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12/12/2015

Sorcières, wicca, païennes...

wicca, sorcellerie

La Wicca
est une religion de sorciers et sorcières basée sur deux aspects fondamentaux:


-la Déesse représente le féminin présent en toute chose, éternelle, elle n'a donc ni commencement, ni fin...
C'est autant la Vierge que la Mére ou la Vieille...
On peut la nommer Diane, Brigid, Asthartée, Hécate, Cerridwen, Mélusine, Aphrodite ou Isis

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-le Dieu
( cornu à la manière d'un cerf, nommé parfois Cernunnos, Herne ou Pan)
représente le masculin il connaît, lui, mort et renaissance.
La puissance créatrice de l'univers s'est manifestée à travers la polarité masculine et féminine, c'est une des sources de l'énergie utilisée dans la pratique de la magie.Tout être de la nature connaît cette ambivalence, le symbole le plus parfait pour d'autres religions est le Yin et le Yang, (ou Soleil et Lune) elles se mêlent et s'entrelacent, comme le font le jour et la nuit, la magie blanche et la magie noire.
A l’équinoxe de printemps Beltaine célèbre les noces sacrées de la Déesse et du Dieu.

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La Wicca est une religion polythéiste, panthéiste et animiste, tolérante, elle ne cherche pas ni à être la meilleure, ni à être la seule, jamais un wiccan ou une wiccane ne discutera de ce point avec des pratiquants d'autres religions. De nombreux dieux et déesses peuplent les cieux des sorciers, chacun y trouvera un guide particulier selon ses attentes.
Les rites de sorcellerie sont pratiqués pour se mettre en accord avec les rythmes naturels de la vie marqués par les phases de la lune et les quatres saisons.
Il est primordial de vivre en harmonie avec la nature et les 4 éléments.
La Wicca reconnait une puissance plus grande que celle qui apparaît dans le quotidien. Elle est dite parfois surnaturelle mais est pourtant trés naturelle.

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La Wicca ne reconnait pas l'existence d'un principe absolu du mal qui serait par exemple représenté par des entités comme «Satan» ou «Diable», dans la tradition chrétienne.Elle ne reconnait pas de vertu particulière à la souffrance.

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La Wicca recherche dans la nature ce qui contribue à notre santé et notre bien-être, la réalisation de nos désirs sans nuire à quiconque.

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En savoir plus

11/12/2015

Zen

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Un peu de grâce dans ce monde cruel...

07/12/2015

Citation du jour

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10/09/2015

Le mystère Fulcanelli

19/08/2015

Réflexologie plantaire

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  • La Manupuncture est une forme de Réflexologie.
  • Selon la médecine chinoise, chaque organe, glande, partie du corps ou fonction physiologique correspondrait à une zone ou un point sur les mains, les pieds ou les oreilles.


  • Un toucher spécifique, sous forme d'accupressions (pressions des mains et des doigts), appliqué sur ces zones, permettrait ainsi de localiser les tensions et de rétablir l'équilibre du corps.


  • D'après la médecine chinoise, la réflexologie libérerait les facultés d'auto-guérison de l'organisme et permettrait de soulager divers troubles sans traitement médicamenteux.

 

source

03/01/2015

La société de l'indécence...

Consumérisme dévoyé, obsolescence programmée, marketing amoral, jeunisme, féminisme, famille etc...

Le triomphe des épiciers.

Propos sur le livre " La société de l'indécence", de l'américain Stuart Ewen.

source:

http://www.meridien-zero.com/

 Conseil: pour éviter les pubs de plus en plus insupportables, regardez les vidéos directement sur le site-source, ou ajouter Adblock Edge sur Firefox.


La société de l'indécence partie 1 par cdmanon

 


La société de l'indécence partie 2 par cdmanon

13/11/2014

Le père Noël et l'hérétique...

Mercredi 10 novembre 2010

http://www.gilad.co.uk/writings/robert-wyatt-gilad-atzmon-in-haaretz.html

"Le quotidien israélien Haaretz a publié une longue interview de Robert Wyatt et de moi-même. C’est un texte très intéressant. Je mentionne, par ailleurs, que ce journal israélien ne m’a pas censuré. Il m’a permis de parler de tout : des juifs, du judaïsme, de la judéité, de la gauche juive, du sionisme, de la barbarie collective israélienne, etc, etc."

Gilad Atzmon

Hantés par des fantômes
Yaron Frid

in Haaretz

http://www.haaretz.com/weekend/magazine/haunted-by-ghosts-1.319263

Le saxophoniste se revendiquant antisioniste Gilad Atzmon et la légende du rock progressif Robert Wyatt ont décidé de s’allier pour produire de la magie musicale et du « bruit politique ».

En 1963 un bébé nous est né, en Israël. En 1972, un homme est tombé du troisième étage (ou du quatrième, les opinions divergent), en Angleterre, en pleine nuit. Tous deux ont décollé sur les ailes de la musique et la vie allait organiser, un beau jour, une rencontre étonnante entre eux.

[ Chanson Les Fantômes à l’intérieur

par Gilad Atzmon
http://soundcloud.com/gilad-atzmon/the-ghosts-within ]

C’est une histoire triste, accompagnée d’une bande son déchirante composée de la plainte d’un saxo et du pleur d’une clarinette. C’est l’histoire de personnes déplacées sans pays de rechange, mettant en scène des criminels de guerre, des chasseurs de nazis et Dieu, dans un rôle de camée tempéré par de larges rasades d’ironie et quelques miettes d’espoir.

Matin. Pluie. Grève des trains. Soho, Londres.

Qui est ce gars massif claquant la langue, dans ce café italien, en train de s’envoyer un sandwich au schnitzel (arrosé de thé), qui m’accueille avec des compliments du genre : « Alors : toujours pas de lumière, au bout du tunnel israélien ? » ou encore : « Je pense qu’il y a quelque chose d’intenable, tout simplement intenable, dans le fait que les juifs, qui ont tellement souffert de discrimination raciale, aient été capables de créer un Etat fondé sur des lois racistes » ? Et, pour faire bonne mesure : « Je suis à mort contre l’existence de l’Etat juif ».

