sait qu'il y aura prochainement un effondrement systémique car notre système financier est complètement corrompu et à bout de souffle et son euthanasie s'impose à cause du cancer avancé provoqué par les planches à billets, les taux négatifs, etc..

Dans mon dernier livre Le pic de l’esprit, je parie sur l’année 2020 mais la grande crise est régulièrement annoncée comme imminente et certaines dates de déclenchement sont parfois données, qui se concentrent souvent entre 2019 et 2021 ou sont encore plus tardives.

Il est dit que cet effondrement devrait immédiatement créer un collapse économique avec tout ce qui s'ensuit: plus d'essence, plus rien dans les super marchés, paniques, pillages et risques de guerres civiles, etc. J'imagine d'ailleurs que son anticipation est la vraie raison pour laquelle la possibilité d'imposer un état d'urgence prolongé a déjà été préparée avec l'excuse du terrorisme depuis des années. L’Allemagne a d'ailleurs demandé à ses citoyens de faire des réserves d’eau et nourriture depuis fin 2016 et l’on parle aujourd'hui de plus en plus d'un effondrement possible même dans nos propres médias mainstream, permettant ainsi au peuple de s'y préparer.

J'en viens maintenant à l'ombre elle-même. Comment ne pas imaginer que sachant tout cela, le pouvoir financier puisse avoir l’idée de provoquer cet effondrement, peu avant qu’il ne devienne inévitable, en le laissant venir non pas d'une défaillance systémique comme en 2006 mais plutôt d'une insurrection des peuples contre la politique de leur pays ? Si l'effondrement était en apparence provoqué par une défaillance des peuples qui l'auraient engendré par ralentissement de l'économie à cause de blocages et violences exagérés, ces peuples seraient poussés à en endosser la responsabilité alors même qu’elle incomberait en réalité au système financier lui-même, même s'il n'instrumentalise pas le mouvement. Ce système pourrait alors beaucoup plus facilement se maintenir à l'issue de l'effondrement, après que tout soit plus ou moins rentré dans l'ordre né du chaos, et les meneurs lavés de toute responsabilité pourraient même resserrer leur emprise esclavagiste sur les peuples.

Personnellement, je ne pense pas que cela arrivera, d’une part parce que l’ordre né du chaos sera à mon avis beaucoup plus créatif que l’ordre mondial imaginé par les meneurs, d’autre part parce que ces derniers sont beaucoup moins intelligents qu’il est d’usage de le penser, étant eux-mêmes menés par des entités qui exploitent leur bêtise et leur enfermement dans le parc de la pensée (voir Le pic de l’esprit page 274 où je rappelle en particulier qu’il n’y a aucun complot dans cette affaire).

Par ailleurs, l’effondrement du système financier déboucherait forcément pour beaucoup d’entre nous sur une grande joie libératrice, susceptible de transformer le mouvement des gilets jaunes en un immense mouvement de solidarité qui saura gérer la redistribution des richesses aux moments les plus difficiles que nous aurons à vivre : le pouvoir de l’argent sera dépassé.

Je peux avoir tort par excès d’optimisme et s'il était instrumentalisé, ce serait une véritable ombre au tableau de ce mouvement pourtant génial des gilets jaunes. La seule sauvegarde pour éviter ce scénario négatif est que les gilets mettent de la mesure dans leurs actions justes de manifestation et de revendication. Les gilets jaunes en sont capables et c'est ce qu'il font, comme par exemple avec leur demande du Référendum d'Initiative Citoyenne (RIC). Ils pourraient alors devenir des justes qui par leur action héroïque parviendraient à imposer une lente transformation du système qui finisse par mettre au grand jour des médias mainstream les véritables fléaux qui font de nous des esclaves et qui sont occultés depuis trop longtemps. Alors je sais que je rêve mais je connais aussi l'impact de ce genre de rève. Tout serait alors gagné d'avance et plus jamais un système fondé sur l'encouragement à faire de l'argent avec de l'argent, à spéculer ou à toucher des intérêts indus ne saurait parvenir à s'imposer à nouveau par la suite.

Je me plais ainsi à penser que le mouvement des gilets jaunes nous vient d'un futur où la France a réussi à changer le système.

Mais ce n'était qu'un rêve du futur inspiré par la coïncidence suivante:

"Le mouvement des gilets jaunes" est l'anagramme exact de:

"Le mouvement génial des justes"

 

08/12/2018

Onfray suite: Le pouvoir aux abois

LE POUVOIR AUX ABOIS

    Le pouvoir a usé et abusé de plusieurs stratégies pour  disqualifier le mouvement des gilets-jaunes. Il y a d'abord eu le traitement par le mépris: "Ca leur passera, c'est un genre d’éruption cutanée, ils finiront par rejoindre le rang! Il suffit de laisser pourrir, d'attendre, de tabler sur la fatigue." Un genre de variations sur le thème du: "Salauds de pauvres!" Mais ça n'a pas suffi. Ce petit peuple qui dit n'en plus pouvoir d'être étranglé par le pouvoir de l'État maastrichtien n'a plus rien à perdre: strangulé depuis des années, fatigué, épuisé, exsangue, harassé, éreinté, qu'a-t-il désormais à perdre? Plus rien...

