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révolution

  • Là-bas si j'y suis...

     

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    Là-bas si s'y suis.

  • Planètes en Janvier 2019 (Neptune contre Jupiter)

    Comme je l'ai déja suggéré plus tôt, l'actuel et incontournable mouvement des Gilets Jaunes  correspond à la fois à la parfaite symbolique du carré décroissant Neptune - Jupiter  (le peuple contre l'Olympe)  et à celle de  l'entrée (puis rétrogradation) d'Uranus en Taureau (qui durera quelques années et devrait révolutionner les domaines matériels: le rapport à l'argent et à la terre).

    << A noter que le thème de la 5ieme république française contient une conjonction Jupiter-Neptune au début du Scorpion et que l'on lui attribue donc généralement ce cycle de 13 ans. Un carré ou une opposition y annonçant une crise potentielle.

    Uranus entrant en Taureau s'y trouvera en opposition dès ce printemps.>>

    Pour ces deux raisons, cela semble indiquer clairement que cette rébellion est loin de s'essouffler comme certains le souhaiteraient  mais qu'elle durera au contraire toute l'année 2019 et bien plus loin, sous diverses formes.

    -Le 17 Novembre Jupiter se rapprochait du carré avec une orbe de 3°.

    Ce carré décroissant Jupiter-Neptune se fera exact le 12 janvier, le 16 juin et le 21 septembre 2019.

    -Uranus redevient direct le 6 Janvier et il entrera en Taureau le 6 Mars.

    La graine ayant été  plantée le 25 Mai 2018 , date à la fois du premier passage d'Uranus en Taureau et du précédent trigone Jupiter-Neptune.

    A cette date  Priscilla Ludovsky, une des toutes premières figures des Gilets Jaunes  a lancé ( le 29 mai 2018 précisément) une pétition pour «une baisse des prix du carburant à la pompe», (signée depuis par 1,1 million d'internautes). Le parallèle est donc précis.

    Emmanuel Macron s'est présenté lui-même comme Jupiter, il incarne parfaitement l'oligarchie ou le pouvoir de l'argent et des très riches.

    Neptune contrecarrant ici son action par un carré au devant, c'est l'océan du Peuple qui fait barrage au monarque.

    Neptune  incarne tous les participants de ce mouvement et sa manière d'être, aquatique, insaisissable (floue, idéaliste, populaire,conviviale, solidaire, indéfinie, avec de multiples têtes mais sans chef) faite de vagues et tsunami en puissance.

    Mais son sens profond a aussi les caractéristiques plus radicales de la planète Uranus

                 -notion de collectif  , mouvement citoyen, transversal, trans-courant ou apolitique

                 -spontanéité , originalité,  imprévisibilité (venu des réseaux sociaux)

                 -refus obstiné de chefs ou de représentants et d’organisation hiérarchisée

                 -possibilité d'explosion violente si l'option pacifique est empêchée

     

    La symbolique d'Uranus  est la destruction puis le remplacement des systèmes anciens qui n'ont pas su s'adapter, et sont devenus trop rigides.

    Uranus, c'est la Révolution , c'est l’élimination des tyrannies ( des taxes, de la finance internationale, de l'oligarchie technocrate).

    Ici il semble favoriser la prise de conscience du Peuple de son pouvoir et de l'aliénation qu'on lui impose.

     

                                                                                ***

    * Anecdotiquement on peut noter cette année  la sortie d'Aquaman au cinéma (où le héros Neptunien triomphe du despote quasiment Jupitérien).

    Bon courage...

    D'autant qu'ensuite la conjonction Saturne-Pluton en Capricorne prendra le relais de cette crise très profonde (la plus importante du siècle, peut-on penser).

     

     

    Uranus

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                                                                Calendrier explosif de Janvier:

    -Mars entre en Bélier (domicile) le 1er Janvier.

    -Soleil conjoint à Saturne  le 2 Janvier à 11° Capricorne.

    >>>Le 2 au soir: Interpellation clairement abusive d'Eric Drouet (figure des gilets jaunes)à Paris.Le pouvoir essaie par la répression politique musclée de reprendre la main.Intransigeance Saturnienne.

    -Nouvelle Lune (conjonction Lune Soleil) en Capricorne le 6 Janvier.

     -Le 6 Janvier 2019 Uranus rétrograde redevient direct à 28°37' du Bélier (il re-entrera en Taureau le 6 Mars).

    -Vénus entre en Sagittaire le 7.

    -Carré Mercure-Mars du 4 au 15 Janvier.

    -Soleil conjoint à Pluton le 11 Janvier à 20° Capricorne.

