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07/03/2017

Vous avez dit démocratie?

Source : Le grand soir

Quand la démocratie dégénère en bouffonnerie

         Bruno GUIGUE

On parle beaucoup des mésaventures de M. et Mme Fillon, mais la crise conjoncturelle gravissime que traverse la droite française, en réalité, révèle surtout la perte de substance démocratique de notre système politique. Ce scandale politico-financier somme toute assez banal (si ce n’est que le principal intéressé est un candidat majeur à l’élection présidentielle) ne nous a pas appris que les élus considéraient les deniers publics comme de l’argent de poche. On le savait déjà. Il n’a pas dévoilé, non plus, l’imbrication suspecte des pouvoirs politique, médiatique, judiciaire et financier. Le phénomène est connu, et aussi ancien que la démocratie formelle, suspendue aux rapports de forces des acteurs sociaux qui se saisissent de ses procédures comme on investit un champ de bataille.

Ce que montre cette crise, c’est l’inanité d’un système où tout est suspendu au sort d’un politicien transformé par les primaires en deus ex machina. Que ce champion s’effondre, et tout est fini. On peut comprendre la colère des électeurs de droite, frustrés d’une représentation digne de ce nom lors d’une compétition majeure. Mais ce danger systémique est la rançon d’un régime qui fait du scrutin présidentiel la clé de voûte des institutions. Si elle lâche, tout s’effondre. Depuis la fondation de la Vème République, la vie politique a été mise en orbite autour de l’élection suprême. La compétition élyséenne en constitue l’alpha et l’oméga. L’instauration du quinquennat a accentué cette tendance, en faisant dépendre l’issue des élections législatives du verdict présidentiel.

Ce dispositif institutionnel taillé sur mesure pour le général de Gaulle fonctionne désormais à rebours de son projet initial. Destiné à souder la nation autour d’un chef élu par le peuple, il dépossède ce dernier en dévitalisant le débat démocratique. Emmanuel Macron est à la fois le théoricien et le bénéficiaire de cette politique de la terre brûlée qui évacue scrupuleusement la politique (au sens noble du terme) du débat électoral. Complètement artificielle, calquée sur les tempos instantanés et les codes débilitants de la télévision, la personnalisation du scrutin relègue les programmes au second plan. Les candidats sont lancés sur le marché comme des savonnettes, la confrontation dégénère en coups tordus, l’obsession du « buzz » supplante le débat d’idées. Le résultat final, c’est qu’on a un cheval de cirque à la place d’un cheval de course.

On pointe à juste titre la vacuité de cette joute électorale, on peste contre la débilité de ce Barnum politicien, mais on oublie généralement de souligner l’américanisation qui en est la cause. Au lieu de confronter des projets incarnés par des forces sociales organisées, la compétition présidentielle met aux prises des compétiteurs sans envergure, des bateleurs rodés à la « com » qui font des moulinets avec leurs bras en débitant des banalités. Si les électeurs sont dépolitisés, inutile de se demander pourquoi ! La crise de la politique est entretenue par le débat politique lui-même, soigneusement vidé de sa substance par les professionnels du décervelage.

Cette dégénérescence de la démocratie en bouffonnerie est d’autant plus nocive qu’elle s’accompagne d’un autre phénomène. C’est l’emprise des milieux financiers sur les médias de masse, phénomène qui semble avoir désormais atteint son maximum historique ! Dans un pays où neuf milliardaires possèdent la quasi-totalité des organes de presse, la délibération démocratique est au mieux une illusion consolatrice, au pire une vaste fumisterie. Naïfs, nous croyons que nous choisissons nos dirigeants et que ce choix est transparent. Mais deux idées fausses ne feront jamais une idée vraie. Et ce qui est sûr, c’est que cette double illusion est indispensable à la perpétuation de l’oligarchie.

La promotion d’Emmanuel Macron sur les décombres d’un fillonisme faisandé illustre à merveille ce poids des structures. La candidature du père Noël des possédants ayant explosé en plein vol, la caste lui a aussitôt trouvé un substitut. L’insoutenable légèreté de ce candidat à programme variable tient lieu de boussole d’une élection dont le résultat est programmé d’avance. La mine réjouie du jeune banquier d’affaires, très fier d’avoir gagné deux millions d’euros en deux mois en montant une OPA pour Nestlé, orne les couvertures des magazines, M. Bourdin lui sert copieusement la soupe sur BFM, et « Le Monde » fait sa campagne grâce aux subventions publiques. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes de l’oligarchie. Contrôlant les médias qui formatent l’opinion, elle préside à une foire d’empoigne électorale qui distraira le bon peuple et ne lui réservera aucune mauvaise surprise.

Bruno GUIGUE

 


 

 

14/09/2015

Etienne Chouard

29/05/2013

Une démocratie ? La Suisse...

Y a t-il une vraie démocratie actuellement dans le monde?

Les gouvernements de pays qui s'en réclament le plus, comme la France ou les Etats Unis*  se rapprochent en réalité de "l'oligarchie de fait".