Le jour vient de se lever (je le rappelle, juste au cas où…).

Good morning à vous aussi, Gilad Atzmon !

Le fait que ce café soit situé en face du célèbre club de jazz de Ronnie Scott donne un indice subtil au sujet de l’identité d’Atzmon, un des musiciens de jazz les plus célébrés et les plus demandés au monde, qui ne cesse de gagner en gloire – ou de la détruire totalement, cela dépend de celui à qui vous posez la question – quand sa bouche n’est pas occupée à autre chose, comme, par exemple, à souffler dans un saxophone (ou à mâcher un schnitzel).

 

wyatt,atzmon

 

Atzmon affirme s’occuper non pas de politique, mais d’éthique. Dans son cas, ce n’est peut-être pas là simple question de sémantique. Ou de cosmétique.

Mais nous sommes venus ici pour parler de musique. Et de beauté. « Cette beauté qui jaillit tout simplement de vous », dit-il, « sans effort, inconsciemment, dans les instants les plus merveilleux de créativité et, quand cela se produit, vous comprenez que vous n’êtes qu’un transmetteur de l’esprit, de quelque chose qui vous dépasse, sur lequel vous n’avez absolument aucun contrôle. Je n’ai aucun rapport, personnellement, avec cette beauté. Moi, je mange des schitzels, c’est tout. Je ne suis que le messager. Je ne cherche pas la beauté ; c’est la beauté qui me trouve et qui, à travers moi, trouve son chemin vers le monde… ».

Et il y a plein de beauté qui trouve son chemin dans le monde, dans « Pour les Fantômes à l’intérieur de nous », le nouvel album publié par Atzmon et ses partenaires musicaux, un album qui a d’ores et déjà fait l’objet de recensions dithyrambiques dans la presse musicale britannique, qui le saluent comme « la surprise de l’année », avec des descriptions extatiques d’anges pénétrant dans le cœur de l’auditeur. Dans cet album, Atzmon a collaboré, en tant qu’instrumentiste, que compositeur, qu’arrangeur et que producteur musical, avec Ros Stephen et Robert Wyatt.

Oui, vous avez bien lu : le grand Robert Wyatt himself. Un personnage culte, un des pères et des pionniers du rock progressif. L’un qualifie l’autre de génie, et réciproquement : « Nous avons conclu un pacte mutuel de génie », s’amuse Atzmon, tandis que Wyatt dit : « C’est un énorme honneur pour moi, et ça n’est absolument pas évident que Gilad ait accepté de travailler avec moi. Gilad est un musicien étonnant, étonnant ».

Mais, à en juger par les gens avec lesquels Wyatt a travaillé – Jimi Hendrix, Mike Oldfield, David Gilmour, Paul Weller, Syd Barrett, Brian Eno, Bjork (une « créature céleste », a soupiré Wyatt) entre autres, il est évident que l’honneur est également, à n’en pas douter, pour Atzmon.

Celui-ci a joué avec Paul McCartney, mais sa collaboration avec Wyatt, soixante-cinq ans, unique objet de son admiration qui traverse les goûts musicaux, les générations et les catégories sociales (tout juste à l’instar de Thom Yorke, de Radiohead), c’est quelque chose, dans le genre promotion et certificat d’honneur, qui ne fait que bétonner encore davantage le prestige d’Atzmon dans l’industrie musicale britannique.

Wyatt est cet enfant terrible hippie qui est aujourd’hui un gourou à barbe blanche, une sorte de trésor national secret, un authentique survivant, quasi inclassable. Percussionniste du groupe Soft Machine (d’où il s’est fait jeter – jusqu’à ce jour il affirme qu’ « il n’y a rien de pire, dans l’existence, que l’humiliation ») et dans le groupe Matching Mole, il est né pour la seconde fois en tant que chanteur créateur de chansons après être tombé de cette fameuse fenêtre, à Londres, durant une biture qui avait échappé à tout contrôle (Pink Floyd avait immédiatement rallié sa cause, organisant un concert de charité afin de l’aider). Cette chute vertigineuse l’a condamné au fauteuil roulant à vie.

Rares sont les musiciens à avoir connu un tel cursus : psychédélique, punk, post-punk, avant-garde, fusion et, aujourd’hui, jazz « clean », avec ses propres figures de style.

Wyatt a épousé Alfreda (Alfie) Benge, qui est venue de Pologne en Angleterre en tant qu’enfant réfugiée de guerre. Elle crée les illustrations ornant ses albums et elle a jadis écrit une chanson au vitriol au sujet de l’alcoolisme de son compagnon (qui se serait défait de son addiction, mais ça n’est pas vraiment sûr) qu’elle appelle « son grand bébé », alors que lui, il l’appelle « la face sombre de ma Lune ». Il enregistre ses albums, qui ne sont comparables à rien, et qui sont toujours accueillis comme des « événements », dans un studio aménagé chez lui. Il a une voix au vibrato particulier (une sorte de marque de fabrique) que le compositeur et musicien Ryuichi Sakamoto a qualifié « de son le plus triste qui soit au monde ». Wyatt a survécu à des périodes de dépression sans fond, suicidaire et durant des décennies entières, il a fait tout son possible pour ne pas jouer ‘live’. (« A mon avis, il a le trac », dit Atzmon).

Au cours d’une interview accordée au Guardian en juin 2009, Wyatt a distingué Atzmon, qu’il a qualifié de « plus grand artiste vivant », notant que celui-ci est « né en Israël, que, personnellement, je préfère appeler la Palestine occupée ».

Atzmon, quant à lui, dit que Wyatt est « un génie du genre de ceux que Kant décrit si bien : un génie qui, apparemment, n’y est pour rien dans son propre génie, un génie qui crée, apparemment, de la beauté à partir de rien, ex nihilo. Il est totalement transparent. Alors, à travers lui, vous voyez la lumière… »

 

 

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La tranquillité avant l’orage

Leur histoire d’amour a commencé « il y a environ dix ans », dit Atzmon. « Lors d’un festival, une femme du nom d’Alfie est venue me voir et m’a dit que son mari était musicien, qu’il aimait ma musique, mais qu’étant très timide, il n’osait pas venir me parler.