    -Et surtout  carré descendant exact du cycle Jupiter/Neptune le 12/13 Janvier (c'est lors de ce carré qu'eut lieu mai 68) qui se reformera encore le 16 Juin et le 21 Septembre 2019. Neptune et Jupiter étant cette fois chacun dans leur signe.

    -Le 19 Soleil en carré à Uranus.

    -Le 21 Mars en carré à Saturne.

    >>Neptune actuel  est en carré à 2° près avec le Neptune natal de EM.

    -Jupiter sur le Neptune natal de EM à 16°22' du Sagittaire le 24 Janvier. Jupiter trigone le 17 à Uranus en Lion de la 5e République.

     

     Ci-dessous le ciel du 12 Janvier vers midi (carré Jupiter-Neptune et fin de conjonction Soleil-Pluton).

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    * A noter qu'Israël , tout comme la 5iéme République , est en résonance avec le cycle Jupiter/Neptune.

  • Ronds-points

     
     
     

    Non seulement les Gilets jaunes sont majoritaires, mais leurs revendications égalitaires sont parfaitement légitimes. Au haut de la société de le comprendre. Sous peine de choir.


    Au cours des dernières semaines, on a abusivement opposé la France périphérique à la France urbaine. Sous entendant que la première serait un reliquat attardé, sinon honteux, d’une histoire achevée. Une France des giratoires, déclassée, franchouillarde, voire populiste, raciste, homophobe. Une graine de fascisme, noir ou rouge. Au minimum des gens peu instruits auxquels il faudrait à nouveau prodiguer de la  »pédagogie  » pour essayer, encore une fois, de faire entrer dans ces cervelles épaisses la vérité et la lumière du TINA thatcherien (There is no alternative) ou sa version nouvelle PCC (Pas de changement de cap) du capitaine Macron-Achab.

     

    Ils sont le peuple 

    Ce qui frappe, chez les Gilets jaunes, c’est non seulement leur détermination, leur méthode délibérément sans méthode, mais aussi leur composition sociologique, et la nature de leur révolte. Contrairement à ce qu’affirment ceux qui sont dérangés par cette forme incongrue de rébellion (politiciens LR-PS-LREM, chroniqueurs, syndicats), il s’agit d’un mouvement majoritaire et soutenu à 70/80% par la nation. Opposer Paris et la province revient à opposer 12 millions à 55 millions de Français. À supposer que le grand Paris n’ait aucun problème socio-économique ce qui est le grand mensonge médiatique que l’on entend parfois. En outre c’est à une énorme sous-estimation du nombre des manifestants que le pouvoir s’est livré. S’il a reconnu au maximum 131 000 manifestants, qui peut croire, s’il est allé sur le terrain, la fable que dans chacun des 100 départements il n’y avait que 1300 participants en moyenne aux norias de Gilets jaunes qui se relayaient ou klaxonnaient sur les giratoires ? Comment peut-on fantasmer aussi une opposition entre des élites urbaines, connectées, mondialisées, métissées, et en même temps diffamer des ruraux, des beaufs, ou des chemises brunes ?

    Nos élites scélérates

    Ce mouvement est un très profond spasme de survie de gens qui travaillent, élèvent des enfants, n’arrivent plus à vivre de leur travail ou de leurs retraites, de leurs indemnités chômage. Ils le disent, ils le crient, mais ceux qui ont des oreilles n’entendent pas, ou les méprisent. Ceux qui ne s’occupent que de dette souveraine, d’euro, de déficit et d’ajustements budgétaires, de G7, d’émission monétaire, d’écarts entre des taux d’intérêts fixés par les créanciers, de Bruxelles et de projets doctrinaires d’hyperfédéralisation, sont déficients pour se demander ce qui reste en fin d’année sur les comptes des ménages ou en fin de mois dans les frigos. Se demandent-ils quel sera le Noël de ces 50 millions de Français ? Pourtant la baisse réelle du pouvoir d’achat a été mesurée : elle est constante depuis trente ans et a été évaluée à – 0,3% rien qu’en 2018…(INSEE). Les agriculteurs qui nourrissent le pays ne parviennent pas à vivre… Et se suicident par centaines. C’est la  »périphérie » qui nourrit les  »connectés-mondialisés ». Et eux, à quoi servent-ils ?

    La sécession de la plèbe

    La situation rappelle un épisode célèbre de l’histoire de Rome lorsque le peuple a fait grève et s’est retiré sur une colline (l’Aventin). L’élite patricienne, qui détenait le pouvoir politique, militaire et financier, fixait, seule, les lois, supposées sacrées et intangibles, et les appliquait à sa guise, s’est rapidement retrouvée isolée par son égoïsme, sa morgue, sa stupidité. Et sans plus rien à manger ou à boire. Ce fut la deuxième sécession de la plèbe (5e siècle avant JC) qui provoqua la démission des tyrans.