   Il y a eu ensuite le traitement par le mensonge. Le ministre de l'Intérieur, ancien joueur de poker naguère très au fait des habitudes du milieu marseillais, y est allé fort: il a livré à la presse, qui s'est empressée de les reprendre et de les diffuser largement, des chiffres fantaisistes concernant les participations aux manifestations à la décimale près en expliquant que ce n’était rien, peu de chose, pas grand-chose. Les images avaient beau montrer le contraire à jet continu, rien n'y faisait: le pouvoir disait que c'était quantité négligeable -donc gens négligeables.

  Dans la foulée, il y a eu le traitement par la criminalisation. On a ainsi vu ce fameux Castaner posant dans un PC sécurité, avec des fonctionnaires aux ordres, en leur demandant devant les caméras de confirmer qu’il y avait bien eu un mort. La conversation ressemblait à ça: "Un mort, oui, c'est ça, j'ai bien entendu, il y a eu un mort, vous pouvez me confirmer qu’il y a donc bien eu un mort à cause des gilets-jaunes? C'est bien ça?" Or, s'il y a bien eu des morts, ils ne l’ont pas été du fait des gilets-jaunes, mais du fait de ceux qui, comme Castaner, refusaient les gilets-jaunes, et fonçaient dans le tas...

   Puis il y a eu le traitement par la diabolisation: on a parlé de fascisme, de vichysme, de poujadisme, de lepenisme, de populisme, de peste brune, d'antisémitisme, d'homophobie, de racisme. Libération et Le Monde, France-Inter et le service public audiovisuel dans sa totalité, ainsi que les journaux subventionnés par l'argent du contribuable, y sont allés comme un seul BHL! Mais cette technique qui a fait mouche pendant quelques années ne marche plus. Le peuple a compris les ficelles. Depuis qu'il en fait lui-même les frais et qu’il sait qu'il n'est ni fasciste, ni antisémite, ni nazi, ni homophobe, il comprend que ces éléments de langage sont préparés et distillés par les médias du système afin de le maintenir en place, et de n'y rien changer. Mais il y a eu mithridatisation: ce poison inoculé depuis des années ne produit plus aucun effet. C'est tout juste devenu l'eau bénite des maastrichtiens avec laquelle ils essaient en vain de conjurer ce qu’ils prétendent être le diable...

  Ajoutons aux forfaits déjà listés le traitement par l'attaque ad hominem: les journaux du système sont allés chercher des poux dans la tête de tel ou tel dont on cherchait le spécimen le plus à même de servir de repoussoir. Il y eut cette femme qui avait fait un tabac avec sa vidéo, tout au départ du mouvement, et dont on a vidé les poubelles afin de savoir s'il n'y avait pas chez elle quelque chose qui réjouirait la basse police intellectuelle. On a trouvé de l'hypnose   (comme chez Freud...), de la croyance à des propos assez peu scientifiques (comme chez Freud...), du complotisme (comme chez Freud...), mais comme elle ne se réclamait pas du docteur viennois, les journalistes parisiens qui habituellement souscrivent aux fictions de la psychanalyse trouvaient que, chez elle qui vivait en province et n'était pas diplômée en pensée magique freudienne, il n'y avait aucun crédit et que, de ce fait, c'est tout le mouvement qui cessait d'être crédible -chez ceux-là même qui, soit dit en passant, n'avaient jamais estimé une seule seconde qu’il fut ou crédible ou défendable... 

   Il fallut également compter avec le traitement par l'essentialisation. De sorte qu'un propos raciste tenu ici par un gilet-jaune qui bloque une voiture conduite par un non-blanc (on ne sait plus comment dire sans risquer la prison...) bien décidé à forcer le barrage, et voilà que c'est tout le mouvement qui est raciste!  Et l'on fait de même avec un gilet-jaune qui a tenu un propos homophobe après avoir estimé que le conducteur énervé d'un autre véhicule ne lui semblait pas hétérosexuel (toujours la crainte de la prison...), et voilà que tout le mouvement devient homophobe! Il est bien évident qu'il n'y a aucune espèce de tolérance à avoir à l'endroit de qui est raciste ou homophobe, antisémite ou phallocrate, mais, sur les millions d'électeurs de Macron, on pourrait également trouver des racistes et des homophobes: personne n'en conclurait, surtout pas les journalistes du système, que Macron lui-même l'était ou bien, pire encore, la totalité du mouvement En Marche!

  Pour suivre, il y a eu aussi le traitement par la déconsidération: il fallait absolument assimiler le mouvement aux casseurs. Consignes furent donc données aux forces de l'ordre de laisser casser: sinon, pourquoi aurai-je vu pendant si longtemps sur BFM des manifestants desceller des pavés de l'avenue des Champs-Élysées? Ce que les journalistes pouvaient filmer sans problème, en prenant leur temps, ce que les téléspectateurs pouvaient voir, bien assis dans leur fauteuil, les services de police pouvaient eux-aussi le voir, ils pouvaient donc agir, donner des ordres et empêcher que les pavés soient descellés.  Auquel cas, sans pavés descellés, il n'y aurait pas eu de forces de police attaquées, pas de vitrines de magasins défoncées, et rien de ce qui a permis aux journalistes de s'apitoyer longuement sur le spectacle déplorable, sur la violence des gilets-jaunes, sur leur vandalisme, sur leur sauvagerie... Qui était sauvage. Qui était vandale? Le président de la République, le Premier ministre, le ministre de l'Intérieur qui avaient les moyens d'empêcher la violence et qui s'y sont refusés afin de pouvoir ensuite l'instrumentaliser à des fins de déconsidération.