« Mais qu’il vienne, il n’y a pas de problème », lui répondis-je. Robert s’approcha alors de moi, il me dit qu’il était musicien amateur (ou qu’il pianotait, quelque chose dans ce genre, car il est extrêmement modeste) et il m’a donné sa carte de visite. Je n’avais pas la moindre idée de qui il était et j’ai mis cette carte de visite dans ma poche, sans même l’examiner. Peu après, quelqu’un m’a demandé de quoi j’avais parlé avec Robert Wyatt…

Je me suis exclamé : « La vache, sans déconner ? C’était Robert Wyatt ?!! Dire que j’ai grandi avec sa musique !! »

Ils se sont mutuellement invités en tant qu’artistes dans leurs albums respectifs, y compris ceux  de Wyatt, qui firent un tabac, en 2003, ‘Cockooland’ et ‘For the Ghosts Within » (la chanson « The Ghost Within » comporte plus d’une allusion à des Palestiniens se tenant assis sous des oliviers, attendant la rédemption sur les rives de la Rivière de la Honte). L’album est sous le label très tendance Domino, l’orchestre inclut les Arctic Monkeys. Wyatt y adopte le rôle du chanteur maison, il y exécute des interprétations bouleversantes de standards jazzistiques tels que dans « In a Sentimental Mood », ainsi que de nouveaux morceaux composés et arrangés par Atzmon et le violoniste Ros Stephen. Le résultat est quasiment une affaire familiale (l’épouse de Gilad, Tali, chante un solo merveilleux et celle de Bob, Alfie, a écrit une partition puissante, tandis que la compagne de Ross fait partie des musiciens). Tendre et mélancolique, cet album n’est qu’une partie de la panoplie des contradictions illusoires et élusives d’Atzmon, lequel est à la fois hanté par des fantômes et des démons et rempli de gentillesse et de rage, de naïveté et de profondeur, d’entêtement et d’ouverture, d’irascibilité et de tranquillité.

« La première fois où je l’ai invité à jouer sur un de mes albums », se rappelle Wyatt, « Gilad m’a mis en garde sur le fait que cela risquait de poser problème. Je ne pense pas qu’il recherche délibérément les anicroches : c’est elles qui finissent par le trouver… Mais cela ne m’a pas dissuadé. J’ai déjà été traité de « stalinien » ou de « traître », voire pire, simplement parce que je n’étais pas d’accord avec la politique étrangère du gouvernement britannique. Mais ça n’est rien, comparé à l’assassinat en règle dont est victime Gilad. Il prend énormément de risques avec ses remarques, dont la plupart sont extraites de leur contexte ou présentées de manière biaisée, si bien que son intention réelle ne peut être comprise correctement.

« Personnellement, je ressens parfois le besoin de protéger Gilad », poursuit Wyatt » ; « c’est presque de l’instinct paternel – après tout, Gilad pourrait être mon fils. Mon amitié pour lui est une des choses les plus importantes et les plus chargées de sens qui me soient arrivées dans la vie. Je l’aime vraiment. Et j’admire son courage. D’aucuns le qualifieront de brouillon et de désinhibé, mais il ose dire des choses que personne d’autre que lui n’oserait dire. Personnellement, j’en mourrais de trouille. Il reçoit des menaces de mort, mais j’espère que cela n’est pas sérieux. Il n’apprécie pas les manifestations de haine à son encontre, mais s’il cause de la peine ou de la haine, il n’en a rien à cirer, parce que c’est sa vérité et, contrairement aux hommes politiques ou aux diplomates, Gilad est engagé vis-à-vis de sa vérité. C’est quelqu’un de tellement doux, vraiment : il ne ferait pas de mal à une mouche… et j’apprécie sa chutzpah, je la trouve fantastique. Il y a chez lui quelque chose de la tradition des grands comiques juifs, comme Lenny Bruce, qui n’ont jamais peur de heurter les gens. »

Ce serait une grossière erreur que de croire que la musique d’Atzmon serait marginale et négligeable en comparaison de tout le bruit qu’il s’arrange pour créer vingt-quatre heures sur vingt-quatre en tant que militant pro-palestinien antisioniste populaire et célèbre. Sa musique est importante, superbe, incomparablement sublime et reconnue pour telle par plusieurs grands prix internationaux.

« Je joue toujours à guichet fermé, où que ce soit dans le monde entier », explique le jazzman le plus occupé de Grande-Bretagne, presque sèchement. Mais ne nous y trompons pas. Même quand Robert Wyatt chante « At Last I Am Free » (Enfin, je suis libre), dans le nouvel album, pour ne pas mentionner le rab arabe : « People dying of thirst/ People are dying of hunger/ We haven’t forgotten/ And we won’t forget until the day we return » (Des gens mourant de soif/ Des gens mourant de faim/ Nous n’avons pas oublié/ Et nous n’oublierons pas, jusqu’au jour de notre retour »), ou cette « flûte de berger palestinienne », un des instruments dont Atzmon joue dans cet album, d’après le fascicule qui l’accompagne, le bruit finit toujours par pénétrer, si ce n’est par la porte, alors, par la fenêtre, et Atzmon ne se fatigue pas beaucoup, c’est le moins que l’on puisse en dire, pour l’en chasser.

Pathétique et absurde

Gilad Atzmon, qui est né à Tel Aviv en 1963, a grandi à Jérusalem. « J’ai eu une enfance laïque normale », dit-il, « avec un grand-père de droite, tendance Jabotinsky. Je n’avais pas honte de lui, absolument pas. Je comprenais d’où il venait. Je savais d’où je venais, moi aussi ». Il effectua le plus gros de son service militaire dans l’orchestre de l’armée de l’air, après une courte période où il fut médecin militaire. « Durant la première semaine de la guerre au Liban, en 1982, j’ai vu beaucoup de soldats blessés, mais contrairement aux rumeurs qui courent ici ou là, cela ne fut pas le tournant de ma vie. Je pense que le grand changement, en réalité, a commencé à se faire en moi quand j’étais dans l’orchestre ; nous étions allés à Ansar, ce camp de concentration » - une prison construite par l’armée israélienne au Liban –, « c’est alors que j’ai pris conscience du fait que je ne me trouvais pas dans la bonne armée »…

En Israël, il jouait de la musique et il fut le producteur musical des chanteurs et chanteuses Yardena Arazi (tu parles d’une diversité : chapitre I : Arazi ; chapitre II : Wyatt !...) – Si Himan et Hehuda Poliker, entre autres.