    Qui a observé les ronds-points a vu la nation entière : Français de souche ou issus de l »immigration, hommes et femmes, jeunes, retraités, chômeurs, travailleurs pauvres, professions libérales, enseignants, soignants, artisans, commerçants, manuels, conducteurs, agriculteurs… Ces gens découvrent, en échangeant entre eux, que les grandes souffrances existentielles qu’ils gardaient pudiquement au fond de leur cœur sont communes à toutes les régions et à toutes les couches de la population. Et ils comprennent que les cyniques qui s’enrichissent, leur donnent des leçons, les punissent, leur mentent (taxe carburants, ISF, exilés fiscaux, CSG), tout en dissimulant des salaires indécents, qui atteignent de cinquante à cent fois le montant des minimas sociaux.

    Ces Gilets qui ne veulent pas mourir

    La revendication des Gilets jaunes est parfaitement cohérente et intelligente : ils veulent avoir de quoi vivre et pouvoir croire en l’avenir pour eux, leurs parents retraités, leurs enfants. Qui considérerait que c’est d’un catalogue de mesures du type de celles que quémandent les apparatchiks du syndicalisme commettrait un profond contresens. La quasi-totalité des grands intellectuels indépendants : philosophes, juristes, économistes, sociologues, géographes de ce pays, ont pris fait et cause pour les Gilets jaunes.

    Avec ses drapeaux tricolores, ses Marseillaises répétées, la nation des ronds-points demande la liberté, la démocratie, la justice, la dignité. Tous unis, chrétiens ou non, croyants ou non, dans le besoin d’espoir et d’amour que véhicule Noël, les Gilets jaunes nous renvoient au mot de Jaurès :  »La nation est le seul bien des pauvres ». Car c’est la nation seule qui est capable de solidarité. Et c’est d’elle même qu’en vient d’ailleurs la demande.

    Une émeute ? Non, une demande de révolution!

    C’est bien à un rejet absolu et résolu de l’ancien système politique, européen, économique, financier, mondial, social, fiscal, médiatique, que l’on assiste puisque c’est ce système qui a échoué et met en péril l’existence physique des Gilets jaunes et de ceux qui leur sont chers. En un mot, c’est une demande de Révolution. En 1788 les fédérations ont commencé leurs doléances. En 1789 on a pris la Bastille. En 1790 c’est la Fête de la Fédération, au Champ de Mars, une occasion, manquée. Puis le parti de l’étranger persuade le roi de lui obéir et de fuir; fusillade au champ de Mars : la Terreur pouvait commencer.

    Il ne dépend que du pouvoir élyséen de tirer les conséquences des ronds-points et des péages – s’il en est capable – et de rendre au peuple le pouvoir souverain de choisir son destin. Sinon, on peut craindre le pire.

  • Onfray suite: Le pouvoir aux abois

    LE POUVOIR AUX ABOIS

        Le pouvoir a usé et abusé de plusieurs stratégies pour  disqualifier le mouvement des gilets-jaunes. Il y a d'abord eu le traitement par le mépris: "Ca leur passera, c'est un genre d’éruption cutanée, ils finiront par rejoindre le rang! Il suffit de laisser pourrir, d'attendre, de tabler sur la fatigue." Un genre de variations sur le thème du: "Salauds de pauvres!" Mais ça n'a pas suffi. Ce petit peuple qui dit n'en plus pouvoir d'être étranglé par le pouvoir de l'État maastrichtien n'a plus rien à perdre: strangulé depuis des années, fatigué, épuisé, exsangue, harassé, éreinté, qu'a-t-il désormais à perdre? Plus rien...

       Il y a eu ensuite le traitement par le mensonge. Le ministre de l'Intérieur, ancien joueur de poker naguère très au fait des habitudes du milieu marseillais, y est allé fort: il a livré à la presse, qui s'est empressée de les reprendre et de les diffuser largement, des chiffres fantaisistes concernant les participations aux manifestations à la décimale près en expliquant que ce n’était rien, peu de chose, pas grand-chose. Les images avaient beau montrer le contraire à jet continu, rien n'y faisait: le pouvoir disait que c'était quantité négligeable -donc gens négligeables.