   De même a-t-on eu droit à un traitement par la dramatisation. Avec l’un d'entre les gilets-jaunes qui disait qu'il fallait marcher sur l'Élysée afin de pouvoir y être reçu pour présenter ses doléances, on fit une scène médiatique formidable: les gilets-jaunes voulaient faire un "putsch" fut-il dit. Un "coup d'État" ont ajouté d'autres! Il a suffi qu'on sorte le propos d'un autre qui voulait qu'on confie Matignon au général de Villiers pour que la presse effectue une nouvelle variation sur le thème du fascisme des gilest-jaunes.  Il n'est pas venu à l'esprit de ces journalistes qu’un réel putsch a vraiment eu lieu en France il y a quelques années: c'était le 29 mai 2005 et on le devait aux libéraux maastrichtiens, de droite et de gauche, quand ils ont jeté aux ordures le référendum par lequel 54,68 % des Français ont fait savoir qu'ils ne voulaient plus de cette Europe maastrichtienne libérale, qui a créé la paupérisation générant ce mouvement des gilets-jaunes. 

    Mépris, mensonge, criminalisation, diabolisation, attaque ad hominem, essentialisation, déconsidération, dramatisation: Emmanuel Macron ne recule devant rien quand il s'agit d'attaquer le peuple afin de défendre l'Europe maastrichtienne.

   L'image des blindés de la gendarmerie stationné en haut des Champs-Élysées renseigne bien sur ce qu’il en est désormais du pouvoir personnel d'Emmanuel Macron... Mais ce ne sont pas des véhicules militaires, a dit une crétine de BFM le samedi matin parce qu’ils n'étaient pas équipés de mitraillettes -des "sulfateuses" a même surenchéri un consultant expert de la chaîne! Il y avait presque un regret chez ces gens-là qu'on ne sulfate pas le peuple qui se contente de demander du pain.

Michel Onfray

 

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04/12/2018

Le sens de la révolte... (E. Juillot)

Gilets jaunes : Le sens d’une révolte, par Eric Juillot


 

Il est déjà possible de l’affirmer sans paraître présomptueux : le mouvement des Gilets-jaunes a réussi en deux semaines à marquer de son empreinte profonde la vie politique de notre pays. Tout laisse à penser en effet qu’il va entraîner une réorientation majeure du cours de notre histoire, bien qu’il soit impossible à ce stade d’en préciser le rythme et les modalités. Ce mouvement vient de loin, il obéit à des causes profondes et va déclencher une onde de choc dont les répercussions politiques et idéologiques bouleverseront l’ordre établi depuis plusieurs décennies.

UN MOUVEMENT INÉDIT

Chacun a pu le constater depuis le 17 novembre dernier, le mouvement des Gilets-jaunes est tout à fait inédit dans sa forme, pour au moins trois raisons : il est né spontanément d’une indignation et d’une colère vécues collectivement par des millions de Français ; il se développe hors de tout cadre institutionnel et exprime avec force son refus d’être « récupéré » par des partis ou des syndicats, tous soupçonnés a priori de vouloir le dénaturer du seul fait de leur appartenance à un système honni, dont ils ne sont au mieux que des opposants de façade ; il est le fait de citoyens ordinaires qui, pour la plupart, n’ont jamais appartenu à une formation politique et n’ont même pas l’habitude de manifester ; enfin, il est d’une ampleur nationale, tant par son extension à l’échelle du territoire (outremer inclus) que par la diversité sociale des manifestants (loin de se réduire aux seules couches populaires du pays).

Il a donc tout pour surprendre et déstabiliser les responsables politiques du pays, habitués depuis des décennies à gouverner en rond dans un tout petit monde idéologique.