« Poliker m’a ouvert les oreilles à la musique grecque et il m’a influencé, musicalement. Ma musique est populaire, en Grèce – plus que la sienne, je dois bien le dire – mais la Grèce, comme le monde entier, d’ailleurs, est en train de se déliter, si bien qu’elle ne pourra pas m’être d’une bien grande aide… »

En 1994, Atzmon forma le projet d’aller étudier à l’étranger, à New York ou à Chicago, mais il finit par se décider pour une université anglaise qui proposait un programme intéressant combinant la psychanalyse, la philosophie et l’histoire de l’art. « Je n’avais l’intention de quitter le pays pour cinq ou six ans, rien de la sorte », se remémore-t-il. « La vérité, c’est que j’en avais ma claque de tout : d’Israël, de la musique, de la vie. Tout me pompait, littéralement. Je ne voulais plus jouer ni produire quoi que ce fût. J’envisageais d’entreprendre une nouvelle carrière en tant que pilote de ligne. Je voulais être comme les pilotes d’El Al, qui font la révérence aux passagers qui applaudissent leurs atterrissages réussis [il se marre] ; j’adorais piloter des avions, mais je n’étais pas assez bon.

« J’avais trente ans, et je pensais que j’allais m’investir dans une carrière universitaire. Et puis je suis tombé amoureux de Londres, qui était comme un petit village – Londres a complètement changé depuis lors, et pas en mieux – et la scène musicale locale m’a apporté tellement d’amour. Alors je me suis dit : Nous allons jouer du jazz pour l’amour du jazz, nous allons vivre pour l’art. Nous n’avons pas besoin de beaucoup d’argent, nous avons tout ce que nous pouvons désirer. Alors, nous allons rester. Et c’est ce que nous avons fait… »

Ce « nous », c’est Atzmon et son épouse Tali, une bonne chanteuse et une actrice talentueuse à la carrière prometteuse. Ils se sont rencontrés (ne vous avais-je pas promis de l’ironie : je tiens parole) lors d’un Festival de Chants Hassidiques, en Israël. « Je n’aimais pas Israël et ce qui se passait dans ce festival, mais je n’étais pas politisé, pas le moins du monde. Par ailleurs, je ne comprenais pas la cause palestinienne, toute la véritable histoire m’échappait. D’une certaine façon, les choses sont arrivées et je me suis mis à parler et à écrire dans toutes sortes de forums et, du jour au lendemain, on parlait de moi partout. J’étais une personne privée, avec toutes sortes d’opinions privées, qui était devenue soudainement un personnage public parce que des gens voulaient entendre ce que j’avais à dire. Je pense que les gens sentent que je dis la vérité, que je ne suis pas en train de réécrire l’histoire au service de qui que ce soit, que je n’ai pas besoin de mentir, parce que je n’appartiens à aucun cénacle politique. Je suis tout simplement Gilad Atzmon, qui ne représente que Gilad Atzmon, point barre. Au début, j’étais perçu comme un gentil juif qui disait ses quatre vérités à Israël, ce que les goyim adoraient. Mais il ne m’a pas fallu bien longtemps pour comprendre que je ne suis pas un gentil juif, parce que je ne veux plus être juif, parce que les valeurs juives ne me font pas vraiment bander et parce que tous ces trucs à base de « Déverse Ta colère sur les nations » ne m’impressionnent absolument pas.

 

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Alors, du coup, vous déversez votre colère sur les juifs ?...

« J’ai vu ‘Metzitzim’, il y a quelques jours. Vous savez où se situe Uri Zohar, aujourd’hui ? [Zohar, le metteur en scène, acteur et scénariste, est aujourd’hui un enseignant et rabbin ultra-orthodoxe] ; à l’époque, c’était le laïc ultra, le laïc par excellence. Pourquoi les Israéliens laïcs ont-ils peur d’Uri Zohar ? Parce qu’il les a laissés seuls dans le noir à se colleter avec des questions du genre « Pourquoi suis-je ici ? Pourquoi est-ce que je vis sur des terres qui ne m’appartiennent pas, sur les terres volées à un autre peuple, des terres sur lesquelles leurs propriétaires légitimes veulent retourner, mais ne le peuvent pas ? Pourquoi est-ce que j’envoie mes enfants tuer et se faire tuer, après avoir été moi-même soldat ? Pourquoi est-ce que je crois à toutes ces conneries à base de « parce que c’est la terre de nos ancêtres » et « c’est notre patrimoine », alors que je ne suis même pas croyant ? Putain, qu’est-ce qu’on en a à foutre ? C’est quelque chose que les juifs laïcs sont infoutus d’assumer. Ils ont une trouille mortelle, devant ces questionnements. Je vois davantage de vérité chez les colons que chez les juifs les plus laïcs de ce pays. »

« Les Israéliens peuvent mettre un terme au conflit en deux putains de minutes. Netanyahu se lève, demain matin ; il rend aux Palestiniens les territoires qui leur appartiennent, il leur rend leurs champs et leurs maisons, et voilà. Les réfugiés rentreront chez eux et les juifs seront, eux aussi, enfin, libérés. Ils seront libres dans leur pays et ils pourront vivre comme tous les peuples, poursuivre leur existence et même arranger la mauvaise réputation qu’ils ont acquise au cours des deux mille ans écoulés. Mais pour pouvoir faire cela, Netanyahu et les Israéliens doivent être déjudaïsés et admettre le fait qu’ils sont comme tout le monde, et non pas le peuple élu. Aussi, à mon avis, il ne s’agit pas d’un problème politique, sociopolitique ni socioéconomique, mais de quelque chose de fondamental, qui a trait à l’identité juive ».