      Dans la foulée, il y a eu le traitement par la criminalisation. On a ainsi vu ce fameux Castaner posant dans un PC sécurité, avec des fonctionnaires aux ordres, en leur demandant devant les caméras de confirmer qu’il y avait bien eu un mort. La conversation ressemblait à ça: "Un mort, oui, c'est ça, j'ai bien entendu, il y a eu un mort, vous pouvez me confirmer qu’il y a donc bien eu un mort à cause des gilets-jaunes? C'est bien ça?" Or, s'il y a bien eu des morts, ils ne l’ont pas été du fait des gilets-jaunes, mais du fait de ceux qui, comme Castaner, refusaient les gilets-jaunes, et fonçaient dans le tas...

       Puis il y a eu le traitement par la diabolisation: on a parlé de fascisme, de vichysme, de poujadisme, de lepenisme, de populisme, de peste brune, d'antisémitisme, d'homophobie, de racisme. Libération et Le Monde, France-Inter et le service public audiovisuel dans sa totalité, ainsi que les journaux subventionnés par l'argent du contribuable, y sont allés comme un seul BHL! Mais cette technique qui a fait mouche pendant quelques années ne marche plus. Le peuple a compris les ficelles. Depuis qu'il en fait lui-même les frais et qu’il sait qu'il n'est ni fasciste, ni antisémite, ni nazi, ni homophobe, il comprend que ces éléments de langage sont préparés et distillés par les médias du système afin de le maintenir en place, et de n'y rien changer. Mais il y a eu mithridatisation: ce poison inoculé depuis des années ne produit plus aucun effet. C'est tout juste devenu l'eau bénite des maastrichtiens avec laquelle ils essaient en vain de conjurer ce qu’ils prétendent être le diable...

      Ajoutons aux forfaits déjà listés le traitement par l'attaque ad hominem: les journaux du système sont allés chercher des poux dans la tête de tel ou tel dont on cherchait le spécimen le plus à même de servir de repoussoir. Il y eut cette femme qui avait fait un tabac avec sa vidéo, tout au départ du mouvement, et dont on a vidé les poubelles afin de savoir s'il n'y avait pas chez elle quelque chose qui réjouirait la basse police intellectuelle. On a trouvé de l'hypnose   (comme chez Freud...), de la croyance à des propos assez peu scientifiques (comme chez Freud...), du complotisme (comme chez Freud...), mais comme elle ne se réclamait pas du docteur viennois, les journalistes parisiens qui habituellement souscrivent aux fictions de la psychanalyse trouvaient que, chez elle qui vivait en province et n'était pas diplômée en pensée magique freudienne, il n'y avait aucun crédit et que, de ce fait, c'est tout le mouvement qui cessait d'être crédible -chez ceux-là même qui, soit dit en passant, n'avaient jamais estimé une seule seconde qu’il fut ou crédible ou défendable... 

       Il fallut également compter avec le traitement par l'essentialisation. De sorte qu'un propos raciste tenu ici par un gilet-jaune qui bloque une voiture conduite par un non-blanc (on ne sait plus comment dire sans risquer la prison...) bien décidé à forcer le barrage, et voilà que c'est tout le mouvement qui est raciste!  Et l'on fait de même avec un gilet-jaune qui a tenu un propos homophobe après avoir estimé que le conducteur énervé d'un autre véhicule ne lui semblait pas hétérosexuel (toujours la crainte de la prison...), et voilà que tout le mouvement devient homophobe! Il est bien évident qu'il n'y a aucune espèce de tolérance à avoir à l'endroit de qui est raciste ou homophobe, antisémite ou phallocrate, mais, sur les millions d'électeurs de Macron, on pourrait également trouver des racistes et des homophobes: personne n'en conclurait, surtout pas les journalistes du système, que Macron lui-même l'était ou bien, pire encore, la totalité du mouvement En Marche!

      Pour suivre, il y a eu aussi le traitement par la déconsidération: il fallait absolument assimiler le mouvement aux casseurs. Consignes furent donc données aux forces de l'ordre de laisser casser: sinon, pourquoi aurai-je vu pendant si longtemps sur BFM des manifestants desceller des pavés de l'avenue des Champs-Élysées? Ce que les journalistes pouvaient filmer sans problème, en prenant leur temps, ce que les téléspectateurs pouvaient voir, bien assis dans leur fauteuil, les services de police pouvaient eux-aussi le voir, ils pouvaient donc agir, donner des ordres et empêcher que les pavés soient descellés.  Auquel cas, sans pavés descellés, il n'y aurait pas eu de forces de police attaquées, pas de vitrines de magasins défoncées, et rien de ce qui a permis aux journalistes de s'apitoyer longuement sur le spectacle déplorable, sur la violence des gilets-jaunes, sur leur vandalisme, sur leur sauvagerie... Qui était sauvage. Qui était vandale? Le président de la République, le Premier ministre, le ministre de l'Intérieur qui avaient les moyens d'empêcher la violence et qui s'y sont refusés afin de pouvoir ensuite l'instrumentaliser à des fins de déconsidération.