Les "oligarchies de fait" sont les sociétés dont le gouvernement est constitutionnellement et démocratiquement ouvert à tous les citoyens mais où, en fait, ce pouvoir est confisqué par une petite partie de ceux-ci.

Rappel historique:

Episode incroyable qui en dit long sur le système actuel: le référendum de mai 2005 sur la ratification du Traité européen de 2004.
D'abord désavoué et rejeté par 54,68 % des français (et ce malgré un matraquage extravagant des "media" et des élites en faveur du oui) ,
ce traité, à peine remanié, est imposé en 2007 (sans consulter le Peuple, cette fois)  par le Congrès réuni à Versailles sous la nouvelle forme du "traité de Lisbonne".

C'est un déni de démocratie "de fait". Une classe dirigeante minoritaire impose ce qu'elle considère comme "bon" à la majorité populaire, qui n'a pas été dans le sens fortement "conseillé"...

Citation de Valéry Giscard d'Estaing: "Dans le traité de Lisbonne, rédigé exclusivement à partir du projet de traité constitutionnel, les outils sont exactement les mêmes.
Seul l'ordre a été changé dans la boîte à outils. La boîte, elle-même, a été redécorée, en utilisant un modèle ancien, qui comporte trois casiers dans lesquels il faut fouiller pour trouver ce que l'on cherche. "
source le Monde

                                                              ***

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Dans ce contexte, paradoxalement, le pays européen qui apparait comme le plus démocratique dans la pratique est la Suisse (associée  plus souvent au secret bancaire, à l'horlogerie haut de gamme ou à une neutralité frileuse).
C'est pourtant le pays d'Europe où le peuple est le plus impliqué dans le processus décisionnel direct.

Et ce, par le principal outil de la démocratie directe, le référendum.

Sous trois formes:

-Référendum obligatoire: Pour toute modification de la Constitution...


-Référendum facultatif: Les citoyens suisses, à condition de réunir 50.000 signatures (1% du corps électoral) dans les 100 jours suivant l'adoption d'une loi, peuvent déclencher un référendum pour la faire rejeter. Le référendum facultatif a permis au peuple de rejeter 93 lois depuis 1848 (sur 169 tentatives).

-Initiative populaire: Le peuple suisse peut déclencher un référendum pour modifier la Constitution. Pour cela, 100.000 signatures doivent être récoltées en 18 mois.

Plus de la moitié des référendums nationaux réalisés dans le monde ont eu lieu en Suisse...  (565 depuis 1848)

En savoir plus 

*Pour mémoire, aux USA le président n'est pas élu au suffrage universel direct mais par des grands électeurs.

 

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15/04/2012

Le double neveu de Freud


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Edward Bernays est né à Vienne en Autriche le 22 novembre 1891 et mort dans le Massachusetts à 103 ans.

(Son père était le frère de la femme de Freud, sa mère était l'une des soeurs de Freud.)

Assez peu connu, il est pourtant considéré comme le père de la propagande politique  et de l'industrie des "relations publiques", dont il met au point les méthodes pour des firmes comme Lucky Strike (voir vidéo ci-dessous).

C'est un théoricien de la manipulation de l'opinion publique, et ce par des moyens assez machiavéliques.Pour lui, une foule ne peut pas être considérée comme pensante, seul le ça s'y exprime, c'est-à-dire les pulsions inconscientes. Il suggère donc ouvertement d'utiliser la psychologie du subconscient dans le but de manipuler l'opinion publique. Ce en quoi il inspirera notamment Goebbels, entre autres et beaucoup d'autres depuis.

Bernays a multiplié les professions de foi démocratique, mais sa conception de la démocratie s’apparente en fait à du despotisme plus ou moins bien éclairé, genre Big Brother. Il affirme que le monde moderne étant complexe la démocratie a besoin d’un  gouvernement invisible , composé  d’une minorité d’individus intelligents. De fait, il préconise une oligarchie masquée.

Oui ça nous rappelle quelque chose...

 

Comment faire fumer les femmes ?  (l'éternel piège: faire passer un asservissement pour une émancipation)


comment Faire fumer les femmes? par zingaqs160

 

                                                    ***

Lire Propaganda en ligne ou Comment manipuler l'opinion en démocratie (qu'il a publié en1928).


 

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Sommaire

Préface
1. Organiser le chaos
2. La nouvelle propagande
3. Les nouveaux propagandistes
4. La psychologie des relations publiques
5. L'entreprise et le grand public
6. La propagande et l'autorité publique
7. La propagande et les activités féminines
8. La propagande au service de l'éducation
9. La propagande et les œuvres sociales
10. L'art et la science
11. Les mécanismes de la propagande


Il a le mérite d'être clair...





EDWARD BERNAYS - Propaganda 1/2 vostfr par scratch0001



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03/03/2012

Etienne Chouard

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Interview d'Etienne Chouard sur la dette... par jahraph78


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