« Réfléchissez un instant à la dialectique de l’identité juive, au « Tu aimeras ton voisin comme toi-même ». « Qui est votre voisin ? » Un autre juif, bien entendu. Autrement dit, dès lors que vous avez été choisi pour faire partie du « peuple élu », vous avez perdu totalement le respect pour les autres peuples et pour l’Autre en tant que tel.

« Prenez, par exemple, la manière dont les gays sont traités en Israël. Cela a un tel air de « Regardez un peu comme nous sommes libéraux ; nous avons des homosexuels, en Israël » ; Max Nordau [leader sioniste né en 1849 et mort  en 1923] a écrit sur l’émancipation des juifs, sur la manière dont les Européens n’aiment pas réellement les juifs, mais s’aiment bien eux-mêmes parce que, soi-disant, ils aimeraient les juifs. Je trouve beaucoup de similarité entre les juifs et les gays en termes de philosophies séparatistes et marginales ; c’est très intéressant.

« Dans le judaïsme, il y a des valeurs très intéressantes, j’en veux pour preuve le fait que les plus grands soutiens des Palestiniens sont les juifs de la Torah, les Neturei Karta [une secte juive ultra-orthodoxe]. Notre problème – et il m’a fallu pas mal de temps pour le comprendre – est inhérent aux juifs laïcs, et plus encore aux juifs de gauche. L’idée que des juifs puissent être de gauche est fondamentalement répugnante. Absolument répugnante. Elle contient une contradiction interne absolue. Si vous êtes de gauche, peu importe que vous soyez juif ou non ; donc, par principe, quand vous vous présentez en tant que juif de gauche, cela signifie que vous admettez l’idée du national-socialisme. Du nazisme. C’est pathétique. C’est la raison pour laquelle la gauche israélienne n’a jamais réussi à faire quoi que ce soit en faveur des Palestiniens. L’absurdité absolue est atteinte dès lors que c’est, de fait, la droite qui est en train d’acheminer le pays vers une solution à un seul Etat et à un accord définitif… »

Illogisme et perplexité

Atzmon a apporté de l’eau au moulin d’hommes politiques tels que le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan, qui l’a nommément cité lors d’un débat houleux avec le président israélien Shimon Peres, déclarant : « La barbarie d’Israël est pire que la simple cruauté ». Atzmon a été accusé par toutes les plateformes possibles et imaginables de diffuser du vitriol contre les juifs. En revanche, il maintient qu’il « hait tout le monde de manière équitable ». Il est également accusé de haine de soi, mais il est le premier à le reconnaître et il se compare à Otto Weininger – un philosophe juif autrichien converti au christianisme, à propos duquel Hitler aimait à répéter : « Il n’y avait qu’un seul juif valable en Allemagne ; malheureusement, il s’est suicidé… » -, il en est même fier. « Otto et moi, nous sommes de bons amis ».

Vous êtes sérieux, là ?

« Comment cela : sérieux ? J’ai épousé une juive, je travaille et je joue dans un orchestre avec des juifs. J’ai adopté l’identité palestinienne, c’est vrai, mais m’accuser d’antisémitisme est ridicule. Mon succès provient pour partie du fait que je reconnais être « de là-bas ». Je ne cherche pas à le cacher, ni à le maquiller, ni à le dénier. Je ressemble à quelqu’un de là-bas, je parle comme quelqu’un de là-bas et je me comporte comme quelqu’un de là-bas ».

C’est en hébreu que je m’adresse à lui, et lui, il me répond, avec un fort accent israélien, dans un anglais persillé de mots hébreux. Parfois, il s’étonne lui-même de certains des termes choisis qui lui viennent en hébreu.

Son langage hybride est parfois amusant. A la question de savoir si, parfois, Israël lui manque, il répond : « La medina [l’Etat] ne me manque pas ; ce qui me manque, c’est l’eretz [la terre, le paysage, le pays] et il développe : « quand le pays, les paysages, les odeurs ont commencé à me manquer, j’ai compris que ce qui me manque, en réalité, c’est la Palestine. La Palestine, c’est le pays ; Israël, c’est l’Etat. Il m’a fallu du temps pour prendre conscience du fait qu’Israël n’a jamais été ma patrie, mais seulement un fantasme saturé de sang et de sueur. »

Il dit « sueur », mais en réalité, il veut dire « larmes ». C’est une triste histoire, nous l’avons déjà indiqué.

Ses enfants, Mai (quatorze ans) et Yan (dix ans) n’ont aucun ami juif. Yan n’a pas été circoncis et les bar-mitzvahs ou les bat-mitzvahs sont hors de question. L’ordi d’Atzmon n’a pas de caractères hébreux. Atzmon dit qu’il écrit, qu’il pense et qu’il rêve en anglais. Il ne mettra jamais les pieds en Israël, dès lors que celui-ci est, rappelons-le, en réalité, la Palestine.

Cela ne vous fait pas du mal, de vous couper de tout, comme vous le faites ? De brûler tous les ponts ?

« Non, mais ce que disaient toutes mes copines avant Tal, quand elles me laissaient tomber, était vrai, finalement… »

Que disaient-elles ?

« Elles disaient que je suis un handicapé émotionnel ».

Et c’est exact ?

« Peut-être, mais je ne me suis pas laissé tomber moi-même. Je vis en paix avec moi-même ».