       De même a-t-on eu droit à un traitement par la dramatisation. Avec l’un d'entre les gilets-jaunes qui disait qu'il fallait marcher sur l'Élysée afin de pouvoir y être reçu pour présenter ses doléances, on fit une scène médiatique formidable: les gilets-jaunes voulaient faire un "putsch" fut-il dit. Un "coup d'État" ont ajouté d'autres! Il a suffi qu'on sorte le propos d'un autre qui voulait qu'on confie Matignon au général de Villiers pour que la presse effectue une nouvelle variation sur le thème du fascisme des gilest-jaunes.  Il n'est pas venu à l'esprit de ces journalistes qu’un réel putsch a vraiment eu lieu en France il y a quelques années: c'était le 29 mai 2005 et on le devait aux libéraux maastrichtiens, de droite et de gauche, quand ils ont jeté aux ordures le référendum par lequel 54,68 % des Français ont fait savoir qu'ils ne voulaient plus de cette Europe maastrichtienne libérale, qui a créé la paupérisation générant ce mouvement des gilets-jaunes. 

        Mépris, mensonge, criminalisation, diabolisation, attaque ad hominem, essentialisation, déconsidération, dramatisation: Emmanuel Macron ne recule devant rien quand il s'agit d'attaquer le peuple afin de défendre l'Europe maastrichtienne.

       L'image des blindés de la gendarmerie stationné en haut des Champs-Élysées renseigne bien sur ce qu’il en est désormais du pouvoir personnel d'Emmanuel Macron... Mais ce ne sont pas des véhicules militaires, a dit une crétine de BFM le samedi matin parce qu’ils n'étaient pas équipés de mitraillettes -des "sulfateuses" a même surenchéri un consultant expert de la chaîne! Il y avait presque un regret chez ces gens-là qu'on ne sulfate pas le peuple qui se contente de demander du pain.

    Michel Onfray

     

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  • Le sens de la révolte... (E. Juillot)

    Gilets jaunes : Le sens d’une révolte, par Eric Juillot


     

    Il est déjà possible de l’affirmer sans paraître présomptueux : le mouvement des Gilets-jaunes a réussi en deux semaines à marquer de son empreinte profonde la vie politique de notre pays. Tout laisse à penser en effet qu’il va entraîner une réorientation majeure du cours de notre histoire, bien qu’il soit impossible à ce stade d’en préciser le rythme et les modalités. Ce mouvement vient de loin, il obéit à des causes profondes et va déclencher une onde de choc dont les répercussions politiques et idéologiques bouleverseront l’ordre établi depuis plusieurs décennies.

    UN MOUVEMENT INÉDIT

    Chacun a pu le constater depuis le 17 novembre dernier, le mouvement des Gilets-jaunes est tout à fait inédit dans sa forme, pour au moins trois raisons : il est né spontanément d’une indignation et d’une colère vécues collectivement par des millions de Français ; il se développe hors de tout cadre institutionnel et exprime avec force son refus d’être « récupéré » par des partis ou des syndicats, tous soupçonnés a priori de vouloir le dénaturer du seul fait de leur appartenance à un système honni, dont ils ne sont au mieux que des opposants de façade ; il est le fait de citoyens ordinaires qui, pour la plupart, n’ont jamais appartenu à une formation politique et n’ont même pas l’habitude de manifester ; enfin, il est d’une ampleur nationale, tant par son extension à l’échelle du territoire (outremer inclus) que par la diversité sociale des manifestants (loin de se réduire aux seules couches populaires du pays).

    Il a donc tout pour surprendre et déstabiliser les responsables politiques du pays, habitués depuis des décennies à gouverner en rond dans un tout petit monde idéologique.