ÊTRE À NOUVEAU UN PEUPLE

Ce qui frappe le plus lorsque l’on participe à ces réunions spontanées sur tous les ronds-points du pays, c’est peut-être, par-delà la colère, la joie qui anime les gens. Comme si le seul fait de sortir de chez soi, d’occuper l’espace public et d’engager des conversations à caractère politique avec des inconnus représentait déjà une fin en soi, le début d’une renaissance. Car cette expérience est d’un genre inhabituel : humaine et vivante, à la façon des manifestations sportives, mais ô combien plus profonde par sa dimension civique. Tous les Gilets-jaunes sentent en effet confusément qu’ils font à nouveau peuple pour la première fois depuis des décennies ; qu’un système par eux haï, qui croyait les avoir vaincus, est d’emblée délégitimé par leur apparition ; que, de citoyens virtuels, appelés à exprimer leur choix sous contrainte lors d’élections ponctuelles, ils redeviennent des citoyens réels, aptes à jouer un grand rôle dans la vie de la cité. Dans ces centaines d’agoras improvisées, chacun sent renaître en lui un authentique lien civique, la fraternité qui naît spontanément des discussions politiques. C’est une source de joie profonde, que cette parole libérée et échangée entre citoyens. Elle est la manifestation première d’un élan collectif d’envergure historique. En effet : arrivée à son terme, la crise générale de la représentation se résout sous nos yeux dans un processus spectaculaire d’incarnation spontanée du peuple, qui disqualifie irrémédiablement l’ensemble de ceux qui depuis trop longtemps affirment le représenter pour mieux l’amoindrir. Plus que d’un spasme, il s’agit d’un sursaut, d’un reflexe de salut public par lequel les citoyens de ce pays expriment avec une force retrouvée leur volonté de restaurer la puissance souveraine de la nation face à des dirigeants qui ont œuvré à l’étouffer depuis plus de trente ans. D’où la réaction allergique des Gilets-jaunes à tout contact avec des représentants syndicaux ou partisans ; ils craignent plus que tout de voir par eux leur entreprise comme d’habitude édulcorée et réduite à l’insignifiance.

DE L’ÉMOTION FISCALE À LA RENAISSANCE POLITIQUE

La crise est née d’un soulèvement spontané contre une taxe de plus, pesant cette fois sur le carburant automobile. Sans s’en rendre compte, le gouvernement, avec cette taxe, associait dans une configuration explosive deux sujets sensibles, la fiscalité et la liberté de déplacement. Les Gilets-Jaunes ont trouvé inadmissible qu’au prélèvement fiscal accru sur leurs revenus s’ajoutât une restriction de fait de leur mobilité, quand celle-ci est une partie intégrante de la liberté individuelle. Sur cette colère initiale s’est très vite greffée une protestation plus globale contre l’injustice fiscale perpétuée et amplifiée par le gouvernement d’Edouard Philippe : la réforme de l’ISF et de l’imposition du capital, l’inertie face à l’évasion fiscale des multinationales, l’incapacité à taxer les géants du numérique… Tous ces éléments ont conduit nécessairement à dénoncer l’inégale répartition de la charge de l’impôt.

Mais le mal est en fait beaucoup plus profond. La fiscalité ne constitue que la cause immédiate du soulèvement populaire. Ce dont nos dirigeants ne semblent pas se rendre compte à ce stade, c’est que la colère qui s’exprime est vieille de plus de trente ans. Trente années de frustration, de ressentiment et d’amertume face au déclin de la chose publique imposée à une France réticente par des gouvernants conformistes et veules, au nom d’une adaptation sans fin à la mondialisation et de la soumission nécessaire à une construction européenne prétendument salvatrice. Trente années de régression sociale, de dérégulation financière, d’affaiblissement économique et de recul de l’Etat dans tous les domaines. Trente années de colère rentrée qui explose soudain à la face de nos dirigeants, sidérés par la résurrection inopinée du peuple comme force politique directe et agissante. Aujourd’hui, par un juste retour des choses, se produit un brusque rappel à la réalité fondamentale de notre univers politique : il n’y a pas de démocratie sans démos. Qu’il faille rappeler cette évidence au point où nous en sommes rendus, voilà qui en dit long sur la dégénérescence politique, sur la dévitalisation de la démocratie qui a caractérisé les trois dernières décennies. Le peuple français, si longtemps humilié, méprisé, effacé même, par ceux qui faussement gouvernaient en son nom se réveille d’un long sommeil, sort de l’état de sédation profonde dans lequel on aurait aimé qu’il restât. Il a fallu pour cela que le système arrive au terme de son potentiel de destruction : élu par les 16% d’inscrits qui l’ont placé en tête au premier tour de l’élection présidentielle en 2017, Emmanuel Macron a mis en œuvre depuis dix-huit mois, et avec superbe, une politique qui ne profite vraiment qu’aux Français les plus riches, c’est-à-dire à 10 ou 15% de la population. Sous couvert de progressisme, il n’a fait qu’aggraver le délitement généralisé auquel le néolibéralisme nous condamne, tout en croyant sincèrement que le verbiage creux et la bouillie conceptuelle de ses discours allaient susciter l’enthousiasme et l’adhésion des masses. Ceux qui n’étaient pas prêts à en recevoir l’onction, les « Gaulois réfractaires », n’étaient dignes que de son mépris. Si Emmanuel Macron est indéniablement le président légal de la République française, il n’est donc pas évident qu’il soit un président légitime, tant sa politique porte atteinte aux intérêts d’une écrasante majorité de Français, et tant il semble se satisfaire du petit résidu de souveraineté que le système, dont il est un disciple zélé, accepte de lui laisser dans l’ordre économique. Qui peut croire que les Français vont accepter plus longtemps un pouvoir dont la capacité d’action se résume à des tripatouillages fiscaux, dans un sens inégalitaire de surcroît ? Les tenants de l’idéologie dominante pensaient pourtant avoir trouvé avec lui le candidat idéal, qui allait leur permettre d’atteindre la forme politique pure à laquelle ils aspirent : la forme sans contenu, celle d’un pouvoir réduit à l’état de simulacre, dès lors que ses attributs essentiels ont été placés hors de portée des citoyens, sur un sol étranger. C’est à ce processus de lente destruction que s’oppose aujourd’hui le peuple, dont les Gilets-jaunes ne sont que l’avant-garde active. L’immense majorité des Français les soutient et le gouvernement doit comprendre au plus vite que le basculement en cours a une portée historique.