Apparemment, il réserve son intelligence émotionnelle à son art. Il n'y a aucun handicap que ce soit dans son morceau « For the Ghosts Within » [Pour les fantômes qui nous hantent]. Dans cette musique, tous les fantômes flottent vers les cieux les plus élevés qui soient, atteignant sans doute au divin. Le talent authentique, comme la passion, ne saurait être simulé. Le seul problème qui demeure, par conséquent, ce sont ces bruits irritants – c’est ainsi que beaucoup de gens les perçoivent, en tous les cas – que cet homme hanté par des fantômes produit en dehors des studios d’enregistrement…

Wyatt, qui se la joue Dalai Lama, exprime son émerveillement devant « la lutte de Gilad contre le racisme et les oppressions en tout genre, ainsi que devant l’œuvre de sa vie, sa quête de la signification de l’identité juive. Gilad est une exemplification traumatisante mais incitant à l’optimisme d’un phénomène très répandu, celui de migrants qui s’efforcent de mettre de côté leur contexte tribal et tentent de se reconnecter au monde et à l’humanité. C’est ce que les juifs, dans la diaspora, ont toujours fait. Regardez leur apport à la culture mondiale. Ronnie Scott était d’une famille juive ayant immigré depuis la Russie, et puis il y a aussi les frères Gershwin, Bob Dylan, Leonard Cohen, Noam Chomsky et Naomi Klein, pour ne pas mentionner Jésus et Karl Marx, deux sympathiques juifs qui ont semé un bordel indéniable dans le monde.

« Le point de départ de Gilad est l’humanitaire ; ça n’est pas l’immobilier. Grâce à lui, j’ai appris à être plus tolérant au sujet de la religion, de toutes les religions, et à les respecter. Grâce à lui, par exemple, je n’ai pas de problème avec le fait qu’Evyatar Banai, un musicien sensationnel que j’ai rencontré voici de cela quelques années, est devenu très observant religieusement parlant, et exactement de la même manière, j’espère que celui-ci n’a rien contre mes opinions politiques. Gilad pense que la religion est affaire de spiritualité et certainement pas un permis de saccager des oliveraies qui ne vous appartiennent pas, et c’est là quelque chose que je suis en mesure de comprendre.

« Le problème », poursuit Wyatt, « surgit lorsque l’illogisme de la religion devient le fondement de la politique. La religion est fondée sur des légendes illogiques : la mère de Jésus était une vierge et le Père Noël descend par la cheminée pour apporter des jouets. C’est charmant, mais cela ne saurait constituer un fondement sérieux pour une politique censée faire que le monde fonctionne. Il est impensable de confisquer des terres qui ne vous appartiennent en rien, simplement parce qu’il est écrit, dans la Bible – comprendre dans l’Ancien Testament, lequel est fondé sur un tribalisme impitoyable – que Dieu aurait dit que ces terres sont à vous. Qu’en est-il des autres peuples ? Que leur a-t-on dit ? Quelles terres Dieu leur a-t-il distribuées ? Et puis, après tout, s’ils lisent un autre livre que le vôtre ? On n’en sort pas.

« Les gens ont recours à toutes les excuses pour baiser le Moyen-Orient, plaquer des sentiments de culpabilité colonialiste sur les Palestiniens et les comparer aux nazis, ce qui est outrageant. Le conflit israélo-palestinien est le nœud gordien le plus difficile à trancher qui soit, mais des gens comme Gilad rêvent réellement à une solution et ils se battent pour la voir se réaliser de leur vivant ».

Vous l’appelâtes, une fois, « Don Quichotte ». Pensez-vous qu’il soit en train de livrer un combat perdu d’avance ?

« Quand je l’ai appelé Don Quichotte, c’était de l’humour, et je sais que Gilad a un grand sens de l’humour. Je savais qu’il n’allait pas en prendre ombrage. Il est possible que sa bataille soit perdue, mais la guerre contre le crime, par exemple, est elle aussi perdue, et pourtant, je veux que la police continue à la mener. Gilad est un artiste qui s’efforce de trouver du sens dans un monde chaotique et insensé. Pour lui, comme pour moi-même, la politique est la chose la plus personnelle qui soit. Lui et moi, nous ne saurions rester silencieux devant des torts, des injustices et des inégalités. Tous les artistes ne ressentent pas le besoin de s’exprimer ou d’agir politiquement et l’on ne saurait forcer quiconque à le faire. Durant la Deuxième guerre mondiale, Picasso a choisi de faire entendre sa voix et Matisse a choisi de rester silencieux et de disparaître, or, tous deux ont été et demeurent de grands artistes qui ont enrichi le monde. Gilad aime choquer et surprendre en tout ce qu’il fait, et son existence elle-même enrichit le monde ».

Et ce monde, aussi brisé, ruiné et compliqué soit-il, est le même monde qui scintille dans le chant qui conclut « For the Ghosts Within », ainsi que les concerts d’Atzmon : « What a Wonderful World ! » (« Quel monde merveilleux ! »)

« Les informations ne font état que de catastrophes et de guerres, et c’est normal », relève Wyatt. « Je suis né à la fin de la Deuxième guerre mondiale, et depuis lors le monde n’a jamais cessé de se faire la guerre et de se désagréger sous nos yeux. Mais si nous oublions l’existence de la beauté, de la joie, de l’amour et de tout le reste, à quoi bon rester vivants, tout simplement ? Dire que le monde est promis à la destruction, c’est insulter ceux qui vont au travail, jour après jour, ceux qui construisent des maisons pour leurs enfants et qui préparent de bons petits plats pour leurs amis. Il est important de chanter cette chanson avec une totale intentionnalité et le plus grand des sérieux. Je ne puis la chanter autrement. La chanter, c’est nous souvenir de ce que nous fichons, en réalité, sur Terre. »

En hommage à l’étincelle

Atzmon, que l’on a vu sur scène et qui a enregistré aux côtés d’artistes tels que Sinead O’Connor, Ian Dury et Robbie Williams, lance aussi, ce mois-ci, « The Tide Has Changed », le dernier album de son groupe de jazz, The Orient House Ensemble, qui célèbre actuellement son dixième anniversaire (ses autres musiciens sont Frank Harrison, Eddie Hick et Yaron Stavi, fils de Zissi Stavi, l’ex-éditrice légendaire du supplément littéraire du Yedioth Ahronoth). Parmi les morceaux enregistrés, mentionnons « Londres-Gaza » et « Nous pleurons ». Surprenant, non ?