    ÊTRE À NOUVEAU UN PEUPLE

    Ce qui frappe le plus lorsque l’on participe à ces réunions spontanées sur tous les ronds-points du pays, c’est peut-être, par-delà la colère, la joie qui anime les gens. Comme si le seul fait de sortir de chez soi, d’occuper l’espace public et d’engager des conversations à caractère politique avec des inconnus représentait déjà une fin en soi, le début d’une renaissance. Car cette expérience est d’un genre inhabituel : humaine et vivante, à la façon des manifestations sportives, mais ô combien plus profonde par sa dimension civique. Tous les Gilets-jaunes sentent en effet confusément qu’ils font à nouveau peuple pour la première fois depuis des décennies ; qu’un système par eux haï, qui croyait les avoir vaincus, est d’emblée délégitimé par leur apparition ; que, de citoyens virtuels, appelés à exprimer leur choix sous contrainte lors d’élections ponctuelles, ils redeviennent des citoyens réels, aptes à jouer un grand rôle dans la vie de la cité. Dans ces centaines d’agoras improvisées, chacun sent renaître en lui un authentique lien civique, la fraternité qui naît spontanément des discussions politiques. C’est une source de joie profonde, que cette parole libérée et échangée entre citoyens. Elle est la manifestation première d’un élan collectif d’envergure historique. En effet : arrivée à son terme, la crise générale de la représentation se résout sous nos yeux dans un processus spectaculaire d’incarnation spontanée du peuple, qui disqualifie irrémédiablement l’ensemble de ceux qui depuis trop longtemps affirment le représenter pour mieux l’amoindrir. Plus que d’un spasme, il s’agit d’un sursaut, d’un reflexe de salut public par lequel les citoyens de ce pays expriment avec une force retrouvée leur volonté de restaurer la puissance souveraine de la nation face à des dirigeants qui ont œuvré à l’étouffer depuis plus de trente ans. D’où la réaction allergique des Gilets-jaunes à tout contact avec des représentants syndicaux ou partisans ; ils craignent plus que tout de voir par eux leur entreprise comme d’habitude édulcorée et réduite à l’insignifiance.

    DE L’ÉMOTION FISCALE À LA RENAISSANCE POLITIQUE

    La crise est née d’un soulèvement spontané contre une taxe de plus, pesant cette fois sur le carburant automobile. Sans s’en rendre compte, le gouvernement, avec cette taxe, associait dans une configuration explosive deux sujets sensibles, la fiscalité et la liberté de déplacement. Les Gilets-Jaunes ont trouvé inadmissible qu’au prélèvement fiscal accru sur leurs revenus s’ajoutât une restriction de fait de leur mobilité, quand celle-ci est une partie intégrante de la liberté individuelle. Sur cette colère initiale s’est très vite greffée une protestation plus globale contre l’injustice fiscale perpétuée et amplifiée par le gouvernement d’Edouard Philippe : la réforme de l’ISF et de l’imposition du capital, l’inertie face à l’évasion fiscale des multinationales, l’incapacité à taxer les géants du numérique… Tous ces éléments ont conduit nécessairement à dénoncer l’inégale répartition de la charge de l’impôt.

    Mais le mal est en fait beaucoup plus profond. La fiscalité ne constitue que la cause immédiate du soulèvement populaire. Ce dont nos dirigeants ne semblent pas se rendre compte à ce stade, c’est que la colère qui s’exprime est vieille de plus de trente ans. Trente années de frustration, de ressentiment et d’amertume face au déclin de la chose publique imposée à une France réticente par des gouvernants conformistes et veules, au nom d’une adaptation sans fin à la mondialisation et de la soumission nécessaire à une construction européenne prétendument salvatrice. Trente années de régression sociale, de dérégulation financière, d’affaiblissement économique et de recul de l’Etat dans tous les domaines. Trente années de colère rentrée qui explose soudain à la face de nos dirigeants, sidérés par la résurrection inopinée du peuple comme force politique directe et agissante. Aujourd’hui, par un juste retour des choses, se produit un brusque rappel à la réalité fondamentale de notre univers politique : il n’y a pas de démocratie sans démos. Qu’il faille rappeler cette évidence au point où nous en sommes rendus, voilà qui en dit long sur la dégénérescence politique, sur la dévitalisation de la démocratie qui a caractérisé les trois dernières décennies. Le peuple français, si longtemps humilié, méprisé, effacé même, par ceux qui faussement gouvernaient en son nom se réveille d’un long sommeil, sort de l’état de sédation profonde dans lequel on aurait aimé qu’il restât. Il a fallu pour cela que le système arrive au terme de son potentiel de destruction : élu par les 16% d’inscrits qui l’ont placé en tête au premier tour de l’élection présidentielle en 2017, Emmanuel Macron a mis en œuvre depuis dix-huit mois, et avec superbe, une politique qui ne profite vraiment qu’aux Français les plus riches, c’est-à-dire à 10 ou 15% de la population. Sous couvert de progressisme, il n’a fait qu’aggraver le délitement généralisé auquel le néolibéralisme nous condamne, tout en croyant sincèrement que le verbiage creux et la bouillie conceptuelle de ses discours allaient susciter l’enthousiasme et l’adhésion des masses. Ceux qui n’étaient pas prêts à en recevoir l’onction, les « Gaulois réfractaires », n’étaient dignes que de son mépris. Si Emmanuel Macron est indéniablement le président légal de la République française, il n’est donc pas évident qu’il soit un président légitime, tant sa politique porte atteinte aux intérêts d’une écrasante majorité de Français, et tant il semble se satisfaire du petit résidu de souveraineté que le système, dont il est un disciple zélé, accepte de lui laisser dans l’ordre économique. Qui peut croire que les Français vont accepter plus longtemps un pouvoir dont la capacité d’action se résume à des tripatouillages fiscaux, dans un sens inégalitaire de surcroît ? Les tenants de l’idéologie dominante pensaient pourtant avoir trouvé avec lui le candidat idéal, qui allait leur permettre d’atteindre la forme politique pure à laquelle ils aspirent : la forme sans contenu, celle d’un pouvoir réduit à l’état de simulacre, dès lors que ses attributs essentiels ont été placés hors de portée des citoyens, sur un sol étranger. C’est à ce processus de lente destruction que s’oppose aujourd’hui le peuple, dont les Gilets-jaunes ne sont que l’avant-garde active. L’immense majorité des Français les soutient et le gouvernement doit comprendre au plus vite que le basculement en cours a une portée historique.