UN MOUVEMENT RÉVOLUTIONNAIRE ?

Un parallèle s’impose en effet entre 2018 et 1788 : la dynamique révolutionnaire s’est enclenchée lorsque des éléments populaires ont décidé d’agir politiquement pour des questions d’impôts et de prix des produits de première nécessité. A l’injustice fiscale de l’Ancien Régime (impossible à réformer depuis l’échec de l’Assemblée des Notables en 1787) s’est ajoutée, dans l’hiver 1788-1789, la question vitale du prix du pain. 230 ans plus tard, les mêmes causes produisent les mêmes effets : un régime oligarchique sclérosé et aveugle se coupe du peuple sans même s’en rendre compte, et le prix de l’essence – qui s’est entre-temps substitué à celui du pain comme baromètre de l’humeur populaire – constitue l’élément déclencheur de la révolte. Quant au président Macron, il tient des trois rois chassés du pouvoir dans notre pays par une révolution populaire : comme Louis XVI, il va payer aussi pour ceux qui l’ont précédé ; de Charles X, il a l’arrogance hautaine et le mépris des gens ordinaires ; de Louis-Philippe, enfin, il tient la certitude d’être aimé par le peuple, une certitude alimentée depuis deux ans par le chœur des médias idéologiquement conformes qui ont alimenté sa tendance naturelle à l’autosatisfaction juvénile. Après 1789, 1830 et 1848…2018 ?

Si par révolution on entend une entreprise de destruction rapide et brutale d’un ordre politique et social ancien, alors le mouvement des Gilets-jaunes ne peut pas être qualifié de révolutionnaire. Loin de vouloir détruire la République, il entend la ranimer en restaurant la plénitude ses pouvoirs. « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément » dit notre Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen dans son article trois. C’est pour avoir oublié ce principe fondamental, pour avoir cru étrangement qu’il devait être dépassé que nos dirigeants se retrouvent aujourd’hui coincés entre, d’une part, les revendications d’un peuple trop longtemps floué et, d’autre part, les exigences du système technocratique et économique nommé « Union européenne » qui a phagocyté ou détruit des pans entiers de la souveraineté nationale. On comprend la stupéfaction actuelle des dirigeants français : habitués de longue date dans leur entre-soi à gouverner en mode mineur une France amoindrie, ils ne peuvent comprendre que le peuple soudainement se rappelle à leur souvenir pour exiger le retour sur son sol d’une souveraineté oblitérée par son transfert à Bruxelles et à Francfort. Qu’il aspire à être gouverné par des dirigeants exerçant en son nom la plénitude de ses pouvoirs, en lieu et place des bribes de souveraineté que le néolibéralisme bruxellois veut bien lui laisser, voilà qui a de quoi les laisser pantois !

SIDÉRATION ET INCONSISTANCE DU POUVOIR EN PLACE

Pour sortir de la crise, nos dirigeants doivent opérer dans l’urgence une prise de conscience d’une telle ampleur qu’il est malheureusement très peu probable qu’ils y parviennent. Leur audace intellectuelle ne s’étant jamais aventurée au-delà des lieux communs de l’idéologie dominante, ils réalisent soudain avec effroi qu’un gouffre s’ouvre sous leurs pieds et menace de les engloutir. Le président est tout à coup obligé d’admettre la complète faillite de son Verbe, lui qui glosait pourtant sur la dimension christique de son pouvoir en 2017. Les ministres de son gouvernement, frappés d’hébétude, se contentent d’ânonner rituellement et sans conviction les habituelles platitudes de la « nécessaire pédagogie », de la « concertation dans les territoires » afin de restaurer un « dialogue apaisé ». Comme s’il n’était question que de discussion ! Le peuple n’espère pas être entendu, il exige de l’être par ceux qui gouvernent en son nom. Sans doute nos dirigeants ont-ils déjà compris que quelques concessions d’ordre fiscal ne suffiront pas à calmer la colère populaire. Ils chercheront probablement à amadouer les citoyens avec un plan de plusieurs milliards d’euros à finalité sociale, censé soulager en partie le sort des plus démunis. Il leur suffira pour cela de procéder à un redéploiement des dépenses prévues pour ne pas subir les foudres de Bruxelles, le ministère de le Défense, par exemple, étant tout désigné pour jouer comme à l’accoutumée le rôle de variable d’ajustement. Une telle réponse permettrait de préserver quelques années encore l’ordre établi. Il n’est pas certain toutefois qu’elle suffise.