Atzmon a même été accusé de négationnisme

« C’est très imprécis », dit-il. « Mais je me bas contre toutes les lois et persécutions infâmes de ceux que l’on qualifie de négationnistes de l’Holocauste – une catégorisation que je n’accepte pas. Je pense que l’Holocauste, comme tout épisode historique, doit être ouvert à la recherche, à l’examen, à la discussion et au débat. Je déplore qu’Hitler n’ait pas survécu pour écrire un résumé des événements avec ses propres mots. Et je ne regrette pas que les gens lancent des œufs au criminel de guerre Tony Blair, qui sera traîné devant le tribunal de Nuremberg des crimes de guerre en Irak, in-shâ’Allâh, aux côtés de tous ceux qui ont fomenté et financé cette guerre odieuse et inutile. Et par la même occasion, cela serait une bonne chose si les chasseurs de nazis abattaient Shaul Mofaz et Ehud Barak, par exemple, et non pas tous ces papys de quatre-vingt-seize ans, qui sont presque déjà morts. C’est pathétique ».

Atzmon peut être cassant, concentré et tranchant et, en même temps, absurde et diffus, tellement « pro », mais aussi tellement « contre », grossier et raffiné, rogue et soumis, pédant et professionnel à l’extrême, faisant des déclarations du genre : « Je n’ai jamais travaillé à la maison. J’ai écrit mes deux romans chacun en quinze jours ; je les ai vomis sur le papier, et le premier était une blague, au départ ».

Ces deux romans, « A Guide to the Perplexed » (2001)(campé, en 2052, dans l’Etat palestinien censé avoir succédé à Israël) et « My One and Only Love » (2005, mettant en scène un trompettiste qui décide de ne plus jouer qu’une seule note et des chasseurs de nazis ; vous avez repéré l’obsession ?), ont été traduits en vingt-sept langues. Il y a quelque chose d’enfantin, sinon d’infantile, dans le guide pour le perplexe, s’agissant de quelqu’un qui est lui-même perdu, à l’occasion, qui irradie son charme personnel, qui se gausse fréquemment, joue le fort en thème et les provocateurs, avec une capacité prouvée à électrifier et à hypnotiser son auditoire.

« Il y a chez Gilad du brillant, une passion et une joie naturelle du genre de celle que l’on trouve chez les enfants », résume Robert Wyatt. « Sa joie de créer est d’une pureté absolue. Picasso disait qu’il avait essayé durant toute sa vie de peindre de la manière dont il peignait étant enfant. Gilad n’a pas perdu cela, je pense. Il reste plein de curiosité, plein de vie, de la manière la plus positive et la plus délicieuse qui soit ».

« Permettez-moi d’être parfaitement clair », dit Atzmon. « Il y a une manière de libérer le peuple palestinien et cette manière, je la soutiens sans aucune réserve. Moi aussi, j’ai des sentiments de culpabilité. J’ai essayé de communiquer avec des Israéliens, et j’ai échoué, et il est important que cela soit dit ; je ne sais plus comment communiquer avec des Israéliens… »

Pour quelqu’un d’aussi coupé de tout le monde que lui, Atzmon (« Je suis volontairement en exil, mais je suis aussi un prisonnier à vie et un réfugié de ma patrie ») paraît très branché. Ne vous arrêtez pas à « Metitzim » ; il a aussi appris, par exemple, que Poliker était sorti du placard et que Miri Aloni joue de la musique  dans les rues (bien qu’il aimerait savoir si c’est pour des raisons idéologiques ou « seulement pour le fric »).

Pourquoi ne faites-vous aucune différence entre les individus et le gouvernement ? Par exemple, ce qui s’est passé, avec la flottille de Gaza, ça n’était pas « nous ». 

« Si, c’était vous ! »

« Pas moi, en tous les cas… »

« C’est vous. Sans équivoque. Dès lors que vous vivez dans une démocratie, tout crime perpétré par votre gouvernement est un crime que vous avez perpétré vous-même ! »

« Ah bon ; même si je n’ai pas voté pour ledit gouvernement ? »

« Absolument. Dans une dictature, le dictateur endosse la responsabilité ; dans une démocratie, tous les citoyens sont également responsables ».

Alors, que devons-nous faire ? Comment recoller les pots cassés ?

« C’est la question à mille balles ».

Que voulez-vous que je fasse ? Que je flingue Netanyahu ?

« C’est vous qui le dites ; ça n’est pas moi ! D’ailleurs, Netanyahu est bien préférable, pour les Palestiniens, à Barak ou  à Peres. Moi aussi, en tant que citoyen britannique, je suis complice du crime de la guerre contre l’Irak. Mais le peuple britannique a, lui, au moins, manifesté son opposition à la guerre depuis le début, alors qu’en Israël, 94 % de la nation a soutenu l’Opération Plomb Fondu. D’un côté, vous voulez vous comporter comme un pays post-lumières et vous me parlez d’individualisme, mais, de l’autre, vous vous entourez d’une muraille et vous restez attaché à votre identité tribale. Ce gâteau, vous ne pouvez pas à la fois le manger et le garder ! Il y a un prix à payer et tout le monde le paie, moi y compris ».

Le prix inclut les pertes d’emplois aux Etats-Unis et les annulations de concerts en Europe dues à ses opinions, sous la pression d’organisations juives musclées. Mais Atzmon, qui a été couronné successeur de Charlie Perker, n’en a rien à cirer.

« Parfois, je me demande pourquoi je me colle toutes ces migraines ? Et Tali me dit qu’elle a épousé un musicien, alors qu’elle a l’impression de vivre avec un Premier ministre… »

Vous n’êtes peut-être pas attristé de nous avoir perdus, mais moi, je suis triste que nous vous ayons perdu…

« C’est OK. Il y a une place, dans le monde, pour les gens sentimentaux. Je sais que j’ai beaucoup de lecteurs en Israël, et ils savent comment me contacter. »

Je pense à Gilad Atzmon de la manière dont Arik Einstein pensait à cette fille qu’il avait vue, sur le chemin de l’école, dans sa chanson iconique, à savoir que, pour nous, il est perdu. La diplomatie publique israélienne a perdu quelqu’un qui aurait pu être l’un de ses plus précieux porte-parole : clair, charismatique, brillant.