    UN MOUVEMENT RÉVOLUTIONNAIRE ?

    Un parallèle s’impose en effet entre 2018 et 1788 : la dynamique révolutionnaire s’est enclenchée lorsque des éléments populaires ont décidé d’agir politiquement pour des questions d’impôts et de prix des produits de première nécessité. A l’injustice fiscale de l’Ancien Régime (impossible à réformer depuis l’échec de l’Assemblée des Notables en 1787) s’est ajoutée, dans l’hiver 1788-1789, la question vitale du prix du pain. 230 ans plus tard, les mêmes causes produisent les mêmes effets : un régime oligarchique sclérosé et aveugle se coupe du peuple sans même s’en rendre compte, et le prix de l’essence – qui s’est entre-temps substitué à celui du pain comme baromètre de l’humeur populaire – constitue l’élément déclencheur de la révolte. Quant au président Macron, il tient des trois rois chassés du pouvoir dans notre pays par une révolution populaire : comme Louis XVI, il va payer aussi pour ceux qui l’ont précédé ; de Charles X, il a l’arrogance hautaine et le mépris des gens ordinaires ; de Louis-Philippe, enfin, il tient la certitude d’être aimé par le peuple, une certitude alimentée depuis deux ans par le chœur des médias idéologiquement conformes qui ont alimenté sa tendance naturelle à l’autosatisfaction juvénile. Après 1789, 1830 et 1848…2018 ?

    Si par révolution on entend une entreprise de destruction rapide et brutale d’un ordre politique et social ancien, alors le mouvement des Gilets-jaunes ne peut pas être qualifié de révolutionnaire. Loin de vouloir détruire la République, il entend la ranimer en restaurant la plénitude ses pouvoirs. « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément » dit notre Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen dans son article trois. C’est pour avoir oublié ce principe fondamental, pour avoir cru étrangement qu’il devait être dépassé que nos dirigeants se retrouvent aujourd’hui coincés entre, d’une part, les revendications d’un peuple trop longtemps floué et, d’autre part, les exigences du système technocratique et économique nommé « Union européenne » qui a phagocyté ou détruit des pans entiers de la souveraineté nationale. On comprend la stupéfaction actuelle des dirigeants français : habitués de longue date dans leur entre-soi à gouverner en mode mineur une France amoindrie, ils ne peuvent comprendre que le peuple soudainement se rappelle à leur souvenir pour exiger le retour sur son sol d’une souveraineté oblitérée par son transfert à Bruxelles et à Francfort. Qu’il aspire à être gouverné par des dirigeants exerçant en son nom la plénitude de ses pouvoirs, en lieu et place des bribes de souveraineté que le néolibéralisme bruxellois veut bien lui laisser, voilà qui a de quoi les laisser pantois !