ENTRE SURSAUT IMPROBABLE ET CRISE DE CIVILISATION

Les ministres ont à plusieurs reprises affirmé qu’il était difficile de savoir ce que voulaient au juste les Gilets-jaunes, tant leurs revendications sont diverses et parfois confuses. Il est pourtant possible de les résumer en une seule idée : ils veulent que le gouvernement adopte une politique économique exactement inverse de celle qu’il a menée jusqu’à présent. Cela suppose de remplacer une politique de l’offre inepte et destructrice – les décennies écoulées en sont la preuve irréfutable – par une politique de la demande, c’est-à-dire par un grand plan d’investissement public, de plusieurs dizaines de milliards d’euros, destiné à stimuler la croissance, à créer massivement des emplois, à financer la transition écologique et à restaurer, enfin, les fonctions dégradées de l’Etat républicain. Pour être efficace, un tel plan implique nécessairement de faire sauter le verrou européen, de s’affranchir des contraintes communautaires. Dans l’idéal, il faudrait recouvrer notre souveraineté monétaire, reprendre le contrôle de la banque centrale et instaurer temporairement des restrictions à la libre circulation des capitaux. Autant dire engager une révolution idéologique et institutionnelle qui balaierait l’essentiel de l’UE. Nos dirigeants sont-ils assez armés intellectuellement et moralement pour procéder à une opération d’une telle ampleur ? Peuvent-ils même la souhaiter ? La réponse est évidemment négative et c’est tout le drame de la France aujourd’hui : un peuple passionnément politique fait face à un gouvernement qui ne l’est plus vraiment. Comment ceux qui nous dirigent pourraient-ils en quelques semaines jeter les bases d’un cadre économique radicalement différent de celui qu’ils ont patiemment façonné depuis des décennies, et dont ils ont fini par croire qu’il était le seul concevable ? Ceux qui, dans les premiers temps, nourrissaient des doutes à son sujet n’avaient qu’à se prosterner dans les temples de la nouvelle religion européiste pour s’en trouver allégés. Aujourd’hui, tous les responsables politiques et syndicaux sont des partisans inconditionnels de la construction européenne ; tous sont aveugles à ses échecs ; tous sont d’une foi à l’égard de leur idole qui dépasse celle des païens les plus primitifs. Sur toutes les questions essentielles, ils ont pris l’habitude de sacrifier systématiquement le peuple au projet européiste ; ils ont sapé méthodiquement, au nom de l’« Europe » rédemptrice, les conditions indispensables au développement et à l’expression de la démocratie en France. Cela a pu fonctionner aussi longtemps que les dégâts sociaux provoqués par leur leurs choix funestes étaient contenus par la solidarité nationale, au prix d’un endettement croissant. Cela ne peut plus tenir dès lors qu’au-delà des couches populaires, les classes moyennes se délitent par le bas et protestent contre ce que leur pays est en train de devenir. Techniquement possible, la restauration d’un ordre économique souverain est cependant devenue inconcevable politiquement pour nos représentants. Entre le peuple et l’UE, acculés, il leur faut pourtant choisir, car le temps où l’on pouvait se payer de faux-semblants est, depuis deux semaines, révolu.

Eric JUILLOT, professeur d’histoire-géographie au collège Arthur Rimbaud de Nemours

E Chouard (Gilets jaunes): Référendum d'initiative populaire...

Réflexions sur ce magnifique élan populaire des #giletsjaunes : il ne faut pas accepter d’être représentés, il faut apprendre à constituer.

Je crois que, si ce mouvement populaire des #giletsjaunes est représenté, il sera rapidement trahi et dévoyé : quel que soit leur mode de désignation (élection ou tirage au sort ou autre), les représentants ne seront pas achetés, bien sûr, mais INTIMIDÉS ET TROMPÉS (malgré leur honnêteté et leur bonne volonté) par un pouvoir qui sait très bien corrompre, à huis clos, par la PEUR et par le MENSONGE, plus que par l’appât du gain : tout ce qu’il faut au pouvoir pour corrompre cette révolution grandissante de gilets jaunes, ce sont des représentants.

Alors que, si ce mouvement sait refuser toute forme de représentation, il reste insaisissable (et donc invulnérable), ce qui lui donne le temps de faire monter, par éducation populaire, le niveau de conscience et d’exigence au sein de CHACUN des simples citoyens qui composent le mouvement.

Il faut que, sur les ronds-points et sur tous les points de rassemblement, les électeurs se transforment TOUT SEULS en citoyens constituants, de façon autonome, sans sauveur, sans leader, sans intellectuel de référence, toutes personnalités qui seraient autant de talons d’Achille pour discréditer le mouvement.

Cet immense mouvement est une chance historique, pour une *multitude* d’électeurs infantilisés, de se métamorphoser SANS L’AIDE D’AUCUNE AUTORITÉ MORALE RASSURANTE en *peuple* de citoyens dignes de ce nom, c’est-à-dire en constituants.

La colonne vertébrale de ce mouvement volontairement désorganisé (pour rester incorruptible) devrait être une et UNE SEULE IDÉE forte et radicale, qui serait une bonne cause commune, vraiment commune et vraiment capable à elle seule d’entraîner ensuite tous les bouleversements nécessaires de justice sociale.