Pour l’instant, score de 1 à 0.

C’est la Palestine qui mène.

www.gilad.co.uk
www.myspace.com/giladatzmon

www.jazzaproductions.squarespace.com

Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier

04/11/2014

Vous avez dit "Koan" ?

 

Comme beaucoup d'autres pratiques japonaises, le zen  est en réalité né en Chine vers le VIIiéme siécle, en tant que bouddhisme "Chan"...

C'est une période trés faste où il produit une littérature originale retraçant des anecdotes et entretiens de moines chinois.

(Il faut lire notamment les Entretiens de Lin-tsi, traduits et commentés par Paul Demiéville,Fayard, 1972)

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Ces échanges  brefs entre moines, maître et disciples, forment des ouvrages de compilations parfois épais.
Les courtes histoires qui les composent sont connues sous le nom de gongan ou plus encore comme kôan (à la Japonaise).
 
 
 
Ces koans sont liés à la notion de  pèlerinage spirituel, qui consiste à visiter successivement plusieurs maîtres, établis dans des monastères, des temples ou simples  ermites.
Ces longs cheminements à travers le pays ont un objectif: trouver un maître, capable d'éveiller ses interlocuteurs, par la rencontre même ou par son dialogue.
 
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Ces pèlerinages sont en effet des sortes d'exercice d'interrogation où l'on se confronte à l'autre par la parole.
Pour tous ces moines, le langage est presque un art martial où chacun recherche la "parole vive" qui les transpercera pour les faire accéder à l'éveil intérieur, l'illumination, le satori.
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 Les gongan/koans apparaissent le plus souvent comme des formules inattendues, provocatrices, déroutantes, ou paradoxales.
 
 
 
 
Quelques uns de ces koans sont trés connus:
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Par exemple:
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Si l'applaudissement est le bruit des deux mains, quel est le bruit d'une seule main?
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L'homme regarde le miroir, le miroir regarde l'homme.
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La voie est sous vos pieds.
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Le soleil de midi ne fait pas d'ombre.
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Ce qui te manque , cherche le dans ce que tu as.
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 Un moine demanda à Yunmen : « -Qu'est ce que Bouddha ? - Un bâton à essuyer la merde ! » répondit Yunmen.
 
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Où va le blanc quand fond la neige?
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 Recherchez la liberté et vous deviendrez esclave de vos désirs. Recherchez la discipline et vous trouverez la liberté.

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Mais évidemment hors contexte et relatés, commentés, recommentés, ces exttaits perdent beaucoup de leur impact lors de l'échange original...
 
 
Dans le même état d'esprit, même si ce n'est pas un koan au sens strict , mon histoire zen préférée est celle du samouraï sur le pont...
 
 
 
 
 
 
 
 

Le samouraï du pont

Un jeune moine se rendait en ville, porteur d’un pli important à remettre en mains propres à son destinataire. Il arrive aux abords de la ville et, pour y pénétrer, doit traverser un pont. Sur ce pont se tenait un Samouraï expert dans l’art du sabre et qui, pour prouver sa force et son invincibilité, avait fait le voeu de provoquer en duel les 100 premiers hommes qui traverseraient ce pont. Il en avait déjà tué 99. Le petit moine était le centième. Le Samouraï lui lança donc un défi. Le moine le supplia de le laisser passer car le pli qu’il portait était d’une grande importance.
- "Je vous promets de revenir me battre avec vous une fois ma mission accomplie."
Le Samouraï accepta, et le jeune moine alla porter sa lettre. Mais avant de retourner sur le pont, il se rendit chez son Maître pour lui faire ses adieux, certain qu’il était perdu.
- " Je dois aller me battre avec un grand Samouraï, lui dit-il, c’est un champion de sabre et moi je n’ai jamais touché une arme de ma vie. Je vais donc être tué..."
- "En effet, lui répondit son Maître, tu vas mourir car il n’y a pour toi aucune chance de victoire, tu n’as donc plus besoin d’avoir peur de la mort. Mais je vais t’enseigner la meilleure façon de mourir : tu brandiras ton sabre au dessus de ta tête, les yeux fermés, et tu attendras. Lorsque tu sentiras un froid sur le sommet de ton crâne, ce sera la mort. A ce moment seulement, tu abattras les bras. C’est tout..."
Le petit moine salua son Maître et se dirigea vers le pont où l’attendait le Samouraï. Ce dernier le remercia d’avoir tenu parole et le pria de se mettre en garde. Le duel commença.
Le moine fit ce que son Maître lui avait recommandé. Tenant son sabre à deux mains, il le leva au dessus de sa tête et attendit sans bouger. Cette attitude surprit le Samouraï car la posture qu’avait prise son adversaire ne reflétait ni la peur ni la crainte. Méfiant, il avança prudemment. Impassible, le petit moine était concentré uniquement sur le sommet de son crâne.

 


Le Samouraï se dit : "Cet homme est sûrement très fort, il a eu le courage de revenir se battre avec moi, ce n’est certainement pas un amateur."
Le moine toujours absorbé, ne prêtait aucune attention aux mouvements de va-et-vient de son adversaire. Ce dernier commença à avoir peur : "c’est sans aucun doute un très grand guerrier, pensa-t-il, seuls les maîtres de sabre prennent dès le début d’un combat une position d’attaque. Et en plus, lui, il ferme les yeux."
Et le jeune moine attendait toujours le moment où il ressentirait ce fameux froid au sommet de sa tête. Pendant ce temps le Samouraï était complètement désemparé, il n’osait plus attaquer, certain au moindre geste de sa part d’être coupé en deux. Et le jeune moine avait complètement oublié le Samouraï, attentif uniquement à bien appliquer les conseils de son Maître, à mourir dignement.
Ce furent les cris et les pleurs du Samouraï qui le ramenèrent à la réalité :
- "Ne me tuez pas, ayez pitié de moi, je croyais être le roi du sabre, mais je n’avais jamais rencontré un Maître tel que vous. S’il vous plaît, s’il vous plaît, acceptez moi comme disciple, enseignez moi vraiment la Voie du sabre..."