    SIDÉRATION ET INCONSISTANCE DU POUVOIR EN PLACE

    Pour sortir de la crise, nos dirigeants doivent opérer dans l’urgence une prise de conscience d’une telle ampleur qu’il est malheureusement très peu probable qu’ils y parviennent. Leur audace intellectuelle ne s’étant jamais aventurée au-delà des lieux communs de l’idéologie dominante, ils réalisent soudain avec effroi qu’un gouffre s’ouvre sous leurs pieds et menace de les engloutir. Le président est tout à coup obligé d’admettre la complète faillite de son Verbe, lui qui glosait pourtant sur la dimension christique de son pouvoir en 2017. Les ministres de son gouvernement, frappés d’hébétude, se contentent d’ânonner rituellement et sans conviction les habituelles platitudes de la « nécessaire pédagogie », de la « concertation dans les territoires » afin de restaurer un « dialogue apaisé ». Comme s’il n’était question que de discussion ! Le peuple n’espère pas être entendu, il exige de l’être par ceux qui gouvernent en son nom. Sans doute nos dirigeants ont-ils déjà compris que quelques concessions d’ordre fiscal ne suffiront pas à calmer la colère populaire. Ils chercheront probablement à amadouer les citoyens avec un plan de plusieurs milliards d’euros à finalité sociale, censé soulager en partie le sort des plus démunis. Il leur suffira pour cela de procéder à un redéploiement des dépenses prévues pour ne pas subir les foudres de Bruxelles, le ministère de le Défense, par exemple, étant tout désigné pour jouer comme à l’accoutumée le rôle de variable d’ajustement. Une telle réponse permettrait de préserver quelques années encore l’ordre établi. Il n’est pas certain toutefois qu’elle suffise.

    ENTRE SURSAUT IMPROBABLE ET CRISE DE CIVILISATION

    Les ministres ont à plusieurs reprises affirmé qu’il était difficile de savoir ce que voulaient au juste les Gilets-jaunes, tant leurs revendications sont diverses et parfois confuses. Il est pourtant possible de les résumer en une seule idée : ils veulent que le gouvernement adopte une politique économique exactement inverse de celle qu’il a menée jusqu’à présent. Cela suppose de remplacer une politique de l’offre inepte et destructrice – les décennies écoulées en sont la preuve irréfutable – par une politique de la demande, c’est-à-dire par un grand plan d’investissement public, de plusieurs dizaines de milliards d’euros, destiné à stimuler la croissance, à créer massivement des emplois, à financer la transition écologique et à restaurer, enfin, les fonctions dégradées de l’Etat républicain. Pour être efficace, un tel plan implique nécessairement de faire sauter le verrou européen, de s’affranchir des contraintes communautaires. Dans l’idéal, il faudrait recouvrer notre souveraineté monétaire, reprendre le contrôle de la banque centrale et instaurer temporairement des restrictions à la libre circulation des capitaux. Autant dire engager une révolution idéologique et institutionnelle qui balaierait l’essentiel de l’UE. Nos dirigeants sont-ils assez armés intellectuellement et moralement pour procéder à une opération d’une telle ampleur ? Peuvent-ils même la souhaiter ? La réponse est évidemment négative et c’est tout le drame de la France aujourd’hui : un peuple passionnément politique fait face à un gouvernement qui ne l’est plus vraiment. Comment ceux qui nous dirigent pourraient-ils en quelques semaines jeter les bases d’un cadre économique radicalement différent de celui qu’ils ont patiemment façonné depuis des décennies, et dont ils ont fini par croire qu’il était le seul concevable ? Ceux qui, dans les premiers temps, nourrissaient des doutes à son sujet n’avaient qu’à se prosterner dans les temples de la nouvelle religion européiste pour s’en trouver allégés. Aujourd’hui, tous les responsables politiques et syndicaux sont des partisans inconditionnels de la construction européenne ; tous sont aveugles à ses échecs ; tous sont d’une foi à l’égard de leur idole qui dépasse celle des païens les plus primitifs. Sur toutes les questions essentielles, ils ont pris l’habitude de sacrifier systématiquement le peuple au projet européiste ; ils ont sapé méthodiquement, au nom de l’« Europe » rédemptrice, les conditions indispensables au développement et à l’expression de la démocratie en France. Cela a pu fonctionner aussi longtemps que les dégâts sociaux provoqués par leur leurs choix funestes étaient contenus par la solidarité nationale, au prix d’un endettement croissant. Cela ne peut plus tenir dès lors qu’au-delà des couches populaires, les classes moyennes se délitent par le bas et protestent contre ce que leur pays est en train de devenir. Techniquement possible, la restauration d’un ordre économique souverain est cependant devenue inconcevable politiquement pour nos représentants. Entre le peuple et l’UE, acculés, il leur faut pourtant choisir, car le temps où l’on pouvait se payer de faux-semblants est, depuis deux semaines, révolu.

    Eric JUILLOT, professeur d’histoire-géographie au collège Arthur Rimbaud de Nemours