À mon avis, cette idée centrale et décisive devrait être : « CE N’EST PAS AUX HOMMES AU POUVOIR D’ÉCRIRE LES RÈGLES DU POUVOIR ; SI ON VEUT UNE VRAIE PUISSANCE POLITIQUE POPULAIRE, IL NOUS FAUT UNE VRAIE CONSTITUTION, ET IL FAUDRA APPRENDRE À L’ÉCRIRE NOUS-MÊMES. »

Les gilets jaunes semblent, ces jours-ci, choisir le RIC (référendum d’initiative citoyenne) comme cause commune et c’est déjà tout à fait inespéré et enthousiasmant — même si ce sera sans doute insuffisant (car le fait d’avoir acheté TOUS les médias permet aux puissants d’intoxiquer l’opinion et donc de dévoyer tous les RIC). C’est déjà un pas immense vers la métamorphose en constituants que d’être d’accord pour faire de l’institution du RIC une priorité nationale non négociable.

De la même façon qu’il ne faut surtout pas élire une assemblée constituante (parce que l’élection est une démission), il ne faut pas accepter d’être représenté : il faut exiger de voter.

ÉLIRE N’EST PAS VOTER, c’en est même la négation. Un citoyen digne de ce nom vote lui-même les lois auxquelles il consent à obéir.

Bon courage à tous, le peuple uni ne peut pas perdre : restez soudés sur l’idée.

Étienne Chouard.

#pasdedémocratiesanstirageausort
#pasdedémocratiesanscitoyensconstituants

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PS : la multiplication des gilets jaunes posés sous les pare-brises des autos est très spectaculaire à la campagne et TRÈS MOBILISATRICE, c’est vraiment une chouette idée 

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PPS : si on mélange la revendication du RIC avec d’autres revendications, c’en est fini du RIC ! Les élus savent parfaitement que le RIC est une arme redoutable pour le peuple contre leur tyrannie, et je pense que les politiciens et les « journalistes » préféreraient tous mourir plutôt que l’accepter… DONC, si on défend plusieurs revendications, le RIC sera évidemment mis de côté et enterré par nos maîtres et nous serons « Gros-Jean comme devant »… ALORS QUE nos maîtres ne pourront pas nous tromper de la sorte si le RIC est LA SEULE REVENDICATION, absolument prioritaire et non négociable. Ils ne peuvent pas avouer pourquoi ils détestent le RIC.

03/12/2018

Uranus rétrograde

Je fais remonter ci-dessous un article posté en mai lors de l'entrée d'Uranus en Taureau.

Le 17 Novembre Uranus , revenu en rétrogradation à la toute fin du Bélier, était  à 29°36' et aujourd'hui  Dimanche 2 Décembre, il est à 29°06'.

Il ne redeviendra direct que le 6 Janvier prochain.

Il y a eu certes un gros séisme en Alaska, mais on peut  noter que cette rétrogradation d'Uranus sur le premier degré du Taureau coïncide avec le mouvement des Gilets Jaunes, mouvement de protestation populaire spontané, soutenu par l'opinion.

Lors de la première entrée d'Uranus en Taureau au printemps dernier , Priscilla Ludovsky, une des figures des Gilets Jaunes  avait lancé ( le 29 mai 2018 précisément)une pétition pour «une baisse des prix du carburant à la pompe», (signée depuis par 1,1 million d'internautes). Le parallèle est donc précis.

 

Ce mouvement répond précisément aux caractéristiques de la planète Uranus

             -notion de collectif  , mouvement citoyen, transversal, apolitique

             -spontanéité , imprévisibilité (venu des réseaux sociaux)

             -absence de chefs et d’organisation structurée hiérarchisée

             -possibilité d'explosion violente en cas de refus

 

La symbolique de cette planète est la destruction puis le remplacement des systèmes anciens qui n'ont pas su s'adapter, et sont devenus trop rigides.

Uranus, c'est la Révolution , c'est l’élimination des tyrannies ( des taxes, de la finance internationale, de l'oligarchie technocrate) 

C'est le renversement des dictatures, des pouvoirs auto-proclamés  par “La Révolution des Consciences”.

Exactement ce dont parlent et discutent les gilets jaunes, sur Internet et sur les rond-points.

 

A noter également un important mouvement analogue en Inde: une marche géante des paysans contre les inégalités extrêmes.Entre autres choses, les paysans demandent des abandons de créances et de meilleurs prix pour leur production.

C'est tout le système économique libéral extrèmement injuste mis en place par la mondialisation qu'Uranus semble vouloir ébranler en Taureau.

 

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C'est ce mercredi !

(note: le 15 mai 2018)

 

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et Mars entre en Verseau en formant un carré parfait, du coup...

Il s'agit d'une première incursion qui sera suivie de rétrogradations , plus précisément:

  • le 8 août 2018 : Uranus rétrograde à 2° en Taureau
  • le 6 novembre 2018 : Uranus rétrograde revient en Bélier
  • le 6 janvier 2019 : Uranus redevient direct à 28° en Bélier
  • le 6 mars 2019 : Uranus entre à nouveau en Taureau jusqu’au 26 avril 2026

Les entrées d’Uranus au premier degré d’un signe sont parfois synchroniquement spectaculaires. Lors de son entrée en Bélier, le 12 mars 2011, il y eut au même moment l’explosion d’un réacteur nucléaire de Fukushima au Japon, à la suite d'un séisme de magnitude 9 et du raz de marée qui suivit.

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Uranus est l'éveilleur et le briseur de chaînes... (Il évoque l'originalité, l'indépendance).

Il est associé pour la vie extérieure aux changements brutaux, imprévus, aux révolutions, aux inventions (venues du futur) et pour la vie intérieure à la conscience haute et fine (éclairs de génie, intuition fulgurante, octave supérieure de l'intelligence déductive mercurienne, ).

Le Taureau est un signe créateur, fécond et féminin, à la force tranquille  et stable.Il préfère toujours la sécurité et s’en tenir à ce qu’il sait. Il est matériel: agriculture, monnaie, mode, arts concrets, sculpture, architecture, santé et sensualité du corps.

Comment ces deux opposés dans la symbolique vont-ils pouvoir se combiner dans la réalité actuelle?

Au négatif, on est dans la symbolique du krach boursier, ou du tremblement de terre.

(le négatif advient quand il y a une résistance au changement).

Au positif, dans l'invention, l'innovation ou la révolution pour tout ce qui concerne l'agriculture et l'alimentation saines, les finances (Bourse), la Terre (Nature, dépollution).

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On attribue assez souvent (en fonction de leurs thèmes horaires) les pays suivants au Taureau:

Suisse, îles Grecques, Chypre, Irlande, Iran. 

A noter que la Californie est devenue le 9 septembre 1850 le 31e État de l’Union, Uranus était alors au même degré du zodiaque (29°50' du Bélier, rétrograde). Le système de failles de San Andréas en Californie pourrait subir un séisme (depuis longtemps redouté) en cette période.

 

uranus,taureau,carré uranus mars

 

A suivre donc...

Quelques pistes de réflexion sur Uranus et le Taureau

NB du 22 mai

1/

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Le Kilauea est l'un des volcans les plus actifs du monde et l'un des cinq que compte l'île de Hawaï, la plus grande de l'archipel. Son éruption le 3 mai a entraîné l'évacuation de quelque 2.000 personnes de leurs maisons. Les scientifiques estiment que l'activité volcanique est peut-être annonciatrice d'une éruption majeure similaire à celle du milieu des années 1920.

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2/ Depuis une dizaine de jours, la terre ne cesse de trembler à Mayotte.

Ajout du 4 Juin:

3/ Eruption du Volcan de Feu au Guatémala le 3/6 au moins 60 morts aux dernières infos.

Ajout du 30 Juillet après l'éclipse lunaire (conjointe à Mars carré à Uranus)

4/ - Indonésie 29 Juillet : l’île touristique de Lombok secouée par un séisme meurtrier (ici)

-Incendies en Grèce depuis 6 jours près d'Athènes : le bilan s’aggrave, au moins 91 personnes sont mortes (ici)

-Californie: Quatorze incendies ont fait six morts et gagnent rapidement du terrain en Californie (ici).

 

 

29/11/2018

On en a gros... (lol)

source

27/11/2018

25/11/2018

Paupérisation


  "A l’heure où la France pauvre et modeste des Gilets jaunes fait savoir ses difficultés à se nourrir, à se loger, à se vêtir et son impossibilité d’offrir des sorties, des loisirs ou des vacances à ses enfants, Carlos Ghosn, grand patron français (mais aussi brésilien et libanais, il a la triple nationalité), se fait arrêter au Japon parce qu’il fraude le fisc… Pauvre chéri : il ne gagnait que 16 millions d’euros par an ! Il lui fallait bien mettre un peu d’argent de côté s’il voulait survivre un peu…

  J’y vois un symbole de la paupérisation induite par ce libéralisme que Mitterrand fait entrer dans la bergerie française en 1983 avec les intellectuels médiatiques du moment, Nouveaux Philosophes en tête. Des pauvres de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux, puis des riches de plus en plus riches et de moins en moins nombreux : voilà ce qu’est la paupérisation. L’Empire maastrichtien est la créature des clones de Carlos Ghosn qui paupérisent à tour de bras. Macron est l’un d’entre eux.

Les journalistes des médias dominants clament partout que le message des Gilets jaunes est confus, invisible, illisible, divers, diffus, multiple, contradictoire : non, il ne l’est pas. Il est même très clair : ce que dénoncent les Gilets jaunes, c’est tout simplement cela : la paupérisation.

  On le voit dans les reportages, ce peuple-là n’est pas doué pour la rhétorique et la sophistique, la dialectique et la parole. Il dit simplement et clairement des choses simples et claires que les diplômés des écoles de journalisme, de Science Po, de l’ENA ou de Normale Sup ne comprennent pas parce que ça dépasse leur entendement. Ils sont pauvres et l’engeance qui tient le pouvoir, politique, médiatique et économique, ne sait pas ce que signifie faire manger une famille avec 5 euros par repas. Ils ne le savent pas…"

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